Athletisme

  • ATHLETISME

COURSES

Chez les femmes, soyons sérieux, il n’y a pas grand-chose à attendre. Billaud et Gomis seraient déjà heureuses d’une finale sur 100m haies, Floria Gueï doit viser la finale du 400m (elle a le 9e SB des engagées si Caster Semenya double comme annoncé, même si son entraîneur n’y est pas favorable) mais n’est pas en mesure de rivaliser avec des Shaunae Miller, Allyson Felix et autres Américaines, plusieurs Jamaïcaines sont aussi nettement plus rapides, tout comme Libania Grenot, qui a remporté les ChE devant la Française. Donc pour la médaille, on oublie aussi. Idem pour Phara Anacharsis, loin du top niveau mondial sur 400m haies.

Restent Christelle Daunay au marathon mais les Africaines et les Japonaises bouchent l’horizon du podium, Emilie Menuet sur 20km marche, 49e aux bilans mondiaux même sans les Russes, le jeune relais 4x100m qui doit faire de son mieux mais est surtout là pour apprendre (objectif finale), et enfin les 2 épreuves où éventuellement, ça pourrait sourire. Ces épreuves sont le 800m et le relais 4x100m. Sur 800m, j’aurais parié sur Rénelle Lamote sur la boîte et pourquoi pas Justine Fedronic en finale… s’il s’agissait d’un 800m réellement féminin. Avec Semenya, Niyonsaba ou encore Wambui (et Sum ?), c’est mission impossible, sauf miracle. Cette situation honteuse née d’une décision désastreuse du TAS commence à faire parler, Paula Radcliffe a osé aborder le sujet récemment, elle a réceptionné une volée de réactions hostiles. Le sujet est tabou. La bombe à retardement va finir par exploser et entacher l’image de l’athlétisme, comme si ce sport avait besoin de nouvelles polémiques. Quant au 4x400m, je l’aurais attendu en bataille pour le podium si Marie Gayot avait pu tenir la même forme que l’an dernier. Au moins 3 équipes (USA, Jamaïque, Royaume-Uni) sont trop supérieures sur le papier. L’absence de la Russie me fait espérer une 4e place… susceptible de devenir une 3e place d’ici 8 ans… Je n’ai pas regardé si l’Afrique du Sud de Semenya a aussi un relais…

  • Conclusion pour ce qui est des courses des filles… 2 à 4 top 8 dont 2 médailles en chocolat. Arf… Une médaille de bronze – qui serait la première de l’athlé féminin français depuis Athènes et la 2nde depuis Atlanta – ne serait pas de refus.

Chez les hommes, il nous FAUT des médailles. Et ça tombe bien, les Bleus sont capables d’en décrocher. 8 le sont. Bien sûr, il n’y aura pas 8 médailles. Parmi ces 8, je ne compte pas Christophe Lemaitre, qui va disputer le 100m pour préparer le 200m mais aura bien du mal à viser mieux qu’une finale. Florian Carvalho sur 1500m, Kevin Campion au 20km marche, le relais 4x400m et Yoann Kowal sur 3000m steeple ne sont pas être en mesure de jouer les premiers rôles.

Jimmy Vicaut s’est raté aux ChE, il a réagi en gagnant à Londres, détient toujours la 3e meilleure performance de l’année sur 100m. L’expérience vient petit à petit, ils n’aura pas la pression du favori, il n’y a pas de raison que sa régularité sous les 10 secondes ne paie pas en l’envoyant en finale. Ensuite, il lui faudra juste réussir une bonne course en oubliant l’enjeu. N’importe quelle médaille serait historique. J’ai bien envie d’y croire. Le pire serait une 4e place… qui se transformerait en médaille de bronze dans quelques temps. Jimmy a déjà connu ça avec le relais à Londres.

S’il n’y a pas de médaille au 110m haies, le CNOSF devra demander au CIO l’ouverture d’une enquête pour maraboutage. Dimitri Bascou est dans la forme de sa vie, il est très régulier à un très bon – voire super – niveau, Pascal Martinot-Lagarde a retrouvé ses sensations, et Wilhem Belocian a démontré sa capacité à convertir ses performances de junior chez les seniors. Omar McLeod est en principe au-dessus du lot, sa chute à Monaco prouve qu’il n’est pas invincible. En l’absence de Shubenkov (suspendu car russe), il faudra évidemment se méfier des Ricains et du 2e Jamaïcain, ainsi que d’Orlando Ortega, étrangement qualifié à la dernière minute pour représenter l’Espagne alors que le délai de carence normal prévu par le règlement lui imposait d’attendre jusqu’en novembre (viva la magouilla), mais avec 3 flèches bien pointues dans notre carquois, manquer la cible serait déprimant.

