Plutôt que de toutes les occasions manquées (aussi par Lucas, Di Maria, Pastore, David Luiz, Kurzawa) ou bien sauvées par Thomas Didillon, voire par un autre Lorrain présent pour contrer ou dégager in extremis, j’ai envie de retenir les véritables enseignements de cette rencontre. 33 tirs c’est énorme. Les 33 tirs avec "seulement" 60% de possession[1], les 15 corners plus les CF dangereux obtenus, les 31 centres et même les 3 HJ sont le reflet des préceptes de jeu d’Unai Emery, du style de jeu qu’il souhaite mettre en place. On a encore des séquences de circulation de balle au milieu mais plus du tout pour conserver le ballon, toujours pour préparer l’attaque. Désormais, il faut jouer dès que possible vers l’avant, souvent entre les lignes en 1 ou 2 touches, on voit beaucoup de jeu en déviations, de combinaisons, la profondeur est très utilisée dans l’axe comme sur les côtés avec notamment un gros apport d'Aurier. Toutefois les joueurs qui en sont capables n’hésitent jamais à percer balle au pied (Pastore, Lucas, Di Maria mais aussi Aurier et Adrien Rabiot) On cherche systématiquement à enchaîner rapidement, y compris sur les CF et parfois sur les corners. Les frappes depuis l’extérieur de la surface sont aussi au programme. Personne n’est bridé, bien au contraire. A la fin, on obtient un match au cours duquel hormis un remplaçant (Matuidi), tous les joueurs de champ ont tiré au but au moins une fois. L’accent est mis sur la récupération du ballon, le pressing est primordial car il permet de créer un état de danger permanent pour la défense adverse et surtout d’enchaîner très vite

Commençons par la compo : Trapp - Aurier, David Luiz, Kimpembe, Kurzawa - Thiago Motta (C), Rabiot - Lucas, Pastore, Di Maria - Cavani. Sont entrés en jeu Verratti (à la place de Lucas, 65e, passage en 4-3-3), Matuidi (Rabiot remplacé poste pour poste, 72e) et Ben Arfa (sortie de Pastore, 80e).

J’ai compté 13 ou 14 occasions franches (dont une double) du PSG en première période et 9 en 2nde (là aussi une double). Cavani en a eu 7… sans en convertir une seule.

Je fais la liste :
-David Luiz (2e) sur CF indirect ;
-Lucas (14e) seul devant le but sur un débordement et centre d’Aurier ;
-Cavani (15e), reprise contrée gêné par Kurzawa sur un débordement et centre de Di Maria ;
-Cavani (19e), tête complètement manquée au 2nd poteau sur un centre de Di Maria (en contre) ;
-Pastore (20e), frappe des 18m non cadrée après une combinaison ;
-Lucas (24e), reprise totalement manquée dans la surface, servi par Pastore ;
-Di Maria (25e), frappe enroulée vers la lucarne opposée, pas loin du cadre (occasion la moins franche de la liste) ;
-Cavani (27e) lancé par Di Maria au terme d’un super mouvement collectif… léger HJ non signalé… mais duel perdu ;
-Cavani (31e) encore lancé en profondeur par Di Maria, il tarde trop et permet le retour des défenseurs, il se fait contrer ;
-Signorino contre son camp (34e) en interceptant un centre en retrait à l’arrache de Di Maria, servi par Pastore mais dos au but et sans angle avant de se retourner comme il pouvait, sauvetage de Milan devant la ligne ;
-Motta (36e), tête de Kimpembe sur corner, l’intervention d’un défenseur fait rebondir le ballon sur la tête de Motta, le ballon se dirige vers le but, Didillon repousse in extremis ;
-Cavani et Kurzawa (41e), une-deux entre Di Maria et Cavani, lancé entre les défenseurs, il contrôle mal, bat le gardien mais Falette détourne sur le poteau, Kurzawa a suivi, il reprend à l’angle de la surface de but, Didillon repousse à bout portant ;
-Lucas (44e) accélère en solitaire, provoque sur la droite de la surface et frappe, Didillon intervient au pied de son poteau ;
-David Luiz (45e), tête piquée juste à côté sur corner de Di Maria.

-Lucas (1-0, 52e), contre-attaque suite à un dégagement de David Luiz dans sa surface, remise de Di Maria pour Motta, passe à Lucas à 70m du but, puis Pastore part sur la droite, passe vers Cavani qui laisse passer pour Di Maria dans l’axe, il donne en une touche vers Cavani qui laisse passer – ou alors c’est derrière lui – pour Aurier à l’angle de la surface, fixation, passe à Lucas dans l’axe qui résiste au défenseur, s’emmène le ballon et croisé sa frappe ;
-Di Maria (66e), lancé sur la gauche de la surface par Pastore après un super mouvement collectif, Kurzawa centre en retrait pour Di Maria dont la frappe est sauvée sur sa ligne par Falette ;
-Kurzawa (2-0, 67e) de la tête seul au 2nd poteau sur un corner de Di Maria ;
-Pastore (74e) reprendre de demi-volée un centre en retrait après un très bon mouvement collectif, au-dessus ;
-Di Maria et Cavani (77e), Di Maria enroule une super frappe, le ballon s’écrase sur la barre et revient à Cavani qui gâche en tirant à côté ;
-Cavani (78e) reprend sans contrôle une longue transversale en profondeur de Di Maria, c’est trop croisé ;
-Verratti (79e), servi idéalement par Pastore au terne d’un excellent mouvement collectif, la reprise en première intention s’imposait mais il contrôle et perd le ballon en voulant effectuer un crochet ; -Cavani (88e), lancé en profondeur par Verratti, il élimine le gardien sorti de sa surface… mais ne tire pas dans le but déserté ;
-__Rivierez csc (3-0, 94e), Verratti frappe ou tente un centre rentrant depuis l’extérieur de la surface, c’est contré de la tête par le défenseur qui prend totalement à contrepied son gardien.

