J’ai décidé de me soustraire à la tâche fastidieuse de rédiger un article concernant la cérémonie d’ouverture. C’est super long à faire, il faut illustrer… Et ce n’est pas réellement du sport. D’ailleurs, après une première partie très politique et un défilé des délégations assez interminable bien qu’égayé par les choix de costumes, ceux-ci allant du franchement dégueulasse au super classe, avec toute la panoplie intercalaire (traditionnel, folklorique, mauvais goût, grotesque, mauvaise idée). L’équipe de France olympique – particulièrement bien accueillie par le public – a défilé en nombre derrière Teddy Riner, les boxeurs étaient à l’avant, les Tillie un peu plus loin. Le président par intérim du Brésil a été copieusement sifflé au Maracanã au moment de prononcer la seule phrase de sa soirée (déclarer les Jeux ouverts), Gustavo Kuerten est entré avec la flamme mais l’espèce de vasque a été allumée par Vanderlei de Lima (marathonien bronzé à Athènes, il était en tête en fin d’épreuve quand un illuminé est sorti de la foule pour le choper). Pelé était le premier choix mais ne pouvait monter les marches à cause de sa hanche.

Bref, les JO sont ouverts, et je suis au taquet, mais pour combien de temps ? Si la dynamique reste celle du jour, je vais vite déprimer. Et puis c’est toutes une organisation, il y a tellement à suivre ! Sans parler des horaires m*rdiques dictés par la télé américaine. Au moment du vote pour l’organisation des JO de 2024, j’espère que les représentants européens et africains se souviendront que Los Angeles, c’est 9h de décalage avec la plupart des pays de nos 2 continents et que les JO la nuit sont mauvais pour les sport chez nous…


Cette première journée d’épreuves voyaient entrer en lice 5 équipes de France de sports collectifs, une 6e étant appelée à disputer sa 2e rencontre après la très belle victoire obtenue à J-2). Il y avait aussi du cyclisme sur route, du tir à l’arc, de l’aviron, du judo, de l’équitation, de l’escrime, du tennis, de la gymnastique artistique, de la natation, ou encore de la boxe, du tir et du tennis de table, mais sans Français.

Une Américaine a remporté le premier titre de ces JO devant 2 Chinoises, il s’agissait de tir à la carabine à 10 mètres.

Aviron Le vent soufflait extrêmement fort sur le bassin d’aviron lors de la série de Germain Chardin et Dorian Mortelette, vice-champions olympiques en titre du deux sans barreur. Il y avait tellement de vent et donc de houle (rappelons qu’il s’agit d’une lagune d’eau salée) que le programme de la journée a été modifié. Les Français ont remporté leur course en dominant leurs adversaires avec une marge énorme. Impressionnant ! Un peu dans le doute, ils ont pu se rassurer. Reste à savoir si le bateau serbe se trouvera à un moment où l’autre sur leur chemin, car il s’est renversé à cause des conditions. En principe, ça vaut disqualification. Or ce duo était 3e aux derniers ChM. Finalement, ils ont été repêchés pour les repêchages.

2 autres embarcations françaises disputeront aussi les demi-finales sans passer par les barrages, à commencer par Hélène Lefebvre et Elodie Ravera-Scaramozzino en deux de couple. Nettement moins convaincantes si on s’en tient à la place (3e sur 5), elles ont en réalité réussi un très bon temps dans une manche à la fois très serrée et beaucoup plus rapide que les autres (8 dixièmes d’écart avec les premières)… sans aucun suspense (8 secondes d’avance sur les suivantes).

Hugo Boucheron et Matthieu Androdias n’ont rien pu faire contre les Croates, largement supérieurs en série du deux de couple masculin, en revanche, grâce à un 3e 500m très efficace, le duo français s’est idéalement replacé en 2e position pour décrocher aisément sa place en demi-finales.

J’attendais le quatre sans barreur poids léger candidat au podium, je l’ai retrouvé 4e de sa série très loin (quasiment à 4 secondes) du top 3. Il faudra passer par les repêchages. N’ayant pu voir la course, je ne sais quoi en penser. Ont-ils particulièrement souffert du vent et des vagues ? Est-ce représentatif de leur niveau actuel ? Ce bateau n’était-il pas médaillé aux derniers ChM ?

Basketball La France a beaucoup mieux débuté le tournoi de basket féminin que le tournoi masculin. A vrai dire, elle l’a débuté de la même manière, à une grosse différence près : les filles ont vite réagi, les garçons ont mis plus de temps à réagir… puis ont sombré corps et bien.

Privée de Céline Dumerc pour tous les JO, l’équipe de France féminine a eu du mal à entrer dans son match contre la Turquie. Menés 8-0 après 5’30, les Bleues ont fini par réussir un tir sur leur 8e tentative. Ça se passait toujours très mal en attaque, l’écart a atteint 10 points, il fallait trouver des solutions. A peine sortie de l’avion, Amel Bouderra a été mise à contribution. Malgré son apport, la Turquie menait 16-8 à la fin du 2e QT.

3/18 pour les Bleues en 12’… Quelle horreur ! Pourtant, on sentait qu’il ne manquait presque rien pour relancer l’équipe. La défense faisait du très bon travail. La situation s’est améliorée progressivement, essentiellement grâce à la défense, qui a permis un retour progressif au score avant la mi-temps. Les filles sont même passées devant (19-18 à 1’33 de la fin du QT). Cette fois, les Françaises étaient vraiment dans le coup, elles dominaient de façon très marquée : 22-19 à la mi-temps.

Le gros début de 2nde période turc (7-0) a vite été oublié grâce à l’adresse de Sarah Michel à 3pts. Bouderra y est aussi allée de son gros tir primé. Un tir au buzzer d’Endy Miyem suite à une bonne pénétration de l’appelée de dernière minute a offert 6pts d’avance aux Bleues à la fin de ce QT (41-35) au cours duquel elles auront mis 4 tirs primés très importants. On a surtout senti une rage collective très positive.

Si la Turquie s’est accrochée, la principale frayeur connue par les Françaises est une torsion de cheville d’Olivia Epoupa à 5’ de la fin après un layup ayant permis de mener 47-39. Plus de peur que de mal. Les filles ont très bien terminé en gérant bien le tempo, en défendant dur, en prenant les rebonds… et en servant Isabelle Yacoubou dans la raquette. Victoire 55-39. Au final, c’est un très gros match, elles ont concédé 3pts dans le 2e QT, 4 dans le dernier. Fort ! Bouderra, Epoupa et Michel ont enfilé les pompes de Caps ! La montée en puissance observée au cours de la rencontre est prometteuse.

