Se retrouver 9e et donc premier recalé aux portes de la finale doit être hyper frustrant, surtout si c’est accidentel.

Comment être frustré si vous êtes crédité du 20 ou 21e temps et remonter 17 ou 18e après application de la règle autorisant au maximum 2 concurrents de la même nation à passer les séries ? Soit votre niveau est insuffisant, soit vous avez raté votre course. En tout état de cause, vous n’aviez rien à faire en demi-finales et aucune chance d’accrocher une finale malgré le niveau moins élevé des ChE en cette année olympique. Donc aucun regret à avoir. J’évoque ce cas pour une raison simple : ça s’est produit dans les 3 épreuves individuelles dans lesquelles des nageurs français étaient engagés. Donc pas en séries du 50m brasse féminin, car Fanny Deberghes, pourtant inscrite, a fait l’impasse.

Ensuite, en séries 50m NL, Fred Bousquet a manqué son départ. Ça ne pardonne pas. 5e de sa série en 22"75 et déjà 7e sur la liste des temps du matin avec encore 2 séries à venir, il était en sursis ! Il a reculé au 12e rang (13e mais avec 3 Hongrois devant) avant l’ultime série, celle de Florent Manaudou, trop supérieur pour se faire piéger. Il a pu se permettre de respirer plusieurs fois et de ralentir (22"18). Bousquet a fini 20e et 2nd réserviste, donc éliminé, comme Orsi, seulement 3e Italien.

La natation française possède peu de nageuses susceptibles de briguer des médailles internationales. Sur 200m papillon, son meilleur élément est Lara Grangeon, passée à Londres en début de semaine, repartie depuis. Les 2 filles engagées ce matin était Marie Wattel, spécialiste du 100m papillon, et Fantine Lesaffre, vue sur 1500m NL hier. Il n’y avait rien à espérer, même avec seulement 3 séries.

Wattel a eu énormément de difficultés, en particulier pour finir (2’14"06). Lesaffre a galéré tout du long, finissant bonne dernière de sa série en 2’19"24. Comme Bousquet, Wattel a hérité du 2nd spot de réserviste.

Bien partie, Mélanie Henique a terminé 6e de sa série du 50m NL en 25"64. Insuffisant. Jeanette Ottesen a déjà montré les dents (24"98), Francesco Halsall a beaucoup plus contrôle dans la pénultième série (25"11). Restait Anna Santamans dans la série de Ranomi Kromowidjojo et de Therese Alshammar. La Néerlandaise a réussi un départ fou pour s’imposer sans souci (24"88), la Française a claqué un très joli 25"00.

Henique ? 2nde réserviste… Encore. Ce qui est assez inquiétant. Repêchée pour participer aux JO malgré son niveau clairement insuffisant, elle est condamnée à y faire de la figuration. C’est le souci avec les critères de sélection à géométrie variable de la FFN, on ne prend pas une 5e relayeuse méritante pour le 4x200m NL qui pourrait jouer une médaille, mais on invite une spécialiste du 50m papillon dont les efforts pour s’adapter au 50m NL sont jugés suffisant pour mériter sa place. Sauf miracle, elle va faire le voyage pour disputer une course de 25 secondes, 2 dans le meilleur des cas. Pour aller en finale aux JO il faudra nager 24"7, peut-être même 24"6, or son record est de 25"13 (ce qui ces dernières années correspondait au 14, 15 ou 16e temps des séries dans les compétitions planétaires), elle a fait une seule fois moins de 25"35, c’était l’après-midi. On nous a vendu une sélection devant permettre de constituer une équipe de chasseurs de médailles. Les raisons des choix de la DTN ne sont manifestement pas toutes sportives…

L’équipe de France a décidé d’aligner sa meilleure équipe dès les séries du 4x200m NL. L’ordre m’a semblé étrange : Jérémy Stravius, Jordan Pothain, Yannick Agnel, et Lorys Bourelly pour finir. Agnel replongeait pour la première fois dans ce bassin olympique rempli de bons souvenirs, il a fait le déplacement à Londres uniquement pour ce relais très ambitieux.

Avec 17 équipes engagées, il ne fallait pas s’endormir, mais il ne fallait pas non plus user trop d’énergie, surtout en période de travail car les organismes sont fatigués, ils récupèrent moins bien. Bourelly et Stravius ont en outre enchaîné plusieurs courses ces derniers jours, ils devaient s’économiser.

Stravius a nagé tranquillement, Pothain a pris la tête au bout de 100m puis a soit coincé, soit calmé le jeu, histoire de rester devant sans se tuer. Avec 3 équipes détachées, pas besoin de trop en faire. Agnel a bien géré puis a accéléré dans la dernière longueur pour lancer Bourelly avec 7 dixièmes d’avance sur le premier adversaire et 1"5 sur le 2e. Le Néerlandais est repassé en tête, Bourelly restant bord à bord avec le Belge, puis il y a eu sprint dans la dernière longueur. La France a gagné (7’13"83) sans peine ni efforts excessifs.

Les 4 Français ont nagé chacun en 1’48 et quelques dixièmes (22 pour Stravius avec départ aux ordres, 70 pour Pothain, 28 pour Agnel et 63 pour Bourelly, tous les 3 lancés avec des prises de relais comprises entre 0"24 et 0"19). Propre. Tous ont pu se réserver pour ce soir.

La seconde demi-finale a été nettement plus incertaine, même si la Hongrie a pris le large. Les positions ont beaucoup changé. C’est allé un peu plus vite, du coup la France nagera à côté des bouées jaunes (3e temps).

Aujourd’hui, on attend 3 médailles. La session de l’après-midi est à suivre impérativement. Ou alors il faudra regarder les vidéos sur le blog…



Les vidéos sont aussi sur Vimeo : 50m NL H, 200m papillon F, 50m NL F et 4x200m NL H.