• ETAPE 20 : un dernier coup pour – presque – rien.

Etape_20.jpg De Megève à Morzine, 146,5km dans les Alpes.

La dernière grande bataille du Tour était particulièrement alléchante. La folle étape vécue la veille, les perspectives de retrouver la pluie et la fin de course au terme d’une descente vertigineuse annonçaient une énorme baston pour le podium du classement général, peut-être aussi pour la victoire d’étape. Il s’agissait de nouveau d’une étape courte et très difficile, il y avait vraiment de quoi faire, tenter des coups tactiques… C’est fou comme une seule étape a pu faire renaître une passion dissipée après 2 semaines ½ d’ennui ! En réalité, en analysant bien la situation, en s’attelant à rester lucide, deviner le scénario qui s’est réellement produit lors de cette ultime journée avant Paris était possible. Le changement s’est produit à la marge. Rien de transcendant, rien de très spectaculaire. On a retrouvé un grand classique, la division de la course en 2 parties : l’échappée pour la victoire d’étape, la vie du groupe des leaders.

Pierre Rolland (CDT) a tenté une attaque dès le départ réel. Une nouvelle grappe emmenée par Sylvain Chavanel (DEN) s’est formée avec Nicolas Edet (COF), Cesare Benedetti (BOA), Wilco Kelderman (TLJ) et Petr Vakoc (EQS). D’autres hommes sont sortis du peloton, notamment Pierre Rolland, puis encore de petits groupes ou duos comme celui formé de Warren Barguil (TGA) et Tejay Van Garderen (BMC). Le peloton semblant d’accord pour laisser partir qui le souhaitait, beaucoup ont encore tenté de rejoindre l’échappée formée à l’avant au sein de laquelle on trouvait encore Tony Gallopin (TLS), Rui Costa (LAM) mais aussi pas mal d’équipiers de leaders dont Alexis Gougeard (ALM) en plus des noms déjà évoqués. Ilnur Zakarin (KAT) et Thomas De Gendt (TLS) ont à leur tour tenté de rejoindre ces aventuriers qui peinaient à prendre le large à cause des nombreuses relances en tête de peloton.

Le Col des Aravis (2ère C.) a été abordé par 2 pelotons, un gros composé de tous les candidats à la fuite, un autre emmené par la Sky au sein duquel on trouvait tous les mieux classés au général et tous les coureurs déjà en galère à cause de ce départ excessivement rapide. Avoir envoyé énormément d’équipiers à l’avant permettait de tester l’équipe de Chris Froome ainsi que le maillot jaune lui-même. Pour contrer ce problème éventuel, Sergio Henao a eu pour consigne – probablement lors du briefing de partir dans l’échappée et y est parvenu. Si les concurrents de Froome pouvaient bénéficier de l’appui d’un équipier récupéré plus tard au court de l’étape, le Britannique allait lui-aussi pouvoir compter sur un de ses hommes.

Une sélection naturelle s’est opérée au sein de ce groupe un temps composé de 38 hommes, mais dont la dimension s’est réduite au fil de l’ascension. Seuls les forts y avaient leur place. De Gendt a tenté de repartir seul en tête de la course. Peut-être espérait-il être rejoint par 4 ou 5 autres coureurs avec qui une échappée efficace allait pouvoir prendre forme. Peut-être cherchait-il à influencer les votants pour le prix du Super-combatif du Tour… La plupart des candidats à ce titre – honorifique mais doté aussi d’une belle prime – ont fait en sorte de se montrer en ce jour de vote.

Au sommet de la première difficulté du jour, le Belge comptait 26" d’avance sur le groupe de poursuivants, et à peine plus de 2’ sur le peloton. La pluie s’est abattue sur la route du Tour dès cette première descente (seulement sur une partie). Sagan a fait la descente à fond, De Gendt s’est un peu relevé, d’où une jonction de l’ensemble du groupe en bas de la descente. Premier coup pour rien.