Quand les Bleus ont mal débuté face à l’Australie, il ne semblait pas y avoir péril en la demeure, car en mettant enfin l’intensité nécessaire, en arrêtant de perdre bêtement des ballons, en jouant de façon un peu plus sérieuse et ordonnée, le retour aux affaires était plus que probable, à l’image de ce qu’ont fait les filles face aux Turques. A vrai dire, défensivement, ça avait bien débuté avec 2 contres sur les 2 premiers tirs australiens, puis l’absence de rythme et de dureté ont fait mal. Aron Baynes a fait un carnage à l’intérieur. Côté français, Boris Diaw faisait de son mieux pour maintenir la France à flots. Menée 18-9, l’équipe de France était seulement à -6 (14-20) à la fin du 1er QT. On s’en sortait bien.

Piégés un nombre de fois affolant en back-door, les Bleus ont pris cher : 17-32. Un désastre, ils étaient hors du coup, le néant. Tony Parker est alors sorti de sa boîte. Son impact offensif a aussi poussé ses coéquipiers à se réveiller défensivement. TP était en feu, il a planté une quinzaine de points avant la mi-temps dont un dernier tir au buzzer pour recoller à 33-36 à la pause.

Tout restait possible. Un meilleur arbitrage aurait fait du bien. Laisser jouer à ce point quand une équipe est aussi physique que l’Australie, c’est vraiment lui donner un gros coup de pouce. Quand vous voyez TP subir une faute non sifflée dans le corner suivie d’un 3pts de Patty Mills sur la contre-attaque, que l’écart passe ainsi à +10 au lieu de +4… Mais ne nous y trompons pas, les Bleus restent les principaux responsable de leur défaite. Ils n’ont jamais su se relancer et ont pris une grosse claque : 87-66, c’est une bran-bran ! 4 défaites de suite sur le continent sud-américain, ça devient révélateur. Rien n’est définitivement mort, mais désormais il faut finir à la 4e place du groupe pour tenter de refaire le coup de Sydney. L’état d’esprit va absolument devoir changer du tout au tout.

Boxe Hassan N’Dam est devenu le véritable boxeur premier professionnel à disputer un combat aux JO. Il a affronté un Brésilien, Michel Borges, forcément très soutenu par le public. Représentant du Cameroun car la France avait déjà qualifié ses boxeurs, il a choisi les -81kg pour une raison simple : il ne pouvait se permettre de faire un régime (plus lourd, il a perdu en vitesse). Il est arrivé aux JO une semaine après un combat pro au Cannet.

Le local s’est vu attribuer la première reprise, ce qui n’était pas du tout scandaleux. Borges a su profiter du manque de vitesse d’N’Dam, il lui a mis des directs par surprise, des contres… Se sachant devant, il a bien joué l’évitement. Il fallait un KO ou au moins un KD pour renverser la situation. Ce n’est pas vraiment son point fort, même avec des bandages durs comme chez les pros, alors y arriver en 3’ sans avoir fatigué son adversaire lors des 2 premières reprises semblait illusoire. Le Brésilien a su truquer comme il le fallait. On a retrouvé le vrai N’Dam uniquement lors de la dernière minute de combat. Et moi qui voulais le voir contre Julio César La Cruz… Il s’est fait sortir sur décision unanime (même si un seul juge a donné 29-28, le score logique). Pour qu’un pro brille en boxe olympique, il a besoin de vraiment se préparer pour le format de 3x3’.

Cyclisme_sur_route Même en cyclisme, 237,5km. C’est long. Seules les classiques et quelques étapes des grands tours sont si longues. Le vent venu de la mer soufflait fort par endroits, il faisait chaud. Seuls les forts allaient pouvoir y briller. Le champion olympique de course en ligne allait forcément mériter son titre. La première partie de la course étaient plutôt plate avant une boucle loin d’être facile, notamment à cause d’un long secteur pavé pas tendre pour le matériel et 2 côtes bien drues. A l’issue de plusieurs tours de cette boucle, on transitait le long de la plage vers le 2nd circuit, qui s’annonçait infiniment plus difficile avec des ascensions pour véritables montagnards. Les médailles étaient promises à des coureurs de classiques, très bons grimpeurs… capables de très bien négocier les descentes scabreuses et de bien finir sur le plat. Forcément, Romain Bardet et Julian Alaphilippe étaient cités parmi les favoris au même titre que pas mal de ceux qui ont brillé sur le Tour de France. Les Bleus n’étaient que 4 contre 5 pour certaines nations dont l’Espagne, la Grande-Bretagne et la Colombie. Warren Barguil (malade) et Alexis Vuillermoz (vainqueur l’an dernier de la préolympique) étaient là pour jouer les équipiers.

C’est parti tout doucement dans ce décor fou. Le rythme s’est accéléré à la sortie de la première plage, puis les Colombiens ont décidé de durcir la course assez tôt pour faire péter pas mal de monde. Comme prévu, Tom Dumoulin a rapidement abandonné, il était contraint de prendre le départ pour être autorisé à disputer le contre-la-montre, son objectif (rappelons qu’il s’est fracturé le radius en fin de Tour de France).

Une première échappée s’est construite à 222km de l’arrivée avec notamment de la présence polonaise, un Suisse, un Colombien, un Allemand… Le peloton a laissé partir ce groupe de 6 au sein duquel on trouvait 4 clients (Jarlinson Pantano, Simon Geschke, Michal Kwiatkowski et Michael Albasini). Les Français ont tranquillement discuté stratégie à l’arrière. Compte tenu du nombre très limité d’équipiers, certaines équipes (Espagne et Italie) ont assez rapidement décidé de prendre en charge la chasse. Les Britanniques ont aussi fini par s’y coller.

