• CYCLISME

Il existe 4 types d’épreuves en cyclisme. La France a des ambitions réelles dans chaque avec des champion du monde sacrés entre 2014 et 2016.

Cyclisme_sur_route CYCLISME SUR ROUTE
Dans un monde idéal, Thibaut Pinot et Jérôme Coppel auraient disputé le contre-la-montre. Le champion de France est malade, il a dû renoncer aux JO alors que le parcours devait bien lui convenir, il a remporté 3 clm cette saison mais n’aura pu participer aux 3 plus importants (ceux du Tour et celui des JO). Face aux purs spécialistes ses chances seraient restées assez limitées, ce n’est pas trop grave. Le vrai problème est de n’avoir que 4 quotas au lieu de 5 pour d’autres nations et de devoir choisir les 2 qui vont disputer le clm parmi ces 4. Le 2nd quota pour le clm a été obtenu par Coppel grâce à sa 3e place aux derniers ChM mais il est gâché. Alexis Vuillermoz et Julian Alaphilippe vont se dévouer…

Pour la course en ligne, prévue dès le matin du premier jour des Jeux, le fait de disposer de seulement 4 hommes est un problème, avoir dû officialiser la sélection en milieu de Tour de France – en réalité, c’était après l’étape de Culoz, où Vuillermoz s’est montré afin de convaincre le sélectionneur de le prendre en replacement de Pinot – en est un plus gros. Si Romain Bardet apparait en grande forme, prêt à surfer sur la vague après sa fin de Tour remarquable, probablement aidé par Vuillermoz, son équipier chez AG2R avec qui il était monté l’an dernier sur le podium de la course préolympique (Bardet nous a monté sur le Tour l’importance de bien connaître le terrain), si Alaphilippe semble aussi avoir les qualités et assez de ressources pour briller à Rio, la présence de Warren Barguil est rendue très discutable par son Tour anonyme (de surcroît il est malade). En finissant 2e de la Clasica San Sebastian disputée samedi sur un terrain qui dans l’esprit ressemble à celui de la course de Rio, Tony Gallopin a peut-être donné des regrets au sélectionneur. Sincèrement, on se contenterait de n’importe quelle médaille. Le profil est très montagneux, l’arrivée sera toutefois jugée après une longue descente et une bonne portion de plat le long de la plage. Bardet est désigné leader mais je sens bien un Alaphilippe sur ce parcours aux allures de classique (il y a aussi des pavés).

Chez les femmes c’est encore plus compliqué : Pauline Ferrand-Prévot et Audrey Cordon devront batailler à 2. La première vit une saison difficile à cause de problèmes de sciatique, elle se bat pour retrouver son meilleur niveau sur route comme en VTT. Les derniers échos à son sujet sont plutôt positifs. Je crois bien avoir vu la seconde prendre cher lors d’une des chutes de la dernière boucle sur les Champs-Elysées à l’occasion de La Course by Le Tour… Là aussi, je pense qu’on peut tirer directement un trait sur le clm.

Prono : il y a vraiment moyen d’aller cherche quelque chose, avec Bardet et Alaphilippe si les 2 autres jouent bien le rôle d’équipiers. Chez les femmes, ça semble très ouvert.
On peut attendre de 0 à 2 médailles. Je coupe la poire en 2 : j’annonce une médaille.

Cyclisme_sur_piste CYCLISME SUR PISTE
La France a qualifié des représentants dans 2 grands types d’épreuves : celles de sprint et l’omnium. Il n’y a pas de poursuiteur. En vitesse par équipes, Grégory Baugé, Michaël D’Almeida et François Pervis doivent trouver une alchimie, ce n’est pas dit que ça fonctionne, les chances de décrocher l’or semblent assez réduites. A vrai dire, faire des pronostics est assez hasardeux après des ChM à Londres où ils sont complètement passés à côté mais en ayant choisi de ne pas vraiment les préparer. Si on se base sur ces Mondiaux il y a quelques semaines, ça pue. Si on regarde les ChM en France début 2015, l’optimisme est de rigueur. Pervis et Baugé participeront aussi à la vitesse individuelle, Pervis disputera aussi le keirin avec un des 2 autres. Il y a 2 ans la limite était d’un seul concurrent par pays, maintenant que c’est passé à 2[1] les chances de médailles doublent… mais aussi pour la concurrence. A leur meilleur niveau, les Français devraient apporter 2 à 4 médailles à la délégation. Si les Britanniques nous refont le coup de Pékin et de Londres, ces médailles françaises seront sans doute en argent et en bronze. Le top serait Baugé en or en vitesse individuelle après la frustration extrême de Londres et Pervis titré en keirin 12 ans après son unique participation aux JO. Aux dernières nouvelles, Baugé est pète le feu, mais la forme de Pervis est une énigme, il serait perturbé par des problèmes personnels.

