Dans les catégories plus lourdes, le nombre de combattants est moins important. Qui dit moins d’engagés dit moins de tours, moins de matchs, donc un programme moins dense. On peut donc caser 3 catégories lors de la même journée. On avait donc les -70kg et les -78kg pour les femmes et les -90kg pour les hommes. La France était représentée par des favoris ou au moins gros outsiders, avec :
-la n°5 à la ranking list des -70kg, Marie-Eve Gahié, qui disputait ses premiers ChM à 20 ans après avoir décroché une médaille de bronze aux ChE il y a quelques semaines à Varsovie ;
-le n°2 mondial des -90kg, Axel Clerget, judoka expérimenté finaliste européen cette saison, son premier grand résultat individuel dans un championnat international (il en a obtenu dans des tournois ou encore par équipes) ;
-la n°2 des -78kg, Audrey Tcheuméo, ancienne championne du monde (aussi médaillée d’argent et de bronze), double médaillée olympique (bronze à Londres, argent à Rio), titrée pour la 4e fois à Varsovie à l’échelon continental.

Il y avait vraiment de quoi faire ! Comment imaginer finir la journée les mains vides ?

Bien sûr, on n’est jamais à l’abri de rien, y compris d’une boulette monumentale, même si je doute qu’en équipe de France on soit exposé à des étourderies aussi grossière que celle d’un Géorgienne montée sur le tatami avec sa chaîne et son pendentif. L’arbitre l’a vu après 1’30 de combat, il lui a fait enlever… puis, après 3 plombes de concertation, la décision – pourtant évidente pour ceux qui connaissent les règles – est tombée : c’est disqualification automatique.

Commençons par Axel Clerget (-90kg) – de retour de blessure – entré au 2e tour contre un Australien, Sebastian Temesi. Le Français partait confiant malgré le souci dont il a été victime car depuis 1 an ½ il est monté sur le podium lors de tous les tournois auxquels il a participé. Ça s’est en effet bien passé, son adversaire a été pénalisé car il subissait puis, se rattrapant bien au moment où Temesi s’est lancé dans un bon mouvement en jouant sur la surprise, Clerget a pu enchaîner avec succès sur une clé de bras (l’Australien a dû taper). Spécialiste de la liaison debout-sol et du ne-waza, il a donc parfaitement joué sur ses points forts pour abréger le combat qui aura duré 1’47 seulement.

Le 3e tour contre le Tchèque David Klammert ne faisait pas figure d’obstacle insurmontable. Clerget a rapidement tenté son spécial, la fameuse "planchette japonaise" suivie au sol. Manifestement son adversaire s’en méfiait beaucoup, il parvenait à l’empêcher de mettre en œuvre son plan. Bien qu’à l’initiative d’absolument toutes les attaques, le Français n’obtenait aucun avantage, si minime soit-il. La pénalité pour non-combativité qu’aurait dû prendre Klammert à plusieurs reprises a fini par tomber après 2’07. Entre-temps, Clerget avait lui-même été sanctionné pour une prétendue fausse-attaque. Si ce combat était extrêmement physique et si le Français avait tendance à trop souvent tenter le même mouvement, ce qui le rendait prévisible et facile à bloquer, le Tchèque ne tentait RIEN ! Rien de rien. Mais sans en subir les conséquences. On est entré dans un délire absolu quand Clerget a reçu une 2e sanction, encore pour fausse attaque, ceci avec encore plus d’1’30 au chrono. Déstabilisé par cette situation hallucinante, injuste et inhabituelle pour lui, il a perdu les pédales. Forcément, comme la prochaine pénalité allait lui être fatale, comme les arbitres étaient manifestement plus enclins à lui couper la tête qu’à punir la passivité de son adversaire, il s’est senti obligé de tenter le tout pour le tout. Même à 30 ans on peut paniquer en se retrouvant dos au mur. Toujours est-il qu’une attaque précipité a permis à Klammert de le contrer et de marquer à 27 secondes de la fin. Impossible de renverser la situation en si peu de temps.