Si le groupe a pu prendre plusieurs minutes d’avance, si les Français ont pu rester très discrets dans le peloton, certains ont galéré, à l’image de Bauke Mollema, récent vainqueur de la Clasica San Sebastian, miné par des problèmes mécaniques. Richie Porte a aussi connu ce genre de problèmes un peu plus tard au moment où les Tchèques ont mis le feu pour créer des bordures en profitant du dernier passage sur le secteur pavé. A 120 bornes de l’arrivée, la guerre était déclarée. Beaucoup étaient piégés, pas les Britanniques, très présents à l’avant. Ça roulait pour Chris Froome comme s’il s’agissait de la Sky… Ils ont toutefois cherché du renfort, ce que n’aurait pas fait la Sky. Du coup, c’est revenu de l’arrière (grâce notamment à une descente difficile où un Mexicain a fait un joli tout-droit spectaculaire). Heureusement car les Français me semblaient avoir été piégés. D’ailleurs Vuillermoz a dû bosser pour permettre ce retour.

Les Britanniques ont continué à mettre la pression tout en ramenant tout le monde sur le groupe de tête, condamné à terme (comme prévu). Tout allait se jouer sur le 2nd circuit, vraiment très difficile. Ce qui se passait dans cette équipe britannique était étrange, un homme emmenait le peloton, 2 étaient retardé dans les voitures dont Froome). Sans doute est-ce lié à l’absence d’oreillettes.

Barguil a fini par craquer à plus de 75km de l’arrivée, on s’y attendait, mais on espérait que ça arrive plus tard. Les Italiens ont alors pris la tête pour imposer un train encore plus soutenu. A l’avant, le Russe Pavel Kochetkov et Michal Kwiatkowski étaient les derniers survivants du groupe de 6. Ils étaient en sursis car en réalité, les Italiens avaient une idée derrière la tête. Damiano Caruso a tenté de fuir à 72km de l’arrivée, emmenant Greg Van Avermaet et Geraint Thomas dans sa roue. Les Espagnols ont alors pris les choses en main en tête de peloton. Toutefois Rein Taaramäe a pu les rejoindre, Sergio Henao également. J’ai manqué le retour d’un Kazakh, Zeits, à la place de Taaramäe, incapable de suivre. OSEF. Ce groupe a fini par rejoindre Kwiatkowski, mais les écarts n’auront jamais été significatifs car les Espagnols travaillaient toujours en tête du peloton… où les 3 Français restaient au chaud en attendant leur heure. Il restait une quarantaine de bornes.

Les Italiens (Vincenzo Nibali et Fabio Aru) ont profité d’une descente pour lancer l’offensive et récupérer Caruso. Porte est alors tombé et les Français… ont été piégé car ils pensaient attendre la dernière ascension pour agir. La grosse erreur des Bleus est d’avoir dormi à ce moment, en étant attentifs, ils auraient pu s’épargner beaucoup d’efforts pénalisants en fin de course. Il ne pouvaient se permettre de n’en envoyer aucun dans le groupe de 11 formé à l’avant avec de très gros coureurs. Derrière, il a fallu s’organiser, les Espagnols et les Suisses (Fabian Cancellara essentiellement) ont donné tout ce qu’ils pouvaient. Il ne restait que 30 bornes et à ce moment de la course, la minute d’écart était considérable à moins de bien s’entendre. A priori, il fallait sacrifier Vuillermoz en le faisant rouler.

Geraint Thomas, Adam Yates, Rafal Majka, Fabio Aru, Vincenzo Nibali, Jakob Fuglsang… Il y avait du très beau monde devant. Du trop beau pour laisser Cancellara bosser seul. Aru a pris le relais quand Caruso a mis le clignotant après avoir beaucoup travaillé. Taaramäe est ressorti du peloton au pied de l’ultime ascension, Vuillermoz a tenté de le suivre. Il n’avait pas les jambes. Probablement était-ce aussi le cas des autres Français. Du moins le croyait-on. En revanche Joaquim Rodriguez et Louis Meintjes ont pu le rejoindre.

L’accélération du Kazakh a fait exploser Yates. Les Français étaient désormais à la barre dans le groupe des battus. Battus ? Pas encore. Froome est reparti, suivi par Bardet… avant que le leader bleu roi ne coince à son tour. Le train imposé à l’avant devait provoquer un grand nettoyage. C’était devenu n’importe quoi sur la route avec des coureurs et du public partout sur la route. Van Avermaet savait qu’au sprint, c’était pour lui, alors il s’est battu pour rattraper Nibali, Thomas, Majka et Henao. Froome a tenté d’utiliser Yates pour revenir, mais ça n’allait pas assez vite, Alaphilippe a alors lâcher les chevaux pour rejoindre ce duo britannique, avec succès.

Avec Van Avermaet à l’avant, ça s’est regardé, ce qui a permis plusieurs retours. Fuglsang s’est alors souvenu qu’il est équipier de Nibali chez Astana et a roulé en tête du groupe… Alaphilippe avait encore une chance, il a lâché Froome, est revenu sur Kangert… Puis il est reparti seul pour aller chercher les hommes de tête. Etant un grand descendeur et un bon sprinteur dans ce genre d’occasions, tout semblait de nouveau possible. Le Français semblait extrêmement fort. La nouvelle accélération de Nibali a fait des dégâts. Seul Henao a pu suivre. Le Colombien a collaboré. Majka est alors revenu… Un trio s’est formé puis déformé puis reformé.

Alaphilippe n’avait plus que 3 hommes à rattraper. Revenu dans le groupe de chasse, il a un peu récupéré dans les roues… puis en a remis une couche avec Van Avermaet. Il restait une quinzaine de bornes. Devant, on se regardait, on relançait, l’entente était nulle.

Pour faire la descente librement, le Français a choisi de basculer en tête de son groupe. Nibali mettait la pression, son trio n’avait qu’une avance très maigre. La violente chute d’Henao et Nibali – restés sur le carreau, blessés – a laissé un seul homme en tête, et pas un très bon descendeur, Majka…. La porte était désormais grande ouverte pour Alaphilippe… Geraint Thomas est tombé à son tour… mais Alaphilippe aussi, ce qu’on n’a pas vu à l’antenne (la réalisation était très moyenne).