Pierre-Ambroise Bosse est 6e aux bilans mondiaux derrière 4 Kényans, il a remporté 2 courses de la Diamond League (à Rabat et très récemment à Londres en plus d’un podium à Stockholm, plus un 600m d’anthologie à Birmingham). La finale des ChE s’est mal passée, mais il avait très bien géré les tours, ce qui est encourageant. En réalité, aux Europ’, il lui a juste manqué un meilleur placement et un lièvre pour prendre ce qu’il était venu chercher. Aux JO, si Rudisha se met en tête de lancer de loin, PAB aura exactement la course dont il a besoin. J’y crois très fort.

L’énigme concerne Mahiedine Mekhissi-Benabbad. Rassurant aux ChE où il a reconquis son titre sur 3000m steeple, il n’a pas claqué de gros chrono depuis bien longtemps, d’où un gros doute persistant. Sa longue période sans courir pour cause médicale (opération, nouvelle opération) rend très incertaine sa capacité à bousculer une fois de plus les Kényans. Décrocher une nouvelle médaille après l’argent de Pékin et de Londres constituerait un des plus gros exploits de l’histoire de l’athlétisme français. Actuellement, il est loin du compte si on s’en tient aux bilans mondiaux (où il occupe le 2e rang français), mais son statut de seul homme à avoir déjà contesté la supériorité du Kenya – pays où on lutte encore très peu efficacement contre le dopage – me fait penser que si un non-Kényan peut s’inviter sur le podium, c’est lui. Il lui faudrait une finale assez lente qui accélèrerait assez fort à 2 tours de l’arrivée. En l’état actuel des choses, parier sur lui serait trop hasardeux.

Yohann Diniz est recordman du monde du 50km marche et détenteur de la MPM avec plus de 3’ de marge. Habitués à gagner en trichant, les Russes seront absents. Jusqu’ici, l’histoire entre Diniz et les JO est compliquée. Il compte finir en beauté, s’est préparé spécialement pour le 50km en oubliant son idée de tenter un doublé avec le 20km. Grâce à l’expérience emmagasinée depuis des années, ça devrait pouvoir le faire cette fois. Mais bien sûr, cette épreuve est toujours marquée par une part d’aléa concernant les conditions climatique et le jugement humain puisque les avertissements sortis par les juges de marge peuvent complètement changer la dynamique de la course.

Le relais 4x100m avait fini au pied du podium à Londres, il y est monté a posteriori grâce à la disqualification des USA pour dopage. Là aussi, il y a une grosse part d’incertitude en raison de la difficulté à passer le témoin. Même les Jamaïcains sont en danger s’ils sont poussés à prendre des risques (les Britanniques sont très forts en ce moment, les Ricains ont aussi les ressources pour). Au complet, avec Dutamby, Lemaître, Zeze et Vicaut, il y a moyen d’aller vite, mais il faudrait des passages parfaits. Très honnêtement, sauf grabuge au sein des autres équipes, je ne nous vois pas sur le podium, surtout que le coup du bâton qui tombe peut aussi nous toucher.

  • Conclusion pour les courses masculines : 3 médailles (PAB, un hurldeur et Diniz) serait déjà exceptionnel, surtout s’il y a un titre (pour Diniz).

CONCOURS ET EPREUVES COMBINEES

Chez les femmes, les chances de médailles sont minces.
Sauts. On pourrait espérer un top 8 au triple saut avec une Jeanine Assani-Issouf au top de sa forme, malheureusement son pic de forme semble bien derrière elle. Vanessa Boslak s’est qualifiée il y a bien longtemps et va se présenter avec un SB à 4m30… Outch !
Lancers. Mathilde Andraud a battu le record de France du lancer de javelot il y a quelques semaines, depuis tout semble beaucoup plus compliqué. Pauline Pousse a franchi des paliers depuis plusieurs mois, seulement elle peine à poursuivre sa marche en avant. Son objectif raisonnable ? Battre son record personnel. Mélina Robert-Michon a été vice-championne du monde dans cette discipline, passer les qualifications ne lui pose en général aucun problème. Dans un très bon jour, elle pourrait viser le bronze, voire l’argent, mais sur son niveau de la saison (l’or est pour Perkovic, qui a de la chance de ne pas être russe sinon elle n’était pas invitée en raison de ses antécédents en matière de dopage), malgré des podiums en Diamond League, difficile de l’annoncer sur le podium. Il est probable de la voir décrocher une 3e place de finaliste en 5 participations aux JO (8e à Pékin, 5e à Londres, elle était déjà présente à Sydney et Athènes où elle s’était arrêtée dès les qualifs). Reste Alexandra Tavernier, médaillée mondiale à Pékin l’an dernier… mais en grandes difficultés cette année. Elle a dû déménager en Bretagne, changer de vie, d’entraîneur, se faire à la pression due aux attentes la concernant… L’idée est de se qualifier puis de se lâcher en finale sans se prendre la tête avec un objectif précis. La lucidité impose d’oublier l’hypothèse d’une médaille.
Heptathlon. Antoinette Nana-Djimou a surpris pas mal de monde à Amsterdam en décrochant une nouvelle médaille européenne. Son total la replace 8e dans les bilans. Il y a assez de marge de progression pour l’imaginer titiller ou battre son record personnel établi à Londres il y a 4 ans… ce qui ne suffirait pas forcément à la porter plus haut que sa 6e place d’alors. Son palmarès européen est impressionnant, au niveau supérieur elle a accumulé les places d’honneur (depuis Berlin ça donne 7e, 7e, 6e, 8e, absente l’an dernier). Si Theisen-Eaton et Ennis-Hill ne tombent pas, ne se blessent pas ou ne font pas un zéro sur une épreuve, les 2 premières places leur sont promises. Le bronze serait fantastique.