Conséquence, toujours aucun Français en quart de finale… et de nouvelles raisons de se plaindre de l’arbitrage qui trop souvent ne sanctionne pas ceux qui ne foutent rien. Cherche-t-on réellement à générer du spectacle ? Non.

Au tour suivant, un arbitre français officiait lors du combat de Klammert, et là, les pénalités sont tombées plus facilement… Attention, il est resté super passif, a tenté un seul mouvement et s’est encore retrouvé devant aux pénas… Dingue ! Il a aussi essayé de contrer 2 ou 3 fois… et s’est fait avoir en se faisant lui-même contrer à 15 secondes de la fin. Je crois que la prise s’appelle quelque chose comme "yoko-karma-fukyou", qu’il faut traduire par "retour de karma dans ta gueule".   

On a eu une finale entre un Serbe et un Slovène, mais pas le Serbe attendu (l’immense Kukolj, vainqueur de Clerget en finale des ChE, était classé n°1, il a fini 5e). Il s’agissait d’un duel entre le 23e et le 14e de la ranking list, Nemanja Majdov contre Mihael Zgank. Cette finale absolument horrible a été remportée par Majdov aux pénalités en golden score… pour une fois les arbitres ont eu des cojones, ceci dit il devenait urgent de mettre fin à cette contre-publicité pour le judo.

Je passe au cas Marie-Eve Gahié (-70kg), chronologiquement la dernière à avoir débuté sa journée. Quand elle est entrée sur le tapis, Tcheuméo avait déjà obtenu sa qualification pour les quarts, Clerget la sienne pour le 3e tour. En outre les têtes de série n°1 et la n°4 avaient déjà été sorties, ce qui faisait d’elle la 3e mieux classée encore dans le tableau. Il fallait néanmoins se méfier car entrer en lice contre une Hongroise en Hongrie n’avait rien d’un cadeau, d’autant plus après le plein de confiance fait par cette Szabina Gercsak au 1er tour… En réalité, il n’y a pas eu photo. Une fois de plus les principales frayeurs subies par un membre de l’équipe de France ont résulté d’un arbitrage assez aberrant. Gahié s’est imposée physiquement d’entrée, elle dominait à la garde, a tenté un mouvement au bout de 8 secondes. Ça se passait beaucoup en bordure, ce qui a empêché 2 attaques de marquer (l’arbitre disait matte juste avant). A la reprise, soit après environ 1’15, le spécial de la Française lui a permis d’inscrire une waza-ari… avant l’annulation de cette marque, ceci à retardement (la Hongroise semble en effet avoir mis la main pour ne pas tomber sur l’arrière). Ceci dit, après 1’30, on sentait déjà Gercsak au bout de sa vie, bien carbo. Quand Gahié a été pénalisée pour sortie de tapis après 1’40 de combat, j’ai cru à une blague : la Hongroise n’arrêtait pas de le faire sans jamais être punie. Il a fallu attendre une minute de plus – ça semble très long en direct – pour assisté à l’égalisation des cartons suite à une fausse-attaque grossière. Gercsak a tenté de gagner du temps honteusement en refaisant son chignon… Ça n’a pas encouragé l’arbitre à l’épargner. Elle a refait le coup après une nouvelle sortie, mais là encore la pénalité est tombée. Cette fois, ça sentait la fin, la locale n’en pouvait plus. A sec physiquement, elle a été prise en immobilisation hors du tapis suite à un mouvement lancé dans le carré jaune. La liaison debout-sol est souvent la clé dans le judo actuel. Gahié a écourté le combat de 24 secondes.

Ce succès semblait particulièrement encourageant compte tenu de la manière : malgré les contrariétés liées principalement à l’arbitrage avec ces pénalités qui ne tombaient pas, elle a évité tout affolement, est resté dans son combat, bien concentrée, et a eu son adversaire à l’usure.