On a retrouvé le Français derrière le groupe de chasse sans connaître la cause de ce retard. En réalité, il a été refroidi en voyant les 2 hommes à terre et s’est mangé un arbre 2 virages plus tard. Il avait ensuite l’impression que son vélo était cassé. Perturbé, on l’a même vu tripatouiller sa roue ou son frein. Il y avait 20 secondes d’écart entre Majka et ce groupe de 7, mais personne ne voulait rouler avec Van Avermaet et Alaphilippe. Ne voulant pas se contenter d’une médaille d’argent, le Français a tenté de mettre le feu à 5 gros kilomètres de l’arrivée en passant un très gros relais très appuyé. Il s’est fait contrer par Van Avermaet et Fuglsang… et a dû repartir seul pour aller chercher ce duo. C’était trop tard, il fallait réagir de suite ou éviter de se cramer à ce moment de la course. Seul avec du vent défavorable, Majka peinait, le duo de chasse se rapprochait en collaborant parfaitement… et a fini par être rejoint à 1,5km de l’arrivée.

Ça ne s’est pas assez regardé pour espérer un retour d’Alaphilippe, qui était sans doute le plus fort aujourd’hui mais a mal couru. Ça me rappelle quelque chose… Il n’y a pas vraiment eu baston, Majka s’est relevé, content du bronze, Fuglsang s’est fait largement dominer mais s’en sort en argent, déjà brillant sur le Tour de France, Van Avermaet est donc champion olympique. Alaphilippe a fait le sprint avec Rodriguez pour la 4e place… a fini 4e. Une horreur, même s’il ne veut pas se l’avouer.

Le gros manque d’attention des Français au moment où les Italiens ont lancé le coup dans la descente a coûté le titre à l’équipe. Alaphilippe a encore été catastrophique tactiquement, il a cherché l’or au lieu de penser à la médaille. Elle était à sa portée. A vrai dire, en se contentant de rester dans la roue du Belge, il pouvait gagner, au pire c’était une médaille. Il a offert à Van Avermaet un titre qui devait lui revenir et lancer la France dans ces JO.

Equitation A l’issue de la 1ère journée du dressage du concours complet d’équitation, la France occupe le 4e rang par équipes très près du podium, il y a un tir groupé en haut du classement, les 4 premières équipes se tiennent en un mouchoir de poche. Derrière, il y a un creux, mais c’est très provisoire.

Ceci dit, il y a eu de grossières erreurs chez les Allemands, en particulier Michael Jung, pourtant ça ne se reflète pas dans les notes. Nous prendrait-on pour des buses ? Espérons qu’il n’y a pas de magouille dans cette affaire, ce serait bien triste.

Le classement est beaucoup trop provision pour m’étaler sur le sujet.

Escrime On n’attendait pas de médaille dès cette première journée consacrée à l’épée féminine. Cette affirmation prend un caractère assez terrible quand on se rend compte du chagrin terrible qui habitait Lauren Rembi à la fin de la journée. L’escrime a bien failli nous apporter une magnifique médaille surprise à coups d’exploits. Et puis le manque de réussite a rattrapé les Françaises avec en plus un élément gavant : devoir affronter des étrangères coachées par des Français.

Au premier tour, Auriane Mallo et Marie-Florence Candassamy n’ont connu aucun souci, respectivement face à une Vietnamienne (15-7) et une Brésilienne (15-6). Jusqu’ici, R.A.S., c’était normal.

Lauren Rembi, qui débutait en 16e de finale, a tiré Simona Gherman, une Roumaine largement favorite car nouvelle championne d’Europe. Mallo affrontait en même temps une autre Roumaine, Ana Maria Popescu… vice-championne d’Europe. Si Mallo a été nettement dominée (15-8), concédant la première défaite de l’équipe de France olympique à Rio après une jolie petite série de 6 succès pour commencer, Rembi a tenu le choc dans un duel très défensif et très serré. Il y avait 6-5 en faveur de Gherman après 6’. A 8-8, la Roumaine a marqué 2 fois de suite, il restait 1’, la Française a égalisé à 22 secondes de la fin, Gherman a alors craqué en voulant prendre des risques inconsidérés, ouvrant la porte à Rembi pour un premier exploit : victoire 13-10, première très bonne surprise des JO !

Candassamy pouvait rejoindre sa coéquipière, il lui fallait battre Xu Anqi, une Chinoise classée numéro 1 mondiale (tête de série n°2), accessoirement championne olympique par équipes et médaillée mondiale en 2015. La Française a imposé son escrime, faisant douter la Chinoise au point de lui faire commettre des erreurs et chercher à casser le rythme en changeant d’arme (il y avait 7-4 dans la 2e manche). La Française s’est même montrée plus maline pour prendre le large à 3’ de la fin de l’assaut (10-6). Candassamy était juste injouable à ce moment de la journée. Elle a éclaté la Chinoise 15-8.
2e exploit de nos épéistes inattendues ! Toutefois, il ne s’agissait encore que de se qualifier en 8e de finale.

Rembi a disputé son 8e de finale contre une Ukrainienne, Olena Kryvytska. Etouffant ! Le score n’a évolué qu’extrêmement tard, dans la dernière minute, où la Française a pu prendre 3 touches d’avance et mener… 5-3 ! Elle s’est finalement imposée 9-7. En quart, elle pouvait affronter… Candassamy, opposée à Nathalie Moellhausen, une ex-italienne désormais brésilienne coachée par… Laura Flessel (présente pour donner des conseils à son élève). L’allonge supérieure de la latine lui a permis de prendre de l’avance (4-1). L’expérience et la précision ont fait le reste. 15-12, fin de l’aventure pour Candassamy.

Il n’y avait plus qu’à espérer voir Rembi venger sa coéquipière. Moellhausen menait 2-1 à la fin de la première période de 3’ alors que la Française avait marqué en premier. C’était très lent, le temps de préparation durait très longtemps avant chaque attaque. Ça a payé. Rembi est passée devant en surprenant plusieurs fois son adversaire (6-3). En allant au contact pour éviter de prendre une remise, la Française a pris un carton jaune mais surtout un coup de hanche dans le ventre qui a provoqué une interruption du combat. Elle a été manipulée par le kiné pour essayer de bien se remettre avant la reprise. Ça a dû être assez efficace puisqu’à la fin de ces 3’, Rembi menait 7-3 et dominait totalement sur le plan tactique.

La Brésilienne est revenue à 2 touches en tentant d’embraser l’ambiance. Elle s’est rapprochée à une touche (8-7), c’était chaud, il fallait maîtriser ses émotions. Rembi a été remarquable dans sa gestion. Très patiente, elle a commencé par une belle parade riposte, puis une double, encore une touche pour mener 11-8. Propre ! Obligée de mettre le feu, de tenter beaucoup de choses, la Brésilienne a mis la pression avec succès : 10-11, puis double, plus que 13 secondes et seulement 1 touche d’écart. Le tournant a été une attaque directe sur le « allez ! » qui a surpris Moellhausen. Ça s’est terminé à 15-12.

