Aujourd’hui, le programme était très fourni, pourtant les chances de médailles réelles n’étaient pas légion, la plupart des engagés français n’étaient que des outsiders dans les épreuves dont les podiums étaient décidés au cours de cette – longue – journée. On voudrait que tout se passe idéalement, ce n’est pas possible ! D’ailleurs, ça n’arrive pas qu’à nous ! Il faut savoir apprécier les choses simples, les petites victoires arrachées, les qualifications improbables, les succès attendus mais obtenus avec style. Pour info, jusqu’à très tard dans la soirée, la Grande-Bretagne était comme nous, bredouille. L’Allemagne n’a toujours rien gagné.

Aujourd’hui, il y avait de la natation, de l’escrime, de la boxe, du tir, du basket, du handball, du canoë-kayak, du cyclisme, du tennis, du tennis de table, de la gymnastique artistique, de l’équitation, du judo, du rugby à 7 et du volley.

Aviron Les épreuves d’aviron ont été repoussées à cause d’un vent trop violent. Faute d’amélioration des conditions, il a fallu annuler toutes les épreuves du jour.

Basketball Pour l’équipe de France de basket féminin, le tournoi olympique a très bien débuté avec une victoire convaincante face à la Turquie. Il leur a fallu enchaîner un 2e match en 2 jours. Cette fois, leur adversaire était la Biélorussie. En principe, ça devait bien se passer à condition d’y mettre une bonne dose de défense à la mode de chez nous.

Olivia Epoupa a ouvert le score à 3 points avant une pénétration de Valériane Ayayi. Ça partait bien, malheureusement Isabelle Yacoubou a pris une 2e faute (abusée) au bout de 3’30 et a dû sortir. C’est devenu plus difficile, surtout que les Biélorusses se montraient adroites à l’extérieur quand les Bleues manquaient beaucoup de tirs de près. Ce phénomène s’est prolongé pendant quasiment tout le match. Valérie Garnier a appelé un temps mort après 5 grosses minutes, car le score de 8-14 ne lui plaisait pas du tout. 14 points, c’est ce qu’elles auraient dû concéder sur l’ensemble du QT. Néanmoins, le 3e tir primé biélorusse a encore accru l’écart (17-10). En attaque, il nous manquait le rythme et l’adresse dont jouissait la Biélorussie. Leurs tirs derrières l’arc ou proches de l’arc faisaient presque toujours ficelle ! D’où le score de 22-14 à la fin du QT.

Incapables de mettre la balle dans le cercle même sans opposition sur jeu rapide après interception, les Françaises ont encaissé de nouveaux points. Il n’est jamais très agréable d’être mené 26-14… Epoupa a relancé la machine d’un 3pts en tête de raquette. Mettre la balle à l’intérieur pour provoquer des fautes a aussi aidé à revenir à -6. A vrai dire, ça allait mieux à tous les niveaux : la défense a retrouvé toutes ses valeurs, le ballon circulait mieux, l’adresse est revenu pendant un temps. Surtout, les Bleues semblait avoir trouvé la bonne recette pour ramener sur terre ces Biélorusses dotées d’un niveau de confiance improbable. Malheureusement, une fois revenue à -2, les Françaises sont retombées dans leurs travers en fin de première période. Elles ont de nouveau été menées de 10 unités à cause de paniers primés (6/9 dans ce secteur, plus 14/21 à 2pts et 8/8 aux LF) pour la Biélorussie ! Ce score de 42-23 à la pause faisait tache.

Le manque de réussite a poursuivi les Bleues. Heureusement, de temps en temps, la balle daignait entrer. C’est arrivé plusieurs fois de suite, notamment grâce à Valériane Ayayi et Endy Miyem, au four et au moulin. On sentait l’intensité monter. Peut-être les Biélorusses commençaient-elles à peiner physiquement faute de rotation. L’hypothèse ne s’est pas vérifiée. Si les tirs manqués pullulaient, au moins les rebonds offensifs ne manquaient pas, signe de la volonté tricolore de ne pas baisser les bras. L’un d’eux a permis de passer en tête pour la première fois depuis des lustres (47-45) en milieu de 3e QT.

Ce match était un véritable combat, chaque équipe portait successivement ses coups. Dans tous les sens du terme. La plupart du temps, la Biélorussie était en tête de 1 à 5 unités. Le point très positif était la résilience des Françaises. Même s’il ne reste que 3 Braqueuses de première génération (plus Caps, la chef de gang, réduite au rang de spectatrice privilégiée), l’esprit a subsisté. On finit toujours par en revenir aux fondamentaux : ne rien lâcher tant qu’il y a un espoir, défendre et finalement oser.

Compte tenu de tout ce qu’elles loupaient elles auraient pu les décourager. En se battant, elles sont parvenues à repasser devant à 3’ de la fin (66-65). La suite a été dingue. Et jouissive. Un nouveau 3pts biélorusse (sur un rebond offensif) a fait mal aux Bleues. Menée 70-68, elles ont manqué l’opportunité d’égaliser (1/2 pour Yacoubou aux LF). Il restait moins de 2’. Sarah Michel a alors intercepté la remise en jeu. Plutôt que de mettre en place un système, elle a tenté un tir improbable et contesté. Le score est resté figé jusqu’à une nouvelle interception qui a offert la possession aux Bleues et 30 secondes à jouer. Très impressionnante lors de ce match dans le rôle de la patronne malgré son jeune âge et son expérience limitée, Epoupa a pénètré pour finir par un step back. Retour à +1 à 16" de la fin. La France avait encore une faute à donner, elle l’a commis trop tôt en tentant de voler le ballon, puis Epoupa a commis une faute sur un "drive". La naturalisée biélorusse a mis ses 2 LF. Plus que 11"7 et les Bleues étaient de nouveau menées.

La dernière séquence est magique. Elle illustre parfaitement la prestation des filles : tir raté, rebond offensif de "Shaqoubou", son tir ne rentre pas, Epoupa surgit, prend le rebond offensif et sert immédiatement Miyem qui inscrit de près le panier décisif au buzzer. Victoire 73-72, le 2e succès en 2 matchs, qui en pratique assure la qualification. Reste à continuer sur cette lancée pour obtenir le meilleur tableau possible.

Cette rencontre débutait vers 20h. Au cours de la journée, les Français avaient plutôt pris l’habitude de perdre d’1 point (en tir) ou d’1 touche (escrime)… Gagner d’1pt au buzzer n’en est que plus savoureux ! Cette victoire pleine d’émotions porte aussi une grande charge symbolique : sans Caps, Endy nous a mis le tir de la gagne, Epoupa est sortie de sa boîte. L’adresse assez affligeante – contre une équipe en chaleur – a été compensée par 22 rebonds offensifs et une conséquente série d’interceptions. Avec cet état d’esprit et la fougue de sa jeunesse, cette équipe a un bel avenir. Y compris un très proche.

Boxe Sofiane Oumiha (-60kg) était le premier boxeur français en lice lors de ceux JO. C’est un de mes préférés au sein du "Team Solide". Ce garçon très technique a un super style. Le jeune Toulousain affrontait Teofimo Lopez, un Américain déguisé en Hondurien. Malgré la crispation due à son entrée en lice, il a pris le centre, a bien bougé, a bien touché, mais a aussi pris quelques coups de ce cogneur de 19 ans manifestement très puissant.

