Ces derniers ont été honteusement surnotés. Lors du programme court, ils ont enfreint la règle, réalisant un 2nd porté alors qu’un seul est autorisé, le juge superviseur – comme par hasard italien – n’a rien vu. Suite aux protestations de certaines délégations, leur note a été modifiée, ils ont passés à la 2e place. Mais à l’issue du libre, comment expliquer qu’ils aient été classés provisoirement en tête devant les Russes malgré une énorme faute sur le seul élément technique que mon œil de profane détecte sans difficultés ? Les fameux twizzles, sortes de pirouettes synchronisées, étaient totalement décalés. Ils ont été notés comme parfaitement réalisés. L’écart de points est si ridicule (186.64 contre 186.56) que ça puait l’arnaque bien au-delà d’Ostrava, lieu du délit. Heureusement, le duo français a su éviter tout débat en émerveillant le public. Faire vivre 4 grosses minutes d’apnée au public sans provoquer un seul coma est une performance majeure. Les gens sont si captivés qu’ils en oublient de respirer. Le temps est suspendu, ce spectacle est hypnotique. Légers, rapides, poétiques, en totale symbiose… Ils sont là où ils méritent d’être, c’est-à-dire tout en haut. Un 3e titre européen consécutif en danse sur glace à 21 et 22 ans est un accomplissement impressionnant. Ils vont désormais tenter de conserver une nouvelle fois leur titre mondial pour ensuite s’attaquer à leurs premiers JO. Espérons que dans cette discipline si souvent engoncée dans des considérations politique, le retour d’ancien champions olympique – et encore médaillés à Sotchi – ne les privera pas de ce qu’ils méritent au nom d’une hiérarchie fixée par décret…

Ce n’est pas tout. Cette semaine, j’ai découvert l’existence d’une certaine Laurine Lecavelier, championne de France en titre. Elle a bluffé son monde en décrochant une inattendue 5e place (avec un bonus, une véritable trouvaille qui lui permet de changer de tenue en cours de programme), évidemment loin des meilleures, les Russes, donc celle qui a décroché la plus haute note jamais attribuée depuis l’instauration du système actuelle de notation. Cette jeune fille, Evgenia Medvedeva, est… beaucoup trop forte. Les Russes en sortent tellement que ça devient louche, compte tenu des affaires de dopage révélées ces derniers mois, on est en droit de se demander ce qu’ils donnent à ces gamines pour leur permettre d’atteindre ce niveau. Si vous pouvez vous entraîner autant que vous le voulez sans subir la fatigue et en ayant toujours du jus, vous avez évidemment des chances de progresser plus et plus vite qu’une autre ado obligée d’aller au collège, de faire ses devoirs et de se reposer… Attention, je ne suis pas en train de dire qu’elles sont chargées, juste que le nombre de pratiquantes et l’engouement local ne suffisent pas forcément à expliquer pourquoi et comment ce pays sort tant de phénomènes de 15 à 18 ans.

Et pour finir, bonne nouvelle chez les couples, Morgan Ciprès et Vanessa James (naturalisée française en 2010 juste avant les JO, elle patinait avec un autre Français avant Ciprès) ont enfin décroché la médaille internationale après laquelle ils ont longtemps couru. Passés si près – désolé – par le passé, ils ont enfin pu monter sur un podium. Le bronze les satisfait totalement.

C’était mon article annuel concernant le patinage artistique... Parfois, il y en a 2…