Entre 2003 et 2017, elle a tout connu. Enormément de moments douloureux, mais aussi d’immenses joies. D’où énormément de souvenirs, or après une carrière, c’est ce qu’on retient avec les médailles, titres et trophées. Il y a d’abord eu cette série d’échecs en quarts de finale (Euro 2003… privant la France de JO, Euro 2005, Mondial 2006) ponctués à chaque fois d’une 5e place, puis l’horreur absolue en 2007 avec un nouvel échec en quart de l’Euro… doublé d’une débandade lors des matchs de classement (8e place… alors que jusqu’on qualifiait au TQO jusqu’à la 7e). Etrangement, une grande aventure est née des cendres de 2007, celle de sa glorieuse 2nde partie de carrière internationale. Il a fallu passer par les qualifications de l’Euro suivant, une tannée grâce à laquelle une équipe s’est construite en 2008. L’essence des "Braqueuses" a donc trouvé sa source dans ce cataclysme avec "Caps" parmi ses fers de lance. Elle a souvent joué le rôle du briquet. Championnes d’Europe à la surprise générale en 2009 en arrachant des victoires totalement improbables lors de fins de matchs hors du commun que je regardais en streaming, ces Bleues – privées de plusieurs éléments majeurs à l’intérieur – ont perdu l’année suivante – après prolongation – un quart de finale de Championnat du monde qu’elles avaient pourtant totalement dominé. Il s’agissait d’un… France-Espagne. Je l’ai toujours en travers de la gorge… En 2011, l’Euro était très important, il qualifiait pour les JO de Londres, mais après 2 premières défaites en poules – mais aussi une victoire 79-55 contre l’Espagne – les Bleues ont craqué en demi-finale face à la Turquie (encore après prolongation). La médaille de bronze n’avait pas le meilleur goût. Néanmoins, en envoyant les filles au TQO, ce revers a eu du bon. Le TQO a en effet permis de lancer l’équipe jusqu’à la finale olympique au terme d’une compétition folle donc "Caps" aura été le MVP officieux grâce à ses tirs héroïque. L’esprit des Braqueuses de 2009 a fait sa réapparition à Londres. Vice-championnes olympiques, donc championnes olympiques des équipes non-extraterrestres, elles espéraient enchaîner avec un nouveau titre européen à domicile en 2013. Impériales lors des poules, accrochées contre la Suède en quart (nouveau match épique avec des folies de la capitaine, encore auteur de paniers primés électrisants et salvateurs), vainqueurs de la revanche contre la Turquie, les Braqueuses ont été braquées en finale par l’Espagne… 70-69. Le genre de défaites dont vous vous souvenez toute votre vie. La Coupe du monde 2014 s’est achevée en quart contre les Etats-Unis à cause d’une défaite de 2 points en poule contre la Turquie (pays hôte), la 7e place finale était anecdotique. L’Euro 2015 importait beaucoup plus. Seul son vainqueur se qualifiait directement pour Rio. La France a encore tracé sa route jusqu’en finale – en éliminant l’Espagne en demie – pour s’y incliner contre la Serbie, meilleure qu’elle sur ce match. La déception venait plus de la non-qualif pour les JO que de la défaite, méritée. Le pire est survenu l’an dernier quand, après avoir réussi le TQO, Céline s’est blessée à Rio juste avant le début des Jeux et a dû déclarer forfait. Rentrée en France, elle a vu ses coéquipières se hisser héroïquement dans le dernier carré… et échouer en petite finale contre ces foutues Serbes. Sa carrière internationale ne pouvait se conclure sur une blessure. Elle a donc fait son retour pour une dernière compétition.

Organisé en République Tchèque, l’EuroBasket féminin 2017 était très particulier de par son format : 16 équipes réparties en 4 groupes de 4. Le premier de chaque poule obtenait directement une place en quart de finale alors que chaque 2e affrontait un 3e lors d’un barrage. N’avoir que 5 ou 6 matchs à disputer pour atteindre la finale d’un Euro est inhabituel, tout comme l’est la durée excessivement courte de cette compétition (10 jours du vendredi au dimanche). Depuis 2007 les finalistes jouaient 9 fois – 8 auparavant, jusqu’à 10 en 2015 – en l’espace de 2 grosses semaines. La France et l’Espagne ont chacune évité le barrage et donc pu se contenter de seulement 6 rencontres.

Avant de retracer le parcours de l’équipe de France à travers ces 6 matchs, rappelons qu’Isabelle Yacoubou a mis fin à sa carrière internationale et que Sandrine Gruda a pris un été off pour se consacrer à son mariage prévu en juillet. Ainsi, seules 2 Braqueuses originelles figuraient dans le groupe : Endy Miyem et Céline Dumerc. 2 sur 12, ça ne suffit pas pour conserver le surnom. D’autres ont fait leurs débuts en grande compétition en 2013 dans la peau des jeunes incarnant l’avenir (Diandra Tchatchouang et Valériane Ayayi), Gaëlle Skrela étant aussi débutante mais à déjà 30 ans. Bon nombre sont arrivées encore plus récemment, à savoir Helena Ciak en 2014, Olivia Epoupa et Sarah Michel en 2015, Marine Johannes en 2016, Kadidia Minté (officiellement son prénom est Hhadydia) et Alexia Chartereau cette année. Le cas de Marielle Amant est un peu particulier, elle était là en 2010 en raison des forfaits à l’intérieur mais il lui a fallu attendre 2013 pour réintégrer le groupe.