Les 3 juges ont attribué le gain de la première reprise au Français, ceci de façon fort logique. La 2e reprise a ressemblé à la première avec plus de jeu de jambes et quelques mouvements des bras supplémentaires. Restait à bien gérer les 3 dernières minutes. On a eu droit à un beau festival d’esquives et de contres. Du super spectacle.

Il n’y a pas eu photo. 30-27 pour les 3 juges. Etrangement, le Hondurien a fait comme s’il avait été volé. On lui a surtout volé sa lucidité à l’aéroport ! Au prochain, tour, ça s’annonce beaucoup plus dur, il affrontera un pro thaïlandais… champion du monde IBF. Je n’avais pas repéré ça quand j’ai fait mes prévisions de médailles. Arf. Je pensais que Selimov serait le très gros morceau de son quart de tableau.

Souleymane Cissokho (-69kg), capitaine de l’équipe de France de boxe olympique, connait bien Balazs Bacskai, le Hongrois qui lui était opposé. Il l’a en effet battu en finale de son TQO. Le Français a tout de suite montré sa capacité à beaucoup bouger, à bien se déplacer pour ne pas être une cible facile. Il a aussi su montrer sa palette offensive très complète et diversifiée, parfois en enchaînant les coups. Cissokho n’a cessé de monter en puissance lors de la première reprise. Evidemment, il a remporté le round. Libéré, le Français s’est mis à boxer mains en bas, imposant son style spectaculaire fait d’esquives, de mouvement, mais aussi de puissance. Le Hongrois ne savait pas quoi faire. Les fois où il touchait, il en prenait plusieurs derrière. Revenu très agressif en début de 3e reprise en raison de son obligation de mettre son adversaire au sol, Bacskai a vite été ramené à la raison par un Cissokho brillant. Il s’est fait plaisir !

Là aussi, 30-27 pour les 3 juges, une belle entrée en lice, un public et des juges impressionnés. Du très bon travail ! Par contre le très dur arrive dès le 2e tour avec un Azerbaïdjanais classé tête de série n°3. Canoe-kayak__slalom Quand les portes bougent trop en raison du vent, il est impossible de lancer une compétition de slalom en canoë-kayak. En effet, comment voulez-vous juger les touches ? Comment voulez-vous pénaliser les concurrents victimes du vent en leur imputant les fautes dues à Eole ? Il y a donc eu report.

Les qualifications du K1 et du C1 ont tout de même été lancées. On a commencé par le C1 masculin. Denis Gargaud était hyper bien parti, il semblait en total contrôle… mais est parti en sucette sur la dernière partie du tracé en perdant beaucoup de temps et en touchant 2 fois, ce qui l’a fait finir à 10" du meilleur temps. S’il n’y avait eu de 2nde manche, on aurait presque pu s’inquiéter. Son second passage a rassuré, il a progressé jusqu’au 2e rang du classement.

Une bonne nouvelle peut en amener une autre. Sébastien Combot a réussi une première manche de qualification très convenable en K1. Il s’est finalement classé 9e à l’issue de sa seconde descente du parcours, ce qui suffit évidemment à se qualifier (il fallait être dans le top 15). Il a bien géré sa… barque ?

On retrouvera donc les 2 Français en demi-finales.

Cyclisme_sur_route Pauline Ferrand-Prevot faisait figure d’outsider dans une épreuve de cyclisme sur route annoncée particulièrement difficile. Cette course en ligne n’était disputée que par 68 concurrentes dont 2 Françaises (Audrey Cordon étant la 2nde). Certains pays comptaient 4 représentantes, d’autres 3, à l’image de la Grande-Bretagne, qui a sélectionné Elisabeth Armitstead, présente malgré 3 no-show, sa fédération ayant accepté de juger le premier non-valable car le contrôleur n’aurait pas assez cherché la championne du monde en titre au lieu indiqué. Cette présence a – logiquement – fait grincer des dents.

141km est une distance inhabituellement longue pour une course féminine, surtout avec ce profil. Avec le vent violent tout le long de la plage et sur la partie pavée, avec des montées très difficiles et une descente très dangereuse qui a causé de graves chutes lors de l’épreuve masculine.

Le rythme s’est accéléré dès la première montée, ceci sous l’impulsion d’une Britannique. Etrangement, Armitstead s’est vite retrouvée à l’arrière, dans les voitures, alors que ça attaquait déjà de partout. Heureusement pour elle, ça s’est bien calmé. Quand elle a pu réintégrer le peloton, on l’a vu engueuler une de ses partenaires qui ont bien failli la piéger. Ne pas avoir d’oreillettes donne ce genre de scénarii

Une Belge a décidé de partir seule à plus de 115km de l’arrivée, tout le monde a laissé faire. Pour briller, il fallait savoir en garder sous la pédale et attendre le bon moment pour bouger. Pour la plupart, les filles ne comptaient pas se fatiguer trop vite. Une Allemande est partie seule en contre mais a été reprise quand la première phase de la course a vraiment débuté (après 90km). La baston a été lancée avec de nouvelles contre-attaques, on voyait Audrey Cordon à l’avant mais pas PFP, un temps retardée. Un groupe de chasse de 5 filles s’est formé avec des représentantes de grosses équipes : USA, Italie, Allemagne, Pologne et Pays-Bas. On y trouvait plusieurs clientes. D’où la réaction immédiate des Britanniques. Ça roulait très fort. Le groupe a insisté, on a alors assisté à de nouveaux contres dont un duo australo-britannique. Les relances se multipliaient, en réalité absolument rien n’était joué. Normal, il restait près de 70km. Le plus inquiétant était de voir les Française lâchées dans les ascensions. Elles ne parvenaient pas à suivre le rythme, il n’y avait donc absolument rien à espérer. On le redoutait.

Le regroupement général à 60 bornes de la ligne d’arrivée a causé une phase de temporisation. Les 2 Bleues étaient donc de retour, mais pour combien de temps ? De façon très surprenante, Cordon a tenté un coup en partant seule en espérant recevoir du renfort. Il restait 55km. Le peloton n’a pas réagi immédiatement. Cette fois, Pauline était à la place attendue, à l’avant, prête à devenir actrice de la course (elle a d’ailleurs sauté dans un premier contre). Cette offensive a duré une petite dizaine de kilomètres avant un retour au calme général.

Lors de la transition, Pauline est partie dans un nouveau groupe de contre derrière une Allemande. Le peloton s’est alors fait secouer par une série d’accélération, il perdait du temps car la Français était accompagnée de 6 filles – dont Marianne Vos – qui s’entendaient très bien (seule l’Australienne semblait sauter les relais). Du coup, l’écart s’est progressivement accru malgré le travail des Américaines en tête de peloton.

Avec 1’20 d’avance au pied de l’ascension située à 27km de l’arrivée, le coup aurait pu paraître jouable dans un bon jour, or Pauline n’est pas à son top, on le sait. Au moins, elle a réussi à exister, elle n’a pas ménagé ses efforts pour essayer de réussir son coup. Elle a beaucoup roulé en tête mais c’était l’attitude à adopter. Elle a fini par être relayée, notamment pas Vos. L’Allemande est passée en tête dans la dernière grande montée.

