Alors bien sûr, ayant décidé d’acheter mon billet au guichet (ouverture jusqu’au coup d’envoi), j’ai dû faire pas mal de chemin pour trouver où il fallait passer pour entrer dans la file d’attente – assez longue – puis pouvoir entrer après une nouvelle longue file… 5 minutes avant l’entrée des joueuses. Seule ouverte avec le bas des virages et le carré VIP, la tribune Paris était bien garnie, on s’y plaçait librement dans son bloc. J’ai choisi de retourner dans celui où j’allais régulièrement quand Pauleta, Rothen ou encore Hoarau étaient sur le pré (H bleu haut à l’époque). On y voit très bien le terrain, notamment les lignes[1], y compris celle de HJ quand ça attaque côté Auteuil, et on est assez prêt du virage où se réunit le C.U.P. (le Collectif Ultras Paris) pour en ressentir toutes les vibrations. Elles n’ont pas manqué !

Pour rappel, le PSG a gagné 3-1 à l’aller à Barcelone la semaine dernière en montrant une supériorité très nette.

Comment le Barça allait-il pouvoir marquer 3 buts au Parc ? Impossible. L’absence de suspense n’a pas empêché plus de 19000 supporters de venir soutenir les filles (il y avait aussi quelques fans du club catalan). Pourquoi ? Pour communier tous ensemble, pour encourager les joueuses en vue de la finale et tout simplement… pour kiffer !

Parlons d’abord du match en lui-même. La première période était très moyenne, en grande partie en raison de la prestation de Cristiane, dans un jour très moyen. Ça manquait de tranchant et de conviction en attaque. Laura Georges ayant été avertie en première période, Patrice Lair a préféré la sortir à la mi-temps pour faire entrer Veronica Boquete au milieu. Grace Geyoro a alors reculé en stoppeur dans la défense à 3 (ou à 5 si on compte Ashley Lawrence et Eve Périsset en défense, mais en pratique il s’agit de latérales extrêmement offensives), où elle a fait montre de la même aisance déconcertante qu’au poste de milieu relayeur occupé avant la pause. J’étais déjà fan avant de l’observer en direct des tribunes, je le suis encore plus après. A 19 ans (20 en juillet), elle a presque fait passer Formiga – légende brésilienne assez âgée pour être sa mère (39 ans) – pour une quidam. Toujours bien placée, forte dans les duels, très propre techniquement, d’une sérénité hallucinante, elle a dû perdre quoi ? UN ballon ? Si elle n’est pas élue meilleure espoir de D1 lors des Trophées UNFP, une information judiciaire sera requise pour punir les responsable de cette arnaque.

Bref. En seconde période, avec l’entrée de Vero Boquete et la montée en puissance de Shirley Cruz, on a vu un PSG plus offensif, assez pour ouvrir le score et remporter ce match. Cristiane a obtenu le penalty en devançant la gardienne Sandra Paños, Sabrina Delannoy l’a converti proprement à contrepied (55e). Le break a été réussi grâce à un CF d’Eve Périsset détourné par une Barcelonaise qu’Irene Paredes a poussé dans les filets… mais alors que le ballon avait déjà franchi la ligne (61e). Si Paños n’a eu qu’une grosse parade à effectuer sur une lourde frappe de Boquete, elle aura surtout été sollicitée sur des centres, réussissant pas mal de très bonnes interventions aériennes, un domaine où les toiles sont courantes en foot féminin. Katarzyna Kiedrzynek a connu une après-midi beaucoup plus calme même si le Barça a poussé en fin de rencontre pour tenter de conclure son aventure européenne sur une bonne note. Patrice Lair avait déjà décidé de faire tourner, Formiga et Marie-Laure Delie ont été remplacées par Aminata Diallo (72e) et Ouleye Sarr (80e).

Joie et satisfaction étaient de mise à l’issue de la rencontre.

Le PSG disputera donc une nouvelle finale après celle perdue de façon cruelle et frustrante il y a 2 ans. Ça s’était joué très tardivement, néanmoins il faut le reconnaître, la défaite était logique… malgré l’injustice due à l’UEFA et aux arbitres des demi-finales. Sans Seger ni Hamraoui, suspendues assez honteusement, le milieu parisien était décimé, il lui manquait l’impact physique pour résister à Francfort. Cette fois, Seger et Hamraoui seront en face ou sur le banc puisqu’elles ont tendance à bien le chauffer à l’OL, qualifié contre Manchester City grâce à sa victoire 3-1 à l’aller suivi d’une défaite 1-0 (au Parc OL) au retour, Carly Lloyd ayant profité d’une cadeau de Sarah Bouhaddi, toujours aussi prompte à commettre des boulettes.