Au sein du groupe de chasse composé d’une trentaine de coureurs, on trouvait 3 AG2R (Alexis Gougeard, Cyril Gautier et Ben Gastauer), 3 Cannondale (Pierre Rolland, Dylan Van Baarle et Tom Jelte Slagter), 3 Movistar (Ion Izagirre, Imanol Erviti et Nelson Oliveira), 2 Astana (Jakob Fuglsang et Vicenzo Nibali), 2 Tinkoff (Roman Kreuziger et Peter Sagan), 2 Lotto-Soudal (Tony Gallopin et Thomas De Gendt), 2 Orica-Bikeexchange (Michael Matthews et Christopher Juul-Jensen), 2 Lotto-Jumbo (Wilco Keldermann et George Bennett), 2 Trek (Fränk Schleck et Jasper Stuyven), 2 Direct Energie (Fabrice Jeandeboz et Sylvain Chavanel), ainsi que 7 hommes sans aide, à savoir Julian Alaphilippe (EQS), Jarlinson Pantano (IAM), Sergio Henao (SKY), Ilnur Zakarin (KAT), Rui Costa (LAM), Patrick Konrad (BOA) et Nicolas Edet (COF).

Ça fait beaucoup de Français (8), beaucoup de très bons descendeurs, notamment parmi ces Français. Le mieux classé du gros groupe étant Roman Kreuziger, 12e à 9’45, il était impossible pour le peloton de lui laisser trop de champ.

Matthews a profité du sprint intermédiaire pour consolider sa place au classement du maillot vert. Sagan se foutait bien des points, il n’était là que pour bosser en faveur de son leader, bien décidé à remonter dans le top 10 au classement général. Le Slovaque a fourni un énorme travail dans la montée du Col de la Colombière (1ère C.), permettant au groupe de prendre 4’ de marge. Parti en chasse-patate, Warren Barguil avait beaucoup de mal à s’approcher du groupe de tête, mais il ne pouvait renoncer pour s’économiser en vue de l’étape du lendemain. Il s’agissait de sa dernière chance de briller sur ce Tour où il a perdu du temps presque tous les jours. Erviti a été lâché par le groupe de tête, Barguil a finalement pu revenir à l’arrache au sommet – ou De Gendt a sprint pour passer en tête – après avoir lâché Daniel Teklehaimanot (DDD).

Le peloton a basculé dans la descente avec 5’ de retard. Les Sky n’ont voulu prendre aucun risque dans cette descente, contrairement aux hommes de tête, toujours emmenés par Sagan, fantastique descendeur. Henao, qui avait crevé en début de descente, risquait de galérer pour revenir, d’autant qu’il est mauvais dans cet exercice. Le Colombien a récupéré Teklehaimanot et Gastauer pour opérer un retour dans la vallée. Le groupe était alors scindé en plusieurs parties. La nouvelle tête de course, composée de Nibali, Kreuziger, Sagan, Alaphilippe, Pantano, Izagirre, Gougeard et Costa avait très fière allure. L’entente entre eux a permis d’accroître leur avance tant sur le groupe de 25 que sur le peloton. Il est toutefois étonnant de constater que Gougeard et Nibali collaboraient avec Kreuziger, devenu dangereux pour au général pour leurs leaders. D’autant plus qu’Astana a décidé de s’activer à l’avant du peloton. A vrai dire, hormis Chavanel et peut-être Gallopin, les meilleurs descendeurs étaient tous parmi les 8. Malgré l’écart devenu intéressant (supérieur à 1’), l’entente au sein du groupe de 8 a laissé sa place à une certaine discorde, obligeant Sagan à s’y remettre. On arrivait alors à mi-étape, la pluie faisait son retour pour la énième fois depuis le début de la journée, et absolument tout restait possible.

Seul, Sagan ne pouvait résister au train imposé au peloton par Astana. L’écart a alors commencé à décroître assez rapidement alors qu’il avait frôlé les 6’30 avant le début de la chasse (ce qui faisait de Kreuziger le 2e au classement général virtuel). Le Col de la Ramaz (1ère C.) et sa descente risquaient de faire de gros dégâts. J’ai envie de qualifier de suspecte l’attitude de Fabio Aru (AST) et de ses hommes. Ceux-ci ont encore accéléré, les Sky ont laissé un petit trou, Aru n’a pas suivi ses gars mais est resté plus loin au milieu des autres leaders. A croire qu’il faisait rouler son équipe en se sachant dans une mauvaise journée…

Pendant ce temps, si l’avance des 8 hommes de tête se réduisait toujours assez nettement, celle par rapport aux poursuivants – de moins en moins nombreux – se maintenait à 1’. Cuit après avoir effectué un magnifique travail d’équipier, Sagan s’est relevé à 9 gros kilomètres du sommet. Kreuziger a pris la suite. Pas de chance pour Gougeard, une crevaison lui a fait perdre sa place au sein du groupe, il a dû se dépouiller pendant quelques minutes pour le réintégrer.