Au sein de ce groupe, on trouve de tout, des jeunes, des anciennes, des filles d’âges intermédiaires, certaines qui peuvent être qualifiées de phénomènes dont l’intégration s’est faite très vite (Epoupa, Tchatchouang, Johannes, Chartereau qui n’a que 18 ans, ou même Miyem et Dumerc il y a quelques années), d’autres ont été coupées plusieurs fois en préparation avant de se faire leur place à un âge plus avancé (par exemple Minté a 26 ans). On retrouve cette diversité au niveau des gabarits et des origines. L’ensemble est formidablement homogène. Valérie Garnier a ainsi pu se payer le luxe formidable d’utiliser ses 12 joueuses lors de chaque rencontre en pouvant compter sur chacune. Match après match, celles qui font la différence sont rarement les mêmes, mais toutes répondent présentes à un moment où à un autre. L’état d’esprit est formidable. Ce n’est pas nouveau, ces dernières années la rotation et l’état d’esprit sont les deux clés du succès de l’équipe de France. Avec le talent des filles bien sûr. On s’en sort rarement grâce à une adresse supérieure, beaucoup plus souvent grâce à l’intensité défensive.

Attaquons-nous désormais aux parcours.

  • Slovénie-France, 1er tour J1 (vendredi 16 juin).

Il s’agissait du 1er match de la Slovénie dans un Eurobasket féminin de 1ère division.

Les Bleues ont gagné 70-68, une victoire obtenue à l’arrache dans la plus pure tradition des Braqueuses. Un hommage ?

Après un très bon premier QT (très bonne défense d’entrée, les Slovènes n’ont pu marquer le moindre point pendant un long moment), les Françaises ont enchaîné avec un très mauvais 2e QT au cours duquel leurs adversaires ont pu revenir. Il a fallu marquer tout au bout de la dernière possession de la première période pour reprendre la tête à la mi-temps (34-33). Au retour des vestiaires les Bleues ont repris 6 points d’avance grâce notamment à Ciak (déjà 16pts), mais ça s’est gâté à cause de l’inconstance de l’arbitrage et de trop de maladresse. La tendance s’est inversée, l’avance s’est transformée en retard de 4 unités, néanmoins les filles ont bien réagi. Un imbroglio a retardé le début du 4e QT car selon la table de marque le score était de 48-48 alors que le tableau d’affichage donnait 48-47 pour la France. Garnier a longtemps contesté sans obtenir gain de cause. Dès lors, c’est un peu parti en vrille, une perte de balle de Johannes en tentant une passe dans le dos a donné lieu à un panier primé en contre-attaque puis Ciak a subi la vitesse de la meneuse. Se retrouver à -6 (51-57) à quelques minutes de la fin n’était pas prévu au programme. Si l’adresse extérieure manquait toujours, les Bleues ont su s’en sortir en mettant assez rapidement leurs adversaires dans la pénalité… même si les LF rentraient 1 fois sur 2. Quelques séquences d’héroïsme – surtout en défense – ont maintenu le cap. Restait alors à marquer des points. Tchatchouang a réduit l’écart avec 2 paniers consécutifs, mais le match est alors devenu fou. Entre gâchis et actions improbables à l’image des pénétrations d’une Nika Baric beaucoup trop rapide et adroite, la situation ne s’améliorait pas tellement malgré un 3pts de Michel (seulement la 3e réussite française derrière l’arc). L’élimination de Maja Erkic pour sa 5e faute à 2’15 de la fin (elle venait de redonner à son équipe une marge de 5 unités) a fait du bien, d’autant qu’Eva Lisec y a eu droit à son tour et que Sandra Pirsic a dû revenir en jeu malgré un genou douloureux. Le score est alors passé de 61-66 à 70-68. La France a terminé sur un 9-2. L’expérience a beaucoup compté, il fallait attaquer afin de provoquer des fautes pour obtenir un maximum de LF (8 en 2’15). Le reste, c’est une défense acharnée et… beaucoup de la réussite car les Slovènes ont pris des rebonds offensifs, eu des positions ouvertes derrière l’arc, mais Teja Oblak a manqué ses tirs, y compris celui de la victoire au buzzer. EuroBasket_feminin_2017_-_Slovenie-France__match_1.jpg

Dans la douleur, c’est encore meilleur… paraît-il. L’important restait de l’emporter, chose rarement facile lors d’un premier match car les adversaires arrivent fraîches physiquement et au taquet mentalement. Les Slovènes n’avaient rien à perdre, les Françaises beaucoup plus, d’où une pression inhibitrice dont il a fallu se libérer. Si le gros point négatif était le nombre hallucinant de rebonds offensifs concédés (18), il fallait chercher le positif dans le collectif illustré par le fait de terminer avec 7 joueuses ayant une évaluation comprise entre 9 et 15 (les 2 meneuses ont pris 6 rebonds chacune^^). Tchatchouang a été l’auteur d’une très bonne fin de match, pas mal de filles comme Amant, Ciak ou encore Miyem ayant connu de bons passages à différents moments de la rencontre.

Je vous propose le résumé de la FIBA.

Et le match complet.

  • France-Serbie, 1er tour J2 (samedi 17 juin).

Vaincue par la Grèce, elle-même dominée par la Slovénie, la Serbie avait vraiment besoin de gagner. La France aussi, car en cas de défaite, on se serait retrouvé avec 4 équipes à 1-1 et un dernier match couperet. En l’emportant, les Bleues allaient fortement se rapprocher d’une qualification directe pour les quarts de finale tout en poussant au bord du précipice leur nouvelle bête noire. L’équipe qui a privé la France de l’or à l’Euro 2015 et du bronze aux JO de Rio a changé, elle a perdu des éléments dont une des Dabovic, mais aussi – surtout – son coach, dont la parfaite connaissance de nos joueuses nous a fait très mal 2 ans de suite. En outre, Sonja Petrovic revenait sur le parquet après de longues semaines sans jouer à cause d’un genou douloureux. Si les doutes concernant son état physique ont vite été levés, il a fallu aux Serbes se débrouiller sans Ana Dabovic, sortie sur blessure au bout de 51 secondes.

