En principe, M. Fautrel devait encore s’occuper du PSG, mais en raison d’une blessure, il a dû céder sa place à M. Schneider, un jeune arbitre soit incompétent, soit très influençable. Qu’à la fin du match les Parisiens aient été sanctionnés de 16 fautes et 3 jaunes contre 15 et 3 à l’encontre des locaux est une gigantesque blague. S’il y a de nouvelles consignes pour moins siffler, il serait bon de les appliquer à bon escient et de façon aussi cohérente qu’équilibrée, ce qui n’était absolument pas le cas ici. Surtout, il est primordial de ne pas tomber dans le laxisme. Quand un joueur se prend un coup volontaire en pleine poire juste devant lui, l’arbitre doit siffler, sinon il encourage les autres à imiter la chose, à faire preuve d’une agressivité excessive.

Le plus exaspérant dans ce match ? Les commentaires de Mickaël Landreau. On aurait dit qu’un Bastiais commentaire le match avec un logiciel pour masquer son accent. Le gars réécrit les lois du jeu de la manière qui arrange les Corses. Selon lui, pied haut, semelle en avant, si tu touches le ballon avant d’attraper l’adversaire, il n’y a pas faute ! Si tu coupes la route d’un adversaire qui te déborde en taclant devant lui avec beaucoup de retard sans jouer le ballon, si le joueur a sauté à temps pour ne pas se faire découper, il n’y a pas faute ! Tu mets un raffut gratuit et insistant en appuyant bien au niveau du cou, c’est que tu as protégé ton ballon, tu as fait un geste technique remarquable. Il n’a pas arrêté, osant même dire que l’arbitre avait bien réagi à l’échauffourée pendant le temps additionnel de la 2nde période au cours duquel on a notamment vu Jean-Louis Leca (le gardien) faire 30 pour aller agresser Kurzawa d’une façon qui méritait un rouge direct. Sur cette action, M. Schneider a mis un jaune à Kurzawa (victime), à Leca (le plus violent des agresseurs) et à Matuidi (auteur de la faute à l’origine de l’échauffourée alors qu’il avait tout de suite cherché à calmer le jeu et qu’on avait vu 10 fois pire ne pas être sanctionné).

L’arbitre a vraiment été lamentable, mais je ne lui en veux même pas de ne pas avoir sanctionné les Corses d’un péno à la 50e (il y avait bien faute sur Ben Arfa, même si le réalisateur de Canal+ n’a pas daigné montré de ralenti, c’est assez clair quand on ralenti le seul plan diffusé), d’un autre à la 59e (la semelle en l’air sur Kurzawa) et d’un CF à 18m à la 41e, d’avoir laissé passer de nombreuses fautes de frustration et de méchanceté pure à l’encontre de Di Maria ou encore de Jesé, de n’avoir pas osé sortir les cartons qui s’imposaient, d’avoir été très prompt à siffler contre les Parisiens même quand il n’y avait pas lieu de le faire. Sincèrement, ça peut arriver à tout le monde d’oublier ses c*uilles à la maison en étant prévenu tardivement d’un déplacement professionnel…

Est-ce que ça se voit que cet arbitrage minable m’a saoulé ? Ça, plus l’attitude du public, plus les commentaires de Canal+, dont le niveau baisse de plus en plus – bientôt il y aura Paul Le Guen et Stéphane Guy… j’espère qu’ils ne vont pas nous infliger la combinaison des 2 ! – au fil des ans. Acheter plus de droits pour tout gâcher avec des commentaires et consultants aussi minables est, à mon sens, une stratégie débile.

Je souhaite aussi au Sporting de devoir jouer à huis-clos à domicile contre ses 5 principaux adversaires pour le maintien. J’espère que ça ne profitera pas aux équipes qui jouent les places européennes, il s’agirait d’une pantalonnade encore plus affligeante. Le match a tout de même dû être interrompu une première fois en première période pour des jets d’objets dans la surface de Trapp, puis une autre en seconde parce qu’un hurluberlu qui doit avoir de la m*rde de sanglier à la place du cerveau n’a rien trouvé de mieux que de mettre un coup de manche de drapeau[1] sur la tête de Lucas qui allait tirer un corner (67e). Le type est tellement malin qu’il était assis bien en évidence sur la rambarde quand il a commis son attentat contre l’intelligence humaine. Tout le monde l’a vu, il ne peut aucunement échapper à une sanction judiciaire si les autorités ne ferment pas les yeux. Il mérite la plus lourde interdiction de stade permise par la loi. Le gars a quand même réussi à se faire reprendre de volée par quelques supporters très énervés par cet acte qui risque de tous les pénaliser et donne une image horrible du fameux "peuple corse".  