Après 2 bonnes heures d’interruption, elle allait avoir 2 chances d’obtenir une médaille.

Il y a 2 ans, Lauren Rembi a remporté une épreuve de Coupe du monde, c’était à Rio, elle avait battu la Hongroise Emese Szasz au passage. En ce plus grand jour de sa jeune carrière, elle a retrouvé cette adversaire très expérimentée à Rio, cette fois pour un titre olympique.

Le rythme était lent, les prises de fer nombreuses, mais pas à l’avantage de la Française. Là aussi, le vent avait tourné. La Hongroise a marqué 3 touches consécutives pour mener 3-1 à la fin du 1er tiers temps. Il fallait trouver une solution tactique pour changer la donne. Chaque touche était une galère, un combat. C’était interminable. L’arbitre a étrangement décidé de mettre fin à la 2e manche à une grosse minute de sa fin normale en estimant que les filles étaient trop passives. Il y avait alors 3-2. La Française n’a pas voulu se précipiter mais a été piégée 2 fois de suite. A 5-2 et 1’30 au chrono, la situation devenait critique. Son changement d’arme devait avoir un impact psychologique, il semble avoir agi… trop peu de temps. 5-3, puis 6-3, 1’ pour renverser la situation, la mission paraissait impossible, pourtant Rembi est revenue à 6-5 à 21" de la fin. La double touche à 7"33 de la fin lui laissait une chance, elle a été surprise par la Hongroise, partie sur le «allez». La suite n’est qu’anecdote. Défaite 10-6. Même si la Française était très proche au score, elle a été dominée du début à la fin par la future championne olympique.

Restait une chance de médaille de bronze. Pour l’obtenir, il fallait se remobiliser immédiatement pour battre une gauchère Chinoise, Sun Yiwen… entraînée par un Français. Menée 4-3 à la fin du 1er QT, Rembi a égalisé 2 fois de suite avant de prendre l’avantage (6-5) grâce à des attaques en flèche. Ça restait hyper serré, Sun a repris les devants en se baissant pour esquiver et contrer, ça faisait 8-7 pour la Chinoise au moment de la 2nde minute de repos. La première médaille de la délégation était encore totalement à a portée, il fallait oser pour la cueillir… sans se faire cueillir.

Encore piégée en se faisant contrer sur son départ en flèche (11-9), Rembi s’est accrochée. Elle n’arrivait pas à toucher seule jusqu’à revenir à 12-11 en mettant plus de conviction dans son attaque. 2 doubles ont offert une touche de match à la Chinoise qui a conclu 15-13.

Finir sur 2 défaites et sans médaille à l’issue d’une si belle journée abordée sans réel espoir de médaille – elle arrivait presque en tant que chair à canon – ne devrait pas être si difficile à encaisser, mais quand vous toucher le graal du doigt, que vous avez franchi tous les obstacles pour vous en emparer que vous vous imaginez avec la médaille au cou, comment serait-il possible de relativiser à chaud ? Elle a donc fini en pleurs.

On souhaite juste à ces filles de se venger lors de l’épreuve par équipes. Elles affronteront la Chine en quart.

Football Pour son 2e match de poule dans le tournoi olympique de football féminin, l’équipe de France a débuté avec le même onze que face à la Colombie… sauf en pointe, où Marie-Laure Delie a remplacé Eugénie Le Sommer, légèrement blessée et préservée. La première place du groupe – et un tableau nettement plus facile – leur était promise en cas de victoire contre les Etats-Unis. Un match nul pouvait aussi faire notre affaire.

Ce match, encore disputé à Belo Horizonte, a eu des allures de déjà-vu. Comme presque à chaque fois depuis un moment, les Bleues ont dominé les championnes olympiques et du monde en titre. Faute de parvenir à convertir la moindre occasion, elles ont fini par perdre en concédant un but évitable. Les Ricaines ont juste été beaucoup plus efficace, elles ne manquent jamais de réussite, elles.

Les occasions n’ont pas manqué. La première période a même été largement dominée par les Bleues. Wendie Renard a mis une énorme tête sur la barre d’Hope Solo – qui a légèrement touché le ballon – en reprenant un CF (16e). Solo – toujours aussi aimée du public (^^) – s’est complètement manquée sur le corner suivant, malheureusement personne n’a pu profiter du cafouillage. Delie a ensuite vu Solo repousser sa reprise sans contrôle après un super appel croisé (26e), puis a encore été empêchée de marquer par Solor, auteur d’une énorme intervention alors que l’avant-centre française se présentait face à elle sur la droite de la surface après avoir gagné son duel à l’épaule (41e).

Hormis un CF direct de Tobin Heath sous la barre (23e) qui semblait avoir été claqué par Sarah Bouhaddi, les Américaines n’avaient quasiment rien produit avant de dominer pendant 15 à 20 minutes après le repos. On a alors beaucoup vu la gardienne française pour des interventions réussies ou… ratées. Le flottement dans la défense était de plus en plus inquiétant, il a fini par se payer. Abandonnée par Jessica Houara, son ex-coéquipière au PSG, Heath s’est retrouvée décalée sur la gauche dans la surface, sa frappe détournée par Bouhaddi sur son poteau est devenue une passe décisive pour Carli Lloyd (63e). Message personnel : Tobin, si tu veux faire l'amour, demande-moi, ne le fait pas à tes adversaires ! Et puis reviens au PSG, si possible avec cette condition physique, comme ça tu pourras y obtenir ce que tu n'as pas eu la première fois !

Il y a eu des changements, la France a poussé de nouveau, très fort, Renard, Delie et autres ont multiplié les têtes, certaines cadrées, le ballon a souvent navigué dans la surface sans jamais être repris victorieusement. On a même cru au csc de Krieger.

Se satisfaire de dominer les Ricaines, ça va un moment, mais maintenant, il faudrait penser à les battre, même en jouant mal ! Les Bleues doivent maintenant disputer leur dernière rencontre sans pouvoir réellement faire tourner alors que l’enchaînement des rencontres est particulièrement épuisant. C’est vraiment mauvais signe. En toute logique, les Allemandes nous attendent en quart, elles ont bien failli perdre contre l’Australie, néanmoins on les connaît, elles sont un peu comme les Ricaines, on les dominer à chaque fois, elles finissent presque toujours par trouver une porte de sortie.

