Boxe

  • BOXE

En boxe, une question se pose : combien de fois les juges vont-ils nous la mettre ? Ne nous voilons pas la face, ça arrivera.

Nous n’avons JAMAIS eu une aussi belle équipe. Les qualifications étaient une usine à gaz, a fortiori depuis l’ouverture aux professionnels sans limite d’expérience (une décision prise très tardivement, du coup il y en aura peu, mais on y verra tout de même Hassan N’Dam, à qui le Cameroun a permis très exceptionnellement d’obtenir la double nationalité – qui n’est pas prévue par ses lois – car l’équipe de France avait déjà son quota et son représentant dans sa catégorie naturelle, les -75kg, même s’il a finalement choisi les -81kg pour une raison simple : il faut faire le poids avant chaque combat, pas comme en pro). Au bout du processus, la France comptait 11 boxeurs, dont 2 femmes (une première), contre 9 à Pékin (3 médailles obtenues) et seulement 5 à Londres (pour aucune médaille). Je n’ai même pas envie de revenir sur l’embrouille au terme de laquelle Khedafi Djeklir a décidé de ne pas se rendre à Rio, obligeant la fédé à rendre le quota… Je pense que les torts sont partagés, mais que quand on a un rêve et qu’on en est si proche, on n’a pas le droit d’abandonner. Le problème de réadaptation au format court des JO (3 reprises de 3’) existe certainement, mais comment font les autres ? Certains ne savaient pas il y a 2 mois qu’ils iraient à Rio et n’ont pas boxé en moins de 10 rounds depuis des années… Bref.

Volée de plusieurs médailles et titres lors des dernières éditions, la France s’attend à l’être encore malgré les changements de règlements. Les tableaux ne sont pas encore tombés, il semble donc difficile de faire des pronostics valables. Certains Français seront tête de séries, parfois une seule victoire leur suffira à décrocher une médaille (dans ces catégories le plus difficile est de se qualifier, c’est notamment le cas chez les femmes où elles ne sont que 12 par catégorie).

Tony Yoka (+91kg) est champion du monde en titre. Comme sa fiancée, Estelle Mossely (-60kg), aussi championne du monde en titre, il vient pour l’or. Sarah Oumrahoune (-51kg) veut terminer sa formidable carrière (championne du monde en 2008 notamment, médaillée lors des derniers Mondiaux en se faisant enfumer par l’arbitrage en demi-finale) par une médaille olympique. Elle a fait son retour la compétition après 2 ans d’arrêt dans ce but.

Parmi les 7 autres, on distingue plusieurs cas différents. Mathieu Bauderlique (-81kg), 27 ans, s’est qualifié grâce à l’APB, une organisation de la fédération internationale ouverte aux jeunes professionnels. Je ne l’ai jamais vu combattre, comment puis-je juger ses chances ?

Hassan Hamzile (-64kg, 28 ans), s’est qualifié au bout du bout du suspense, tout comme Elie Konki (-52kg, 24 ans) lors du dernier TQO. Leur présence à Rio est due à la victoire dans le tournoi des boxeurs contre lesquels ils ont perdu en quarts. Souleymane Cissokho (-69kg, 25 ans) est un des tauliers du groupe, il a aussi dû attendre le dernier TQO pour obtenir sa place, seulement il l’a remporté et n’y était qu’en raison d’une blessure ayant empêché sa participation aux tournois précédents.

Les 3 derniers sont très jeunes (20 ou 21 ans) mais bourrés de talent. Sofiane Oumiha (-60kg) a notamment décroché l’argent l’an dernier aux Jeux européens à Bakou, il a un vrai style, c’est un grand gabarit très mobile en qui, perso, je crois beaucoup. Il était en quart de finale aux derniers Mondiaux, preuve qu’entre lui et la médaille olympique, une histoire d’amour n’est pas loin de se créer. Christian MBilli (-75kg) est plus un guerrier qui avance sur ses adversaires pour les tabasser. Il faut pouvoir résister à sa puissance. Enfin, Paul Omba-Biongolo (-91kg) est une force de la nature, physiquement il ressemble vraiment à Cassius Clay. Il bouge bien mais les fois où je l’ai vu combattre, j’ai noté une certaine tendance à se découvrir et par conséquent à prendre des coups. La maîtrise du noble art bien avec le temps, j’espère qu’il a pu progresser dans ce domaine depuis son TQO.