A l’avant, on avait beaucoup perdu en efficacité, les poursuivants se rapprochaient dangereusement, d’où des contre-attaques. Nibali a essayé, Gougeard aussi. Le AG2R a navigué quelques mètres avec le groupe rejoint par Rolland, Henao, Jeandeboz et De Gendt. Etrangement, AG2R a aussi accéléré en tête de peloton, officiellement pour tester Froome… et fait craquer Bauke Mollema (TFS). Déjà à la rue lors de la 19e étape, le Batave a confirmé son déclin. Gougeard a ensuite été repris et a disparu des radars. S’est-il relevé à la demande de son équipe ?

Le contre de De Gendt a provoqué pas mal de mouvement. Rui Costa et Pierre Rolland – un duo familier – ont travaillé ensemble dans le but de le rejoindre, toutefois ce n’était pas chose aisée. Le Belge se débrouillait bien ! Au sommet, il comptait 30 secondes de marge, une quarantaine par rapport aux autres poursuivants revenus sur le duo dès le début de la descente, et presque 5’ par rapport au peloton, de nouveau emmené par Astana.

Pantano ayant encore fait valoir ses qualités de descendeurs sous une pluie battante et sur une route en mauvais état, la configuration a évolué. Le Colombien a remplacé le Belge en tête. Ceux qui avaient peur ont été irrémédiablement relégués à l’arrière. Seul Alaphilippe a pu suivre Pantano. Les 2 hommes ont réussi un grand numéro. Rolland, meurtri par sa chute de la veille, a en revanche pris cher, tout comme Zakarin, Jeandeboz et d’autres.

Par rapport au grand show du duo de tête, le train d’Astana ressemblait à une sortie d’une amicale de cyclotouristes du 3e âge. L’écart a donc fort logiquement augmenté pour atteindre 7’. La victoire d’étape était en train d’échapper au peloton malgré la mise en route d’un homme d’Adam Yates (OBE), décidé à limiter l’avance de Kreuziger pour protéger la place du jeune Anglais au général. La Sky se trouve souvent des alliés de circonstances. Outre le duo de tête – déjà en tête lors de l’étape de Culoz remportée par Pantano alors qu’Alaphilippe était le plus fort – les seuls à pouvoir l’emporter étaient les derniers membres du groupe de poursuite. Mais s’ils ne parvenaient pas à mieux descendre, comment pouvaient-ils espérer remporter cette course, l’arrivée étant jugée au terme d’une très grosse descente hyper technique ?

Le Col de Joux Plane (hors-catégorie) est très difficile, sa descente est encore pire ! A fortiori sous la pluie. Au pied le duo comptait environ 1’40 de marge. Le groupe de poursuite ne poursuivait plus vraiment à cause d’une entente trop mauvaise.

En tête de peloton, on se tâtait. Orica et AG2R ont dû joindre leurs forces pour réduire la casse en profitant de la vallée. J’aimerais comprendre leur stratégie, j’ai bien du mal : en faisant la descente avec le frein à main, ils ont lâché du temps… qu’ils ont essayé de reprendre ensuite sur le plat en s’employant énormément. Pourquoi ne pas avoir plutôt mis la pression dans la descente ? En gérant mal la situation, ils ont perdu toute chance de victoire d’étape et ont perdu de l’énergie susceptible d’être utilisée par la suite pour contrôler leurs adversaires ou attaquer dans Joux Plane. La présence à l’avant de Kreuziger était déjà devenue un facteur neutre dans la mesure où, sans aide, il ne représentait plus un danger réel.

Ça s’est mis à visser fort en tête de peloton… Trop pour Aru, à la rupture dès les premières minutes passées sur les pentes. Il aura donc fait rouler son équipe pour rien… Peu après, surprise, Mollema a attaqué ! En perdition plus tôt, on ne l’attendait pas là. Ceci dit, la probabilité pour qu’il s’agisse d’un pétard mouillé était grande.