L’entame de match très physique a tourné en faveur des championnes en titre (un 10-0 avec notamment des paniers primés). Elles profitaient des TO et de la maladresse des Bleues. Il a fallu chercher des solutions sur le banc avec un 5 hyper jeune. L’intensité a augmenté en défense mais hormis un 3 points de Johannes en transition, l’attaque galérait toujours. La France s’est retrouvée dans la pénalité avant la Serbie qui comptait pourtant très vite 4 fautes d’équipe. Un bon passage de Chartereau et un miracle d’Ayayi (jet de ballon à 3pts au buzzer entré avec la planche) ont un peu été gâchés par un and one concédé sur rebond offensif. Accusant un retard de seulement 4 unités à la fin du 1er QT (15-19), les vice-championnes en titre ne payaient pas cher les 11 munitions supplémentaires offertes aux Serbes (5TO et 6RO) et le gâchis dramatique de pas mal d’autres possessions (5/16 à 2pts). La tendance s’est inversée quelques minutes plus tard grâce à une défense plus agressive et au rythme que les Bleues ont tenté d’imposer. Ça n’a pas payé de suite faute d’adresse – les Serbes en manquait aussi – et parce que les arbitres ont beaucoup sifflé, mettant la France dans la pénalité après 4’. L’écart se maintenait autour des 5 unités jusqu’à un coup tactique de Garnier, celui de faire jouer Miyem pivot. Ses points ont beaucoup aidé, tout comme la faute antisportive de Mandic. Revenues à égalité (27-27), les filles ont aussi bénéficié d’une faute technique du banc serbe qui demandait à tort une faute d’Epoupa (seulement très bien revenue). La tension était palpable, les échecs au tir se multipliaient (gamelle sur gamelle), il fallait se battre sur chaque ballon. Un vrai combat digne de cette rivalité naissante entre ces 2 nations de basket. Dans ce contexte les rebonds offensifs de Minte – surtout elle – prenaient une grande valeur. Ayant eu jusqu’à 3pts de retard, la Serbie est passée devant (34-33) sur un panier primé à la pénultième seconde.

Pour l’emporter, la France devait réduire ses pertes de balle (déjà 10) et verrouiller le rebond défensif (déjà 9 laissés en route). Or c’est bien grâce à leur défense et aux rebonds – offensifs et défensifs, notamment d’une Minte omniprésente – que les Bleues ont pu avoir la peau des Serbes. Quand vous dominez 50-33 dans ce secteur, vous perdez rarement le match. Quand les 2 équipes peinaient en attaque, cette présence au rebond a permis de prendre le dessus. Dans la pénalité dès la 5e minute du 3e QT, Petrovic et ses coéquipières ont accusé le coup malgré les efforts de leur dernière star valide pour les garder dans le match. Le gros coup de chaud de Johannes (8 points dont 2 paniers primés de suite assez magistraux) a contribué à créer une avance de 11 unités (+9 à la fin du QT remporté 19-9)… réduite à 4 après un 7-0 concédé en début de 4e QT (52-48). Dumerc a pris le relais de Minte, Johannes ou encore Miyem en plantant 15 points en 6 minutes – en réalité 4’30 car elle a fait un tour sur le banc pendant cette séquence – à commencer par un tir lointain hyper chanceux (le ballon a rebondi plusieurs fois sur le cercle avant de tomber dedans) suivi d’un autre plus "propre", puis d’un autre en fin de possession distance NBA… Elle était en feu. Son tir au buzzer a fini d’achever la Serbie, battue 73-57. EuroBasket_feminin_2017_-_France-Serbie__match_2.jpg

Les Bleues ont donné une leçon de basket aux championnes d’Europe en titre lors de cette seconde période. Le carnage au rebond a compensé les 16 pertes de balle. Miyem et Dumerc ont terminé à 17 points, Johannes à 13, Minte a pris 10 rebonds (Dumerc 8), Epoupa et Chartereau ont fait du bien… A vrai dire, comme d’habitude, l’équipe de France a joui de la contribution de beaucoup de ses éléments qui apportaient par séquences ou par séries. 11 joueuses ont marqué, presque toutes ont joué 10 à 25 minutes (sauf Skrela 6 et Miyem presque 27)… Alors qu’une Serbe est restée 37 minutes sur le parquet.

Je vous propose le résumé de la FIBA.

Et le match complet.

  • France-Grèce, 1er tour J3 (lundi 18 juin).

En battant la Grèce, la France s’assurait la qualification directe en quart de finale et envoyait son adversaire du jour en barrage. En cas de défaite, il allait falloir rejouer le lendemain pour avoir le droit d’affronter l’Espagne le jeudi. Autrement dit, il fallait absolument l’emporter.