Prono : j’ai bien envie de mettre une pièce sur nos 2 filles et sur Tony (en espérant l’or), qui en principe ont besoin d’une seule victoire pour monter sur le podium, ainsi que sur Cissokho et Oumiha. Eventuellement un autre en prime. Dans l’absolu, on pourrait jouer 7 à 10 médailles, mais c’est de la boxe olympique, la France n’a pas le poids politique, les enveloppes et les mecs malhonnêtes pour faire un carton plein.
=: Je mise sur 5 médailles dont 1 titre.


Update : on connait désormais les tableaux. Mossely entre en quart et devrait retrouver en demi-finale la Russe battue en finale des ChM. La terrible Irlandaise vaincue pour la 1ère fois par Estelle sur la route vers son titre mondial est de l’autre côté du tableau. Oumrahoune aura un tour de plus car pas tête de série, elle devrait retrouver en quart l’autre médaillée de bronze mondiale de sa catégorie et en demi-finale la Thaïlandaise contre qui elle a été volée à Astana. Adams (UK) et Cancan (CHN) sont de l’autre côté, c’est une bonne nouvelle.

Yoka entre en 8e de finale, ça semble relativement dégagé jusqu’au choc attendu contre Filip Hrgovic en demi-finale. Omba-Biongolo débute contre un Azerbaïdjanais (dur), il risque d’ensuite devoir affronter un Uzbek (dur), puis un Russe (très dur) ou l’expérimenté Clemente Russo, Italie doté d’un très beau palmarès. Mais au moins il a évité la moitié de tableau de Savon. Ça va être très difficile. Mathieu Bauderlique est tête de série (car champion APB), mais son tableau est horrible. En quart, il aurait droit à Joe Ward, un Irlandais double champion d’Europe et double médaillé mondial, et en cas de victoire, un MONSTRE sera en travers de son chemin, à savoir le Cubain Julio César la Cruz. Le gars est invincible, c’est un fou qui rend fou. Pour Mbilli, c’est un Ukrainien, puis un Sud-Américain, et si ça passe en quart, le match pour la médaille serait probablement face à la tête de série cubaine. Si ce Cubain champion du monde a le style caractéristique de son pays, il s’agirait d’une opposition de styles. Cissokho entre en 16e de finale, battre un Hongrois l’enverrait face à une des 4 têtes de série, un Azerbaïdjanais médaillé de bronze à Doha. Voyons-y une opportunité de se nettoyer le tableau… Amzile risque d’affronter un Cubain naturalisé par l’Azerbaïdjan en 8e puis un vrai cubain (triple médaillé mondial et bronzé à Londres) en quart… Oumiha devrait pouvoir se frayer un chemin vers les quarts, malheureusement à ce niveau de la compétition il devrait se choper Albert Selimov (Russe recruté par… l’Azerbaïdjan), qui l’a nettement battu en finale des Jeux Européens à Baku et en quart aux ChM à Doha. Le gars a 30 ans et des références (notamment un titre mondial en battant Vasyl Lomachenko en finale (en 2007… seule défaite de l’Ukrainien double champion olympique et double champion du monde amateurs en 397 combats !!), il perd rarement (battu en finale des Mondiaux par le Cubain, mais TKO à cause d’une coupure). Et pour finir Konki doit se manger un cador russe dès le 2e tour.

Du coup, d’un coup, je deviens assez pessimiste concernant le total de médailles. 4 serait déjà énorme compte tenu des tableaux.



Escrime

  • ESCRIME

Les Russes sont forts en escrime, particulièrement dans certaines armes. Aucun n’a été exclu. Quand on sait par qui est dirigée la fédération internationale et qui allonge l’argent pour organiser des compétitions, on s’y attendait… Mais ce n’est pas le sujet. Le sujet est le retour en force de l’escrime française aux JO suite à la catastrophe londonienne (aucune médaille, un b*rdel sans nom à la fédé et au sein des équipes). A Rio, le bilan ne pourra être que meilleur, d’autant que les différentes équipes ont bien redressé la barre au cours de l’olympiade. Hormis en sabre masculin, les Bleus ont fait le plein de quotas. Ils sont 15 sur un maximum possible de 16 escrimeurs.