  • Conclusion concernant les concours féminin et l’hepta : une médaille de bronze serait un ravissement. Les chances de l’obtenir sont trop ténues pour en pronostiquer une. Mieux vaut se contenter d’attendre 3 à 4 top 8.

Chez les hommes, c’est différent, il y a de véritables raisons d’espérer.
Sauts. Au triple saut, j’espérais l’or… jusqu’à la nouvelle blessure de Teddy Tamgho. Avec tout le respect que j’ai pour Harold Correa et pour Benjamin Compaoré, qui n’a pu se préparer dans de bonnes conditions à cause de nouveaux problèmes physiques, il ne faut pas compter sur une médaille. Comme Kafétien Gomis au saut en longueur, une place de finaliste devrait les satisfaire. La situation de nos perchistes est bien différente, même s’ils sont tous passés à côté de leur finale aux ChE. Stanley Joseph traverse une phase de doute au mauvais moment, sa saison était bonne, voire excellente avant de coincer. Kevin Ménaldo sera en revanche un véritable outsider en arrivant 6e mondial. Il aura tout à gagner, je le verrais bien en bronze… derrière Renaud Lavillenie, champion en titre, n°1 mondial (MPM à 5m96), encore favori malgré la charge des jeunes Américains : Sam Kendricks (USA), Shawn Barber (CAN) et Thiago Braz (BRE) ont tous franchi 5m90 ou plus cette saison. Ce ne sera pas facile, j’espère juste d’excellentes conditions pour que le meilleur gagne et non le plus chanceux. C’est un des défauts du saut à la perche.
Lancers. C’est simple, nous n’avons PERSONNE.
Décathlon. Kevin Mayer est candidat à la médaille d’argent derrière l’intouchable Ashton Eaton. Ses gros progrès en vitesse – notamment – lui permettent de progresser fortement dans plusieurs épreuves importantes. Son total de 8446pts à Götzis a été réalisé malgré des contreperformances (il était sur le retenue par peur d’une rechute après une blessure). En étant au taquet, il devrait exploser le record de France et monter sur la boîte. Il a la maturité pour. Le risque est bien sûr le pépin physique ou la cata sur une épreuve, mais s’il commence par un bon 100m et un saut en longueur digne de ce qu’il a fait à Monaco, la dynamique positive devrait lui permettre de bien enchaîner. Rappelons que sa 2nde journée est en général assez énorme. Il sera accompagné de Bastien Auzeil, aux ambitions beaucoup plus mesurées. Avoir un pote avec soi pour un décathlon ne peut être que positif.

  • Conclusion pour ce qui est des concours masculins et du déca : 2 médailles dont 1 titre, 3 médailles (la collection complète) si ça veut sourire.

Prono général concernant l’athlé : une médaille de plus d’ici 4 ans, 2 de plus dans 8 ans… Plus sérieusement, je vais dire aucune médaille féminine (même si je rêve de voir Rénelle, Mélina, Alexandra, Antoinette ou encore les relayeuses sur la boîte), et 5 à 7 médailles masculines dont 2 titres. Dans le détail, si je veux prendre des risques, je tente ceci :
-or pour Lavillenie et Diniz,
-argent pour Mayer,
-argent ou bronze pour Bosse,
-1 à 2 médailles avec Bascou et/ou Martinot-Lagarde,
-du bronze pour Ménaldo, MMB ou Vicaut… ou Lamote (arf !).