Les travers habituels des Bleues sont réapparus lors du 1er QT : elles ont laissé 10 rebonds offensifs à leurs adversaires auxquels il convient d’ajouter les 5 balles perdues. Pourtant le début était intéressant avec une défense très présente. Tchatchouang semblait même enfin entrée dans son Euro. L’adresse jusqu’ici assez absente a fait son apparition un peu avant la moitié du QT, le score est alors passé de 10-5 à 12-14, les erreurs françaises ont commencé à se multiplier, d’où le score de 14-19 à l’issue de ces 10 minutes. Il y avait toutefois de quoi être confiant en consultant la feuille de stats : non seulement la Grèce n’utilisait pas du tout son banc malgré l’âge avancé de ses 2 piliers, mais en plus Evanthia Maltsi comptait déjà 12 tirs à elle seule… contre 13 pour l’ensemble de l’EdF ! Heureusement le 2e QT a été lancé sur de bonnes bases avec un 6-0 et quelques belles actions de basket. Mettre du rythme en insistant notamment sur le jeu en transition et bien faire circuler le ballon a payé jusqu’à mener 33-26 après 2 paniers primés des futures retraitées tricolores. La Grèce a limité l’hémorragie pour atteindre la mi-temps en vie. Les Bleues menaient alors 35-30. Réduire drastiquement le nombre de cadeaux offerts aux Grecques (3RO laissés et 2 TO), se montrer plus efficaces, plus collectives (12 passes décisives sur 14 paniers), telles étaient les clés de la réussite française dans ce QT. L’optimisme paraissait plus que jamais de mise, les Hellènes risquant fort de craquer physiquement (5 joueuses utilisées entre 14 et 17’30, moins de 21’ pour l’ensemble du banc) alors que Garnier pouvait compter sur ses 12 filles (4 à 14’ pour chacune).

La 2nde faute technique – pour flopping – infligée sévèrement et bêtement – l’arbitre n’avait pas en tête qu’elle en avait déjà une – à Styliani Kaltsidou a produit un étrange effet. Quand un pilier d’une équipe se fait exclure de cette façon, en principe, la situation devient favorable à l’autre équipe. Seulement, si l’élément manquant ratait son match (5pts à 2/8, aucune rebond, 4 fautes), la perte sportive peut être compensée par le sursaut d’orgueil et de solidarité généré chez ses partenaires par le double sentiment d’injustice et d’urgence. Cette situation peut également provoquer un certain relâchement dans l’autre camp, voire inciter les arbitres à faire de la compensation. Après une augmentation de l’écart à 8 et brièvement 9 unités (grâce notamment au premier panier d’Epoupa dans le tournoi), ces phénomènes ont en effet été observés. La Grèce a su profiter d’une soudaine crise de folie française pour recoller. Les Bleues avait perdu le fil d’un seul coup, se mettant à faire n’importe quoi en attaque. Epoupa a même pris sa 4e faute à plus de 4’ de la fin du QT (en entrant déjà dans la pénalité). Maltsi a ensuite égalisé sur un gros 3pts (45-45). Il commençait sérieusement à avoir le feu, Dumerc et ses coéquipières ne faisaient plus circuler le ballon, elles étaient dominées et ne parvenaient plus à rien malgré quelques rebonds offensifs censés leur offrir des opportunités supplémentaires. Plongées dans le doute, les filles refusaient leurs tirs et se retrouvaient régulièrement en galère en fin de possession. Elles connaissaient aussi des absences en défense. Maltsi a même porté l’avance des siennes à +5 grâce à un nouveau tir primé. La Grèce menait 52-49 à la fin du 3e QT grâce à un 22-12 après la sortie de Kaltsidou, profitant évidemment des 7 ou 8 TO ajoutés au débit des tricolores.

Redresser la barre n’était finalement pas si compliqué, il suffisait de se remettre à jouer au basket en équipe. Quelques très bonnes séquences de passes ont ainsi permis de reprendre la tête (54-52) malgré une tendance problématique à poursuivre dans la mauvaise voie, celle des dribbles de trop, des ratés en tous genres et du déchet évitable. Si une crise de maladresse n’avait touché les Grecques, la situation aurait pu devenir désastreuse, heureusement, la chance était française, on l’a constaté à plusieurs reprises quand les Bleues auraient mérité de payer leurs erreurs. Omniprésentes, Michel et Dumerc tenaient la baraque, Ayayi – à la rue depuis le début du match – a marqué, Epoupa, Miyem et Minte ont suivi le bon exemple des 2 côtés du terrain, imposant une pression trop étouffante pour des Hellènes arrivée au bout de leurs ressources physiques. Mettre du rythme, de l’intensité, attaquer pour obtenir des fautes, telle était la recette de la victoire. Miyem a enchaîné les LF et creusé l’écart. Restait à préserver cette avance. La Grèce s’est encore rapprochée à -4 (65-61) à 48 secondes de la fin sur un panier primé. Il a fallu se battre – notamment en arrachant un rebond offensif précieux – pour conclure. Skrela a fait 5/6 aux LF pour plier l’affaire. Revenue à -3 (63-66) avec 21" au chrono, ces Grecques particulièrement coriaces ont fini par s’incliner 70-63, se condamnant à disputer un barrage contre un 2e de poule[1]… qu’elle a remporté, mais ce n’est pas le propos. EuroBasket_feminin_2017_-_France-Grece__match_3.jpg

Cette fois Skrela et Miyem auront été les femmes du 4e QT d’un difficile match une nouvelle fois remporté grâce à la contribution de nombreuses joueuses différentes. Mention spéciale à Tchatchouang, auteur d’une prestation très complète pendant l’ensemble de la rencontre (11pts à 5/7, 7 rebonds, 3 passes, 20 d’évaluation). Hormis Chartereau, utilisée 4’, toutes les filles ont joué 10 à 30’. En face, Maltsi (25pts mais… en 27 tirs) a manqué d’aide, les rotations manquaient terriblement (4 éléments à plus de 32’). Pourtant les Bleues ont multiplié les cadeaux (17TO, 19RO laissés) et fait preuve d’une maladresse crasse à longue distance (3/18)… rattrapée par l’adresse aux LF et la capacité à en obtenir (19/22). Gagner en ayant péché dans autant de domaines est un petit exploit en soi.

Je vous propose le résumé de la FIBA.

Et le match complet.