Cette année, si le sabre masculin et le fleuret féminin ne sont pas disputés par équipes, l’épée masculine fait donc son retour. L’équipe de France est attendue au minimum sur le podium et compte bien conserver son titre olympique acquis il y a 12 ans puis conservé à Pékin. Je pense d’ailleurs à un truc… Si on continue à faire tourner de cette façon, l’épée masculine sera hors-Jeux en 2024… A Paris, ce serait plus que dommage ! Bref, tête de série n°1, la France dispose aussi du n°1 mondial (Gautier Grumier), du n°5 (Yannick Borel) et du n°6 (Daniel Jérent). Compte tenu de leurs résultats des derniers mois, manquer les podiums serait terrible, d’autant que grâce à leur statut ils entrent tous en lice en 16e de finale contre un adversaire qui aura déjà dû se farcir un duel (parfois ça peut être un désavantage car ce garçon, logiquement beaucoup moins fort, est déjà dans le rythme), et ne peuvent se croiser avant les demi-finales.

En fleuret masculin, les individualités sont moins fortes, Jérémy Cadot et Enzo Lefort prennent un Italien d’entrée, Erwan Le Péchoux un Chinois – avant une éventuelle confrontation avec un autre Chinois – qu’il retrouvera en quart de finale de l’épreuve par équipes. Si ce quart se passe bien, les chances de médaille seront grandes, mais en regardant les tableaux (ils sont chacun dans un quart de tableau différent), j’y crois vraiment plus par équipes.

Vincent Anstett est tds 5, il semble avoir un tableau relativement favorable pour atteindre les quarts ou les demi-finales du sabre. Il peut jouer le podium.

Les femmes…

En épée, l’équipe est jeune, elle s’est qualifiée assez difficilement, il lui faudra affronter la Russie (n°3) en quart. Hormis Lauren Rembi, qui y échappe de peu, les filles auront un 32e de finale à disputer, ce qui veut dire battre au moins 5 adversaires pour monter sur le podium. Pas facile. Surtout qu’en 16e, chacune aura droit à une tête de série, la 5 pour Auriane Mallo, la 2 pour Marie-Florence Candassamy et la 7 pour Lauren Rembi… qui pourrait affronter Candassamy en quart. Difficile de miser sur elles.

Au sabre, on attend les filles par équipes, pas forcément pour l’or, car elles n’arrivent pas à gagner, en revanche l’argent est leur spécialité depuis 2014, que ce soit aux ChE ou ChM. Cécilia Berder a aussi remporté l’argent individuel en 2015 aux Mondiaux, on peut y croire. Charlotte Lembach et la très jeune Manon Brunet ont en principe une belle chance de tirer leur épingle du jeu. Problème, Lambach et Berder sont dans le même quart de tableau, celui de la Russe tête de série n°1, que doit affronter Lembach si elle tape d’abord une Italienne. Dur ! Si elle parvient à faire le ménage et que Berder est toujours en lice (après avoir probablement affronté une Américaine pas facile en 8e), on pourra y croire très fort. Brunet a un autre souci de taille sur la route du podium : battre la Coréenne d’entrée l’enverrait face à… Mariel Zagunis, grosse référence de la discipline. Traduction : elles ont toutes un sale tableau.