Le peloton se rapprochait très rapidement, le groupe a été repris à cause des Américaines. Pauline n’a pas pu suivre, son idée de prendre de l’avance avant le pied de l’ascension était bonne, ça n’a pas marché faute d’avoir pu prendre suffisamment le large. Dans ces pentes particulièrement prononcées, le ménage s’est fait rapidement, y compris parmi les stars de la discipline, dont Vos et Armisteadt. Dans cette montée de 8km, c’était la guerre.

Un quatuor avec 2 Néerlandaises s’est formé devant. Annemiek Van Vleuten est parvenue à repartir seule. Maya Abbott s’est battue pour revenir alors que le duo italo-néerlandais, lâché, s’accrochait pour essayer de jouer le bronze. Anna Van der Breggen ne roulant pas avec Elisa Longo Borghini pour protéger sa compatriote, Emma Johansson a pu les rejoindre.

Van Leuthen était seule en tête, partie dans la descente où l’Américaine n’osait pas, surtout qu’il commençait à pleuvoir quelques gouttes. L’or était au bout de la route, et soudain, l’énorme accident. La Batave n’a pas freiné correctement, la roue avant bloquée, la roue arrière qui dérape. La suite est horrible. Les images sont effroyables : elle a fait une sorte de soleil par-dessus son guidon, sa tête est arrivée dans le trottoir, plantée, son corps s’écrasant dessus de tout son poids… Je n’arrive même pas à décrire la chose. L’image de cette fille inanimée dont on ne savait rien de l’état a refroidi tout le monde. On pouvait craindre une fracture du cou, voire encore pire. Les informations relatives à son état ont mis très longtemps à sortir, il a été annoncé qu’elle était consciente, très choquée et en route pour l’hôpital. Espérons qu’elle ne souffre d’aucune séquelle de sa très forte commotion et de ses fractures – ou fissures ? – aux vertèbres.

Les filles sont pour beaucoup passée avant l’arrivée des secours et ont donc toutes vu cette fille qui gisait à l’extérieur du virage. Pas idéal pour la confiance… Abbott s’est retrouvée seule en tête, suivie par un trio sur lequel fondait un quatuor où on retrouvait… Armisteadt. Le trio Van Breggen/Longo Borghini/Johansson s’est entendu pour s’assurer de pouvoir jouer les médailles. Au pire. Beaucoup plus efficaces qu’une grimpeuse lancée seule sur une route plate explosée au vent, ce trio revenait inexorablement. La Batave ne voulait plus faire l’effort pour préparer le sprint, elle a profité de la présence de l’Italienne. Compte tenu de ses qualités, Longo Borghini savait que mener à fond pour rattraper était sa seule chance de monter sur la boîte. L’Américaine a été passée à 200m de l’arrivée ! Van der Breggen a alors dominé le sprint devant la Suédoise. L’Italienne a décroché le bronze comme elle pouvait l’espérer. Abbott a échoué à une très frustrante 4e place.

Voir une Néerlandaise gagner après que sa coéquipière se soit détruite dans la descente a énormément rajouté à la dose d’émotions ressenties par la nouvelle championne olympique.

Les Françaises ont fait leur course, c’était très bien tactiquement, mais quand vous n’avez pas les jambes… Espérons que Pauline aille de mieux en mieux et s’en sorte avec une médaille en VTT dans 2 semaines.

Escrime Si, sur le papier, en considération de leur niveau individuel, les 3 Français en lice en escrime avaient une chance de médaille, la difficulté de leurs tableaux respectifs ne faisaient pas d’eux de grands espoirs attendus sur la boîte dès cette 2e journée.

Enzo Lefort affrontait Peter Joppich (triple champion du monde, médaillé à Londres) d’entrée de jeu en 16e de finale du fleuret masculin. Quant à Erwan Le Péchoux, il retrouvait au même moment le champion olympique en titre, Lei Sheng, porte-drapeau de la Chine lors de ces JO (il n’était que n°19 dans le tableau). Les 2 Français ont fait la course en tête, mais si Le Péchoux a pris le large et confirmé en l’emportant 15-9, Lefort a laissé son adversaire revenir et prendre les devants en enquillant 7 touches de rang (11-9). Revenu à 14-13, Lefort a finalement été vaincu 15-13. C’était le moins attendu des Français. Forcément, après son super début de combat, il s’en veut, être sorti de son match pendant un lapse de temps trop long lui a coûté une qualification à sa portée.

Quelques minutes plus tard, Jérémy Cadot rencontrait Andrea Cassara, multiple champion du monde et olympique (principalement par équipes), vainqueur d’un nombre hallucinant d’épreuves de Coupe du monde. Très longtemps mené, le Français a inversé la tendance pour prendre la tête (10-9). Un arbitrage vidéo – très utilisé dans ce match où presque chaque touche a été contestée – a empêché Cadot de mener 11-10, le point a été inversé, ce qui a failli être le début de la fin. Revenu de 12-10 à 12-12, le Français a bénéficié d’un 2nd carton pour sortie de piste pour mener 13-12, puis enchaîner avec une touche improbable dans ce duel étouffant extrêmement disputé… Malheureusement, Cassara est revenu à 14-14. Tout s’est joué sur la dernière touche… remportée par l’Italien, qui a su mettre la pression. Encore un scénario terrible.

Le Péchoux a disputé son 8e de finale contre Gerek Meinhardt, n°4 mondial, nettement plus grand et large que lui. Si le Français a subi plusieurs parades et ripostes, il a globalement dominé le premier tiers. Jamais mené, il a eu la plupart du temps 1 ou 2 touches d’avance et même 3 à un moment. Le score était de 8-6 lors de la première pause. L’Américain est revenu beaucoup plus agressif et enchaîné les touches pour mener 9-8. Jusqu’ici, il était toujours derrière. Plus malin, il a même pris de l’avance (11-9). La situation devenait stressante. Revenu à 11-11, Le Péchoux a raté sa cible 2 fois de suite, ce qui lui a peut-être coûté cher. Chacun marquait tour à tour, on alternait +1 pour le Ricain et égalité… jusqu’à 14-14. Encore un scénario avec tout à jouer sur une seule touche ! Avec le bruit incroyable dû à la qualification d’un Brésilien, tout le monde était gêné. Manifestement, Meinhardt a mieux géré la situation puisqu’il s’est imposé. Encore une fois, le Français est parti trop vite, il s’est exposé.

Les Français avaient sans doute le niveau pour monter sur un podium, ils ont tous perdu de très peu (2, 1 et 1 touches) après avoir mené dans leurs assauts. Je les attendais beaucoup plus par équipes qu’individuellement, il ne s’agit donc pas pour moi d’une mauvaise surprise. C’est presque positif : ils auront encore plus faim dans quelques jours pour aller chercher une médaille ensemble. On l’a vu lors de cette journée, le niveau est bien là.