Résumons ce premier tour. Rien n’aura été facile hormis la 2nde période contre la Serbie, il aura fallu se battre presque en permanence mais avec l’avantage énorme de disposer d’un effectif de 12 joueuses toutes capables d’apporter. Garnier a toujours pu trouver des solutions offensives et/ou défensives sur son banc, elle a beaucoup fait tourner pour conserver autant que possible la même intensité physique. C’est ce qui aura permis de décrocher les 3 victoires espérées. Les adversaires ont toutes eu du mal à terminer les matchs, éreintées par ce qui leur a été imposé pendant les QT précédents. A vrai dire, l’équipe de France s’est elle-même rendu les choses compliquées en multipliant les erreurs, les imprécisions, les oublis et le gâchis… d’où un nombre impressionnant de possessions supplémentaires offertes aux adversaires (sur des TO et des RO).

  • France-Slovaquie, quart de finale (jeudi 22 juin).

Disposer de 2 jours complets pour récupérer est un véritable luxe dans ce genre de compétitions. A fortiori si votre adversaire a dû disputer un match de plus le mardi avant de vous affronter le jeudi. La Slovaquie partait donc avec un désavantage physique certain lors de ce dernier quart de finale au programme, quart dont le vainqueur allait ensuite rencontrer ou… retrouver la Grèce, qui a explosé la Turquie, une grosse surprise. Une autre équipe surprise s’est invitée dans le dernier carré, la Belgique, qui a dominé l’Italie grâce à une joueuse auteur d’un énorme chantier (Emma Meessman a compilé 28pts, 11 rebonds, 5 passes, 5 contres, 2 interceptions, pour une éval de 43). Quant à l’Espagne, elle a étouffé la Lettonie.

Les Bleues jouaient pour se qualifier une 5e fois consécutives pour le dernier carré de l’EuroBasket féminin et décrocher par la même occasion un ticket direct pour la Coupe du monde 2018 en Espagne. Normalement, il ne devait pas y avoir photo. Le match a débuté après les hymnes joués au piano (comme pendant toute la fin de la compétition). Le public français a fait oublier le nombre important de places vides en chantant bien fort la Marseillaise.

Si la France a débuté avec un 5 expérimenté, l’entrée des jeunes a permis le carnage du 1er QT : 21-6. La meneuse slovaque (Barbora Balintova) a pris sa 2e faute dès la 2e minute, Dumerc a ouvert le score au bout de 2’30, la défense a fait son œuvre, l’équipe a pu installer son jeu collectif, insister en transition, provoquer des fautes… Le trou s’est véritable creusé grâce à 3 interceptions successives. 8 Françaises avaient déjà marqué au bout de 10 minutes. Le 2e QT a bien débuté avec des filles en feu (Miyem, Dumerc, Johannes…), néanmoins Balintova – de retour malgré ses 2 fautes, chanceuse sur un très long 3pts avec la planche – et les coups de sifflet à sens unique ont permis à la Slovaquie de limiter la casse (18-18 lors de ce QT). 39-24 à la mi-temps, du très lourd en défense (10TO provoqués, seulement 5RO laissés, aucun point concédé sur attaque rapide), de l’efficacité offensive (12/24 à 2pts, 3/9 à 3pts, 6/7 aux LF), notamment en transition (16 points sur les 10 TO provoqués), un peu moins de déchet (8 ballons perdus mais aucun point encaissé sur TO), un collectif toujours très impliqué (toutes les joueuses ont entre 3’30 et 14’, beaucoup entre 6 et 11). Et bien sûr, la Slovaquie manquait d’armes, Balintova a marqué 10 de leurs 24pts (en 13’40 malgré ses 2 fautes rapides), leurs filles principales avaient déjà beaucoup joué (18’ pour l’une), 4 sur 6 comptant au moins 2 fautes (3 pour Jurcenkova).

La 2nde période a débuté comme la première, les attaques se montraient inefficaces même avec des tirs faciles, il a fallu attendre un moment pour faire évoluer le tableau d’affichage (encore un 3pts de Balintova). La maladresse impressionnante des 2 côtés faisait quasiment stagner le score, l’écart se maintenait entre 12 et 16 unités avant un bon passage de Chartereau grâce auquel on a atteint les +18 (45-27). La Slovaquie a mis 1 panier et 1 LF en près de 7 minutes. Les Françaises dominaient dans absolument tous les domaines, en particulier l’intensité, elles se battaient sur tout, arrachaient des rebonds offensifs, ne laissaient rien de facile, défendaient comme elles l’auraient fait à +1 lors de la dernière possession d’une finale olympique. Dans ces conditions Garnier a pu s’offrir le luxe de garder sur le banc les cadres comme Skrela, économisée en vue du duel l’attendant en demi-finale contre Maltsi. En fin de QT l’avance est redescendue à +13 puis est remontée à +18 grâce à un tir de Johannes dans le corner (super action collective en contre-attaque partie d’une nouvelle interception d’Epoupa). Faute d’adresse, les Bleues n’ont remporté le QT que 11-8 (50-32). Il restait 10 minutes, rien ne pouvait sauver la Slovénie et s’il y a encore eu beaucoup de déchet au tir, la punition s’est poursuivie jusqu’au bout. 17-8 dans ce QT, 67-40 au final, une bran-bran. Les cadres ont un temps fait leur retour… pour permettre aux remplaçantes de souffler. C’est dire ! L’intensité et le sérieux en défense sont demeurés constants, beaucoup de joueuses ont été impliquées, on a encore vu quelques belles actions et même des tirs primés réussis. Des filles comme Ayayi, Amant, Michel ou encore Minte – auteur d’une énorme bâche – ont participé à la fête. EuroBasket_feminin_2017_-_France-Slovaquie__match_4__quart_de_finale_.jpg

Hormis au niveau de l’adresse (18/43 à 2pts, 7/24 à 3pts, 10/15 aux LF), la prestation de l’équipe de France peut être qualifiée de match parfait : de très bonnes entames de périodes, seulement 9 balles perdues – une seule en 2nde période ! – pour 19 provoquées (dont 11 interceptions) avec beaucoup de points marqués à la clé, certes 11 rebonds offensifs concédés mais à une équipe limitée à un horrible 12/55 aux tirs grâce à une énorme défense (6 ou 8pts encaissés lors de 3 des 4 QT), 13 à 22’ de temps de jeu pour les 12 Bleues dont 11 ont marqué (Minte à 0/1). Difficile de mieux préparer la demi-finale.