Par équipes, le fleuret féminin nous aurait très probablement apporté une médaille. Depuis 4 ans, les filles en décrochent systématiquement une à la fois aux ChM et aux ChE. Pas de chance, ce n’est pas au programme. Du coup, Ysaora Thibus (tds 5) et Astrid Guyart (tds 10) auront une seule occasion de monter sur la boîte. Une Russe pourrait attendre chacune d’entre elles en quart. Si Thibus gagne, ce dont elle est capable, attendez-vous à la voir devenir une des têtes d’affiche du sport français. Elle est jeune (bientôt 25 ans), grande, assez canon, si les résultats individuels arrivent…

Prono : en théorie – et seulement en théorie – l’épée masculine peut apporter 4 médailles dont 2 titres. Je mise sur 2 médailles dont un titre. Devrait s’y ajouter une médaille en fleuret par équipes. On peut aussi raisonnablement espérer une breloque individuelle au sabre. Soit 3 ou 4 médailles dont 1 titre pour les hommes. Côté féminin, pas de médaille en épée, de l’argent ou du bronze par équipes au sable, et pour compléter le tout, un podium en fleuret. Le bilan serait de 4 à 6 médailles dont un titre. La dynamique positive ou négative de l’équipe peut avoir une influence énorme sur les résultats, on l’a malheureusement constaté à Londres. Si ça se passe bien d’entrée, on peut imaginer une énorme moisson. Problème, on débute par l’épée féminine, le fleuret masculin puis le sabre féminin. Si ça débute comme je le prévois, la première médaille n’arrivera que le 3e ou 4e jour. De plus, avec 1 épreuve pas jour hormis le 5e jour (fleuret féminin et sabre féminin en même temps), le calendrier est peu propice à la création de cette dynamique de la victoire. Si ça se passe mal, ça va encore plus se voir et se ressentir.
=: La prudence me fait tabler sur 3 ou 4 médailles dont un titre.

Judo

  • JUDO

14 catégories, 14 Français. Sur les 14, au moins 10 peuvent clairement ambitionner de monter sur le podium. 5 l’ont déjà fait à Londres, presque tous l’ont fait aux ChE, souvent aussi au ChM. Le nombre de titres est impressionnant.

L’équipe féminine est monstrueuse, la masculine est un peu moins homogène.

Dans le détail.
Walide Khyar (-60kg), à peine arrivé chez les seniors, a décroché le titre européen. Il est hyper spectaculaire et agressif, ne lâche rien, tant que l’arbitre n’a pas signalé Ippon son adversaire subit une énorme pression. Son problème peut être son manque d’expérience, il compense avec sa fraîcheur et son envie. Je parie sur lui pour un podium qui lancerait l’équipe.
Kilian Le Blouch (-66kg) est accessoirement l’entraîneur de Khyar. Sa présence est due à la suspension rocambolesque de Loïc Korval par l’ALFD pour des no-show. Il aurait bataillé pour une médaille alors que Le Blouch ne sera qu’un petit outsider.
Pierre Duprat (-73kg) manque de résultats significatifs sur la scène internationale, il compte essentiellement une médaille de bronze européenne en 2013. Une médaille serait une surprise.
Loïc Pietri (-81kg) a été sacré champion du monde… à Rio. Depuis, il est de nouveau monté sur le podium des ChM 2014 et 2015. Il est aussi à chaque fois sur le podium des Europ’. Le problème est qu’une blessure a pourri sa saison jusqu’à présent, il existe donc une incertitude le concernant. S’il est à plus de 90% physiquement, je ne l’imagine pas revenir sans rien. Pietri est le guerrier ultime, même avec des bandages et des douleurs partout, il continuera à se battre.
Alexandre Iddir (-90kg) est aussi un des gros talents de cette équipe, mais il s’est blessé lors des ChE (où il semblait parti pour décrocher le titre). Là aussi, le doute est permis concernant sa condition. Si elle est bonne, je l’imagine 3e ou 5e.
Cyrille Maret (-100kg) a tout pour briller au plus haut niveau. Habitué des podiums européens, aux victoires et podiums dans les différents tournois du Grand Chelem, il n’a encore jamais confirmé aux ChM (et a fortiori aux JO). C’est le moment !
Teddy Riner (+100kg) n’est plus à présenter. Je ne l’imagine même pas ne pas gagner. Il est assez intelligent pour ne pas se laisser déconcentrer par son rôle de porte-drapeau.

Riner en or, Khyar, Pietri, Iddir et Maret potentiellement sur le podium, si ce n’est mieux. Mais l’équipe féminine est plus dense. Oui, je suis sérieux.