La grosse différence par rapport à la finale d’il y a 2 ans est qu’aucune Parisienne ne sera suspendue, et ça change tout. Le PSG ne pouvait se permettre d’être privé de plus de joueuses, il a déjà subi pas mal de blessures (Marie-Antoinette Katoto s’est blessée en octobre puis de nouveau contre Juvisy fin février, Erika a dû quitter – provisoirement – le club pour cette raison, d’où l’arrivée de Formiga, Laure Boulleau a manqué toute la saison, Sarah Palacin marche avec des béquilles en raison d’une fracture subie récemment), sans parler de la venue trop brève d’Amandine Henry (de retour dans quelques mois). Si son effectif est très limité en nombre, le point fort du PSG de cette saison est l’état d’esprit avec un bon mélange de jeunes et d’anciennes. Cette phrase peut sembler très bateau, pourtant il s’agit de la vérité.

Le grand ménage de l’été dernier dû, d’une part aux atermoiement de la direction qui hésitait concernant le poste d’entraîneur et par conséquent la prolongation de certains contrats, d’autre part aux choix de Lair de laisser partir certains éléments peu satisfaisants ou peu motivés, a fait beaucoup de bien : le groupe était trop habité par la loose suite aux défaites accumulées au fil des années. La saison passée le PSG était complètement soumis à l’OL, et dès que les événements prenaient un mauvais tournant, tout partait en sucette de façon spectaculaire (défaites 5-0 en D1 et 7-0 en LdC, avec lors de cette rencontre une malchance folle), même si à Paris ça s’était moins mal passé (0-0 puis défaite 0-1 au Parc mais après le 7-0 de l’aller).

Cette saison, les Lyonnaises ont été vaincues lors de la première rencontre grâce à une solidarité incroyable des Parisiennes et à… un peu de réussite. Le but de Marie-Laure Delie est incroyable. Le match est trouvable en ligne (ici).

Suite à des couacs en championnats – manque d’efficacité et/ou de concentration, problèmes dus à l’effectif limité – et un scandale de défaite sur tapis vert totalement injuste[2], le PSG ne pourra sans doute se qualifier pour la prochaine Ligue des Champions qu’en la remportant. Est-ce possible ? Oui ! Psychologiquement, avoir déjà battu Lyon est déjà un premier élément positif. En outre, l’OL n’est plus aussi souverain que par le passé, ça ne se passe pas très bien avec son entraîneur (qui va partir). Au retour à domicile contre Wolfsburg et Manchester City, on a pu voir pas mal de ses faiblesses (défaite 1-0 dans les 2 cas). La donne pourrait toutefois être modifiée par les 2 autres matchs prévus contre l’OL en championnat (13 mais), puis en Coupe de France (finale le 19 mai) avant de les retrouver à Cardiff le 1er juin.

Le PSG aussi a perdu à 2 reprises lors de cette Ligue des Champions, seulement il s’agissait à chaque fois du match aller à l’extérieur et la seule raison de la défaite était un manque d’efficacité, car la domination était clairement parisienne. Mieux, ces défaites ont permis de forger l’état d’esprit de l’équipe en réussissant une remontée fantastique en 16e de finale face à Lillestrøm (le LSK Kvinner FK), puis une démonstration face au Bayern Munich.

En Norvège, le PSG a ouvert le score (Paredes grâce à un CF) mais a craqué en fin de rencontre (82e, 87e sur un BALC). La défaite 3-1 mettait en péril les chances de qualification pour les 8e de finale. De ce match, il existe une vidéo… Mais uniquement du match complet sans habillage et filmé par une seule caméra pour une diffusion en streaming sur un site spécialité. Je n’ai jamais réussi à récupérer de quoi faire un résumé, aucun n’étant en ligne, y compris sur le site du club. Vous pouvez néanmoins utiliser les repères pour trouver les actions et les buts (qui sont juste avant ces repères). Je n'ai pas mis directement la vidéo car impossible d'éviter la lecture automatique, ce qui en pratique devient vite énervant quand on charge une page.

Au retour, Cristiane a réussi un festival magistral pour renverser la situation (victoire 4-1).
Le match entier est disponible.