Je vous propose le résumé de la FIBA.

Et le match complet.

  • Grèce-France, demi-finale (samedi 24 juin).

La Grèce disputait sa première demi-finale européenne, la France sa 5e de suite avec 3 victoires et une défaite en prolongation lors des 4 dernières (on peut y ajouter les 2 demi-finales olympiques disputées depuis 2009). Malgré l’âge avancé du duo Maltsi-Kaltsidou et le renouvellement chez les Bleues, l’avantage de l’expérience penchait clairement en faveur des vice-championnes en titre. Personne ne s’attendait à retrouver les Hellènes dans le dernier carré après 2 défaites en poule.

Cette fois, les Bleues n’ont pas bien débuté (2-7). Maladroites, elles ne parvenaient pas à tirer profit de leurs rebonds offensifs, commettaient des erreurs en attaque, Tchatchouang a vite dû sortir à cause de 2 fautes, Maltsi faisait déjà des dégâts de prêt comme de loin. Les Grecques ont alors connu un gros trou offensif, elles se sont mises à tout manquer, notamment leurs 3pts ouverts. Efficace avec 2 paniers consécutifs et un contre, Miyem a relancé les siennes en lançant un 8-0 (10-7). Les Hellènes sont restées dans le coup grâce à 2 tirs primés (dont un au buzzer), logique dans la mesure où l’accès à la raquette leur était fermé, les obligeant à rester en périphérie et à essentiellement tenter de loin. A l’inverse, les Françaises cherchaient plutôt à les jouer à l’intérieur avec une certaine efficacité. L’agressivité et la vivacité d’Epoupa ont alors commencé à faire la différence (en pratique, elle attaquait pour obtenir des LF et volait ses ballons, sa spécialité). Manifestement, consigne avait été donnée d’insister sur le jeu en transition. Si le QT s’est terminé sur le score de 23-17 (avec 7 ballons perdus mais… UN SEUL rebond laissé à la Grèce pour 14 pris), c’est parce que la jeunesse tricolore a su saisir l’occasion fantastique qui lui était offerte de faire étalage de toute son audace. Avec des filles comme ça, l’avenir du basket français s’annonce radieux ! Le joker Chartereau a marqué 7 points de suite à cheval sur les 2 QT (un long 3pts, un layup en transition, un autre en pénétration après feinte). Elle osait vraiment tout sans faire aucun complexe. Passées en défense de zone, les Grecques sont parvenues progressivement à recoller à -2 (26-28) malgré quelques actions magiques à l’image d’un 3pts de Johannes en fin de possession après un dribble latéral. Le problème des Bleues restait leur inconstance. On a de nouveau constaté une perte soudaine de confiance, elles n’osaient plus tirer, Ayayi n’y était plus du tout, il a fallu faire revenir Tchatchouang malgré ses 2 fautes. Elle a d’ailleurs fait du bien en attaque. Néanmoins, en perdant de nouveau trop de ballons, en peinant à placer les attaques, en ne dominant plus au rebond (5 à 6 dans ce QT) et faute de provoquer… des fautes, les Bleues stagnaient. Un système bien exécuté sur la dernière possession a embelli la situation à la mi-temps, leur offrant un avantage de 5 unités (35-30) presque inespéré quand vous déplorez déjà 14TO (contre 9). L’adresse restait un gros souci pour chaque équipe (2/10 contre 3/11 à 3pts), en revanche la fatigue ne pouvait en être un que pour la Grèce avec ses 4 joueuses utilisées entre 15 et 19 minutes (plus une à 11’40). J’ai l’impression d’avoir écrit à peu près la même chose lors de la plupart des matchs. S’en sortir grâce au collectif en jouant pourtant mal et en multipliant les cadeaux, tel est le style de cette équipe de France.

Je vous propose la première période en intégralité, hymnes compris.

Garnier a opté pour un 5 différent en début de seconde période (Epoupa à la mène, Chartereau poste 4). S’il y a encore eu du déchet, il a été compensé par l’agressivité de Tchatchouang, devenue l’élément central de l’attaque. Sa capacité à provoquer des fautes et à obtenir des LF ne suffisait toutefois pas à prendre le large car les stops défensifs ne s’accompagnaient pas de l’efficacité offensive requise. Kaltsidou et Maltsi continuaient à porter la Grèce sur leurs épaules d’un côté du terrain, de l’autre l’effort était plus collectif, il bloquait notre attaque, obligeant les Bleues à multiplier les dribbles et à tirer en fin de possession… quand elles parvenaient à tirer avant de perdre le ballon (^^). Déjà 17 TO après 25 grosses minutes de jeu. Outch ! Plus des positions ouvertes à 3pts et un and one à l’occasion… Que de cadeaux ! Sotiriou y est allée de son panier primé au buzzer, puis Kaltsidou de son coup de poignard pour égaliser à 47-47, Amant a alors loupé 2 LF, Skrela manquant un tir sans opposition sur le rebond offensif… La dynamique semblait en train de s’inverser en faveur des Grecques… quand Soritiou a commis sa 4e faute en se battant pour le rebond. Le banc a pris une technique, offrant à Miyem des LF supplémentaires (et la possession). Etrangement, cette technique a marqué le début de la fin pour les Hellènes. Le coup de la panne. Plus moyen de marquer ! En effet, les Grecques n’ont plus jamais été en mesure de faire mal aux Françaises, hormis avec la fourchette de Spanou dans les yeux de Dumerc… 52-47 à l’issue du 3e QT (17-17 dans le QT), 77-55 à la fin du match. Une fois la machine enclenchée, les Bleues ont déroulé à commencer par un chase-down block magnifique de Tchatchouang. A l’exception d’un panier primé, la Grèce n’a marqué aucun point pendant les 7 premières minutes du 4e QT, soit un 22-3 depuis cette fameuse faute technique. Le duo Epoupa-Johannes était intenable, Miyem et Tchatchouang régalaient elles-aussi, on se serait presque cru devant un show des Harlem Globe Trotters sur quelques actions ! Cramées, leurs adversaires n’y croyaient plus du tout, elles ont compté jusqu’à 25pts de retard. EuroBasket_feminin_2017_-_Grece-France__match_5__demi-finale_.jpg