Gagner 3-0 en ayant su se créer autant d’occasion et en ayant mis à ce point la défense adverse sous pression, ce n’est pas cher payé. Toutefois, le PSG aurait aussi pu se faire piéger à cause de quelques errements regrettables dont certains sont aussi explicables. A 0-0, il y a eu 3 alertes, 2 à la 18e et une à la 52e… mais l’ouverture du score s’est produite en contre-attaque suite à cette action. Puis c’est à 1-0 que Metz a surtout réagi avec une grosse occasion sur un CF lointain (56e) où c’était n’importe quoi, 7 Parisiens sont restés groupés en lâchant totalement le marquage, heureusement Falette a manqué sa tête seul à bout portant, permettant à Trapp d’intervenir, comme sur un tir des 18m de Cohade qui aurait flirté avec le poteau ou tapé dessus (60e), ceci avant une mésentente grotesque sur un CF on où a plongé dans le tas en percutant ses défenseur (62e) et une nouvelle parade devant Erding (63e). Le gardien parisien a surtout dû s’employer à 2-0 pour détourner une improbable tête en retrait de David Luiz sur un centre anodin, avec l’effet ça partait au fond (70e). Il y a enfin eu une frappe des 18m repoussée (88e).

Un condensé du match, ça vous dit ?

Sinon, j’ai aussi un résumé, nettement moins long.

Rapidement, joueur par joueur.
Trapp : plus de parades dont une très difficile avec en plus l’effet de surprise (70e) mais aussi une sortie "aérienne" hallucinante en sautant littéralement dans le tas, il n’a regardé que le ballon sans voir que Motta et Kimpembe étaient sur son chemin (62e), plus une autre où il a juste relâché le ballon.
Kimpembe : fidèle à lui-même, il confirme match après match en ce début de saison. On peut compter sur lui, il fait preuve d’une sérénité impressionnante.
David Luiz : alterne le bon et le flippant, voire l’improbable comme le presque but contre son camp.
Aurier : encore très actif sur son côté, passeur décisif, averti parce que l’arbitre s’est fait avoir par Nguette (31e).
Kurzawa : on l’a surtout vu en 2nde période, il marque sur CPA, c’est une de ses qualités connues et reconnues, on attend maintenant de voir s’il peut défendre.
Motta: quelques très bonnes passes vers l’avant dans la relance, mais lent et inefficace défensivement, auteur de quelques erreurs bêtes.
Rabiot : tente trop de dribbles pas toujours intelligents et dans les bonnes zones, mais bon apport dans le jeu vers l’avant et la récupération du ballon de par son agressivité.
Pastore : la classe supérieure. Il a mal conclu ses 2 occasions, je vous l’accorde, mais quelle vision du jeu, quelle qualité technique, quelle créativité, quel sens du football, quelle combativité ! Il ne se contente pas de prendre du plaisir en multipliant les combinaisons, il s’implique aussi énormément dans le pressing. Ou comment allier fantaisie et discipline.

Di Maria partout à gauche, à droite et au milieu, omniprésent, mais à l’excès, ce qui au final donne une prestation fourre-tout avec du très bon et du très mauvais, beaucoup de tirs pas toujours pertinents ou manqués, malgré tout beaucoup de bonnes passes pour Cavani notamment, mais au final il termine avec "seulement" une passe décisive sur corner. Grosso modo quand il joue simplement et collectivement, c’est très bien, quand il en rajoute ou s’enflamme, ça peut vite devenir n’importe quoi.
Lucas : intéressant pas sa vitesse et sa capacité à provoquer, il marque un joli but qui compense ses occasions gâchées.
Cavani : plein de bons appels, souvent au bon endroit au bon moment, du coup plein d’occasions particulièrement franches, mais quasiment jamais le bon geste pour conclure, plein de mauvais choix, une très mauvaise gestuelle… Ce qui au final donne une dégueulasse.

Verratti : à peu près 100% de mauvais choix dans les 18 derniers mètres (il tirait quand il fallait faire une passe et il faisait une passe quand il fallait tirer) mais de bonne choses dès qu’il a joué avec le bon état d’esprit (vers l’avant, sans multiplier les touches de balle). Il finit par provoquer un csc en tentant un centre ou tir, difficile à dire.
Matuidi : entré un peu tard et dans une situation qui lui permettait difficilement d’avoir une réelle influence sur la fin de match.
Ben Arfa : auteur d’une entrée très peu remarquée.

Il reste un match avant la trêve, ce Monaco-PSG arrive très tôt, dommage que la Ligue 1 se prive d’un véritable choc en faisant s’affronter 2 des 3 équipes du top 3 de la saison passée à un moment où elles ne peuvent être au mieux qu’en rodage puisqu’il y avait des compétitions internationales cet été.



Les vidéos sont aussi sur Vimeo :
-le résumé ;
-le condensé (première période et 2nde période) ;
-Javier Pastore, sur des compositions de John Williams.

Note

[1] Je reprends les stats données sur le site de la LFP, je n’ai fait les comptes moi-même, or il me semble y avoir quelques erreurs.