Bref. Venons-en au foot, donc essentiellement au PSG.

Il manquait encore pas mal de monde (Thiago Silva et Cavani blessés, Marquinhos aux JO, Krychowiak en tribunes car pas prêt, plus les joueurs en instance de départ, à savoir Stambouli et Sirigu, les joueurs blessés sur qui ne semble pas compter Emery, principalement Ongenda et Bahebeck, ainsi que pas mal de jeunes laissés à disposition de la CFA, j’ai nommé Augustin, Nkunku, Callegari ou encore Georgen). En outre Matuidi et Verratti ont débuté sur le banc car ils sont en recherche de rythme, tout comme Jesé, qui faisait sa première apparition sur le banc à côté notamment d’Ikoné.

Finalement, par rapport au Trophée des Champions, l’équipe a très peu changé, seul Adrien Rabiot – de retour de suspension – a fait son entrée en lieu et place de Stambouli. Bernard Fa a donc été reconduit dans un rôle d’avant-centre qui ne lui correspond absolument pas. Les 10 autres titulaires étaient tous déjà parisiens la saison passée. Le onze de départ était celui-ci : Trapp - Aurier, David Luiz, Kimpembe, Kurzawa - Thiago Motta (C), Rabiot - Lucas, Pastore, Di Maria - Bernard Fa.

Je vais être concis. J’ai bien aimé les intentions de jeu du PSG en première période même s’il manquait trop d’ingrédients pour réellement créer du danger. D’où l’absence d’occasion très franche. On a essentiellement assisté à 2 bonnes frappes cadrées de Di Maria (28e, 38e) et quelques actions collectives plutôt intéressantes. Je n’ai pas trop aimé voir Di Maria à droite et Lucas à gauche, ils avaient trop tendance à rentrer dans la zone de Pastore au lieu d’écarter le jeu. Surtout, ça rendait l’ensemble très brouillon, occasionnant des pertes de balle. Comme Bastia défendait très en bloc dans l’axe, il était difficile de passer, compliqué de trouver de la profondeur. Le jeu sur les côtés était la solution, ça fonctionnait beaucoup mieux à droite qu’à gauche, malheureusement faute d’avant-centre pour mettre à profit les centres (Bernard Fa décrochait beaucoup, peinait à bien se placer), ça ne fonctionnait pas. En outre, le Sporting cherchait à contre-attaquer en utilisant au maximum la vitesse d’Allan Saint-Maximin dans la zone de Kurzawa. Enzo Crivelli aurait ainsi pu – ou dû – ouvrir le score sur un centre de son jeune coéquipier (20e).

Mon résumé de la 1ère période a tenu en un paragraphe. Je vais tout de même le compléter avec une appréciation joueur par joueur.

Trapp : n’a rien eu à faire.
David Luiz : rien de très marquant à part sa façon très étrange de défendre sur Crivelli sur la seule grosse occaz de la 1ère période. Il a totalement lâché le marquage.
Kimpembe : impressionnant, hyper serein, juste une mauvaise relance sans conséquence à signaler, il n’a pu intercepter le centre sur la grosse occasion de Crivelli.
Kurzawa : inutile en attaque, affligeant ou porté disparu en défense, notamment sur cette situation à la 20e puis une autre où on a vu Pastore défendre à sa place (28e).
Aurier : très actif des 2 côtés du terrain, combatif, tranchant.
Motta : il a tout fait pour prendre son jaune, il a fini par y avoir droit tout en concédant des CF dont un très bien placé, sachant que les CPA risquaient de représenter pour Bastia la principale chance de marquer. Un véritable boulet dans le jeu.
Rabiot : actif, présent dans l’engagement, utile.
Pastore : très propre et toujours dans le sens du jeu, il a été gêné par les autres offensifs qui venaient dans sa zone au lieu de proposer des solutions grâce auxquelles il aurait pu créer plus de décalages.
Di Maria, Lucas et Ben Arfa : trop d’initiatives individuelles (accélérations balle au pied), de décrochages et de dézonage. C’est plus perturbant qu’efficace, même si Di Maria a été l’auteur des 2 frappes les plus dangereuses.