Equitation Une des premières bonnes nouvelles de la première partie de journée est venue de l’épreuve de dressage du concours complet d’équitation. La moitié des cavaliers passaient le premier jour, l’autre moitié le second. Il restera évidemment le plus gros du travail, à savoir le cross et le saut d’obstacles, mais l’équipe de France de concours complet est extrêmement bien placée. Ses membres sont aussi dans le coup individuellement :
-Mathieu Lemoine et sa monture, Bart L., pointent au 3e rang (39,20pts),
-Thibault Valette et Quing du Briot sont 6èmes (41,0),
-Astier Nicolas et Piaf de B’Neville occupent la 11e position (42,0),
-Karim-Florent Lagouag et Entebbe de Hus restent en embuscade à la 14e place, pas si loin du podium (43,40).

Par équipes, l’Allemagne de Michael Jung (5e provisoire malgré son énorme faute en dressage) a 3 représentants dans le top 8 occupe la tête (122pts) juste devant la France (122,20). On trouve ensuite l’Australie (126,4), la Grande-Bretagne (127,7), puis il y a un véritable trou (135,6 pour l’Irlande). Individuellement, William Fox-Pitt occupe la tête du classement (37pts).

Annoncé très sélectif, le parcours de cross pourrait complètement redistribuer les cartes.

Gymnastique_artistique J’ai regardé quasiment l’intégralité du tour de qualifications de l’équipe de France féminine en gymnastique artistique. Les filles, présentent dans l’ultime subdivision, les filles savaient ce qu’elles avaient à faire. Pour elle, l’attente était avant de concourir, pas après. On pouvait craindre de les voir timorées après avoir assisté en spectatrices à l’accident effroyable de Samir Aït-Saïd, stressées par leurs débuts aux JO, pourtant on a vu une équipe très souriante et pleine de joie de vivre après des débuts difficiles aux barres asymétriques avec petite Oréane Léchenault, 15 ans, obligée d’interrompre sa routine, puis la vilaine chute de Loan His qui s’est étalée sur le ventre en manquant un lâcher de barre. Ça s’est plutôt bien passé pour Marine Brevet (14.333) et Louise Vanhille (14.866). En réalité, avec 43.099pts, ça partait plutôt bien dans la quête difficile d’une qualification pour les finales par équipes. Pour appel, elles ont décroché le 12e et dernier ticket pour les JO, on ne pouvait attendre d’elle des performances folles, accrocher le top 8 demandait un match absolument parfait.

La poutre a aussi été très correcte, il y a eu quelques déséquilibres, pas de chute, et il est vrai que les réceptions n’ont pas toujours été bien posées. Marine Boyer a obtenu une très bonne note (14.600), Marine Brevet (14.166) et Louise Vanhille (13.633) ont plus ou moins sauvé les meubles. 42.339 pour l’équipe, ça restait jouable pour la qualification. A vrai dire, il y a eu réclamation de l’équipe car dans un premier temps, la note attribuée à Boyer était sous-évaluée de 3 dixièmes suite à une erreur concernant sa note de départ.

Au sol, j’ai surtout aimé l’exercice de Léchenault, c’était vraiment sympa à regarder, plutôt propre et très entraînant. Le public a adoré. Elle a eu 13.666, la 2e meilleure note de l’équipe derrière Brevet (13.933) et devant Vanhille (13.300), qui semblait très satisfaite de sa prestation. Mais avec 40.899 pour le sol, la qualification par équipes s’est échappée.

Restait le saut de cheval, un exercice susceptible de réveiller des souvenirs vieux d’une journée. On a commencé par une réception totalement manquée par Lechnault, Vanhille s’en est mieux sortie (13.966), Brevet (14.133) et Boyer (14.200) ont conclu sans problème. Avec ces 42.299pts supplémentaire, la France a porté son total à 1680696, ce qui la place 11e sur 12 à plus de 3,2pts de la 8e place.

Il n’y a aucun regret à avoir, d’autant qu’en plus de prendre énormément de plaisir et en s’amusant pendant tout leur tour, les filles ont décroché 3 places pour les finales individuelles. 9e à la poutre, Boyer a profité d’être derrière les 4 Américaines pour remonter à une place de finaliste[1] à un agrès où tout est possible en raison des risques de chute. Brevet (18e) et Vanhille (26e, 21e qualifiée sur 24 grâce au jeu du 2 par nation) disputeront quant à elle un concours général promis à Simone Biles, absolument phénoménale : sa moins bonne note est 15.000 aux barres, sa meilleure 16.000 au saut. Son équipe a pulvérisé la concurrence. La Chine a été repoussée à… 10 points ! Il n’y en a pas 4 entre la Chine et le Canada, 9e.

Alexandra Raisman et Gabrielle Douglas ont fini 2e et 3e au général derrière Biles, Douglas en fait les frais, elle ne pourra défendre son titre olympique. Du coup, la 3e qualifiée est une… Brésilienne. Ça promet de l’ambiance à la salle.

Handball En quête d’un 3e titre olympique consécutif, l’équipe de France de handball a vu son homologue du basket se faire démonter puis celle de volley prendre une énorme claque (voir en bas de la page). Il n’était pas question de commettre les mêmes erreurs, d’autant que la Tunisie connait bien la France, où beaucoup de joueurs ont évolué, son style ressemble au nôtre, il y avait donc un risque de mauvaise surprise si les Bleus ne se montraient pas sérieux dans l’engagement et appliqués.

Claude Onesta a choisi de ne pas faire débuter Thierry Omeyer, entre autres options un peu surprenantes. Ça s’est bien passé, les Bleus (en blanc et gris) ont pris le dessus sans problème (6-2 sur un jet de 7 mètres… tiré en lob). Tout allait pour le mieux, Vincent Gérard – qui est gardien – a même marqué un but en profitant de la sortie du gardien adverse pendant une suspension de 2’ (11-5). Toutefois, il n’y avait que +5 à la mi-temps malgré le très bon niveau de jeu des Français. La seconde période a pris une autre tournure, très accrocheurs et portés par un gardien en feu, les Tunisiens sont revenus à 2 buts. En plus de revenir au contact, ils sont restés au contact pendant quasiment toute la seconde période… Par moments, il n’y avait qu’1 but d’écart.

Les Bleus ont fini par s’imposer tant bien que mal. Le score (25-23) est peu flatteur, la manière peut inquiéter, la seconde période a vraiment été moche. Mais au moins, il s’agit d’une victoire (qui pourrait servir d’avertissement). Rendez-vous compte que dans le tournoi olympique de handball, il rares seront les matchs faciles. Preuve en est la surprise venue de la victoire du Brésil contre la Pologne. Personne ne s’y attendait.

Judo Aujourd’hui, en judo, les Français avaient des tableaux monstrueux.