En fin de soirée, l’équipe du Brésil a réussi un étonnant carton face à la Suède (5-1) avec une Marta en feu.

Gymnastique_artistique Le moment le plus dramatique et le plus marquant de cette journée a plombé nos chances d’obtenir une médaille en gymnastique artistique. Au-delà de ça, c’est juste un drame humain pour un membre de l’équipe masculine et le groupe dans sa globalité.

La blessure horrible de Samir Aït-Saïd est une catastrophe. Le destin s’acharne sur lui. Il a subi la approximativement la même fracture[1] de la même manière en 2012, déjà lors d’une réception au saut de cheval et a loupé les JO de Londres à cause de cette blessure alors qu’il devait s’y battre pour la médaille. Cette fois, il a pu aller aux JO, a pu faire son mouvement pour se qualifier aux anneaux (15.533, 6e), mais s’est pété la jambe juste après. Les images de cet accident sont trop insoutenables. Du moins c'est ce qu'on dit. Je n'ai même pas osé les regarder.

Imaginez le traumatisme pour ses potes obligés de continuer leurs qualifications ! L’équipe n’a évidemment pu s’en remettre (12e sur 12). Axel Augis a tout de même fini par se qualifier pour le concours général individuel (23e, on en prend 24), Cyril Tommasone pour la finale des barres parallèles (15.650, 3e), Danny Rodrigues est 10e aux anneaux, il remonte 9e compte tenu du forfait de son coéquipiers, ce qui le place seulement 1er réserviste. La poisse ne frappe pas à moitié.

Handball Le début de rencontre de l’équipe de France de handball féminin face à de très fortes Néerlandaises pouvait difficilement mieux se dérouler : 6-2 en quasiment un quart d’heure. Habituées dernièrement à se faire fesser par ces Bataves (notamment lors du TQO et des ChM dont cette équipe des Pays-Bas a pris la 2e place l’hiver dernier), les Bleues ont fait très grosse impression en défense (merci Amandine Leynaud, énormissime). Très efficaces aussi en attaque grâce à un paquet de jets de 7 mètres, elles ont même augmenté leur avance (+5). A la mi-temps, le score était de 10-6 en faveur des Bleues.

Les filles d’Olivier Krumbholz ont eu beaucoup de mal offensivement en début de 2nde période, il leur a fallu près de 7’ pour marquer. Le vent a tourné… Après le retour des Bataves à 12-12, les Françaises ont eu l’opportunité de marquer autant de buts (2) en 30 secondes que lors des 15’ précédentes… Elles ont failli être atteintes par ce put*in de syndrome du jour. Heureusement, après l’arrêt fou de la gardienne – dont on a assisté à la résurrection après la mi-temps – sur une contre-attaque, le genre de trucs qui d’habitude vous inversent totalement une dynamique collective, les Bleues ont récupéré le ballon et mis à profit la possession pour repasser à +2. C’est d’un temps mort qu’est venue la lumière éteinte depuis la mi-temps. L’écart est remonté à 4 puis 5 unités four finir à 18-14. Taper les Pays-Bas était déjà très beau et inattendu compte tenu des antécédents récents entre les 2 équipes, ne concéder que 14 buts est franchement impressionnant ! En toute logique, les filles ont fait un grand pas vers les quarts de finale du tournoi olympique.

Le Brésil a battu la Norvège 31-28 lors du match précédent. C’est une surprise, même si chez les filles, le pays hôte a une grosse équipe.

Judo J’espérais une première médaille en judo dès cette journée. Echec.

S’il était le premier à combattre le de ces JO, Walide Khyar (-60kg) a connu un premier tour très facile, qui a duré 1’12. Son adversaire palestinien (invité) a pris la pression au point d’attraper la jambe avec la main, ce qui est cause de disqualification. Une formalité. Laëtitia Payet (-48kg) débutait quelques minutes plus tard contre une jeune Australienne. Un contre, une immobilisation, ça a duré 1’19.

Les choses sérieuses débutaient au tour suivant.

Khyar rencontrait Felipe Kitadai, un… Brésilien médaillé de bronze à Londres. On a assisté à un combat à très haute intensité. Le Français s’est plusieurs fois sauvé comme un chat mais gérait très bien, il a même su provoquer 2 pénalités contre son adversaire. Les 2 hommes, très offensifs, ont fait des séjours sur le dos. Khyar a été à son tour pénalisé à 1’30 de la fin mais restait devant, je pense même que son adversaire, le roi de la roulade, aurait mérité plusieurs fois une nouvelle sanction pour fausse attaque ou pour passivité. En outre, il mettait énormément de temps à se relever à chaque interruption du combat. L’affaire semblait pliée, pourtant à 5 secondes de la fin, un vieux contre a été compté yuko en faveur du Brésilien. Convaincu de s’être retourné à temps et donc de ne pas être tombé sur le côté mais de face, le jeune champion d’Europe a demandé qu’on regarde la vidéo, la table n’a pas voulu lui donner raison. C’est franchement très limite, mais à Rio, face à un Brésilien, il n’avait aucune chance d’être entendu. On ne peut parler de scandale. Bien sûr, à force d’être sur le fil, de vouloir attaquer, Khyar s’est mis en danger, il s’est laissé emporter par la fouge. Mais peut-on réellement le lui reprocher ? Il s’en voudra déjà assez tout seul… Je pense aussi qu’en ayant 2 pénalités d’avance – comme ça aurait dû être le cas – au lieu d’une, il aurait géré différemment. Cette élimination horrible correspond aux prémices des problèmes de l’équipe de France olympique.
Bref, il s’agit de la première grosse déception de ces JO. Le Russe Beslan Mudranov a décroché l’or, ce qui n’est guère réjouissant.

Pour Payet, la mission semblait impossible : Urantsetseg Munkhbat est n°1. La Mongole a tenté une clé de bras… avec succès. La Française a résisté le plus longtemps possible, l’arbitre a laissé travailler, ça a fini par passer. Pas de surprise, donc. Son adversaire a obtenu une médaille de bronze, le titre étant revenu à une Argentine, Paula Pareto.

Et donc pas de médaille lors de cette première journée. Ça débute mal pour le judo lors de ces JO, mais les plus attendus entreront en lice ces prochains jours.