En 2nde période, il fallait à l’évidence continuer à chercher les petits espaces dans la profondeur entre les défenseurs – un véritable jeu de précision – et multiplier les combinaisons sur les côtés en augmentant la présence dans la surface pour trouver l’efficacité manquante. C’est ce qui s’est passé, au moins sur une partie des 52 dernières minutes (il y a eu plus de 6’ de temps additionnel à cause de l’incident de l’agression du taré avec son manche de drapeau, ça aurait même pu être encore plus suite à l’échauffourée de la 91e). Je n’ai vraiment pas aimé ce qui s’est passé après le but parisien (73e), pas seulement à cause des changements.

Le match est devenu très violent, l’arbitre était perdu, il a laissé faire, il y a eu des trucs très moches. La stratégie bastiaise, qui se limitait à tenter de tout fermer et de partir très vite en contre a laissé place à la frustration de l’échec. Or un mec frustré dans une ambiance délétère, ça part vite en c*uille, surtout s’il a été recruté pour entrer dans le moule de la fameuse "mentalité corse".   

Je n’ai pas aimé la fin de match à cause de cette violence, mais aussi parce que le PSG est retombé dans ses travers passés. Juste après l’ouverture du score, Verratti et Matuidi ont remplacé Pastore et Motta comme prévu avant le but. Dès lors, l’équipe est passée en 4-3-3 avec Rabiot en 6. Je pense qu’avec un score de 0-0, Verratti aurait dû jouer meneur de jeu, donc plus haut. Dans cette configuration où l’avantage au score était obtenu, il a adopté un comportement digne de l’ancien PSG en ne cherchant quasiment plus qu’à conserver le ballon. On l’a alors vu évoluer dans la zone où il est plus dangereux pour son équipe d’autre chose. Temporiser, faire des passes latérales ou en retrait et essayer de dribbler des adversaires, tout ceci à 25m de sa propre cage – jusqu’à perdre un ballon très dangereux qui heureusement a abouti à un tir trop croisé (90e) – n’est pas du tout Emery-compatible.

Entre la mi-temps et le but, on a vu de bonnes choses (jeu simple vers l’avant), notamment sur les côtés, avec une première occasion très franche suite à un dédoublement d’Aurier servi par Pastore, Leca a détourné vers Di Maria avant de repousser magistralement la magnifique volée de ce dernier (50e). L’entrée de Jesé à la place de Bernard Fa (64e) a tout de suite apporté car il a des repères au poste d’avant-centre. On a très rapidement vu la différence dans la capacité à utiliser la profondeur et à jouer juste. Son super appel à la limite du HJ est d’ailleurs l’élément décisif dans le but puisque Kurzawa a profité de son tir repoussé par Leca pour pousser le ballon au fond (73e).

Au final, si le PSG ne s’est pas créé autant d’occasions qu’espéré et n’a marqué qu’un but, il a gagné. Leca a d’ailleurs eu beaucoup de taf, qu’il s’agisse de parades, d’interventions dans les pieds, voire d’interventions aériennes. Je reste d’ailleurs persuadé qu’en évoluant tout le match avec un avant-centre référent capable de couper les centres, le PSG aurait cartonné. De surcroît, malgré certaines insuffisances et pertes de balle évitables, la défense parisienne n’a laissé que très peu d’opportunités aux Corses. Ces derniers n’ont cadré qu’1 tir à la 80e (contré car dans une forêt de jambes), ils ont eu une seule très grosse occasion (20e) sans la convertir, les autres frappes étaient systématiquement tentées de très loin ou non-cadrées (aucune n’était facile).