Averti de la défaillance d’Aru, Nibali est sorti de son groupe de perdants pour repartir en chasse d’une victoire d’étape. Le retard à combler n’était pas énorme, environ 1’, ce qui lui laissait bon espoir d’y parvenir. Il est meilleur grimpeur que les 2 hommes de tête et aussi bon descendeur qu’eux. Peut-être averti de la menace, Alaphilippe a décidé d’attaquer pour tâcher de finir seul. Il restait un peu moins de 6km d’ascension. Pantano est un morpion, pour le faire lâcher, il faut s’y reprendre à de nombreuses reprises. Le Colombien a recollé en roulant toujours à son rythme, le Français a remis des à-coups. Alors que l’élastique semblait sur le point de casser, Pantano a essayé de piéger le Français en revenant et en l’attaquant par surprise. Encore 4km d’ascension, Nibali était tout proche, ils risquaient fort de basculer à 3 dans la descente. Au mieux.

Plus bas dans l’ascension, Mollema plafonnait quelques secondes devant le peloton, Joaquim Rodriguez (KAT) a contré pour le rejoindre et le doubler, mais avec toujours une armada Sky pour mener le peloton, ces offensives étaient vouées à l’échec. D’ailleurs Mollema a explosé en vol. Rodriguez a ensuite pu profiter du relais de Zakarin pour garder un peu d’avance. La Katusha a plutôt bien joué le coup, mais étant 11 à 7’52, Rodriguez ne pouvait révolutionner le classement général.

A peine la jonction effectuée, Nibali a tenté de mettre le feu. L’Italien voulait profiter des 3 gros kilomètres jusqu’au sommet pour faire craquer ses adversaires. Il n’a pas tardé à les faire craquer. Izagirre est même parvenu à les rejoindre… et à les passer en injection. Si Pantano a pu sauter dans sa roue, Alaphilippe a lâché prise, mais pas lâché l’affaire, il se battait pour limiter la casse. Cuit, il avançait uniquement au mental depuis déjà longtemps. Sans doute y avait-il une part de bluff dans ses attaques. Idem dans celles de Nibali. L’Italien a plafonné, le nouveau duo a pu le rejoindre petit à petit. Pantano a lui-même fini de combler le trou. Ils ont donc basculé à 3.

Retour à l’autre échelon de la course. A peine repris, Henao s’est remis à la barre pour Sky. Vuillermoz, qui était le dernier équipier de Bardet, a fini par lâcher prise. Il aura un temps imprimé le tempo pour le groupe maillot jaune. Si le but était de faire craquer Froome et/ou ses hommes, les AG2R ont manqué de lucidité. S’il s’agissait simplement de contrôler le peloton, mission réussie. Au bout du compte, cette ascension aura malheureusement ressemblé à la plupart de celles du Tour, Sky a tout verrouillé, hormis la petite offensive de Rodriguez, pas très importante pour le général, il ne s’est à peu près rien passé, si ce n’est des élimination par l’arrière (Aru, Mollema).

Keldermann était sur le point de rejoindre le trio de tête, mais dans une descente détrempée et très difficile, il n’avait aucune chance. Etrangement, il aura suffi que Pantano négocie mal un virage – pourtant excellent dans cet exercice périlleux, comme Nibali – pour permettre à Izagirre de prendre le large de façon définitive. Il a surpris tout le monde en s’imposant en solitaire et en offrant à l’Espagne son premier succès sur les routes du Tour 2016 (l’Italie n’a rien gagné). Ion a joué les électrons libres au lieu de rester avec son patron, il a su gérer son énergie et toujours rester positif (séquence jeux de mots terminée). Les 2 descendeurs qui le suivaient n’ont aucunement pu rivaliser. Pantano a logiquement pu être déstabilisé par son erreur peu après avoir basculé au sommet. Ça a dû le refroidir. Il a fini 2e à 19". Fatigué et tombé la veille dans l’accident de Froome, Nibali s’est montré incapable de prendre les risques nécessaires. Alaphilippe a dû descendre comme un cinglé car il a terminé 4e à 49" du vainqueur, tout près de l’Italien. Kelderman a été classé dans le même temps que lui malgré sa 7e place car il a chuté dans les 3 derniers kilomètres. Un classique dans cette descente. Sur route mouillée, c’était un risque.