Laëtitia Payet (-48kg) devrait être dans un jour de grâce pour ramener une médaille, même si elle en a parfois obtenu dans des grands tournois comme le Grand Chelem de Baku en mai.
Priscilla Gneto (-52kg) n’a pas été à la fête depuis sa médaille de bronze à Londres, elle est monté sur des podiums de niveau Grand Prix ou Grand Chelem sans jamais gagner. Pourtant, en décrochant l’argent lors des derniers championnats d’Europe, elle a pris le dessus sur Annabelle Euranie dans l’esprit des sélectionneurs. C’est le seul choix discutable car la revenante de l’équipe, qui espérait disputer les JO après une première participation en 2004 a multiplié les bons résultats au cours de l’olympiade. Je suis relativement sceptique concernant la Corse de Levallois.
Automne Pavia (-57kg) a vécu une année galère. Torturée physiquement par des douleurs difficilement supportables, elle a pensé dire stop. Poussée par ses proches à ne pas abandonner, elle a réussi un retour fracassant sur le devant de la scène lors des ChE où elle a été sacrée pour la 3e fois de l’olympiade. Entre-temps, 2 médailles mondiales (2014 et 2015) sont venues allonger son palmarès. Valeur sûre.
Clarisse Agbegnenou (-63kg) est la meilleure du monde dans sa catégorie. Certes, elle a été battue en finale des ChM en 2013 (à Rio) et à Astana, mais elle était en finale les 2 fois, et entre temps, il y a eu un titre. En 2013, elle a perdu 2 combats sur 33, aucun sur 32 en 2014, 4 sur 26 en 2015, et pour le moment 0 sur 5 cette année, soit 6 défaites sur 96 combats… donc 90 victoires. Cette année, ayant manqué les ChE en raison d’une blessure, elle a préféré se préparer plutôt que de sortir en tournois, elle n’a donc disputé que le Grand Chelem de Paris, évidemment remporté.
Gévrise Emane (-70g) est l’ancienne de l’équipe, son expérience olympique est déjà chargée, elle a connu l’échec à Pékin en arrivant dans la peau de la championne du monde en titre, ça s’est un peu mieux passé à Londres (médaille de bronze) où elle était de nouveau championne du monde dans sa nouvelle catégorie… et revient cette fois encore en tant que championne du monde après avoir retrouvé sa catégorie initiale. La progression logique est de gagner, non ? Compte tenu de ses résultats depuis son retour en -70kg, manquer le podium serait terrible pour cette véritable lionne dont le judo "à l’ancienne" nécessite une adaptation permanente à causes des incessants changements de règles.
Audrey Tcheuméo (-78kg) a connu une désillusion à Londres en décrochant "seulement" le bronze. Elle arrivait auréolée d’un titre mondial en plus d’un titre et d’une médaille d’argent européennes. 2015 n’a pas été une grande année, mais on retrouve en 2016 la machine de guerre prête à balayer tout le monde sur son passage. Elle l’a monté aux ChE.
Emilie Andéol (+78kg) est aussi une candidate crédible à la médaille. Même si dans le monde des lourdes, elle n’est pas la plus lourde, elle est habituellement une des plus combatives, ce qui lui permet régulièrement de provoquer les pénalités de ses adversaires. Toutefois, quand elle se fait contrer, ça peut lui coûter cher. Pendant l’olympiade, elle a tout de même enchaîné 3 finales européennes (2 titres) et une médaille mondiale. Par contre, ces derniers mois, elle a donné l’impression de douter.

Je dis donc Agbegnenou, Emane et Tcheuméo pour l’or, Pavia sur la boîte et peut-être mieux, Andéol et Gneto possiblement sur le podium, Payet j’y crois moins.

Prono : évidemment, quand on a 5 ou 6 candidats crédibles ou plus que crédibles pour décrocher le titre parmi un total de 11 véritables candidats aux médailles (et 3 surprises potentielles), on ne fait jamais carton plein. Toutefois, à Londres, la France a fait du 50% : 2 titres et 5 médailles de bronze sur 14 catégories. Avec autant de judokas mais plus d’expérience, pourquoi n’arriverait-on pas à un bilan encore supérieur ?
=: 7 à 9 médailles dont 3 à 4 titres est donc mon prono.

