Vendredi, une énorme escroquerie s’est produite à Glasgow. Tout le monde a vu l’arnaque tant elle était grosse. Il s’agissait d’un championnat du monde WBA des poids super-légers opposant l’Ecossais Ricky Burns (alors 41-5-1, 14 KO), tenant du titre, au Biélorusse Kiryl Relikh (21-0-0, 19 succès avant la limite), champion intercontinental, entraîné par Ricky Hatton, qui me semble-t-il est aussi son promoteur (ça ne l’a pas empêché de se faire voler).

Burns a longtemps été champion du monde WBO des super-plumes puis des légers, il a perdu ce titre à Glasgow en 2014 contre Terence Crawford (décision unanime avec 4, 4 et 6pts d’écart… sans juge local). Son combat précédent était un nul à domicile face à un Mexicain (avec un 114-114 pour le juge britannique, sachant que l’arbitre aussi était britannique) alors que Burns avait été envoyé au sol au 8e round. On en parle comme d’une des pires décisions de l’année 2013. Burns s’est ensuite incliné chez lui sur décision partagée contre le Monténégrin Dejan Zlaticanin (devenu cet été le premier champion du monde de l’histoire de son pays). Le seul juge ayant donné Burns vainqueur était… le Britannique. Il a ensuite battu le Français Alexandre Lepelley – qui depuis a connu essentiellement des défaites) lors d’un combat en 8 reprises puis a osé l’impensable : boxer hors de son pays pour la première – et seule – fois de sa carrière. Bien sûr, il a perdu. Ça a dû lui faire tout drôle d’affronter un Ricain au Texas avec un arbitre et 2 juges américains… D’autant qu’il a été sanctionné de 2 points de pénalité (côté britannique, ça s’est beaucoup plaint d’un arbitrage et d’un jugement maison…).

Depuis cette série de controverses, retour au pays, 3 victoires avant la limite, et donc ce duel face à Relikh, invaincu, champion intercontinental mais sans avoir rencontré le moindre adversaire de référence. Entre les 2 hommes, 10 ans d’expérience, l’un étant passé pro en 2001, l’autre en 2011 (Burns a 33 ans, Relikh 26), et… un poids très différent. Pas sur la balance. Le poids du champion défendant son titre devant son public avec "son" arbitre, "son" juge, et déjà le projet annoncé d’un grand combat à venir contre Broner… Par rapport à ce Biélorusse quasiment inconnu, Burns partait avec un lourd avantage à plusieurs niveaux.

En ce qui me concerne, j’avais les 6 ou 7 premiers – très gros début de combat – et les 3 derniers rounds pour le challenger, sachant qu’un knock-down évident a été "oublié" dans le 12e par l’arbitre britannique, Howard John Foster. Pas mal d’observateurs pourtant très cléments envers Burns donnait égalité 114-114 sans ce KD et donc 114-113 en faveur de Relikh si l’arbitre avait bien fait son travail. Résultat, une décision unanime. En entendant les scores, 116-112, 116-112 et 118-110, je m’attendais à tout sauf à entendre «still» champion…

Le juge britannique (Terry O’Connor) n’a pas été le pire, il a rendu le même verdict honteux que l’Américain (Raul Caiz Jr), l’escroquerie la plus phénoménale étant l’œuvre du Vénézuélien (Jesus Cova). Etait-il parti pisser ? 10 reprises à 2… Sa place est en prison !

Samedi, à Cergy-Pontoise, Gaëlle Amand (14-0-0, 1KO), championne internationale WBC des poids plume, recevait la Canadienne Jelena Mrdjenovich (36-10-1, 19KO). L’enjeu ? Les ceintures WBA et WBC détenues par cette fille très expérimentée (elle n’a que 34 ans, contre 33 depuis vendredi pour la Française, mais a débuté en 2003, a déjà boxé au Japon, au Panama et en Argentine). En boxe féminine, les championnats du monde se déroulent en 10 reprises de 2 minutes. Dommage qu’il n’y en ait pas eu 12…

La championne – qui a été très bien reçue, parce qu’en France on est fair-play – a gagné sur décision partagée, conservant donc ses titres grâce à son 37e succès. Le juge Finlandais a donné 96-95 en faveur d’Amand, qui disputait le combat de sa vie dans le gymnase de sa ville, l’Italien et le Néerlandais ont vu 97-93 pour Mrdjenovich (l’arbitre aussi était neutre, il s’agissait d’un Belge). On pouvait avoir très peur en début de match tant la Canadienne a dominé une adversaire probablement trop crispée. Ça aurait pu se terminer très vite mais la Française a très bien réagi, elle est revenue dans le combat. J’aurais donné 95-95, ce qui n’aurait pas suffi, Mrdjenovich méritait de conserver ses ceintures même si elle n’a pas fait la fière. Amand peut être déçue de son début de combat, le rêve était à sa portée.

La semaine prochaine, Creed est diffusé en exclusivité sur la chaîne l’Equipe… Si vous ne comprenez pas l’allusion, renseignez-vous sur Tony Bellew.



Les vidéos sont aussi sur Viméo (mot de passe = boxe) :
-Burns vs Relikh partie 1, partie 2 et partie 3 ;
-Mrdjenovich vs Amand partie 1, partie 2 et partie 3.