Normalement, pour faire du pop-corn, on prend des grands de maïs, cette fois on a pris des basketteuses grecques pour en arriver au même résultat : elles ont explosé de partout. Se manger un 30 à 8 en 11’10 (30 à 5 en 10’40 à partir de 47-47) pour finir une demi-finale de championnat d’Europe, ça pique ! La France a gagné de 22 points en ayant perdu 23 ballons ! Remarquez, quand l’autre équipe en perd 20, se fait dominer 38 à 20 aux rebonds et n’obtient que 6 LF (à 22), cette stat est à relativiser. Le collectif français (12 joueuses utilisées, aucune n’a atteint les 25’, toutes ont marqué) a encore fait la différence avec Tchatchouang femme du match, un fantastique trio Epoupa-Johannes-Chartereau, de gros passages d’Amant et de Miyem, ou encore l’apport de Ciak au rebond… Les supporters français, venus assez nombreux, ont pu faire la fête sans attendre la finale du lendemain.

Voici la 2nde période en intégralité.

Je vous propose le résumé de la FIBA.

  • Espagne-France, finale (dimanche 25 juin).

Ce match était très particulier. Il s’agissait à la fois du dernier de la carrière de Skrela et de la 262e et dernière sélection de Dumerc, qui disputait là sa 4e finale européenne, la 3e de suite. Celle de 2013 contre l’Espagne en France est restée en travers de la gorge de chacune des Bleues y ayant pris part. Laila Palau, qui a aussi décidé d’arrêter après ce match, en était, tout comme la naturalisée de complaisance – on a le droit à 1 par sélection selon les règles FIBA – de cette équipe espagnole, Sancho Lyttle. En revanche, quand la France avait pris une demi-revanche sur cette formation en l’écartant en demi-finale de l’EuroBasket 2015, Lyttle était absente. Cette fois, Gruda manquait à l’appel, mais pas Lyttle, donc l’Espagne jouissait d’un réel avantage.

La salle était mieux garnie qu’on aurait pu le craindre, malheureusement les spectateurs ont assisté à quelque chose d’horrible, une nette victoire espagnole. Le tout début de rencontre était plutôt bien, la France a mené 8-5 en se montrant plutôt adroite à l’extérieur et défendant plutôt bien. La situation a assez vite dérapé, les Bleues retombant rapidement dans leurs travers, notamment celui de ne pas verrouiller le rebond défensif. Surtout, Lyttle a bénéficié de trop de libertés, elle a pu marquer de près à plusieurs reprises. Alba Torrens a ensuite commencé à s’y mettre. Les attaques prenaient le pas sur les défenses (11-10 pour l’Espagne après moins de 5’), ce qui n’annonçait rien de bon. Les quelques points positifs comme l’agressivité de Tchatchouang n’ont pu compenser les soucis. Il a assez rapidement fallu appeler un premier temps mort pour tenter de remettre l’équipe dans le droit chemin car on l’a vite senti, elle n’y était plus. Quelques bonnes actions ont permis de maintenir l’espoir à l’image d’un 3pts de Johannes en catch and shoot sans se poser de question ou d’une super pénétration d’Epoupa conclue par un and one acrobatique. Les deux jeunes stars ont ainsi pu ramener la France à égalité (18-18), seulement ça n’a pas duré, Torrens – 10pts à 4/5 lors du 1er QT – en a remis une couche avec un très long panier primé en fin de possession. 21-18 pour l’Espagne après 10’, pas trop de pertes de balle (3 à 2), pas de domination nette au rebond (9 à 7, 2 offensifs chacun), peu de fautes (3 par équipes). Finalement, c’était assez équilibré hormis à 3pts (3/5 pour la Roja) et la petite différence se faisait essentiellement sur l’efficacité du duo Torrens-Lyttle.

Dès le début du 2e QT, la situation a commencé à déraper. Les Espagnoles se montraient plus agressives et trop adroites. Les Françaises n’auront jamais su réellement entrer dans leur match, elles laissaient encore leurs adversaires prendre des rebonds offensifs, récupérer des ballons et en tirer profit, soit le même défaut que lors des matchs de préparation. Plus grave, elles ont progressivement perdu confiance. Garnier a fait de son mieux pour trouver des solutions, quitte à utiliser un 2e temps mort, malheureusement ses essais de 5 plus ou moins expérimentés n’ont jamais payé. Il y a bien eu quelques sursauts d’orgueil, quelques bonnes actions, des rebonds offensifs permettant de limiter les conséquences de la maladresse, mais rien pour sauver la maison. Après un bref retour à -5 (30-35), l’équipe de France a repris 2 paniers douloureux pour atteindre la mi-temps dans une situation très inconfortable (30-39).

