Fanny Deberghes aurait dû participer aux séries du 200m brasse, elle ne s’est pas présentée.

Sur 100m NL, ils étaient 3 : Clément Mignon, qui a déjà nagé lors de ces championnats, Jérémy Stravius, le champion de France, et Mehdy Metella, qui disputaient tous les 2 leurs première course depuis leur arrivée à Londres.

Mignon a remporté la 8e des 10 séries en 48"40, de quoi mettre la pression à ses 2 coéquipiers car rappelons-le, un pays ne peut qualifier que 2 concurrents pour les demi-finales même si elle en a engagé 3 ou 4 en séries. Au-dessus du lot au départ, Stravius a vu le Grec partir comme une balle, il a fait un premier 50 un peu trop lent, puis a accéléré sur le retour et a pris la 2e place de sa série en 48"82 derrière Velimir Stjepanovic, ce qui laissait une grosse ouverture à Metella.

Metella, entouré par les Italiens, n’a pu s’engouffrer dans la brèche, il a pris la 3e place de sa série en 49"15. Insuffisant. Les 2 qualifiés français pour les demi-finales sont donc les 2 qualifiés pour Rio. Ils passent 1er et 6e, Metella est recalé malgré son 11e chrono des séries.

Marie Wattel s’est qualifiée pour les demi-finales du 100m papillon en bouclant son aller-retour en 59"15. Bien dans le coup à l’aller, elle s’est battue sur le retour pour rester à l’avant du groupe et toucher 3e. Pas fou, ce chrono suffisait largement. Il restait 2 courses, la Lilloise de Nice a rétrogradé au 10e rang des qualifiées, maintenant il lui faudra accélérer pour espérer disputer la finale.

Notons que Sarah Sjöström a répondu à Jeanette Ottesen (57"86) en claquant un joli 57"20.

Se farcir les séries du 800m NL le lendemain de la finale du 1500m, c’est dur rien qu’à regarder. Alors à nager… Pour les meilleurs, pas de souci, ils ont de la marge. Pour ceux qui ont accroché de justesse la finale du 1500m, les chances de finir de nouveau dans les 8 s’en trouvaient considérablement réduites. On peut d’ailleurs s’interroger concernant la programmation. Pourquoi ne prévoir aucun jour de repos entre les séries et les finales des 3 plus longues distances alors qu’il y avait possibilité de les étaler sur la semaine complète ?

Joris Bouchaut pouvait en profiter. Premier non-qualifié à l’issue des séries du 1500m, il était le mieux placé pour profiter de la fatigue de ses concurrents. Malheureusement, il a hérité de la 3e des 4 séries, ce qui l’empêchait de connaître la performance nécessaire. Toutefois, ça lui a permis d’éviter de nager en même temps que Gregorio Paltrinieri, donc de se faire lâcher par un mutant qui vous donne l’impression d’être une enclume. Rapidement un peu décroché, il m’a donné l’impression de chercher la vague des garçons à côté de lui tout en se replaçant progressivement. Très intelligemment, il restait calme, dans le paquet, 4e à mi-course mais au contact du 2e, à seulement une longueur du premier. Sur 1500m, il a fini plus vite que tout le monde, on pouvait donc être très confiant. Ça a commencé à se gâter juste avant les 600m, il n’a pu tenir le rythme et a rétrogradé au 4e rang. Ces 150m ont été très difficiles, probablement s’était-il mis dans le rouge pour rester dans le coup jusqu’alors. Il n’aurait pas fallu perdre une place supplémentaire. Son gros dernier retour lui a permis de terminer 4e en 7’54"41, une bonne perf en soi (2e meilleure perf de sa carrière semble-t-il).

Le scénario d’une élimination de justesse restait possible. Il fallait espérer que seuls 3 concurrents de la dernière course le battent. Les 2 Italiens allaient forcément passer, restait un Britannique parti très – trop – vite et le Hongrois. Paltrinieri a attendu un peu avant de lâcher progressivement les hippocampes[1], seul Gabriele Detti a pu le suivre – à une certaine distance – sans chercher à trop envoyer. Les 2 Italiens ont géré leur effort, ils auraient été bien bêtes de ne pas le faire. Heureusement, l’écart par rapport au reste des concurrents était important, ça s’est donc bien passé pour Bouchaut, 7e qualifié.

Le 4x200m NL féminin était privé de ses 2 meilleurs éléments, Charlotte Bonnet (préservée) et Coralie Balmy (en stage à l’étranger avec le groupe d’Antibes). Forcément, le relais français a pris cher. Dans une série à 6 équipes, les filles ont terminé à la… 6e et dernière place. En terminant 5e, elles auraient été en sursis, ce 6e rang les éliminait quasiment. La 4e place n’a jamais été réellement à leur portée, en revanche la 5e semblait acquise si la dernière relayeuse n’avait terminé debout (31"30 pour le dernier retour). Elle a été rattrapée et battu à la touche par la Belge pour 1 PUT*IN DE CENTIEME !!

Camille Gheorghiu a relativement bien nagé au départ (2’00"93), Margaux Fabre a été à peine plus rapide mais lancée (2’00"72), Mathilde Cini s’est noyée (2’04"39) mais était là pour dépanner car elle n’a rien d’une nageuse de 200m NL, Cloé Hache a aussi eu du mal, mais surtout à finir (2’01"47). Gheroghiu est la seule des 4 à avoir été recalée de la sélection pour Rio

Résultat des courses, une élimination avec le 9e temps, à 1 centième d’un improbable barrage et 2 d’une qualification directe.

On commence à avoir l’habitude de cette maudite place de 9e des séries avec finale directe ou de 17e des séries avec demi-finales à la clé. Ce soir, on devrait renouer avec une bonne habitude, celle d’entendre La Marseillaise dans cette piscine londonienne.



Les vidéos sont aussi sur Vimeo : 100m NL H, 100m papillon F, 800m NL H et 4x200m NL F.

Note

[1] Sur la terre ferme on lâche les chevaux, dans l’eau on lâche les hippocampes. CQFD.