Le programme de la session était lourd ! Il débutait par une finale du 50m papillon masculin promise à Andriy Govorov, monstrueux lors des 2 tours précédents, particulièrement en demi-finale. L’Ukrainien s’est imposé assez facilement devant Laszlo Cseh et Benjamin Proud. Fred Bousquet a pris la 6e place en 23"71, à un peu moins de 4 dixièmes de la boîte et surtout un peu moins vite qu’en demi-finale. Govorov aussi a été moins rapide qu’hier (22"92 contre 22"73).

On a tout de suite enchaîné avec les demi-finales du 100m NL féminin sans Jeanette Ottesen, qui aurait pu briguer une médaille mais s’est réservée pour une autre course. Du coup la voie s’ouvrait encore un peu plus pour Charlotte Bonnet. 2e en 54"29 sans forcer, elle s’est qualifiée sans aucun souci sans avoir besoin d’attendre la seconde course. Qui sait si demain… Les signes sont encourageants depuis son entrée en lice en finale du relais féminin, elle confirme, j’ai bien envie de croire au podium. Femke Heemskerk, Ranomi Kromowidjojo et Sarah Sjöström sont en principe nettement supérieures, toutefois, tant que la course n’a pas eu lieu, tout reste envisageable.

Engagée dans la seconde demi-finale, Mathilde Cini a attaqué très fort, elle n’a pu suivre très longtemps malgré la volonté claire des cadors de gérer. Avec ses 55"36, elle a terminé 7e, 14e temps général.

Camille Lacourt faisait office de vieux en finale du 100m dos masculin. Ses principaux adversaires étaient des gamins. Mais des gamins talentueux. Peu convaincant lors des séries, pas mauvais sans être transcendant en demi-finaleaux ChF, il a nagé une seconde plus vite, le vice-champion du monde de Kazan a retrouvé son titre sans aller très vite. 53"79 n’est pas un très bon temps, plusieurs de ses concurrents on a vu des 53"3 ou 53"4 hier, mais c’est en finale qu’il faut toucher premier. Le Français l’a fait au terme d’une course parfaitement maîtrisée, ou du moins nettement mieux abordé que ses adversaires. Parti très vite, sans doute aura-t-il impressionné les petits jeunes. Une sorte de coup de bluff pas totalement volontaire en somme. Sa difficulté à finir s’explique par le manque de fraîcheur, car rappelons-le, aux ChF, il a nagé une seconde plus vite.

La médaille d’argent a été remportée par un des rares Russes présents à Londres, Grigory Tarasevich, (53"89, 2 dixièmes de plus qu’en demie) et un duo d’ex-aequo (en 54"19), Simone Sabbioni et Apostolos Christou, le jeune Grec impressionnant – pour rien – lundi soir (53"36). Quant au Roumain au taquet lors des séries (53"43), il a échoué au 5e rang. Le manque d’expérience… Ils auraient dû gérer leurs efforts au lieu de s’encombrer d’une pancarte trop lourde à porter.

Le plateau de la finale du 50m papillon féminin était très relevé. Mélanie Henique avait tout à gagner, pas grand-chose à perdre. Par le passé, elle a déjà réussi des surprises, cette fois on pouvait en douter. Après un très bon départ, elle est un peu rentrée dans le rang, terminant 6e en 26"12. C’est sans surprise que Sjöström l’a emporté en 24"99 devant Jeanette Ottesen (25"44) et Francesca Halsall (25"48).

Adam Peaty avait remporté le 100m brasse avant de plonger. Auteur d’un départ dégueulasse, il a éclaté tout le monde comme prévu. Giedrius Titenis a essayé de s’accrocher, il s’est presque noyé, sa 3e place (1’00"10) derrière Adam Peaty (58"36, CR) et Ross Murdoch (59"73) a même semblé en danger. Le podium est le même qu’à Berlin il y a 2 ans.

Les demi-finales du 100m brasse féminin, très honnêtement, je n’en avais RIEN à foutre. Toujours est-il que Ruta Meilutyte a détruit la concurrence lors de la seconde avec un record des championnats.

Les demi-finales du 200m 4 nages masculin ont été marquées par une grosse surprise, le forfait de Laszlo Cseh, qu’on croyait en quête d’un 6e titre dans cette épreuve. Sa supériorité était telle lors des séries qu’on l’imaginait passer en finale en faisant simplement trempette et assurer ce 6e titre avec la même facilité. Parfois, comprendre la stratégie des nageurs est trop compliqué. En son absence un jeune Grec au palmarès très limité a voulu faire le beau en mettant plus d’une seconde au 2e plus rapide, ce qui ne servait objectivement à rien. Ça me rappelle ce qu’a fait Christou en demie du 100m dos. On connaît la suite.

La finale du 200m dos ? Ni surprenante, ni très intéressante. Katinka Hosszu a pris le large, Daryna Zevina a tenté de limiter la casse puis a tout donné dans la dernière longueur pour rattraper la Hongroise. Celle-ci a pu gérer ou résister, je ne saurais dire quel est le terme juste en l’occurrence, car Hosszu est particulièrement insondable. Elle n’a jamais réellement été en danger (2’07"01 pour la championne, 2’07"48 pour l’Ukrainienne). Nettement décrochée depuis un long moment, Matea Samardzic a obteni le bronze.

Lorys Bourelly et Jordan Pothain sont jeunes et présents à Londres pour s’aguerrir. On n’attendait pas réellement de qualification pour la finale sur 200m NL. Surtout en période de préparation. Bourelly a réagi vite au signal de départ mais est ressorti de l’eau nettement distancé. Après ce plongeon raté il a fait ce qu’il a pu, a terminé 6e (1’48"71) d’une course au cours de laquelle Sebastiaan Verschuren a claqué un chrono très intéressant (1’45"87). En ayant pris si cher d’entrée, le Français a tout de suite senti l’odeur du pâté. C’était cuit d’entrée. Difficile d’être à fond dans ces circonstances.

Pothain nageait à l’extérieur dans la seconde demi-finale, on l’a vu s’accrocher au paquet puis coincer alors que James Guy partait et l’emportant dans un temps moyen. Le Britannique jouait surtout la place, on saura où il en est en regardant la finale. 7e en 1’48"35, Pothain a évidemment été éliminé. Il n’est vraiment pas frais !

La médaille du relais 4x100m 4 nages mixte tendait les bras aux Français, une coulée trop longue a tué le délire. Disqualifiée à l’issue des séries, l’équipe de France aurait dû batailler avec la Grande Bretagne, chose très compliquée. Mais bon, quand on voit la Moldavie en finale…

L’Italie était en tête après le dos, Peaty a détruit tout le monde en brasse, l’Italie a fait un beau rapproché en papillon, restait Pellegrini contre Halsall. L’écart était trop important, pourtant l’Italienne a réussi 53"20 lancée. Pas dégueulasse !

La Hongrie a pris la 3e place de cette finale à 7 dont la Norvège a été disqualifiée. Du coup, la Moldavie a terminé 6e à 22 secondes de la gagne… Sur une course remportée en 3’45, c’est ridicule. Oui, le relais mixte en version 4 nages est en soi ridicule.

Les séries de demain matin vont être une tannée à suivre, il n’y aura presque rien à voir.



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