A vrai dire, les stats de la première période n’étaient que marginalement différentes, pourtant, en faisant presque tout un peu mieux ou un peu moins mal, les Espagnoles ont pu creuser l’écart. De leur côté, on comptait 20 rebonds (8RO), 7 TO, 7 fautes, 11 passes décisives et une adresse très correcte (4/9 à 3pts, 12/25 à 2pts, 3/5 aux LF), contre 16 rebonds (5RO), 7 TO, 8 fautes, 8 passes décisives et une adresse très moyenne (2/6 à 3pts, 10/25 à 2pts, 4/5 aux LF). L’écart en nombre de possessions et de tirs pris n’avait rien d’affolant, mais 4 paniers de plus ou de moins, ça chiffre rapidement. En outre Lyttle et Torrens atteignaient déjà chacune les 10pts inscrits. Seul élément pouvant donner un peu d’espoir aux Bleues, la Roja utilisait peu son banc (4 joueuses entre 15 et 18’) alors qu’une seule Française avait déjà passé 15’ sur le parquet.

En basket, 9 points, ça se rattrape. Seulement, en l’occurrence, les problèmes à résoudre semblaient trop nombreux : adresse, rebond, agressivité défensive mais aussi offensive (pour provoquer des fautes), mouvement… Les Bleues avaient un impérieux besoin d’interceptions et de points en attaque rapide. C’est pourquoi Epoupa a débuté la 2nde période. La dynamique a tout de suite été mauvaise, Ciak se faisant siffler 2 fautes en 33 secondes (sa 3e et sa 4e), dont une offensive pour… un énorme flopping de Laura Nicholls (sa spécialité). Torrens a repris feu, l’écart s’est encore accru, les Espagnoles ont profité de très nombreux cadeaux, les pertes de balle débiles de l’équipe de France se multipliant. C’est devenu si moche que je préfère directement passer à la fin du QT, perdu 10 à 17 (40-56). La domination espagnole au rebond (31 à 22) et la terrible différence d’adresse (16/45 contre 22/45) rendaient la mission impossible. Quand vous défendez super dur pendant 22 secondes et vous faites avoir à la 23e, votre moral en prend un sacré coup. Si vous l’avez déjà dans les chaussettes… Quand les Bleues sont revenues à -14, Torrens leur a encore fait un numéro de folie avec dribble dans le dos. Il n’y avait rien à faire, la star espagnole était injouable, parfaitement secondée par Lyttle.

A -23, il y a eu réaction pour maquiller la bran-bran. 55-71 reste un score lourd et sans appel. EuroBasket_feminin_2017_-_Espagne-France__match_6__finale_.jpg

Le résumé FIBA est sans doute un peu moins douloureux à regarder que le match en intégralité.

La fin est triste mais méritée, il a manqué de tout. Les Bleues ont mal défendu, raté beaucoup trop de paniers de près, laissé beaucoup trop de rebonds offensifs, payé leur défaut d’agressivité des 2 côtés du terrain. Comment gagner en étant dominé 40-27 aux rebonds, en tirant à 3/11 à 3pts, en n’obtenant que 8LF ? Même si les Espagnoles ont aussi connu du déchet (4/15 à 3pts et 11/17 aux LF, 16TO à 15), elles ont largement pris le dessus grâce à leur réussite à 2 points (24/43 à 2pts contre notre – dégueulasse – 20/47). D’habitude la France s’en sortait grâce à son collectif, cette fois les 12 filles ont terminé avec un +/- négatif et 6 ont marqué 0 ou 1 panier. Seules Dumerc (15pts), Tchatchouang (10) et Miyem (8) ont réellement scoré. Impossible de répondre à Lyttle (28 d’éval, 19pts à 8/10, 8 rebonds, 4 ballons volés notamment), Torrens (18pts à 7/13) ou même Cruz (12pts à 5/9 dont 2/3 à 3pts). La fessée reçue par la Roja lors d’un match de préparation en France paraît bien loin tant cette équipe est montée en puissance.

La médaille d’argent reste néanmoins difficile à apprécier car contrairement à l’or et au bronze, vous finissez sur une défaite. Une défaite contre l’Espagne, c’est encore pire. Ceci dit, à la limite, je préfère une défaite en finale méritée à une défaite en finale comme en 2013 chez nous. Il faut savoir être pragmatique. Surtout à Prague.

La FIBA a composé un 5 du tournoi avec une représentante de 5 sélections différentes : Miyem (FRA), Meesseman (BEL), Maltsi (GRE), Zandalasini (ITA) et bien sûr Torrens (ESP), MVP du tournoi avec la 8e évaluation individuelle moyenne (l’Italienne étant 1ère de ce classement devant la Belge, Lyttle ayant remplacé sa partenaire à la 4e place de ce classement qu’occupait encore Torrens avant la finale, Endy n’est que 15e en étant la mieux classée des Françaises, logique dans la mesure où chez nous c’est le collectif d’abord).

Félicitons également la Belgique. Nos voisines ont décroché la médaille de bronze, une première dans l’histoire du basket belge. Elles n’avaient pas joué l’Euro depuis 10 ans !

Si vous avez le cœur à regarder la cérémonie finale...

Dans quelques semaines, un équipe de France masculine largement renouvelée tentera d’aller chercher une 4e demi-finale en 4 éditions. Le titre ne semble pas être un objectif raisonnable compte tenu des absences annoncées. Taper l’Espagne suffirait à mon bonheur.

Note

[1] La Serbie est passée devant, la Slovénie finissant en dindon de la farce dans cette égalité à 3.