• ETAPE 14 : déjà-vu.

Etape_14.jpg De Montélimar à Villars-les-Dombes Parc des Oiseaux, 208,5km d’ennui.
Abandons : Mathias Frank (IAM), Matti Breschel (CDT).

En raison des prévisions météo annonçant beaucoup de vent de face, le départ a été légèrement avancé. S’agissant d’une étape de transition idéale pour les sprinteurs avec en plus ce vent défavorable, il était très improbable qu’une échappée puisse prospérer et décrocher la timbale, à moins qu’un coup ne parte à 15 ou 20. Les candidats à l’aventure étaient très peu nombreux, personne ne voulait y aller. Finalement, après environ 28km extrêmement calmes – ce qui a permis à Thomas De Gendt (TLS) de prendre un point de plus au classement de la montagne en passant en tête de le sommet d’une petite difficulté – ils sont partis à 2, Jérémy Roy (FDJ) et Alex Howes (CDT), rejoints par un autre duo composé de Cesare Benedetti (BOA) et Martin Elminger (IAM). Ils avaient encore 2 côtes de 4e catégorie et un sprint intermédiaire pour essayer de faire gonfler leur cagnotte à défaut de pouvoir espérer aller au bout ensemble.

Le peloton a laissé partir puis les équipes de sprinteurs ont contrôlé (l’écart n’a jamais atteint 5’). Dieu que c’était lent ! On s’ennuyait ferme quand est survenue l’annonce qui a modifié le cyclisme à tout jamais : Mathias Frank a abandonné au ravito (mal au bide). Comment ? En réalité OSEF ? Oui, OSEF. Mais j’aurais tant aimé qu’il se passe quelque chose…

Au milieu du néant Matti Breschel a dû abandonner à son tour, cette fois à cause d’un accident. Il aurait été piégé par un accrochage entre 2 voitures qui cherchaient à éviter des coureurs victimes d’une chute, dont Daniel Navarro et Borut Bozic (COF). Jens Debusschere (TLS) est allé à terre en même temps que Breschel.

En fin d’étape, profitant de routes étroites, les échappés ont très bien résisté. L’écart s’est longtemps maintenu entre 30 et 40 secondes. Le rythme était trop soutenu pour Howes, obligé de lâcher l’affaire. Benedetti a subi le même sort un peu plus tard.

Ça se passait bizarrement en tête de peloton puisqu’un Sky s’est remis en tête devant les équipes de sprinteurs, puis Peter Sagan (TNK) s’est lui-même porté en première position. Le duo était alors sur le point de se faire rejoindre, ce qui s’est produit à un peu plus de 3km de l’arrivée. Le train des sprinteurs était désormais bien en place.

Ceux-ci allaient devoir s’expliquer dans un ultime kilomètre à la configuration assez particulière, avec vent de ¾ face puis un virage tout près de l’arrivée suite auquel le vent arrivait de côté. Manifestement, ça a gêné Bryan Coquard (DEN), qui semble ne pas s’être compris avec son poisson-pilote, du coup il n’était pas dans la roue, a commencé à frotter avec Sagan loin de l’arrivée et a fini 7e derrière les 6 sprinteurs les plus puissants du peloton.

Mark Cavendish (DDD) a gagné assez facilement, mais il a fait une petite vague devant Marcel Kittel (EQS), très énervé. L’Allemand avait déjà été doublé. Il a fallu un arbitrage vidéo avant d’entériner le 4e succès du Britannique lors de cette édition, son 30e sur le Tour. Alexander Kristoff (KAT) 2e, Peter Sagan 3e, John Degenkolb (TGA) 4e, Marcel Kittel 5e, André Greipel (TLS) 6e… Ils ont tous fini devant les Français (Laporte et Dumoulin ferment le top 10).

La vidéo est aussi sur Vimeo.

Résumons.
Vainqueur d’étape : Cavendish (DDD).
Jaune : Froome (SKY).
Vert : Sagan (TNK).
Pois : De Gendt (TLS).
Blanc : Yates (OBE).
Combatif du jour : Roy (FDJ).

(Précisons que sur le Tour, le deuil national se traduit pas la quasi absence de musique, la caravane défile sans son côté festif et les protocoles sont adaptés de la façon la plus sobre possible.)

Toujours les mêmes scenarii, toujours les mêmes vainqueurs, le suspense dure uniquement 2 minutes, les 2 dernières avant l’arrivée… Comment voulez-vous vous passionner pour un spectacle aussi déprimant ?