ChE_natation_2016.jpg La finale de ce 1500m NL masculin promettait d’être un cavalier seul de Gregorio Paltrinieri avec une forte probabilité de doublé italien. Sans surprise, le vainqueur annoncé a pris le large très rapidement, il était parti à la chasse au record d’Europe. Très loin derrière, Gabriele Detti et Mykhaylo Romanchuk nageaient bord à bord, en quête de la médaille d’argent. Paltrinieri a pu en remettre une couche après les 1000m et augmenter encore la marge par rapport aux temps de passages de son record d’Europe, ceci longueur après longueur. Fou ! Il a amélioré sa marque continentale de plus de 5 secondes 6 dixièmes ! 14’34"04 est la 2e meilleure marque mondiale de tous les temps… A l’arrivée, il ne semblait même pas cramé ! En observant ses temps de passage longueur après longueur, on se rend compte de sa régularité incroyable. Hormis les 50 premiers et les 50 derniers mètres bouclés en moins de 27"7 (respectivement grâce à la coulée du départ et parce qu’il a fini en mettant les jambes), il a traversé le bassin 28 fois dans un temps compris entre 29"3 et 29"46, dont 16 en 29"2, 6 fois en 29"3, 5 fois en moins de 29"2 et une seule fois en plus de 29"38. Sur les 10 dernières longueurs (donc les 500 derniers mètres), aucune n’a été parcourue en plus de 29"27, il a nagé en 'negative split'' !

On se demande qui pourra aller le chercher aux JO s’il tient la même forme ! Ceci dit, il fait partie des rares à avoir véritablement préparé ces ChE (ce qu’on peut déduire de sa performance).

Comme prévu, Detti a fini par lâcher Romanchuk pour l’argent… à quasiment 15 secondes de son compatriote ! Soit près d’une seconde de plus par tranche de 100m.

Hormis Marco Koch et Ross Murdoch, je ne connais personne parmi les demi-finalistes du 200m brasse masculin. Même pas Erik Persson, 2e de la première course.

Le plateau des demi-finales du 200m 4 nages féminin était d’une toute autre qualité. Katinka Hosszu a nagé vite mais facile, sa demie a été nettement plus rapide que la 1ère. Elle a mis 1" ½ à Siobhan-Marie O’Connor, 3"8 à Hannah Miley – remix d’Hannah Montana et de son "interprète", Miley Cyrus – qui a remporté la première demi-finale, et plus de 4"3 à toutes les autres. Si la Hongroise ne remporte pas le titre, je mange un dauphin. Cru.

On attendait la finale du 200m NL masculin pour jauger le niveau actuel des futurs adversaires de Stravius et d’Agnel aux JO. Le plus dangereux des Européens devrait être James Guy, champion du monde en titre, qui a disputé les séries du 400m NL en touriste. Ayant pris beaucoup plus au sérieux sa seconde épreuve, on l’imaginait pouvoir accélérer. Il n’en avait pas les moyens. Tenant du titre sur la distance, Velimir Stjepanovic est parti très vite, mais à mi-course, rien n’était fait, ils étaient plusieurs sur la même ligne à quelques dixièmes du Serbe. La meute s’est rapprochée dans la 3e longueur, et si Stjepanovic en a remis une couche, Sebastiaan Verschuren s’est montré le plus fort au finish. Le Batave s’est imposé en 1’46"02 devant le Serbe (1’46"26) et le Britannique (1’46"42). Il s’agit là de performances assez modestes. En période de travail, ça s’explique, toutefois certains de ces garçons sont plus affutés que d’autres. Tout ceci confirme surtout la stagnation du niveau du 200m NL depuis 4 ans, ce niveau est très homogène, les Français sont tout à fait capables a minima de se mêler à la lutte.

Pas de réel suspense concernant la finale du 100m brasse féminin, Ruta Meilutyte a décroché son premier titre européen dans cette piscine où elle a remporté le titre olympique. Elle avait une longueur d’avance au virage, presque 2 par rapport à la meute hormis l’Islandaise Hrafnhildu Lutherstfottir qui a mieux résisté et est même revenue en profitant de la difficulté de la Lituanienne à finir. Chloe Tutton a décroché la médaille de bronze pour le pays hôte.

Les 2 demi-finales du 200m papillon masculin ont été été remportées par les Hongrois. Laszlo Cseh a clairement fait de cette épreuve sa priorité, il s’est payé un record des championnats au passage (1’54"29), a mis 1" au 2e plus rapide, et devrait surtout se battre contre le chrono lors de la finale de demain.

Un duel pour le titre, un autre pour la médaille de bronze. Voici à quoi devait ressembler la finale du 100m NL féminin. Charlotte Bonnet pouvait espérer remporter sa première médaille internationale individuelle à ce niveau, qui plus est dans l’épreuve. Faire ça dans cette piscine où Camille Muffat a été sacrée championne olympique aurait été un joli symbole. Malheureusement, la logique a été respectée, il lui faudra réessayer sur 200m NL.

Sur le papier, Sarah Sjöström (double tenante du titre et favorite) était opposée à Ranomi Kormowidjojo (titrée aux JO de Londres) pour l’or, Femke Heemskerk étant la grande adversaire de Charlotte Bonnet pour le bronze. Kromowidjojo a réussi un énorme départ, les Néerlandaises ont rivé à égalité. Si la Suédoise a pu suivre le rythme, Charlotte a été un peu décrochée et n’a pu que se rapprocher. Elle n’a rien à se reprocher et peut même se satisfaire d’avoir approché les meilleures pendant cette période de préparation. Sjöström était intouchable (victoire en 52"82), Kromowidjojo hors de portée (53"24), Heemskerk pas si loin (53"72). Finir 4e en 54"01 quand on a un record en 53"93, c’est très bien. Peut-être aurait-elle pu faire encore mieux en partant plus vite. Cette performance confirme son super relais de lundi déjà achevé sur une 4e place plus encourageante que frustrante, surtout compte tenu de ce manque de fraîcheur.

Le meilleur Européen sur 200m 4 nages est clairement Laszlo Cseh. Après avoir claqué un petit 1’58"17 lors des séries, le roi de la natation hongroise a décidé de se retirer, préférant se réserver pour le 200m papillon.

En son absence, le Grec Andrea Vazaios s’est très facilement offert son premier titre européen en grand bassin dans un bon chrono de 1’58.18… 1 centième de plus que Cseh en série. On a eu doit à un podium inédit complété par Gal Nevo et Alexis Santos. Ça nous fait Grèce, Israël et Portugal.

Qui dit Laszlo Cseh dit Katinka Hosszu. C’est à peu près le même délire, à la différence qu’elle n’a pas fait l’impasse sur son autre épreuve du jour. Après les demi-finales du 200m 4 nages, elle a participé à celles du 100m dos. Elle a remporté la première en faisant de la récupération active…
Mie Nielsen a peut-être essayé de lancer un message car elle a envoyé du pâté dans la seconde (59"16, record des championnats).

Encore des demi-finales pour clore la session, celles du 50m dos masculin. Au sortir d’une coulée moyenne, Camille Lacourt a tranquillement pris le dessus. 24"79, victoire sans souci, il devrait l’emporter demain.

Pas génial de finir une journée sans médaille… Mais ça ira mieux demain.



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