Récapitulons, joueur par joueur.

Trapp : au chômage technique hormis 3 sorties aériennes en 2nde période, dont une ratée.
Kimpembe : encore très rassurant, très efficace, très propre dans l’ensemble, notamment dans la relance, même s’il en a loupé 1 ou 2 sans conséquence.
David Luiz : pas franchement rayonnant, une grosse erreur sur la seule grosse action du match de Bastia, il prend des risques assez bizarres, même si ça reste relativement solide il fait flipper tout le monde de temps en temps.
Kurzawa : à force de passer son temps à trainer au niveau de la surface adverse, il a fini par marquer, pourtant sa prestation – y compris offensive – a été assez indigente avec 1 seul centre pour 3 tirs. Défensivement, c’est le néant, quand par hasard il est à sa place au lieu de laisser les autres (Rabiot, Kimpembe, Pastore voire Di Maria) le couvrir, il se laisse manger comme sur la plus franche occasion corse du match.
Aurier : à peine moins actif offensivement en 2nde période mais toujours très bon dans le jeu et très solide derrière. Avec en supplément l’état d’esprit guerrier qui permet de tenir tête à ce genre d’équipes rudes et provocatrices.
Motta : très très mauvais. Et très bête aussi. Il sait qu’en face il y a des provocateurs, alors il les provoque en 1er… et il prend son jaune en répétant les fautes évitables, concède des CF bêtement dont un dangereux, sans rien compenser par une quelconque utilité dans le jeu.
Rabiot : passé en 6 après le double changement au milieu, il a continué sur la lancé de sa bonne prestation, je l’ai trouvé concerné, actif, même si peu entreprenant offensivement, sans doute parce qu’il était souvent obligé de compenser les errements défensifs de ses partenaires.
Pastore : très bon malgré le manque d’appels en profondeur et la présence à ses côtés de 3 dribbleurs plus enclins à venir tripoter la gonfle dans sa zone qu’à jouer simple. Il a réussi un match très propre avec aussi une belle activité au pressing ou même défensivement. Evidemment, il n’y a rien eu de très clinquant dans sa prestation, néanmoins une chose est indéniable, c’est un des seuls à toujours appliquer les compris les consignes d’Emery.
Di Maria : aussi très actif mais à tendance brouillonne. Il a tendance à vouloir trop en faire, à tenter des choses trop compliquées, du coup ça part un peu trop dans tous les sens et il gâche pas mal. Néanmoins il est à l’origine du but, a été l’auteur des tirs les plus dangereux. Il est tout de même bien meilleur à gauche qu’à droite.
Lucas : à peu près comme d’habitude, très brouillon, très inefficace, même s’il fait preuve d’envie.
Ben Arfa : à sa décharge, le rôle d’avant-centre n’est vraiment pas fait pour lui. Il a bien galéré, multiplié les mauvais choix, trop décroché pour tenter des accélérations balle au pied, n’a absolument pas pesé sur la défense, ce qui a souvent empêché le jeu de se développer. Match à oublier.

Jesé : très bons débuts, il a proposé ce que doit proposer un avant-centre dans le jeu d’Emery, à la fois de la mobilité, de la profondeur, une capacité à jouer simple en faisant le bon choix.
Matuidi : bonne entrée, énormément d’envie, d’activité, de pressing, il a été efficace même si averti (par un arbitre nul).
Verratti : très mauvaise entrée. Finalement il semble bien être entré en 8 dans un milieu à 3. Hormis une bonne passe en fin de match il n’y a quasiment rien à sauver, il a beaucoup trop porté le ballon, l’a même perdu bêtement, il a ralenti le jeu en jouant en arrière et en temporisant au mépris des consignes… A moins qu’on lui ait demandé à son entrée de garder le ballon pour conserver le score.

On retiendra aussi qu’Emery a découvert l’accueil corse. Il a offert aux locaux le cadeau le plus adapté à des gens si hospitaliers : une défaite. Si en plus il est bien élevé…



Les vidéos sont aussi sur Vimeo : 1ère période et 2nde période.

Note

[1] A priori il s’agit de ça, un long tube relativement souple, mais où il n’y avait pas de drapeau.