Chez les femmes, Sandie Claire et Virginie Cueff sont engagées chacune dans les 3 disciplines, toutefois le podium ne devrait pas être à leur portée.

Thomas Boudat a été sacré champion du monde de l’omnium en 2014, il a fini 8e en 2015, 9e en 2016, il reste sur une victoire lors de la manche de CdM de Hong Kong. Malgré une concurrence féroce (avec notamment Cavendish), il a de réelles chances de succéder à Bryan Coquard sur le podium de l’épreuve. Laurie Berthon représente une chance de médaille encore supérieure. Elle a participé à 2 épreuves de Coupe du monde, comme Laura Trott (UK) et Sarah Hammer (USA), elles étaient ensemble sur le podium les 2 fois. Qui plus est, elle a pris la médaille d’argent à Londres lors des ChM 2016.

Prono : 2 chances au keirin masculin, 2 chances en vitesse masculine, 2 chances en omnium, une en vitesse par équipes chez les hommes… 7 possibilités réelles et sérieuses, forcément du déchet. Pour être raisonnable, disons Pervis ou Baugé en or (je l’avoue, l’or, c’est surtout un souhait), l’autre en argent, Berthon en argent, du bronze ou une 4e place par équipes… Si les Bleus ont retrouvé leur meilleur niveau, le bilan peut être meilleur. Sinon, attention à la désillusion, ça pourrait facilement partir en vrille au niveau de l’ambiance en interne. Mais je crois en Laurent Gané, il a sûrement bien entraîné ses gars.
Allez, 3 ou 4 médailles dont un titre.

VTT

  • VTT

L’incertitude concernant la forme de Pauline Ferrand-Prévot, championne du monde 2015, empêche de la citer parmi les favorites. Il en sera peut-être autrement après la course sur route. Une médaille sur route la libèrerait totalement. Sa saison en VTT a été très compliquée : abandons, énorme chute aux ChM… mais son titre national le mois dernier lui a remis du baume au cœur. Perrine Clauzel est un espoir, on ne peut compter sur elle cette année.

Si Nino Schurter sera le très grand favori de l’épreuve masculine, les 3 Français sont susceptibles de monter sur le podium. Julien Absalon a presque retrouvé son meilleur niveau, il a surtout préparé méticuleusement ces JO en faisant reproduire à l’identique les difficultés du parcours carioca là où il s’entraîne. Maxime Marotte s’est montré très performant en Coupe du monde, le voir bronzé à Rio n’étonnerait personne. Victor Koretzky est tout jeune (21 ans), il incarne l’avenir de l’équipe de France, ses performances sont déjà bonnes, il est par exemple monté sur un podium en CdM il y a peu.

A Londres, Absalon a rapidement vu ses chances s’évanouir à cause d’une crevaison lente. Rien n’interdit à Schurter de subir un incident (il en a connu plusieurs lors de l’étape de CdM en France, favorisant un triplé tricolore). Le Suisse aura la pression car ce titre est le seul qui lui manque.

Prono : 1 à 3 médailles, j’aimerais dire Absalon en or pour qu’il fasse comme Tony Estanguet (or, or, échec et or en 4 JO), le niveau de son adversaire Suisse me fait penser qu’il obtiendra l’argent. Je vois bien aussi Marotte ou Pauline en bronze. Pourquoi pas les 2 ? La France sans médaille en VTT, à ma connaissance c’est du jamais vu (cette discipline ramène toujours un titre). Je ne vois pas de raison pour que ça change.
La prudence me fait dire 1 médaille, pas de titre.

BMX

J’ai eu l’occasion de regarder les derniers Championnats du monde. Joris Daudet a remporté le titre de l’épreuve "normale" après avoir décroché celui du contre-la-montre (le même parcours mais avec pour seul adversaire le chrono) l’année précédente. Depuis son passage chez les seniors en 2010 il a décroché tous les ans une médaille ou un titre mondial dans l’une ou l’autre des épreuves. Le maillot arc-en-ciel lui appartenait déjà en 2011, il avait pris l’argent en 2012… mais avait été sorti en demi-finales aux JO (sur chute). 4 ans plus tard, avec l’expérience des JO, on peut y croire. Avec Jérémy Rencurel, un jeune classé 4e de la finale de ces Mondiaux de Medellin (même si son niveau normal est inférieur à cette 4e place, il a montré sa capacité à être présent dans les grands rendez-vous), et Amidou Mir (un coureur de couleur… Mir couleurs…^^), habitué des grandes finales, les chances d’oublier l’échec collectif de Londres sont grandes.

Seule Manon Valentino disputera l’épreuve féminine, elle doit sa sélection à sa 4e place à Medellin, où elle a sorti Magalie Pottier en demi-finale (Valentino 4e de la demie, Pottier 5e, il fallait terminer dans le top 4 pour passer en finale). Le sort lui a été favorable, espérons qu’il lui soit très favorable à Rio.