Le 8e de finale contre Kazygurt a nécessité un très long voyage au Kazakhstan pour jouer sur une pelouse dont la qualité n’a rien à envier à celle d’un terrain de district en pleine campagne… qui sert aussi à l’équipe de rugby. Un déplacement épique, extrêmement long… et une victoire 3-0.

Le retour était presque une formalité, le PSG a gagné 4-1 avec notamment un magnifique retourné de Sarr (2 buts et 1 passe décisive). Là aussi, le match est dispo en replay.

La défaite à Munich (0-1) incitait à l’optimisme tant les Parisiennes ont dominé et réussi à se créer d’occasions franches.

Le retour au Parc des Princes devant plus de 14000 supporters a extrêmement bien débuté (but opportuniste de Delie dès la 4e minute), il a été plié avant la mi-temps par Cristiane (12e) et Cruz (42e), le Brésilienne en rajoutant une dernière couche par la suite (52e). Victoire 4-0 et ambiance folle.

Si la fête était déjà belle contre le Bayern, celle contre le Barça était encore plus belle. A l’époque où Auteuil et Boulogne rivalisaient (de façon positive), le spectacle se situait dans les virages, si bien que le public des latérales avait plus tendance à observer qu’à suivre le mouvement. Même si le C.U.P. n’occupait que le bas d’Auteuil, il a mis le feu au stade entier pendant toute la rencontre et encore longtemps après, entraînant tout le monde dans leur folie. Ils étaient déchaînés ! Du non-stop ! Après avoir réussi à faire chanter et se lever les 19000 supporters présents, ils ont encore dansé avec les joueuses durant de longues minutes après le tour d’honneur. Certaines sont rentrées aux vestiaires, d’autres sont restées avec les ultras pour communier dans l’allégresse de la qualification au point de dépenser autant d’énergie que si elles avaient disputé une prolongation ! N’ayant plus de batterie pour filmer, j’ai récupéré des vidéos de différentes sources pour faire un petit montage. Rien que du kiffe !

Et comme les ultras sont des ultras, une délégation a enchaîné 1h30 environ plus tard à Coubertin pour mettre le feu lors du quart de finale retour du PSG Handball en Ligue des champions de handball contre les Hongrois de Szeged. Je me demande ce qu’ils ont fait entre les 2 rencontres ? Repas ? Sieste ? Massage ? Ils auraient mérité tout ça tant ils ont dépensé d’énergie ! Ce sont de grands malades !

Après la victoire 30-27 à l’aller (en ayant pourtant subi un arbitrage hallucinant), les Parisiens étaient en position très favorable, ils ont pourtant été bousculés, se retrouvant à -4 après une dizaine de minutes en 2nde période. Un gros coup de vis en défense, le réveil des gardiens jusqu’ici inefficaces et une réussite soudain de retour ont permis d’éteindre totalement les Hongrois le temps de renverser la vapeur. Le match nul 30-30 envoie donc le club à Cologne pour un nouveau Final 4 après celui d’apprentissage la saison passée. Si le C.U.P. y envoie du monde, ça peut être énorme ! Le Barça est aussi qualifié… Donc s’il y a moyen de le croquer une nouvelle fois…

La finale sera visible en clair comme quasiment chaque année puisqu’il y a presque tous les ans au moins une équipe Française en finale, espérons donc qu’au moins 3 millions de spectateurs regarderont le PSG battre Lyon. Le score, la qualité de la rencontre, OSEF du moment que le PSG décroche ce put*in de trophée ! Les filles le méritent… et celle qui ont quitté Paris pour Lyon l’été dernier méritent aussi de voir le PSG triompher !

Notes

[1] De joueurs, pas celle de démarcation du terrain.^^

[2] Le PSG a fait jouer Sarah Palacin lors du premier match de la saison, elle était qualifiée, avait tout à fait le droit de disputer cette rencontre, seulement son nom n’étant pas sur le feuille de match informatisée de la FFF, la fédé aulassienne a décidé a posteriori et sans réclamation du club d’Albi… de sanctionner le PSG. L’affaire a duré des mois avant la première décision, ce qui a fait planer un risque de sanction pendant des lustres, puis cette décision inique est tombée, faisant mal au moral des filles et provoquant une crise en interne. Selon la jurisprudence constante le match était donné à rejouer dans de telles circonstances, et pire, on a vu la même chose en Coupe de France masculine cette saison, la victoire du club amateur contre Brest a finalement été entérinée…