Natation

  • Séries.

Avec des séries de natation qui débutent à 13h, les organismes sont aptes à nager beaucoup plus vite que lors des habituelles séries du matin. Il faudra donc souvent être en mesure de battre son PB si on a pour objectif les demi-finales ou la finale en cas de qualification directe (sur les épreuves de 400m et plus). Les autres nations ne vont pas attendre les Français !

Les filles ont grossièrement échoué dans la chasse aux records personnel : Béryl Gastaldello a pris la 3e place de sa série du 100m papillon, 58"93 n’était à l’évidence pas une performance suffisante pour se qualifier en demi-finales. Marie Wattel n’a pas fait mieux 58"90. Elle ne venait que pour cette épreuve. Elles ont raté leurs séries. Lara Grangeon et Fantine Lesaffre ont étrangement manqué leur coup dans les grandes largeurs sur 400m 4 nages. Lara était à l’extérieur dans la série au cours de laquelle Katinka Hosszu a manqué de peu le record du monde (4'28"58, à 15 centième du record de Ye Shiwen[2]… qui s’est noyée lors de ces séries). 4'43"98 pour Grangeon (malade en réalité), 4'44"47 pour Lesaffre, c’est mauvais.

Engagé dans l’antépénultième série du 400m NL, Jordan Pothain a en revanche fait beaucoup mieux en pulvérisant de 2"34 son record personnel (3’45"43). Au-delà de penser à la qualification pour la finale, finalement obtenue avec le 8e temps (devant des cadors), c’est très positif en vue du relais 4x200m. Il est en grande forme !

Le 4x100m NL féminin a aussi très bien nagé et s’est qualifié 8e (3’36"95, record de France nettement battu, il datait de Pékin avec les combinaisons). Quand on sait s’où vient ce relais, c’est très positif. Béryl Gastaldello (54"94), Charlotte Bonnet (53"16), Mathilde Cini (54"64), et Anna Santamans (54"11) ne sont pas venues pour rien. Charlotte semble très en forme.

Notons que Cate Campbell a claqué un monstrueux 51"80 (lancée). Katie Ledecky (52"64) et Sarah Sjöstöm (52"57) ont aussi annoncé la couleur.

On a vu un record du monde d’Adam Peaty sur 100m brasse (57"55). Classique.

  • Finales.

Le premier titre olympique a été décroché par Kosuke Hagino (4’06"05, record d’Asie) à l’issue d’un 400m 4 nages animé par les Nippons. Cette course était dominée par les Ricains depuis quelques JO. En demi-finales du 100m papillon, on plus de Sjöström (auteur d’un nouveau record olympique en 55"84 sans même donner l’impression de s’employer), on a vu des gamines de 16 ans (ont une Jap qui a remporté la première) mais aussi Dana Vollmer, jeune maman de 28 ans.

Dernier qualifié pour la finale du 400m NL, Jordan Pothain nageait au couloir 8 à côté de James Guy. Finaliste de sa première course olympique, il avait tout à gagner, absolument rien à perdre. Retrouver Sun Yang au départ m’a quand même bien fait chi*r, je l’avoue. Malin, Pothain s’est mis dans la vague de son voisin, parti très vite. Du coup, il était 2e après 100m. Le Français est ensuite rentré dans le rang, mais parce que le Britannique menait un train d’enfer, bien en-dessous des bases du record du monde. Pothain a complètement décroché pendant la 4e longueur. Progressivement, les cadors sont revenus sur Guy, il y a eu duel entre Mack Horton et le Chinois. L’Australien a gagné à la touche en 4’41"55. Gabriele Detti a pris le bronze. Les Ricains ont donc fini au pied du podium. 4’49"07 (8e) pour Pothain, c’est… nettement moins bien que lors des séries. Mais pour lui, l’important était de se qualifier pour la finale.

Complètement passée à côté à Londres, Katinka Hosszu a décroché son premier titre olympique en remportant aisément le 400m 4 nages. Encore une fois, elle avait énormément d’avance par rapport au record du monde de Ye Shiwen, 5"25 avant le crawl, ça pouvait suffire malgré la fin de course inhumaine de la Chinoise il y a 4 ans. Cette fois le record a été pulvérisé de plus de 2 secondes ! Enfin ! 4’26"36… Elle a mis près de 5 secondes à la 2e, Maya Dirado, et 6 à Mireia Belmonte.

La France a remis le même relais dans le même ordre en finale du 4x100m féminin. C’est parti très vite au centre du bassin avec les Etats-Unis et l’Australie. Les Américaines ont pris le large dans le 2e 100m, elles étaient sur les bases du record du monde à mi-course, mais les Australiennes ont lancé les sœurs Campbell pour finir. Bronte a pris le dessus sur Vollmer, Cate a détruit Ledecky, incapable de la suivre sur cette distance. Le record du monde a volé en éclats : 3’30"65. Les Etats-Unis ont pris la 2e place, le Canada la 3e. Notons le 52"20 lancée de Ranomi Kromowidjojo, pas si loin des 51 "97 de C. Campbell, insuffisant toutefois pour monter sur le podium.

Longtemps 6e, la France a fini 7e en 3’37"45. Dans le détail, ça donne Gastaldello 54"83, Charlotte Bonnet 53"17, Mathilde Cini 54"92, et Anna Santamans 54"53. Les temps de réactions étaient bons (13 ou 14 centièmes pour chacune des 3 dernières).

Demain, l’équipe de France de natation devra réellement dévoiler ses atouts. Si ça se passe mal demain, catastrophe en perspective. Mais il n’y a pas de raison que ça foire ! On ne demande pas à battre de record du monde (déjà 3 dès la 1ère journée), juste à remporter des médailles…

Rugby_a_7 L’équipe de France féminine a disputé le premier match de l’histoire du rugby à 7 aux JO. Il lui a fallu à peine 1’30 pour ouvrir le score contre l’Espagne. 12-0 à la mi-temps, puis 19-0. L’écart a ensuite été réduit (19-7) à 3’ de la fin de la 2nde période de 7’. La France a repris le large sur un exploit personnel, décrochant une première victoire 24-7 avec 4 essais inscrits à 1. Un bon début de tournoi !