Priscilla Gneto (-52kg) a débuté par une Suissesse (un hors d’œuvre). Médaillée de bronze à Londres, elle entendait bien rééditer sa performance, voire mieux… mais à la surprise général, la Française a été disqualifiée pour une saisie de jambe (signe fait par l’arbitre) vue par personne… Car il n’y a rien. Son coude a frotté contre la jambe de son adversaire. Comment ne pas être en pleurs après ça ! En foot, on dirait que c’est une main involontaire, où pouvait-elle mettre son bras autrement ? Devait-elle se faire arracher les membres supérieurs pour faire du judo ? La Suissesse était au moins aussi étonnée que tout le monde de cette décision imposée par la table vidéo. Gneto était en position d’attaque sur un mouvement d’épaule, elle s’est retrouvé avec le bras à proximité de la jambe, a tout fait pour écarter sa main et mettre son bras devant son corps pour ne pas faire faute. On lui reproche d’avoir fait barrage à la jambe de la Suissesse avec son coude. La Suissesse n’était même pas en train d’attaquer, comment peut-on juger que la Française s’est rendue coupable d’une défense interdite avec les membres supérieures ? En interprétant la règle à sa sauce sans tenir compte une seule seconde de l’esprit de cette règle, les juges vidéo ont trahi le judo, trahi la raison pour laquelle elle a été modifiée : il s’agissait de favoriser l’attaque pour voir du beau judo. Donner le match à une fille qui n’attaquait même pas et était totalement dominée comme si elle avait mis un pion, ça n’a AUCUN SENS. Ce geste anodin, PERSONNE d’autre n’avait imaginé sanctionner ! C’est un scandale.

Pour se consoler, signalons que l’invincible Majlinda Kelmendi – médaillée d’or, la première médaille olympique de l’histoire pour le Kosovo – devait être sa prochaine adversaire. Si Gneto a su la gêner aux ChE, la battre aurait relevé de l’exploit improbable.

Killian Le Blouch (-66kg) n’aurait jamais dû être à Rio (Korval est suspendu, ce qui lui a permis de récupérer la place), mais étant finalement présent, il comptait bien tout donner. Le premier tour lui réservait un affrontement face à Colin Oates, médaillé européen contre qui il a perdu 2 fois. Le combat a bien mal débuté avec une pénalité stupide. Ensuite, le Français a fait preuve d’une grande résistance au sol. A vrai dire, le Britannique n’attaquait quasiment jamais, se contentant de faire semblant de temps en temps sans même poser les mains pour endormir tout le monde et gêner Le Blouch. L’arbitre a sanctionné les 2 hommes pour non-combativité, il restait alors 1’30. Réputé pour sa caisse physique, le Français a mis la pression. A force d’antijeu, Oates a pris une seconde pénalité à 13 secondes de la fin. Il y a eu golden score. Le Britannique semblait cuit, il a été pénalisé après 45 secondes pour fausse attaque. La qualification a fait beaucoup de bien, il en fallait une pour ne pas tomber dans la sinistrose.

Ceci dit, le 2e tour était hyper difficile puisqu’il trouvait sur sa route le Sud-Coréen An Ba-ul, champion du monde en titre. Le waza-ari concédé au bout de 45 secondes rendait la situation du Français encore plus difficile. Le Blouch ne semblait pas vraiment savoir quoi faire pour contrarier cet adversaire dominateur dès la saisie. A 50 secondes de la fin, sur sa 2nde véritable attaque, An a marqué Ippon sur un nouveau mouvement d’épaule. Il n’y avait pas photo. Ce Coréen a ensuite été battu en finale par un jeune Italien, Fabio Basile.

Fin de la journée pour le judo français, maudit jusqu’ici. Les meilleures chances entrent en lice dès lundi.

Natation Pour l’équipe de France de natation, les choses – très – sérieuses commençaient aujourd’hui. J’avais un peu peur tant la dynamique collective était mauvaise depuis le début de la journée.

  • Séries.

Yannick Agnel et Jérémy Stravius ont nagé lors de la même série du 200m NL, la première série dit rapide. On ne savait trop à quoi s’attendre, surtout concernant Agnel. La journée s’annonçait chargée pour l’Amiénois, qui devait nager 3 fois lors de cette journée (avec le 4x100m NL), il lui fallait donc se qualifier sans s’épuiser. Les 2 Français sont partis vite mais ont fini nettement moins bien. 1’46"67 pour Stravius, 3e de cette course remportée par Paul Biedermann, 1’47"35 pour Agnel, 6e… Pas génial pour l’un, mauvais pour l’autre, très loin de son meilleur niveau, mais aussi très loin de son niveau de l’an dernier aux ChF (il était passé sous 1’46). Agnel ayant tout donné, mes espoirs de le voir briller le relais 4x200m se réduisent fortement. Stravius s’est qualifié sans souci (11e), Agnel est passé à la trappe (19e, à 2 dixièmes de la qualif, mais heureusement qu’il en est resté là, sinon il se serait cramé pour rien avant le 4x200m), il a clairement annoncé la fin de sa carrière internationale après les JO. A ma grande surprise, Stravius a décidé de déclarer forfait pour les demi-finales du 200m afin de se consacrer au 100m et aux relais.

Voir Yuliya Efimova au départ des séries du 100m féminin m’a filé la gerbe… d’autant qu’elle a remporté sa course avec 1 seconde de marge sur la 2e.

Camille Lacourt a nagé sa série du 100m dos à côté de Mitchell Larkin, le grand favori de la discipline depuis sa démonstration l’an dernier aux ChM. Enorme au départ malgré un mauvais temps de réaction, il a viré en tête devant les Australiens et a… dominé de façon hallucinante en relâchant à la fin ! Une démonstration ! 52"96 dès les séries (meilleur temps devant un Chinois, Larkin et les Ricains)… Wahou ! On avait besoin de ce genre de nouvelles positives ! Les 16 qualifiés sont passés sous les 54 secondes.

Coralie Balmy devait se battre pour décrocher une place pour une 3e finale olympique du 400m NL (4 à Pékin, 6e à Londres). Compte tenu des temps d’engagement, elle faisait figure de candidate au podium. Si Katie Ledecky est partie vite, "Coco" a pris le parti de ne pas s’endormir et de suivre le monstre marin de pas trop loin, autrement dit de rester bien devant la meute. Ledecky était sur les bases de son record du monde. Elle n’avait pas décidé de le battre dès les séries… Elle a juste battu le record olympique de Camille Muffat. Coralie s’est qualifiée 2e de la course et 4e de l’ensemble des séries (à rien de la 3e et à seulement 6 dixièmes de la 2e) avec un super chrono, 4’03"40, 2e perf de sa carrière. 2 bonnes nouvelles de suite à la piscine…

Les séries du 4x100m 4 nages masculin ont débuté par un truc improbable. On annonce 47"99 pour le Japonais Katsumi Nakamura – qui ? – au départ… remportée par les Russes en 3’12"04, 2 secondes devant le Canada.

La France se présentait dans la 2nde course avec un relais assez étonnant : Clément Mignon pour débuter, William Meynard 2e, Fabien Gillot en 3e relayeur et Mehdy Metella pour finir.

Mignon a fait un gros retour pour passer 3e dans un temps pas génial (48"59). Meynard (49"05) a eu un peu de mal à suivre, l’Australie était loin devant. Gilot a fait le taf (47"88), il est revenu comme une balle dès la 1ère longueur, s’est bien replacé en 4e position derrière une équipe des Etats-Unis assez énorme. La grosse coulée de Mehdy (48"75) et son super retour progressif dans la dernière longueur ont permis aux Bleus de prendre la 3e place de la couse en 3’13"27 (et 4e des séries), relativement loin des USA (3’12"38). Ils ne voulaient pas être dans le top 2 pour éviter les lignes du milieu. De nombreux changements s’annonçaient.

