TdF_2017__profil_1ere_etape.jpg

  • 1ère étape : Düsseldorf-Düsseldorf, clm de 14km.

Abandons : Alejandro Valverde (MOV), Ion Izagirre (TBM).

Il s’agissait d’une contre-la-montre tout plat et pour purs spécialistes, avec des virages pour seules mais réelles difficultés. Rien de bien bandant, rien qui permette sérieusement d’espérer une bataille pour le maillot jaune entre sprinteurs lors des premières étapes (même si certains l’ont fait à fond en ayant une idée derrière la tête). Le Tour 2017 a débuté dans le froid et l’humidité, on annonce le soleil pour bientôt… après l’arrivée en France. Les rues de ce circuit urbain – fermé à la circulation uniquement pour la journée, donc qui n’a pu être reconnu en amont par les candidats à la victoire et autres leaders – étaient humides à cause de la pluie tombée en début de course, elles étaient même carrément détrempées quand un nouveau déluge a arrosé la ville.

Evidemment, les coureurs absolument pas intéressés par le classement général ont fait le strict nécessaire, ils n’avaient pas envie de déjà se fatiguer pour rien, et surtout pas envie de prendre des risques. Beaucoup ont donc négocié les virages dangereux à vitesse minimale, presque à l’arrêt. D’autres auraient dû. Le Néerlandais Dylan Groenewegen (TLJ) a subi la première chute de ce Tour en dérapant sur une bande blanche particulièrement glissante (la route étant utilisée tous les jours par les voitures, elle est forcément sale, recouverte de résidus d’huile, d’essence, de gomme, etc.). Il fallait vraiment se méfier. George Bennett, son coéquipier néo-zélandais chez Lotto-Jumbo, a connu la même mésaventure, et comme ça ne suffisait pas, Primoz Roglic s’est ajouté à la liste.

Chris Froome (SKY) et d’autres leaders ont profité du passage d’un de leurs partenaires pour effectuer une dernière reconnaissance en conditions réelles. Comment ? En montant dans la voiture. Je ne crois pas que Romain Bardet (ALM) ait fait de même. Le leader d’AG2R est parti tôt par rapport à la plupart de ses concurrents pour le classement général. Il s’agissait d’un pari concernant la météo. Pari pas forcément gagnant mais certainement pas perdu car la météo semble s’être encore dégradée pour les derniers hommes en lice. Malgré les conditions, on l’a vu prendre quelques risques dans les virages dangereux où beaucoup ralentissaient exagérément et qui ont fait des victimes… dont Tony Gallopin (LTS). Le mari de Mario Rousse s’y est mangé une belle gamelle, sa cheville a morflé, il a fini dernier à 3’03. Bardet s’est bien battu pour limiter la casse. On pouvait craindre bien pire. Il s’est presque fait rattraper par Geraint Thomas (SKY), parti juste après lui et nouveau leader à l’arrivée en 16’04 (il a fini beaucoup plus vite que son coéquipier Michal Kwiatkowski, en tête au chrono intermédiaire mais battu à l’arrivée, notamment par un autre Sky longtemps resté au sommet du classement, Vasil Kiryienka).

Cité parmi les 2 ou 3 favoris principaux de la compétition, Richie Porte (BMC) est passé au point de chronométrage intermédiaire dans le même temps que Bardet. Il a à peine mieux fini, concédant 47 secondes au Gallois, seulement 4 de moins que le Français. On s’attendait à beaucoup mieux, les conditions semblent avoir eu sur lui un effet inhibiteur très marqué. Ne pas vouloir tomber, OK, lever le pied pour s’en assurer n’était peut-être pas une si bonne idée. D’autres ont pris beaucoup plus cher, en temps ou… physiquement. La principale victime du jour a été Alejandro Valverde (MOV), arrivé trop vite dans un virage, incapable de freiner, au point de finir les jambes en avant dans les barrières. Incapable de se relever (on parle de fractures au niveau du genou), son Tour s’est arrêté au bout de quelques kilomètres. On l’imaginait grand animateur de la course, voire outsider pour le podium après son début de saison extraordinaire. Ion Izagirre (TBM), leader annoncé de son équipe Bahrain-Merida, a aussi dû abandonner, seulement on ne l’a pas vu. Il s’est apparemment encastré dans les barrières au même endroit que Valverde et Gallopin. Parmi les autres amochés du jour on trouve également Luke Durbridge (ORS), touché à la cheville.

