Boglarka Kapas a remporté le premier titre de la journée, celui du 800m NL féminin, en dominant presque du début à la fin (au début, Van Rouwendaal était partie, elle a fait 200m en tête puis a explosé). Après s’être replacée à progressivement pendant la première moitié de la course, Jazmin Carlin n’a pas été embêtée pour la médaille d’argent, en revanche la Slovène Tjasa Oder a dû se battre presque jusqu’au bout pour doubler une des Espagnoles et rester sur le podium.

Katinka Hosszu avait 3 finales aujourd’hui, à commencer par celle du 200m 4 nages. Elle a décidé d’attaquer très fort, probablement afin de pouvoir un peu gérer par la suite, mais Siobhan O’Connor se battait bien, du coup la Hongroise a poussé les machines et battu le record des championnats en 2’07"30, nettement devant la première Britannique (1"73) et plusieurs longueurs devant la seconde, Hannah Miley (4"54 derrière).

Sur 100m NL, Jérémy Stravius et Clément Mignon ambitionnent le podium, voire la victoire. Il fallait d’abord penser à se qualifier pour la finale. Jérémy disputait la première demi-finale, il était bien dans le coup, 2e ex-aequo au virage nettement derrière le Grec parti comme un fou. C’était extrêmement serré, il a touché 3e en 48"86. Velimir Stjepanovic a gagné en 48"62, derrière, les 5 suivant ont terminé en 9 centièmes !

Clément Mignon est apparu beaucoup plus frais lors des séries, il allait donc très certainement se qualifier. Un excellent retour lui a permis de passer 2e dans cette course beaucoup plus rapide que la précédente. Luca Dotto a gagné en 48"36, Mignon en 48"69, soit moins rapidement que ce matin.

Les Français sont donc passés 2e et 7e. En finale, tout sera possible.

Marie Wattel était dans une autre position en demi-finale du 100m papillon, celle d’une outsider. Elle devait se battre pour participer à une première finale individuelle. Partie vite (2e au virage), elle a échoué à la 7e place en 59"27. La Lilloise de Nice a tenté le coup, elle n’a pas su résister. Lui reprocher un manque d’envie serait malhonnête car elle en débordait, le souci est le stress. Incapable de se libérer, elle se crispe, or on le sait, le relâchement musculaire est la clé dans ce genre d’efforts. Ses difficulté à gérer la pression l’empêchent d’exprimer ses capacités (elle a nagé plus vite au moins 20 fois). Jeanette Ottesen a nagé vite (57"38), Sarah Sjöström tenait à lui répondre… 56"12 (record des championnats) !

La domination de Marco Koch – le nageur gras – sur le 200m brasse a pris fin. L’Allemand a été battu par Ross Murdoch, parti devant à mi-course. Koch est revenu très fort, il lui a manqué quelques centimètres pour doubler sur le fil. 7 centièmes d’écart en faveur du Britannique. La médaille de bronze a été obtenue par l’Italien Luca Pizzini, relégué à plus de 2 secondes.

Katinka Hosszu avait une véritable adversaire en finale du 100m dos, Mie Nielsen. Cette fois, elle n’avait pas les ressources pour gagner, la Danoise a été plus forte même si la Hongroise s’est bien battue pour revenir. L’écart est très raisonnable : 58"73 (record des championnats) contre 58"94. Kathleen Dawson (UK) a fini 3e à près d’une seconde de Nielsen.

Grand favori de la finale du 200m papillon, Laszlo Cseh s’est imposé en envoyant un message à l’attention des cadors non-européens. Toutefois, après avoir longtemps mis en danger le record d’Europe, il a échoué à 2 gros dixièmes. 1’52"91 reste néanmoins une énorme performance. Viktor Bromer et le second Hongrois, Tamas Kenderesi, n’ont pas fait illusion un instant. Le Danois a touché 4 centièmes avant son adversaire pour la médaille d’argent, mais 2"44 après Cseh. Une autre planète.

Demi-finales du 200m brasse féminin… Sérieusement, OSEF, non ? Ceci dit, la finale pourrait être disputée.

La finale du 50m dos était l’avant-dernière épreuve du programme. Le titre était promis à Camille Lacourt, le roi de la spécialité. Pas très bien parti, il a dû s’employer pour toucher en tête (24"77) pour 5 petits centièmes devant le Hongrois Richard Bohus, le Russe Grigory Tarasevich décrochant le bronze en 26"86.

En 2010, il avait déjà réussi le doublé 100 et 50m dos en plus de la victoire en relais 4 nages, ce qui lui fait désormais 5 titres européens, autant que de titres de champion du monde. Il lui manque la médaille olympique. A Rio, il n’aura que l’aller-retour pour l’obtenir.

Pour finir, on a assisté à une super finale du relais 4x200m NL féminin… sans la France, éliminée avec le 9e temps des séries pour 1 PUT*IN DE CENTIEME. Arf. Il faut espérer que ne pas avoir eu à disputer cette finale permettra à Charlotte Bonnet d’être plus fraîche pour le 200m individuel. Cette finale aurait permis à certaines filles d’engranger un peu plus d’expérience et à Camille Gheroghiu de montrer une nouvelle fois la bêtise de la DTN, mais certainement pas de décrocher une médaille. Le niveau n’aura pas été fou, la course s’est gagnée en 7’51"63 (la France est montée sur le podium olympique dans ce même bassin en allant environ 4 secondes plus vite), en revanche le suspense permanent et la surprise finale ont rendu la bataille passionnante.

Comme souvent, Sjöström a mis le feu au départ. Capable de nager plus vite que ça (1’55"30), elle a relégué la Grande-Bretagne à 2" ½ et la 3e équipe à plus de 3". Cette marge avait déjà disparu 100m plus loin, la Britannique a même lancé Hannah Miley en tête avec 6 dixièmes de marge. La Suède a alors pu de nouveau se porter aux avant-postes… avec beaucoup de monde aux trousses. Après 500m, 5 ou 6 équipes semblaient en mesure de s’imposer. Elles étaient 4 sur la même ligne après 550m. Parmi les dernières relayeuses, on trouvait Katinka Hosszu, Mireia Belmonte, Femke Heemskerk et Federica Pellegrini.

Malgré les 2 finales déjà disputées un peu plus tôt, Hosszu est partie très vite. La marge de quelques dixièmes s’est transformée en mètres d’avance. Elle n’a jamais explosé et a triomphé. Heemskerk a été plus rapide mais partait de trop loin, Pellegrini a un peu déçu et n’a pu remonter au-dessus du 5e rang.

La victoire surprenante de la Hongrie est due à l’homogénéité des 3 premières relayeuses dont le travail a été bien conclu : Jakabos (1’58"60), Verraszto (1’58"16), Kapas (1’58"22) et Hosszu (1’56"65). Il s’agit des 4 mêmes que pour obtenir le bronze il y a 2 ans… en plus rapides.

L’Espagne de Melanie Costa et de Mieria Belmonte a fait jeu égal lors des 2 premiers relais, elle a concédé une demi-seconde dans le 3e, la différence s’est faite ensuite. En résumé, les 4 filles étaient à peu près au même nouveau, il a manqué un leader. A l’inverse, les Pays-Bas devaient trop compter sur leur leader pour espérer mieux que le bronze. La Grande-Bretagne aurait d’ailleurs battu les Bataves si Hannah Miley n’avait fait office de maillon faible.

Hosszu finit la journée avec 2 titres et une médaille d’argent (Kapas avec 2 titres). 7 médailles pour 7 médaillés en 2 heures… Quel festival hongrois ! On dirait que le Sziget Festival s’est exporté à Londres.



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