Notons que l’Italie a manqué la qualification et que les Chinois ont été disqualifiés. La perf la plus impressionnante a été réalisée par Kyle Chalmers, le 2e Australien, 47"04.

  • Finales.

Sarah Sjöström était en principe intouchable en finale du 100m papillon. Comme décrocher son premier titre olympique – enfin – était un peu trop simple, elle a aussi battu son record du monde (55"48). Elle a battu la surprenante Canadienne Penny Oleksiak et Dana Vollmer.

En raison de la non-qualification d’Agnel et du forfait de Stravius, qui aurait certainement pu se qualifier pour la finale, il n’y avait pas de Français en demies du 200m NL. En voyant les temps, on se dit qu’il avait vraiment sa place. Chad Le Clos est parti à une vitesse folle dans la 2nde demie, c’est donc revenu, Sun Yang est passé devant au dernier virage où le Sud-Africain a fait une très belle coulée. Le Chinois a fini comme une balle en 1’44"63 (MPM). Un Russe a pris la 3e place de la course. Réjouissant tout ça, non ? Vive la lutte antidopage ! James Guy s’est qualifié dernier… Les temps de qualification sont très proches, ça promet un certain suspense, même si Sun semble au-dessus du lot.

Qui dit lutte antidopage dit Efimova… sifflée à son entrée pour les demi-finales du 100m brasse. Ruta Meilutyte a dû nager à côté d’elle. La Russe a gagné très largement. Dans la seconde course, Lilly King est allée à peine plus vite que la multidopée.

Adam Peaty a bien sûr remporté le titre masculin de cette même épreuve… en pulvérisant encore son record du monde : 57"13… C’est juste hallucinant ! Sa progression est totalement folle, son record en arrivant était de 7 ou 8 dixièmes moins rapide, il a dû gagner environ 1"5 en une grosse année. Cameron Van der Burgh a décroché l’argent, Cody Miller le bronze devant l’autre Ricain, Kevin Cordes.

On attendait peut-être la première médaille française des JO avec le 400m NL féminin, une épreuve qui a souvent fait le bonheur de la natation tricolore. Coralie Balmy ne pouvait succéder au palmarès à la regrettée Camille Muffat, car Katie Ledecky allait forcément gagner, et probablement battre son record du monde, mais le bronze semblait à sa portée en nageant à son meilleur niveau. Cette fois, Coralie a décidé de partir de façon prudente. Elle ne nageait pas la même course que le phénomène US, parti pour pulvériser son record du monde. On a ensuite rapidement compris que "Coco" ne nageait plus pour la médaille, car malheureusement, elle a été lâchée. Elle est passée 6e à mi-course, assez loin du quatuor en train de se battre pour les médailles de l’autre côté du bassin. On a espéré une médaille, on a obtenu une 8e place en 4’06"98, bien loin de son temps des séries. 4e à Pékin, 6e à Londres, 8e à Rio. Sans gros regret car il lui fallait battre nettement son record pour monter sur le podium, qui s’est joué sous les 4’02. Jazmin Carlin y est parvenue, elle a éclaté le sien pour décrocher l’argent (4’01"23). Le bronze est revenu à la 2nde Américaine, Leah Smith.

Le nouveau record de Ledecky ? 3’56"46, WR… Il s’agissait accessoirement du 1er titre de la natation américaine à Rio.

Ryan Murphy a annoncé la couleur en dominant la première demi-finale du 100m dos : 52"49. Le Chinois Xu et le Russe Rylov sont aussi passés sous les 53". Camille Lacourt était opposé à Mitchell Larkin dans la seconde. Son temps de réaction s’est un peu amélioré, c’est allé extrêmement vite sur le 1er 50m, et si David Plummer a gagné en 52"50, l’impression dégagée par le Français, 3e en 52"72 (juste derrière Larkin) en ayant relâché à la fin est vraiment très prometteuse. Il s’est évidemment qualifié (4e temps).

J’ai un peu zappé les demi-finales du 100m dos féminin, on retiendra juste que le niveau sera relevé…

Depuis 2012, le relais 4x100m NL masculin a tout gagné. Il a habitué la France à l’or. Pourtant, il a rarement été favori sur le papier. Encore une fois, sur le papier, il ne devait pas gagner, l’Australie était supérieure. Néanmoins, avec son expérience, son mode de fonctionnement et son esprit collectif, la France avait toujours une très belle carte à jouer. Il a fallu faire des choix. Meynard et Mignon – pourtant 2e aux ChM et qualifié pour la course individuelle – n’ont pas été conservés, ils ont laissé leurs places à Jérémy Stravius et Florent Manaudou, les 2 Français les plus rapides de la saison. On a aussi voulu garder Gilot – le patriarche, le gourou du groupe – et Metella, très forts lors des séries. C’était totalement logique On a donc remis les mêmes que l’an dernier à Kazan en inversant Manaudou et Gilot. 2e, Gilot s’est retrouvé en confrontation directe avec Michael Phelps, qui faisait lui aussi ses débuts lors de cette finale. Ce relais était aussi celui de Chalmers, l’Australien supersonique le matin.

Dans l’ordre, ça donnait : Metella, Gilot, Manaudou, Stravius.
L’Australie a aussi fait tourner, en intégrant le grandissime favori du 100m, Cameron McEvoy, au poste de finisseur : James Roberts, Kyle Chalmers, James Magnussen, Cameron McEvoy.
Les tricheurs russes me faisaient très peur. Ils n’auraient même pas dû être là (et ont été sifflés) : Andrey Grechin, Danila Izotov, Vladimir Morozov, Alexander Sukhorukov.
En revanche, très étrangement, les Ricains ne m’inquiétaient pas outre mesure, malgré leurs 3 changements par rapport aux séries. Sortir Anthony Ervin pour mettre Phelps ne me semblait pas très pertinent, l’ancien champion olympique du 50m NL ayant nagé 47"6 en séries. Ça donnait : Caeleb Dressel, Michael Phelps, Ryan Held, Nathan Adrian. J’étais… tendu. Et je m’étais complètement planté. La France était au couloir 6, entre le Brésil et les Etats-Unis. Le public était chaud, la tension énorme, et c’est parti très très vite à la ligne d’eau des Américains. Presque lâcher au bout de 50 mètres, Mehdy a fait un retour incroyable pour passer en tête pour 2 centièmes devant les Américains (48"08 départ au start, c’est vraiment qu’il est en forme, un très bon indicateur avant le 100m papillon).