Prono : en théorie il est possible de décrocher 2 à 4 médailles, mais en obtenir une serait déjà très positif dans la mesure où le BMX n’en distribue que 6. Joris Daudet mériterait vraiment une consécration olympique.
Restons sur une médaille (c’est trop aléatoire pour annoncer un titre).

Prono global pour le cyclisme : 1 médaille sur route, 3 ou 4 dont 1 titre sur piste, 1 médaille en VTT, idem en BMX.
=: J’arrive à un total de 6 à 7 médailles dont 1 titre. Si ça veut sourire, ce sera mieux avec des titres, si la poisse s’abat sur les cyclistes français, on descendrait plutôt à 3 breloques (2 sur piste et 1 en VTT).

Equitation

  • EQUITATION

La France s’est qualifiée par équipes dans les 3 épreuves (dressage, concours complet et saut d’obstacles), ce qui lui permet d’avoir le maximum possible d’engagés (4 par spécialité), chacun concourant à la fois sur les 2 tableaux. Ce qui ne signifie pas nécessairement avoir des médailles partout.

DRESSAGE
Je commence par le dressage car ce sera vite fait : si la France obtient une médaille dans cette discipline, je mange un cheval. Entier, avec les sabots, la selle, et éventuellement la cavalière, si elle est appétissante.

CONCOURS COMPLET
La France a été sacrée par équipes en 2004 avec notamment Nicolas Touzaint et Jean Teulère. Comment ne pas se souvenir des commentaires de Jean Rochefort ? Ils sont restés mythiques !

Cette année, avec un quatuor totalement différent, elle se présente de nouveau ambitieuse. 3 de ses 4 membres ont décroché la médaille de bronze par équipes aux Championnats d’Europe 2015 (plus une autre médaille pour l’un d’eux), ce qui leur a permis de se qualifier après l’annulation de leur quota obtenu aux Jeux Equestres Mondiaux en raison du contrôle antidopage positif d’un des chevaux. La France avait terminé 4e de ces JEM avec un seul des 4 cavaliers retenus pour Rio.

Du côté de la fédé, l’optimisme semble de mise, une médaille est espérée pour l’équipe, voire pour un cavalier en solo. Pour les non-initiés ou ceux qui auraient oublié, ces 2 compétitions n’en sont qu’une : l’épreuve de dressage est suivie par celle de cross, puis un concours de saut d’obstacles à l’issu duquel on additionne les scores des 3 meilleurs de chaque pays, le plus petit total de pénalités – car le score est constitué de pénalités, il faut avoir le plus petit possible – l’emporte ; on ajoute juste une seconde épreuve de saut pour la finale individuelle. En pratique, quand un pays obtient une médaille, il n’est pas loin d’en avoir une ou 2 autres. Le potentiel est donc de 0 à 2 ou 3 médailles. Par manque de connaissances personnelles concernant l’état de la discipline, ne connaissant pas les cavaliers français engagés et leurs montures, je dois vais rester prudent en n’annonçant pas de médaille.

SAUT D’OBSTACLES
La France est un des grands pays du saut d’obstacles, pourtant elle attend une médaille olympique dans la discipline depuis du bronze en 1996. Depuis, entre les ratés et les non-qualifications, c’est globalement un désastre malgré de très bons cavaliers. Roger-Yves Bost était déjà présent à Atlanta, il fait son retour dans l’équipe où il cherchera l’or avec Simon Delestre, nouveau n°1 mondial, Kevin Staut, ancien n°1 mondial (actuellement n°7), et Pénélope Leprevost, n°4 au classement FEI. L’équipe aurait pu être encore plus forte avec Patrice Delaveau (n°17), médaillé d’argent aux derniers Jeux Equestres Mondiaux, malheureusement son cheval n’a pu retrouver son meilleur niveau à temps. Ceci dit, Bost (n°23) ne fait absolument pas tache. (Update : au dernier classement publié 2 jours avant les JO, Delestre passe 2e, Leprevost 3e, Staut 8e, Bost 15e.)

Ils ont tous l’expérience des JO, Delestre en garde un mauvais souvenir, il avait cassé une rêne dès le début de son épreuve, avait fini le parcours mais l’équipe a échoué. Leprevost et Staut étaient complètement passée à côté. En principe, ça doit leur servir à Rio.

Bien sûr, compte tenu du long voyage, de la nécessité de s’acclimater, des risques permanents de la discipline concernant la santé des chevaux et de la limite de 4 cavaliers par pays alors qu’on prend les scores des 3 meilleurs, aucune nation n’est à l’abri d’une tuile. De ce côté, l’équipe de France a eu sa dos à Londres, espérons être épargnés et pouvoir décrocher 1 ou 2 médailles, et pourquoi pas le titre pour l’équipe ?