Très attendu devant son public, Tony Martin (KAT) a réalisé le meilleur temps au chrono intermédiaire juste devant Kwiatkowski, seulement, comme le Polonais, il a ensuite connu plus de difficultés et fini 3e à 8 secondes. Relégué à 9 secondes de Martin à mi-course, Froome ne pouvait déjà plus battre ses 2 coéquipiers chez Sky pour permettre à son équipe de réaliser un triplé. La pluie et le vent ayant redoublé depuis quelques minutes, il n’était pas illogique de voir les derniers à s’élancer perdre du temps sur la fin du parcours, très exposée. Au niveau des meilleurs sur la première partie de l’étape, Stefan Küng (BMC) a souffert du même handicap. Le jeune Suisse a fini 2e à 5 secondes, une super perf en rien étonnante selon les connaisseurs les plus pointus du peloton.

Hormis Geraint Thomas, premier maillot jaune du Tour 2017, aucun leader n’a réellement pu se mêler à la lutte avec les meilleurs du jour. Pour la plupart, les candidats potentiels ou affichés au top 10 final ont fini dans les mêmes eaux. Et encore, si le Gallois était le leader de son équipe sur le Giro avant de subir un accident collectif par la faute d’une moto de la police (équipe décimée, il a dû abandonner rapidement), il est en principe sur le Tour en tant que coéquipier de Froome. Le triple vainqueur de l’épreuve a tout de même pris la 6e place à 12 secondes de son partenaire, ce qui lui a tout de même permis de s’octroyer une petite avance par rapport à chacun de ses concurrents directs au classement général. Signalons-le, la Sky a placé 4 hommes dans le top 8… avec l’aide d’un maillot étrangement autorisé par les commissaires alors que des éléments aérodynamiques ont été intégrés dans les manches et au niveau des épaules. En principe, les règlements UCI interdisent ce genre d’aides technologiques.

TdF_2017__classement_apres_la_1ere_etape.jpg Parmi les gars susceptibles de bien figurer au général[1], Gesink a fini à 31 secondes de Thomas, S. Yates à 37, Porte à 47, Quintana à 48, Majka à 49, D. Martin aussi, Tanansky aussi, Pinot (qui ne vise pas le général) à 50, Bardet à 51, Aru à 52, Contador à 54, Betancur et Fuglsang également, Kreuziger à 56, Ten Dam et Uran à 1’03, Meintjes à 1’12, Chaves a déjà 1’13, Mollema à 1’18… Retirez 12 secondes pour mesurer leur retard par rapport à Froome.

Nouveau champion de France de l’exercice, Pierre Latour (ALM) n’a concédé que 25 secondes à Thomas, ce qui fait de lui le meilleur Français. Il a fait mieux que la plupart des cadors, faisant ainsi clairement acte de candidature pour décrocher le maillot blanc dans quelques jours – en attendant ce maillot est la propriété de Küng – à moins qu’il ne soit totalement sacrifié au profit de Bardet.

Pour ce qui est de la polémique Sky, explications ici.

Le prochain clm sera aussi le second, il aura lieu la veille de l’arrivée. Comme je déteste les clm, je félicite les organisateurs de ce choix.

Voici ce qui nous attend... TdF_2017_-_la_carte_du_Tour.jpg

Note

[1] Je me base sur les résultats passés dans les précédentes grands tours peu importe le statut au sein de leur équipe, et je peux en oublier.