Gilot n’a pas pris beaucoup de risques : 0.19 de temps de réaction contre 0.08 pour Phelps, qui a été phénoménal sur le retour. La légende de la natation mondiale a nagé en 47"12 (lancé), ce que je ne l’imaginais absolument pas pouvoir faire. Phelps a pris le large alors que Gilot coinçait complètement. Il a même passé le relais 4e. 48"20, c’est indigne de lui, il vaut beaucoup mieux que ça. Peut-être a-t-il été surpris par Phelps, peut-être accuse-t-il le poids des ans… La différence s’est vraiment faite sur ce relais, car les Etats-Unis ont hérité d’une grosse seconde de marge. Manaudou a réussi une super coulée au départ (0.17 de temps de réaction, 2 dixièmes de moins que Held), il a entamé son retour, il restait 8 dixièmes d’écart au virage et seulement 47 centièmes au moment où Stravius a plongé. Son temps de réaction (0.29) n’a pas été top, mais pas pire que celui d’Adrian (0.35), c’est à la nage que ça s’est joué. Le champion olympique en titre du 100m NL a été extrêmement rapide : 46"97 ! Il vaut donc 47"2 ou 47"3 avec départ au start. Mais Stravius n’a jamais été aussi rapide : 47"11. C’est un bon indicateur de sa forme, même s’il a pris la vague d’Adrian à l’aller avant une grosse coulée au virage. Le Ricain était vraiment trop solide.

Le temps des vainqueurs est excellent : 3’09"92 (1 centième de mieux que nos nageurs à Londres), contre 3’10"53 pour les Français, dont c’est le meilleur temps depuis 4 ans. Stravius semblait être le seul heureux. La frustration de n’avoir disputé que les séries à Londres l’explique peut-être. Metella est désormais vice-champion olympique, comme sa sœur, ça se fête, non ? Manaudou a quant à lui remporté sa 2e médaille aux JO. Gilot a enchaîné 3 médailles en 3 éditions des Jeux, il s’en veut peut-être, mais après tant de si belles années, qui pourrait lui en vouloir de s’être manqué ? Les Ricains ont juste été excellents, ça n’a rien à voir avec 2008 où on leur a offert le titre.

La surprise est la 3e place de l’Australie, encore passée à côté. 47"11 pour Stravius, 47"12 pour Phelps, 47"14 pour Manaudou (aussi son meilleur temps en relais)… et seulement 47"00 pour McEvoy. "Seulement" dans le sens où on l’attendait beaucoup plus rapide, même s’il a été nul à la prise de relais (0.42). Chalmers a été nettement moins bon qu’en série, Roberts a été nul (ils ont lancé leur moins bon en premier, 48"88 au départ le soir). Dans les autres équipes il y a eu du 47"31 pour Morozov, rien d’autre d’affolant.

Pour finir, une stat : 19e titre olympique pour Phelps…

Rugby_a_7 Un essai encaissé au bout de 43 secondes. Il y a mieux pour débuter un match de rugby à 7 contre la Nouvelle-Zélande. L’équipe de France pouvait s’aménager un tableau favorable en cas d’exploit, mais d’exploit il n’y a pas eu, sauf un, personnel, pour inscrire le seul essai français du match. Les All Blacks sont encore plus implacables chez les femmes que chez les hommes. Implacables au sens premier du terme. Elles cassent les plaquages avec une facilité déconcertante. En première période, les Bleues ne sont même pas sorties de leur camp avant le temps additionnel. Elles ont pris 19-0. Toutefois, une belle réaction a permis de revenir à 19-7. Camille Grassineau a réussi un grand numéro. La 2nde période a été bien meilleure, beaucoup plus équilibrée, sauf à la fin. Score final, 26-7. La France a donc pris la 2e place de son groupe, comme prévu.

Le Canada ayant reçu une bran-bran contre les Britanniques, il est tombé dans le quart de tableau de la France.

Les Bleues sont immédiatement allées au charbon pour tenter d’ouvrir le score, multipliant les temps de jeu jusqu’à obtenir une très bonne touche. Elles ont marqué en coin après la touche et le ballon porté. La vidéo a confirmé que le ballon avait bien été aplati juste à temps. En revanche la transformation, très difficile, a été manquée. Mises sous pression, les Canadiennes ont eu beaucoup de mal à sortir de leur camp. Malheureusement, suite à une touche mal maîtrisée, les Bleues ont perdu le ballon dans leur camp. Une erreur de concentration – et semble-t-il une faute non sifflée – lors de la mêlée a permis à une Canadienne de nous mettre une valise en partant seule jusqu’à notre embut. Par miracle, la transformation a fini sur le poteau.

Les Bleues auraient dû reprendre l’avantage suite à une incroyable séquence, malheureusement les filles ont mal joué le coup au moment de concrétiser des occasions énormes, notamment une à la sirène, en n’enchaînant pas assez vite pour finalement gâcher en voulant partir au près à 30cm de l’embut. Ce score de 5-5 à la mi-temps en ayant dominé l’intégralité des 7 premières minutes était une très mauvaise nouvelle. Quand on domine autant sans concrétiser, en général, on le paye. Les Bleues du foot peuvent en témoigner.

La situation a commencé à déraper. Un en-avant idiot alors qu’il y avait un surnombre au large, une pénalité évitable… Heureusement, les Canadiennes aussi ont commis des erreurs, l’espoir restait entier. Ça devenait étouffant. En multipliant les fautes, les Bleues ont failli se faire réduire à 6 à 2’30 de la fin. Elles s’en sortaient plutôt bien dans un sens. Néanmoins, qui devait arriver arriva. Un essai encaissé à 2’ de la fin a permis au Canada de passer en tête. La transformation complètement manquée laissait l’opportunité à la France de se qualifier avec un seul essai transformé. Il a fallu relancer des 22… mais un en-avant de passe à 40 secondes de la fin a tué le suspense, d’autant que l’arbitre n’a pas arrêté le chrono. Un dernier essai en bout de ligne sur la sirène a achevé les Bleues. 15 à 5, élimination, énorme déception.

Le Canada est très bien payé, les Françaises pourront éternellement s’en vouloir tant elles ont dominé. A vrai dire, elles ont tout fait dans ce match, les actions gagnantes comme les erreurs. Encore une chance de médaille envolée. Elles avaient le niveau pour monter sur le podium… à condition de se montrer un peu plus efficace. Il est probable que ne pas parvenir à faire la différence ait causé beaucoup de crispation. Elles ont perdu les pédales.

Tennis Un vent de folie a soufflé sur les courts de tennis. Je ne parle pas du vent qui a retardé le début des matchs. On a assisté à des surprises dingues. Les têtes de série n°1 sont tombées dans presque tous les tableaux.

Terriblement déçue par la catastrophe et le mélodrame survenu en double, Caroline Garcia a débuté en simple contre une Brésilienne, Pereira. Ça s’est très bien passé, 6-1 6-2. Alizé Cornet a eu plus de mal, il lui a fallu 3 sets (6-1, 2-6, 6-3) pour battre la Suédoise Larsson au 1er tour… et on veut bien qu’elle ait besoin de 3 sets pour sortir son prochain adversaire, une certaine Serena Williams. Benoit Paire a fini par battre Rosol (3-6, 6-3, 6-4), ce qui signifie que 100% des Français engagés en simple ont franchi leur premier tour.

Pour l’équipe de France, il restait les doubles masculins.

Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut débutaient face à des Colombiens, Farah et Cabal.