Lutte

  • LUTTE

La campagne de qualifications s’est transformée en fiasco. Une femme et un homme qualifiés. Aucun représentant en lutte gréco-romaine (une première)… Cynthia Vescan (-72Kg) et Zélimkhan Khadjiev (lutte libre, -74kg) ont chacun de réelles chances de monter sur le podium. Peut-être est-ce mieux que d’avoir 5 qualifiés à l’arrache tous destinés à se faire sortir au 1er tour. Une chose est certaine, il ne faudra pas compter sur une dynamique d’équipe, à moins qu’elle ne vienne des autres sports. Remarquez, là aussi ça peut être un mal pour un bien, car à Londres, une spirale négative avait bien failli conduire au même désastre que l’escrime.

Prono : il y a des ChM à Paris l’an prochain, la lutte a absolument besoin de faire parler d’elle, mais ils ne sont que 2. Ils vont avoir une pression dingue. Le poids de la France n’aidera pas à avoir un arbitrage favorable. Sachant qu’il y a toujours du déchet dans les "chances de médailles", s’en tirer avec du 50% serait un soulagement. 2/2 relèverait du miracle.
=: 0 ou 1 médaille. Mais comme je veux faire une prévision assez réaliste et pas surévaluée, je vais être pessimiste en disant 0.

Taekwondo

  • TAEKWONDO

3 femmes, 1 homme. Sans être gigantesque[1], la délégation française a doublé par rapport à Pékin et Londres d’où elle avait ramené 1 et 2 médailles. Le taekwondo français nous fait du 75% de réussite sur les 2 dernières olympiades, et ça pourrait encore être le cas à Rio. Haby Niaré vient d’avoir 23 ans mais est déjà une référence en -67kg, dont elle a déjà été sacrée championne du monde. Elle vise l’or, manquer le podium serait un échec car depuis de nombreux mois à peu près personne ne parvient à la battre. Gwladys Epangue a beaucoup moins de résultats positifs cette année car il lui a encore fallu passer par la case hôpital et rééducation (le genou). Médaillée à Pékin, absence à Londres à cause d’une tuberculose osseuse, elle a vu sa remplaçante (Anne-Caroline Graffe) remporter la médaille d’argent. Gwladys est une guerrière, elle n’a rien lâché, je suis convaincu qu’elle sera prête et se battra pour le titre, le seul qui lui manque (elle a tout gagné plusieurs fois). Je ne l’imagine pas revenir bredouille. La voir sacrée ravirait une très grande partie de l’équipe de France olympique car elle est extrêmement appréciée humainement.

Yasmina Aziez (-49kg) sera outsider, elle a percé très tôt (en 2009, à 17 ou 18 ans), a obtenu de bons résultats, il lui manque un petit truc pour s’affirmer parmi l’élite de son sport, ces JO sont l’occasion d’évoluer (presque comme un Pokemon^^). M’bar N’Diaye (+87kg) sera aussi un candidat au podium. Le seul Français qualifié est aussi le plus âgé (33 ans), il s’agit probablement de la seule chance de sa carrière de monter sur un podium olympique, ses perfs ces derniers mois lui permettent aussi d’espérer réussir un coup. Classons-le parmi les bons outsiders.

Prono : 2 chances de titre pour un total de 4 chances de podium, je ne pense pas qu’espérer un minimum de 2 médailles dont un titre – qui serait le premier de l’histoire du taekwondo français aux JO – soit excessivement optimiste. J’ai même envie de croire à 3 médailles dont une en or.
=: Je reste sur 2 médailles dont 1 titre (en pensant 2 titres).

17 à 21 médailles dont 6 à 8 titres, ça vous semble fou ? Pas à moi. La perspective de voir Tony Yoka et Teddy Riner tous les 2 sacrés chez les lourds me fait rêver. A eux d’écrire l’histoire !



Pour retrouver tous les autres sports, suivez le lien.

Note

[1] Dans ce sport, elle ne peut pas être gigantesque ; il n’y a que 8 catégories.