Lors de leur 2nde rencontre de la journée face au Kenya, l’ouverture du score a été retardée par un en-avant dans l’embut. Ce n’était que partie remise. Mais un contre a permis aux Africaines d’égaliser à 7-7. Les filles ont toutefois pu reprendre le large juste avant la mi-temps. En seconde période, elles ont déroulé : 40-7.

Le travail a été fait, les Bleues sont déjà qualifiées pour les quarts, elles affronteront la Nouvelle-Zélande demain en 3e match de poule puis enchaîneront avec ce quart de finale décisif. Malheureusement, la poisse française du jour a aussi touché les filles : Shannon Izar s’est blessée et a dû être remplacé dans le groupe pour la suite de la compétition par Jessy Trémoulière.

Tennis En tennis, les principaux espoirs français sont – ou étaient – en double. Pourtant, si ça s’est super bien passé en simple, une catastrophe s’est produite en double.

Kristina Mladenovic a ouvert le bal contre une Serbe, Krunic, 6-1, 6-4, facile. Jo-Wilfried Tsonga a eu beaucoup plus de mal face au Tunisien Jaziri (4-6, 6-5, 6-3) mais l’essentiel est là. Gilles Simon a sorti Koric 6-4, 7-6. Gaël Monfils a débuté son match très tard contre le Canadien Popisil, à qui il a mis 2 petits sets très récemment. Il a remis ça : 6-1, 6-3.

J’attendais tranquillement le premier tour de Kiki et de Caroline Garcia en double, il devait s’agir d’une formalité contre des Japonaises inconnue… Elles ont perdu en 3 sets, 0-6, 6-0, 4-6. Je ne comprenais pas ce qui a pu se passer. J’ai été choqué par l’info. Les explications n’ont pas tardé à arrivées sur les réseaux sociaux. Sachant que les tenue des filles ont été validées par la FFT, comment a-t-on pu se retrouver avec une histoire dingue comme celle-ci ? Se rendre compte au moment d’entrer sur court que vous n’avez pas le droit de porter des couleurs différentes et que les tenues de vos équipementiers respectifs ne correspondent pas. Je veux bien comprendre que la fédé n’ait pas d’équipementier faute de véritable équipe nationale, mais ne pas se renseigner sur le règlement et tout blinder, c’est dingue ! Caro a tout de même dû enfiler – à l’envers – une tenue de Kiki, beaucoup plus grande qu’elle, pour jouer ce match et ne pas être virée des JO (simple et double mixte compris si j’ai tout bien pigé), le tout après une séquence de panique et de recherche de solutions forcément très déstabilisante. Le 6-0 encaissé d’entrée est la conséquence directe de cet épisode. Elles ont pu revenir 1 set partout. Ensuite, quand tout se passe sur une manche, tout est possible, il suffit d’un break concédé au mauvais moment, voire d’1 ou 2 points mal négociés, et vous êtes dehors. Il faudrait avoir pu regarder le match et en connaître le scénario précis pour comprendre exactement.

Tir_a_l’arc Un premier record du monde a été battu lors ces JO à l’occasion du tour de classement du tir à l’arc masculin. Ce tour sert à dresser le tableau, on l’organise quelques heures avant la cérémonie d’ouverture. Le Sud-Coréen Kim Woo-jin a marqué 700pts avec 72 flèches. Sachant que le maximum est 10pts par flèche… Précis le garçon ! Le premier Français, Jean-Charles Valladont, s’est classé 8e (680), Lucas Daniel a fait… 666pts (21e), Pierre Plihon a eu plus de mal (657, 36e). Pour l’épreuve par équipes, ils ont obtenu ce qu’ils voulaient : éviter la Corée du Sud en quart. En prenant la 5e place sur 12, les Bleus ont manqué la qualification directe pour les quarts de finale (à 2 points près) mais ont hérité de la Malaisie, moins bonne équipe vendredi. Ce huitième de finale devait devenir une opportunité de se mettre dans le rythme, d’apprivoiser le lieu de la compétition, le mythique Sambodrome, et ainsi d’être mieux préparés pour leur quart.

Le 8e de finale s’est bien déroulé malgré un 1er set perdu. Plus ça allait, mieux ça allait, comme en témoigne leur score manche par manche : 53, 55, 55, 57.

Le quart de finale contre l’Australie s’est déroulé un peu moins de 5h plus tard. Il a débuté idéalement par une paire de 10, et un set gagné 57-52. Facile. Puis… tout est parti en c*uille alors qu’ils avaient un boulevard pour s’adjuger le 2e set. Un 9 ou un 10 permettait aux Français de prendre le large pour mener 4-0, mais en terminant par un 8 (qui faisait 54-54), ils ont permis aux Australiens de prendre 1 point et donc de rester dans le coup pour la qualification en demi-finale. L’Australie a débuté très fort le 3e set et ainsi mis la pression. Le 7 de Plihon sur la 2e flèche a plombé la France, battue 56-52 lors de cette manche, soit un score de 3-3. Tout était à refaire lors de la dernière volée de flèches.

Le 4e set devenait en effet décisif. 26-26 à l’issue des 3 premières flèches… 54 pour l’Australie, la France était sous pression, il fallait faire 28 ou mieux avec les 3 dernières flèches… Plihon a tué le suspense et les espoirs de l’équipe avec un 6. Cuit. Elimination. C’est vraiment dommage, l’opportunité de mener 4-0 était belle. En passant ce tour, il y aurait eu moyen de faire quelque chose de beau, l’Australie a pris le bronze contre la Chine (la Corée du Sud a dominé tout le monde).

Fin de l’aventure pour l’équipe, mais… il reste des chances individuellement. Ça ne peut être que mieux.

Water-polo L’équipe de France de water-polo était menée 5-0 par le Monténégro à la mi-temps. Aïe. OK, c’était prévisible. Une remontée fantastique a débuté pour revenir à 5-3, puis à 6-4. Présents pour faire bonne figure après avoir obtenu leur qualification de façon héroïque, ils auront atteint leur objectif en 2nde période, remportée 4-2. Ce score final de 7-4 n’a rien de déshonorant face à une si grosse équipe.

Ça ira mieux demain. Demain à Rio, parce que pour nous, c’est dans seulement quelques heures. Tableau_des_medailles J1

Notes

[1] Cette fois c’est une double fracture tibia-péroné.

[2] La Hongroise avait énormément d’avance, mais on le sait, la Chinoise avait fini plus vite qu’un homme.