Il a fallu un tie-break pour les départager dans la première manche. Menés 5-1, les Français sont revenus à 5-4 mais on perdu 7-4. Les tds n°1 devaient se ressaisir, même si on ne peut pas dire qu’ils aient réellement mal joué. La situation a empiré avec un break concédé d’entrée dans la 2e manche (sur service de Mahut). Je ne sais pas si c’est le fait d’être en grandes difficultés qui a énervé les Français ou si les supporters colombiens très démonstratifs sont la cause de cet énervement, mais la situation ne s’améliorait pas. Ils ont dû sauver une balle de 4-0 pour rester en vie, puis ont de nouveau été mis dos au mur quand les Colombiens ont servi pour le match à 5-3. Les n°1 mondiaux ont alors obtenu 3 balles de débreak. Ils ont cru convertir la 2e, la balle a été jugée faute. La 3e a été gâchée. Ils ont alors sauvé une balle de match et obtenu une nouvelle balle de débreak… sauvée. Une autre balle de match a suivi… Herbet l’a envoyée dans le filet. Elimination. Catastrophe. Un de plus.

Nos doubles visaient l’or, ils ont été dégagés au 1er tour. Monfils et Tsonga ont joué ensemble en l’absence de Gasquet, ils affrontaient des Américains qui sont de vrais joueurs de double. Forcément, ça ne s’est pas bien passé, La Monf joue beaucoup trop rarement en double. Je vous passe le score.

Après l’élimination de Kiki et Caro dès le premier tour du double, les sœurs Williams ont à leur tour été sorties d’entrée (en 2 sets par une paire tchèque). Venus Williams, déjà éliminée en simple, serait malade. Le tableau a donc perdu ses têtes de séries 1 et 2… C’est d’autant plus déprimant pour les Françaises, il y avait vraiment de la place pour briller, voire gagner, ce qu’on fait 3 fois Venus et Serena aux JO dans cette discipline.

Djokovic a vécu un enfer face à Juan Martin Del Potro… Et dire que l’Argentin avait surtout fait parler de lui à Rio pour être resté bloqué 45 minutes dans un ascenseur ! Jean-Martin de la Poutre, vainqueur du tie-break de la première manche, a mené 3-0 dans celui de la 2e manche grâce à 2 passings monstrueux… puis 4-0 sur une faute direct du Serbe… puis 5-0 sur une accélération de coup droit. Le niveau de jeu de l’Argentin a atteint des sommets. Il a détruit le n°1 mondial, pourtant très motivé et extrêmement fort à Toronto il y a une semaine. Djoko a pu sauver 1 balle de match, mais il y en avait 5.

Ce tournoi est fou. Et Tsonga n’a plus Djoko dans son tableau. Ceci dit, s’il doit affronter un Jean-Martin aussi bouillant devant une foule de supporters argentins, ça risque aussi d’être très dur. Mais ne regardons pas trop loin trop vite.

Tennis_de_table Unique Française ayant pu tenir sa place dans le tournoi de tennis de table féminin, Li Xue a affronté une Portoricaine de 15 ans pour son entrée en lice au 2e tour. C’est passé tranquillement 4-0.

Plus tard, Emmanuel Lebesson affrontait un Roumain au 2e tour. Embarqué dans un 7e set décisif, il s’est retrouvé mené 6-3 avant de recoller, de passer en tête 8-7. Le filet lui a été défavorable, il a aidé 2 fois son adversaire à obtenir des balles de match. La 2nde n’a pu être sauvée. C’est une déception, même si on n’attendait pas de médaille de son côté. Pendant la soirée, Simon Gauzy, en principe meilleur Français, a éliminé à son tour dès son entrée en lice, vaincu par un des multiples Chinois naturalisé, en l’occurrence Kou Lei, qui l’a été par l’Ukraine. 4 sets à 1 avec une 3e manche perdue 16-14. Il a peut-être manqué l’occasion de faire tourner le duel en sa faveur.

Plus tard, Li Xue a rencontré une Néerlandaise, Li Jie, en 16e de finale. Cette Oranje est une pointure (vainqueur des Jeux Européens l’an dernier). N’ayant pu conclure en fin de 2e set où elle a obtenu une balle pour revenir à 1-1, la Française s’est retrouvée en très mauvaise posture. Il s’agissait d’un combat de balles à effet, avec beaucoup de petites balles coupées, presque rétro. Xue n’a rien lâché et a été récompensée de son obstination en recollant à 2 manches partout puis en prenant l’avantage 3 sets à 2. Elle prenait progressivement l’avantage, ceci de plus en plus nettement. Toutefois, Li Jie a mené 5-0 dans la 6e manche qu’elle était obligée de remporter. Ça s’est fini sur un score de 11-6. Encore une fois, un Français allait jouer sa place sur un dernier set décisif. Héroïque en défense, Li Xue a marqué 3 points de suite à 5-5 pour mener 8-5, elle n’a pas été rejointe : 11-8 ! Un duel épique et une victoire magnifique ! Son objectif est de réussir le meilleur tournoi possible, obtenir une médaille serait l’exploit du siècle.

Tir Si Stéphanie Tirode a manqué ses qualifications du tir au pistolet à 10 mètres. Céline Goberville, médaillée d’argent à Londres, était dans le coup pendant très longtemps (4e) mais s’est manquée sur la fin en prenant conscience de la situation. 10e, elle a été éliminée pour quasiment rien (on ne garde que le top 8 pour les finales). Difficile pour elle de s’en remettre.

Volley Le Team YavBou a fait ses débuts dans le tournoi olympique de volley au Maracanãzinho. Il devait y avoir un peu de stress et/ou un problème de réveil, car ce match très matinal contre l’Italie – que la France bat d’habitude – a très mal débuté… 9-0 d’entrée. Outch. Et comme aux JO il n’y a plus de temps mort technique, contrairement à tous les autres matchs de volley du monde, difficile de casser le rythme. Antonin Rouzier a fini par ouvrir le score pour les Bleus – qui jouaient en rouge contre une équipe en bleu), mais ça n’a pas fait naître de dynamique. On a atteint les 10pts d’écart… après 12pts joués. Une fois réveillés, les Français ont entamé un retour impressionnant à 15-13, puis ils ont fait le match à 1 ou 2pts de leurs adversaires. Un énorme coup de chance sur un service (selon le challenge le ballon a touché la ligne sur 1 millimètre) a permis à l’Italie de mener 23-20 et de conclure le set 25-20.

Le 2e set a mal tourné, mais moins mal que le précédent, c’était donc rattrapable. Seulement, cette fois, au lieu de s’améliorer, la situation a empiré… 16-9… 19-12… Les Bleus ont sauvé plusieurs balles de set mais en avaient une beaucoup trop grosse série à défendre. Ça a fini par craquer, 25-20 une nouvelle fois.

La 3e manche était assez serrée avant que l’Italie ne prenne le large en se contentant d’être plus solide que des Français hors du coup. Les Bleus ont joué totalement à l’envers. 25-15… C’est très moche.

En résumé, ce match est exactement comme celui des basketteurs français lors de la première journée du tournoi : hormis une réaction trop brève pour revenir dans le coup à un moment du match, ils sont passés totalement à côté. Cette défaite en 3 sets secs va être très handicapante.

Maintenant que la machine est lancée, ça va bien se passer. La 3e journée va nous réussir. C’est promis ! Tableau_des_medailles_J2.jpg

Note

[1] Lors des finales individuelles, le maximum est de 2 par pays.