Soit de 2 à 7 médailles… Trop optimiste ? Oui, certainement, c’est pourquoi je vais compter seulement 4 médailles dont 1 titre dans mon estimation globale. Ce bilan serait déjà formidable, pour ne pas dire historique : depuis les 8 médailles de Londres en 1948 (dont 3 pour Micheline Ostermayer dans les lancers, ou encore Alain Mimoun argenté sur 10000m derrière Zatopek), la France n’a obtenu plus de 3 médailles en athlétisme que lors des JO de Los Angeles (Quinon en or, Mahmoud en argent, Vigneron et Chardonnet en bronze) et d’Atlanta (Pérec x2 et Galfione en or, Girard en bronze).
=: Allez, c’est dit, 4 médailles dont 1 titre, même si je pense que ce sera plus.

  • GYMNASTIQUE

Gymnastique_artistique GYMNASTIQUE ARTISTIQUE
Si chacune a galéré pour se qualifier (il a fallu aller au test event à Rio), les 2 équipes de France de gymnastique artistique ont finalement pu faire le plein (contrairement à la Roumanie chez les filles par exemple), et compteront ainsi 5 éléments pour tenter de décrocher une place en finale par équipes mais surtout dans les différentes finales individuelles.

Les filles qualifiées dernières (12e équipe, 4e du test event), ont depuis surpris leur monde en décrochant une médaille de bronze aux Championnats d’Europe. Libérées du stress de devoir se qualifier pour Rio, sans grande pression, qui sait si l’une d’elle ne parviendra pas à briller aux Jeux ? Evidemment, en ajoutant les Américaines, Chinoises et autres, les perspectives sont considérablement bouchées. Il faut espérer des qualifications pour les finales par appareil, car une fois dans une finale à 8, beaucoup de choses – y compris – improbables deviennent possibles. Hormis Marine Brevet, qui a 21 ans (mais pas l’expérience de Londres, elle était blessée), les filles ont toutes entre 15 et 17 ans. Oui, 15 ans pour Oréane Lechenault, qui fêtera ses 16 étés le 31 août (elle est la plus jeune de la délégation).

Ce constat vaut aussi pour les hommes, qualifiés avec un peu plus de marge, et qui ont surtout de réelles chances de décrocher des médailles lors des finales par appareils. On pense évidemment à Samir Aït-Saïd aux anneaux, mais pas seulement. L’équipe a été construite pour maximiser les chances de médailles par appareil. Il est extrêmement difficile de faire des pronostics concernant la gym française car notre histoire olympique montre que souvent, la France s’en tire avec une ou des médailles assez inattendues alors que ceux dont on espérait beaucoup n’obtiennent pas ce qu’ils étaient venus chercher.

Gymnastique_rythmique GYMNASTIQUE RYTHMIQUE
Une seule Française, Kséniya Moustafaeva, pas de médaille en vue. Elle doit viser la finale.

Trampoline TRAMPOLINE
Le Français qui a décroché le quota en prenant la 6e place aux ChM n’a pas été retenu. Sébastien Martiny a remporté des médailles mondiales internationales, mais en synchronisé, pas en solo. Idem pour Marine Jubert, qui a décroché in extremis un ticket pour Rio. Aux JO, la discipline n’est qu’individuelle. Du coup, n’espérons rien.

Prono : seule la gymnastique artistique peut nous apporter des médailles, et compte tenu de la concurrence, ce sera très difficile. Les DTN, entraîneurs et dirigeants de la Fédé n’ont pas eu à expliquer une déroute depuis 20 ans. En effet, à Sydney, Athènes, Pékin et Londres, même quand l’équipe était décimée, la France a toujours été récompensée une ou deux fois. Il n’y a pas de raison qu’elle échoue avec cette équipe relativement épargnée par le mauvais sort.
=: Tablons sur 1 ou 2 médailles (probablement pas de titre) chez les hommes.

Halterophilie

  • HALTEROPHILIE

4 hommes (dont 2 dans la même catégorie) et une femme tenteront de rentrer en France avec une médaille. La tâche s’annonce très difficile. Au départ, ils ne devaient être que 4 mais en prise avec des problèmes permanents de dopage, la fédération internationale a décidé de frapper fort. La Bulgarie a été exclue, la Russie vient de l’être, pas mal d’autres pays ont perdu des quotas, ce qui a bénéficié à la France. Même en virant a priori un maximum de tricheurs, il en restera pas mal. Il peut être intéressant de finir 4e, voire 5e, pour décrocher une médaille d’ici 8 ans…

Prono : 2 ou 3 places de finaliste olympique (top 8) mais pas de médaille. Du moins, pas maintenant, pour la raison évoquée ci-avant.
=: Soit de 0 médaille.

5 ou 6 médailles dont 1 titre (j’en espère en réalité plus), ça peut sembler faible compte tenu du nombre d’athlètes nécessaire pour en arriver à ce bilan, mais soyons honnêtes : une médaille de bronze au 100m a plus de répercussion que 5 titres en tir.



Pour retrouver tous les autres sports, suivez le lien.