Prono : le champ des possibles s’arrête à 4 ou 5 médailles… mais débute avec un bilan semblable à celui de Londres et Pékin : le néant. En ramenant 2 médailles ou mieux, un titre, la fédération française serait aux anges.
=: Je vais me risquer à dire 2 médailles, dont éventuellement un titre.

Pentathlon_moderne

  • PENTATHLON MODERNE

Lors des dernières éditions des JO on a souvent attendu des médailles dans cette discipline, on attend toujours… Il est temps de mettre fin à cette disette. Il n’y a que 6 médailles à distribuer, au mieux la France peut en prendre la moitié grâce à Elodie Clouvel, Valentin Prades et Valentin Belaud. Parmi ces Valentin, il y a le Valentin de la belle Elodie… Belaud est l’heureux élu.

Prades est n°2 mondial, Belaud est n°3… et champion du monde depuis le mois de mai. Clouvel est n°4 mais reste sur une médaille d’argent lors de ces Mondiaux. Ayant pour gros point fort le combiné final (course et tir au pistolet), Belaud fait figure de très gros client. Après la natation et l’escrime, on ne sait jamais trop à quoi s’attendre avec l’épreuve équestre, le risque de tomber sur le mauvais cheval existe toujours.

Prono : si les 3 peuvent monter sur le podium, les aléas du pentathlon moderne me font penser que ça n’arrivera pas. Mais avouer qu’un couple en or serait assez fantastique… Avec Yoka-Mossely et Absalon-PFP, on peut vraiment espérer en avoir un !
=: 1 ou 2 médailles dont un titre. Ce bilan est possible, si ce n’est probable.

Triathlon

  • TRIATHLON

4e et 5e à Londres (le 5e était Laurent Vidal, tragiquement décédé depuis), 5e à Pékin, 7e, 7e et 8e à Sydney. Les places d’honneur, ça suffit ! Cette année, il nous faut une médaille. Et ça tombe bien, nous avons les hommes pour l’obtenir ! Les hommes plus que les femmes. Si la France a obtenu un 2nd quota féminin, il est difficile d’imaginer Audrey Merle ou Cassandre Beaugrand sur le podium. La première nommée a 21 ans. Pour le moment son palmarès est surtout constitué de médailles par équipes et de performances en Coupe d’Europe. Beaugrand, l’invitée surprise, a 19 ans. C’est un petit phénomène : elle est aussi quadruple championne de France de cross-country (donc d’athlétisme) dans les catégories cadettes et juniors, était même à Eugene l’an dernier en finale des ChM juniors d’athlétisme sur 1500m. En triathlon, elle a aussi claqué de grosses performances dans sa catégorie d’âge avec notamment un titre européen cette année. Bref, c’est la fille à suivre… mais – a priori – pas dès Rio.

En revanche, pour Vincent Luis, il n’y a pas à attendre, son heure est arrivée. Régulièrement sur le podium en WTS (World Triathlon Series), il est particulièrement à l’aise dans les formats sprint, plus courts que l’épreuve olympique, mais la distance ne devrait pas lui poser de problème. On parle quand même d’un garçon venu se tester aux ChF de cross-country cette année… et qui en a pris la 2e place devant beaucoup d’athlètes spécialistes de l’épreuve. Or on le sait, pour gagner en triathlon, il ne faut pas se faire lâcher en natation et en vélo, puis c’est surtout en course à pied que ça se joue. Cette saison, Dorian Conninx (un jeune qui a cartonné chez les juniors et espoirs en 2013 et 2014) est monté pour la première fois de sa carrière sur un podium en WTS, il l’avait déjà fait en Coupe du monde et a remporté une Coupe d’Europe. La course à pied est aussi son point fort. Pierre Le Corre est le 3e représentant français, il a commencé par la natation avant de se mettre à la course où son niveau est bon et lui a aussi permis de monter sur plusieurs podiums en WTS. On peut l’imaginer en trouble-fête.

Prono : même s’il risque d’y avoir du Brownlee (Jonathan et Alistair), du Murray (Sud-Af) et de l’Espagnol (Mola, Gomez) aux avant-postes, les chances françaises sont réelles. Peu importe sa couleur, la première médaille de l’histoire du triathlon tricolore ferait énormément de bien.
=: J’annonce 1 médaille car il y a un début à tout.

Avec 10 à 12 médailles, dont 2 ou 3 titres, il n’y aurait vraiment pas à se plaindre. Selon la dynamique d’équipe et la réussite – ou le manque de réussite – le bilan peut varier de façon assez importante.



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Note

[1] Il faut disputer la vitesse par équipes pour disputer les épreuves individuelles.