Alaphilippe peut-il avoir des regrets ? Lesquels ? Joux Plane était une ascension trop difficile pour lui, il aurait probablement gagné l’étape en basculant au sommet tout près du trio de tête. Tactiquement, je cherche à trouver comment il aurait pu faire mieux. Il lui fallait attaquer dans la descente précédente et prendre de l’avance dans la vallée pour avoir une chance de résister à des garçons bien plus à même d’escalader des difficultés telles que Joux Plane. En restant au calme dans le groupe, il aurait certes économisé un peu d’énergie, mais pas assez pour résister à Nibali et à Izagirre – qui est monté à son rythme du début à la fin en gérant très bien son effort – à la pédale. En se contentant de rester avec Pantano, il aurait au mieux retardé le retour de Nibali de quelques centaines de mètres. Pas assez pour avoir une chance de les tenir jusqu’au sommet. Le fait d’être en tête lui permettait probablement de puiser en fond de lui-même. En réalité, il a très mal couru… les jours précédents. Le jus qui lui a manqué, il l’a perdu sur la route de Berne derrière Tony Martin, ou encore en faisant du chasse-patate pour rien au lieu de se relever. Son gros regret restera l’étape de Culoz au cours de laquelle un problème mécanique lui a fait perdre les pédales.

Battu par Rui Costa pour la 5e place, Kreuziger a repris 2’28 à 2’34 aux principaux leaders, mais seulement 1’40 à Rodriguez, qui est parvenu à conserver de l’avance jusqu’au bout. Ces 2 initiatives ont permis au Tchèque de finir dans le top 10 (10e) et à l’Espagnol de remonter jusqu’au 7e rang. Ils étaient respectivement 12e et 11e au départ. Mollema (11e) et Aru (13e après avoir pris un éclat énorme, 56e de l’étape à 17’38 d’Izagirre) sont les grands perdants du jour.

On aurait pu imaginer des attaques entre leaders pour pousser Froome – ou un autre – à la faute. Personne n’a osé risquer de tout perdre, surtout pas Bardet, qui aurait éventuellement pu remporter le Tour en comptant sur un accident de Froome. C’était beaucoup trop improbable pour risquer de lui-même s’envoyer dans le décor et lâcher sa place sur le podium. Par conséquent R.A.S. hormis une accélération de Dan Martin à quelques centaines de mètres de l’arrivée, Bardet et Quintana ont sauté dans sa roue, ce qui s’est traduit par un gain minime, ce trio ayant fini 2 secondes devant Valverde (MOV), Meintjes (LAM) et Yates. Les 5 Sky – et même 6 si on compte Richie Porte (BMC), qui semble encore se croire membre de cette équipe – ont lâché 4 secondes de plus. Mollema (à 5’30 de Froome) et Aru (dans un gruppetto) ont terriblement souffert.

Le classement général final devrait donc être celui-ci : Froome vainqueur avec 4’05 d’avance sur Bardet et 4’21 sur Quintana. Yates 4e à 21 secondes du podium, Porte 5e à 5’17, Valverde 6e à 6’16, Rodriguez 7e à 6’58 pour son dernier Tour… dans le même temps que Meintjes, 8e à cause des centièmes et des millièmes d’écart en additionnant les temps lors des clm, D. Martin 8e à 7’04, Kreuziger 10e à 7’11.

L’écart entre le vainqueur et son dauphin est nettement inférieur à celui entre le 2e et le 10e.

Malgré les efforts de Pantano (combatif du jour), De Gendt et autres, Sagan a été – logiquement – élu Super-combatif du Tour. Le Slovaque a été le plus grand animateur de ces 3 semaines de compétitions. Quand il n’y allait pas pour gagner les étapes, il attaquait pour prendre des points et assurer son maillot vert, ou encore pour bosser en faveur de Majka ou de Kreuziger. Sans lui, au moins 28% des téléspectateurs du Tour auraient fini aux urgences ou à la morgue après avoir cédé à l’envie de s’ouvrir les veines devant ce spectacle nullissime.

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Résumons.
Vainqueur d’étape : I. Izagirre (MOV).
Jaune : Froome (SKY).
Vert : Sagan (TNK).
Pois : Majka (TNK).
Blanc : Yates (OBE).
Combatif du jour : Pantano (IAM).

Demain, arrivée au Paris. Espérons juste que le Coq chantera sur les Champs…