Son 3e tour était un combat charnière car il qualifiait pour les quarts de finale. En le remportant, elle s’assurait donc 2 chances de podium, une par la voie principale, les demies, l’autre par les repêchages. Elle affrontait Aleksandra Samardzic, une Bosnienne nettement moins puissante qu’elle. Un premier ura-nage suivi au sol a secoué Samardzic au bout d’une trentaine de secondes, une autre bonne action aussi prolongée au sol sans résultat a poursuivi la dynamique, pourtant, en lançant de temps en temps une attaque pas bien dangereuse, la Bosnienne échappait aux pénalités pour non-combativité. Elle n’a pris la première qu’à 44 secondes de la fin. Elle nous a fait le coup du chouchou, on sentait son besoin de récupérer. Si la 2e péna n’est jamais tombée, Smaradzic, elle, est tombée… avec 3 secondes au chrono… mais en mettant le coude en protection, ce qui lui a permis de rester en vie. Conséquence, un golden score. La péna aurait dû tomber pour une fausse attaque, puis après 35", ça devenait assez agaçant, heureusement Gahié a alors pu placer son spécial pour enfin emporter le morceau.

Alors bien sûr, la place en quart de finale était acquise, seulement en ne prenant pas leurs responsabilités, les arbitres ont fait gâcher de l’énergie à la Française.

L’adversaire du quart de final était un mystère. La surprenante Portoricaine Maria Pérez, 28 ans, seulement médaillée de bronze aux Jeux panaméricains il y a 10 ans et eux Championnats panaméricains en 2014 et 2016, ce à quoi il faut ajouter quelques podiums dans des tournois internationaux dont un Grand Slam en 2016, soit un palmarès proche du néant. Il fallait néanmoins s’en méfier en raison de l’impression laissée au tour précédent et… de son physique comparable à celui de Gahié.

Surprise au bout de 15 secondes par un sumi-gaeshi, la jeune Française semblait avoir pu s’en tirer in extremis, malheureusement le waza-ari a été marqué après utilisation de la vidéo. Le combat débutait de façon calamiteuse. Ça n’allait guère mieux, elle s’est exposée à un contre à cause d’une attaque pas portée franchement avec en plus un temps d’arrêt. Pourtant, Gahié est parvenue à égaliser en contrant à son tour avant la mi-combat. Il restait 2’12, on la pensait relancer, elle s’est relâchée, Pérez a pu l’enrouler et reprendre son waza-ari d’avance. 8 secondes après avoir égalisé, ça doit faire très mal à la tête. Alors bien sûr, il restait 2 grosses minutes pour revenir, seulement la Portoricaine a bien su faire en sorte que ça s’enlise, elle a pris une pénalité à 45" de la fin. Il fallait accélérer même si les 2 pénalités supplémentaires nécessaires pour renverser la situation n’avaient quasiment aucune chance de tomber, faute d’arbitre assez courageux pour punir la non-combativité récurrente de ceux qui ont pour unique ambition de conserver leur avantage au score. Pérez a même pu gagner du temps au sol sur des attaques de Gahié. La 2e sanction à 4" du terme du combat ne changeait évidemment rien.   

Cette belle opportunité d’atteindre les demi-finales a nettement plus été gâchée par son manque de concentration à 2 moments cruciaux que par l’arbitrage, d’autant qu’elle savait à quoi s’attendre, une fois mené, quasiment personne n’a pu gagner grâce à 3 pénalités infligées à son adversaire.

Direction le repêchage avec un duel contre une Nord-Coréenne inconnue, même pas classée à la ranking list, du classique car les Nord-Coréens ne sortent quasiment jamais de chez eux, hormis pour les compétitions majeures. Nettement plus petite que Gahié, Kwon Sun-yong avait des arguments à faire valoir. