La compo rappelait énormément l’ancien PSG, celui de Laurent Blanc, à un gardien près : Aréola - Aurier, Marquinhos, Thiago Silva (C), MaxwellVerratti, Thiago Motta, Matuidi - Lucas, Cavani, Di Maria. Sur le banc on trouvait Trapp, Meunier, Kurzawa, Krychowiak, Pastore, Ikoné et Augustin. Pas de Bernard Fa, encore absent mais cette fois en raison d’une blessure, pas non plus de Jesé. Kimpembe est resté en tribunes en compagnie de Rabiot (légèrement blessé mais dans le groupe). Verratti et Motta titulaire alors que le premier revenait de blessure et n’a toujours pas été bon cette saison, Pastore sur le banc, perso, je ne peux le comprendre. S’enferrer dans ce 4-3-3 défensif contre une équipe faible dont on attendait qu’elle blinde derrière plutôt que de revenir au 4-2-3-1 caractéristique d’Emery, l’organisation qui fonctionnait parfaitement pendant la préparation et le début de saison, je n’arrive pas à en admettre la pertinence. Peut-être parce que ce choix n’a rien de pertinent, comme les faits l’ont montré. Il n’y a même pas de véritable milieu offensif, du coup Di Maria se sent obligé d’occuper ce rôle, seulement la justesse lui manque terriblement dès qu’on le fait jouer meneur de jeu, il a tendance à beaucoup trop en faire, ne parvient pas à gérer le rythme correctement, ça devient vite n’importe quoi. Emery a en outre décidé de faire débuter Aurier malgré le coup sur la tête reçu en étant condamné – de façon scandaleuse[1] – en première instance à 2 mois de prison ferme pour une agression alléguée sur un policier (1 jour d’ITT pour un coup de coude d’Aurier alors que des témoins ont corroboré sa version, un juge qui pose des questions sans rapport avec les faits et semble avoir voulu se payer un footballeur pour l’exemple…).

Bref, je n’étais pas du tout convaincu par la compo, elle était mauvaise, l’équipe a mal joué, il n’y a pas de mystère. On pouvait espérer une bran-bran à l’image de celle des U19 en Youth League (victoire 8-1 avec doublé de Nkunku et triplé de Weah Jr), on a dû se contenter de beaucoup moins. Même pas le service minimum.

Cavani a gâché une première occasion à la 6e minute (frappe des 16m50 non cadrée), seulement il n’y avait rien de construit dans cette action. Ensuite, R.A.S. hormis énormément de passes latérales ou en retrait, énormément de déchet technique et de choix dramatiques avec en particulier une profusion d’ouvertures en profondeur inappropriées ou mal réalisées. Tout était lent, beaucoup trop dans l’axe, par conséquent ça n’avançait pas, et quand Di Maria décidait d’accélérer le jeu ou de prendre une initiative, il rendait systématiquement le ballon. Puis après un quart d’heure de match au cours duquel Aréola et sa défense avaient déjà été sollicités à plusieurs reprises, l’impensable s’est produit. Profitant d’un CF pour gaucher juste devant l’angle de la surface, les Bulgares ont ouvert le score grâce à Natanael, le latéral gauche (16e). Il n’a même pas bien tiré son CF, mais comme Cavani et Matuidi ont sauté en se retournant, ils ont détruit le mur formé par Aréola, impuissant. Le ballon a en effet pénétré dans sa cage au ras du poteau dans la zone qu’il ne pouvait couvrir. La frustration ultime pour un gardien, se faire torpiller par ses coéquipiers… Notons que la – grosse – faute à l’origine du CF a été concédée par Motta, même si M. Kralovec aurait sans doute pu siffler auparavant une main ou un jeu au sol à l’encontre du Bulgare.

Le PSG s’est ainsi retrouvé mené par sa seule faute. Comment a-t-il réagi ? Il n’a pas réagi, ou si peu. Les fois où éventuellement il aurait pu créer du danger ça manquait de précision, de présence dans la surface, de vitesse ou que sais-je encore… Avec Di Maria dans le rôle du facteur psychopathe qui distribue des colombins en Colissimo, le duo italien au manche d’un épandeur à produits anesthésiants et Cavani présent seulement de façon spectrale, le spectacle offert ressemblait à film d’horreur raté… ou peut-être réussi en réalité, car en effet, c’était horrible à regarder (d’autant que la tenue du Ludogorets Razgrad est d’un vert pelouse fort peu agréable à l’image). Les ouvertures systématiques au-dessus de la défense m’écorchaient les yeux. Même tirer une corner semblait dépasser leurs capacités. Ils étaient mous, statiques, n’offraient aucune solution entre les lignes. Avoir autant le ballon et ne savoir absolument pas quoi en faire, certains appellent ça de la maîtrise…

En bref, le PSG jouait complètement à l’envers contre des Bulgares à peu près aussi nuls que leurs visiteurs (à qui ont néanmoins réussi à causer quelques frayeurs). Toutefois, Lucas a donné des signes de vie (centre en retrait, 28e ; frappe à peine trop croisée, 29e ; corner repris d’une tête trop décroisée par Thiago Silva, 31e) avant une nouvelle période de passe à 11 lénifiante sans création de décalage, ou si peu. Pourtant une séquence avec plusieurs centres et frappes contrées aurait dû son conclure par un penalty, Cavani ayant clairement été bousculé dans le dos en pleine surface (38e). Vive l’arbitrage à 5 encore une fois…

Coresponsable du but encaissé, Matuidi a eu la bonne idée d’égaliser peu avant la mi-temps (41e). Il a parfaitement terminé une des rares séquences bien menées avec un Verratti placé devant la surface entre les lignes adverses. Matuidi a fait la différence avec un super appel à la limite du HJ – un défenseur est remonté à contretemps – puis un enchaînement contrôle-frappe du gauche pour battre Stoyanov – qu’il devrait retrouver lors de France-Bulgarie dans quelques jours – en tirant entre lui et le premier poteau. Si seulement Verratti pouvait comprendre tout l’intérêt qu’il a à jouer près de la surface adverse et à faire ce genre de passes… Il est bon presque uniquement dans ces conditions et dans cet exercice…

A l’évidence, il fallait changer beaucoup de choses à la mi-temps, sans quoi on risquait fort de se farcir une seconde période aussi minable. Cavani à la cave, Di Maria plus à côté de la plaque qu’un stripteaseur débarquant en plein milieu de la cérémonie funéraire d’un enfant mort écrasé par un camion, Verratti en immersion au cœur du néant à l’exception d’une passe (décisive), Motta fabuleux ralentisseur de jeu concessionnaire de CF… Les joueurs dont la station dans les vestiaires s’avérait souhaitable ne manquaient pas. Au pire, je leur aurais donné explicitement 10 minutes pour changer totalement d’état d’esprit avant de sortir les récalcitrants. J’aurais surtout imposé un abandon immédiat du 4-3-3 – en remplaçant Motta par Pastore – et quelques directives simples, à commencer par l’obligation de jouer en 1 ou 2 touches de balle.

Après la mi-temps, rien de neuf. On avait le même PSG avec les mêmes joueurs à la ramasse. L’arbitre a encore oublié une grosse faute sur Cavani (juste devant la surface), mais l’Uruguayen s’est surtout mis en avant en ratant totalement une frappe (49e). Il y a alors enfin eu du mieux. Di Maria a manqué de peu la lucarne (49e), un nouveau penalty a été oublié pour un tirage de maillot grossier sur Marquinhos (51e), Di Maria a frappé trop mollement – du droit – suite à une remise de Cavani (51e) puis a infiniment trop croisé un nouveau tir (52e).

Haché par beaucoup de contacts et de contestations, ce match devenu de plus en plus laid a tourné au cours de 5 minutes renversantes. Un CF de Di Maria parfaitement tiré a d’abord trouvé la tête de Cavani, passé devant tout le monde pour le couper (55e). Le gardien ne s’attendait manifestement pas à une déviation, il a encaissé ce 2e but qui aurait dû mettre fin au suspense. Mais 2’ plus tard, la grosse cagade improbable. Des erreurs ahurissantes ont offert un penalty aux Bulgares. Di Maria a commencé par laisser centrer sur le côté droit (après s’être un peu fait tordre les reins), un centre dévié au 1er poteau arrivé ensuite à Aurier absolument seul au 2nd. Là, premier bug, au lieu de laisser le ballon sortir ou au pire de dégager en corner, derrière lui ou sur le côté pour assurer le coup faute de renseignement sur ce qui pouvait se passer dans son dos, il s’est fendu d’une inexplicable tête piquée vers l’axe. Il a ainsi offert le ballon à Marcelinho, libre de contrôler et de frapper au point de péno. Si son tir a été contré, la gonfle est revenue vers lui, il allait de nouveau frapper quand Motta, incapable d’intervenir proprement car à 4 pattes… a plongé dans ses jambes en remuant à la façon d’un poisson hors de l’eau. Un tacle de la tête dans les pieds… Faute et carton jaune (58e), le 4e avertissement en quelques minutes après ceux de Natanael (50e), de Cafu (56e) et de Matuidi (57e), sanctionné de façon hyper sévère. A l’expérience, Aréola et les Thiago sont venus chauffer Cosmin Moti, le défenseur central roumain qui s’apprêtait à tirer le penalty. Bonne idée ! Il ne l’a pas bien frappé, Aréola – un spécialiste de l’exercice – l’a repoussé, évitant à l’équipe un terrible désagrément. Les locaux ont maintenir la pression pour égaliser, ils ont été puni dans la foulée au terme d’une action simple mais efficace : super ouverture en profondeur de Marquinhos pour Lucas parti sur la droite de la surface, centre en retrait au premier poteau, Cavani s’est très bien déplacé, il reprend… mal, néanmoins le défenseur revenu pour le contrer dévie la course du ballon qui finit dans la cage (60e). 1-1, 1-2, un péno de 2-2 arrêté, 1-3. En 5’, les Parisiens sont passés par toutes les émotions.

L’affaire aurait pu ou dû être définitivement entendue par Cavani (63e, 65e, 66e) grâce à des bonnes actions collectives avec des décalages, des centres, des remises, ou par Matuidi (67e). Servi par un centre de l’Uruguayen – de l’extérieur du droit sur le côté gauche ! – mais incapable d’ajuster sa foulée après 80 mètres de course dont 50m de sprint, le seul joueur venu proposer une solution sur cette contre-attaque a dû mettre le pied droit, il s’est loupé. Ensuite, plus rien de notable avant le temps additionnel hormis un CF direct de Di Maria repoussé par le gardien (79e).

J’attendais désespérément les changements susceptibles d’apporter un nouveau souffle offensif. Il y en a eu côté bulgare avec notamment l’entrée du 92 à la place du 93 (^^) puis très tardivement l’entrée de Claudiu Keserü, vieille connaissance de la Ligue 1. Le spectacle était redevenu lénifiant, il ne se passait plus rien, de temps en temps une frappe foireuse ou sans aucun danger réel venait tromper l’ennui pendant un instant. Côté PSG, on n’y était de nouveau plus vraiment, d’où des pertes de balle ridicule. Krychowiak a suppléé Verratti (80e), Ikoné a remplacé Di Maria (88e) et Augustin a succédé à Cavani (91e)… Aurier venait de se procurer la dernière occasion franche du match d’une bonne frappe sur une remise d’Ikoné dans la surface (super parade du gardien, 91e).

Le résumé de beIN a pour avantage d’être court.

Mais laissez-vous séduire par mon condensé vidéo de cette magnifique rencontre…

Je résume la chose… On essaiera de tout oublier, sauf les 3 points. C’était à chier, Emery a vraiment raté son l’équipe de départ, ses changements dénués de sens car beaucoup trop tardifs n’ont pas sauvé l’ensemble. Ikoné à la 88e et Augustin à la 92e, en langage de footballeur on frôle le manque de respect. Que faire en si peu de temps ? Surtout, certains titulaires ont été affligeants et méritaient de sortir depuis très longtemps. On a assisté à un "football" d’une lenteur infinie, sans créativité, sans justesse technique, sans justesse dans les choix de jeu, avec une intensité très fluctuante. L’arbitre s’est mis au niveau (très médiocre), les adversaires ont fait de leur mieux, soit pas grand-chose malgré pas mal de bonnes séquences de sortie de balle, voire de construction. Au final le score reste logique compte tenu des occasions crées, néanmoins il n’y a pas de quoi être satisfait. Une victoire si poussive en ayant réussi à se faire peur uniquement par sa propre faute… reste une victoire. En phase de poule de Ligue des Champions, on oublie vite le contenu.

Aréola : a encore sauvé la maison. Le PSG a un gardien décisif en Ligue des Champions. Sa sortie un peu loin de sa surface dans le temps additionnel est restée sans conséquence (Aurier est bien sorti).
Maxwell : assez mou, très faible apport offensif.
Aurier : pas grand-chose de positif – hormis un gros retour défensif dans chaque période – et une tête hallucinante à l'origine du péno.
Thiago Silva : pas franchement rassurant. Euphémisme.
Marquinhos : un des rares à avoir surnagé me semble-t-il.
Motta : ne se contentant pas d'être inutile, il a tout fait pour être mauvais et a même concédé un des pénos les plus grotesques de l'histoire du club après avoir déjà offert le CF de l’ouverture du score.
Verratti : ralentisseur de jeu, il s'est cru dans l'ancien PSG. Heureusement, sa passe décisive pour Matuidi permet de ne pas tout jeter dans sa prestation.
Matuidi : heureusement qu'il a marqué pour se racheter, parce que se tourner dans le mur était une put*in de c*nnerie... Extrêmement volontaire, mais ça ne suffit pas toujours. Ceci dit, si les autres s'inspiraient un peu de son attitude, ça irait mieux.
Di Maria : être passeur décisif ne sauve rien, il est toujours aussi à la rue. Il a joué à l’envers du début à la fin.
Lucas : pour moi c'était le moins mauvais des 3 de devant... c'est dire ! Il a fini avec une passe décisive.
Cavani : le but de la tête et le centre de l'exter sont à peu près ses seuls gestes réussis du match. Même son 2nd but est un geste foiré, j’y vois même plutôt un csc.

J’en veux à Emery. Si Javier Pastore était sur la feuille, c’est qu’il était apte à jouer, donc il devait jouer. Le voir faire du Laurent Blanc alors qu’il a été recruté pour rompre avec le passé et faire du Unai Emery m’exaspère. Toutes les promesses de la préparation et du début de saison se sont envolées à cause du pouvoir qu’exercent toujours certains cadres vermoulus de l’effectif. Motta n’est pas digne de porter le maillot du PSG, il doit dégager, Verratti doit sérieusement se sortir les doigts et se mettre à jouer simple ou partir se morfondre sur le banc du club qui mettra un très gros chèque sur la table pour le récupérer, Di Maria doit se remettre la tête à l’envers – sur le banc si nécessaire – et il semble de plus en plus urgent de prendre à Cavani un rendez-vous chez l'orthopédiste pour voir si on peut lui greffer son pied droit à gauche et son pied gauche à droite, parce qu'il est quand même gaucher du pied droit et droitier du pied gauche !

Gagner, c’est bien gentil, prendre du plaisir, c’est tellement mieux !



Les vidéos sont aussi sur Vimeo :
-le résumé bIS ;
-le condensé GR&B 1ère période et 2nde période.

Note

[1] Pour rappel, on a tout à fait le droit de commenter et de critiquer des décisions de justice, ça ne pose problème que si on est titulaire d’un autre pouvoir, législatif ou exécutif, car on se heurte alors au principe de séparation des pouvoirs.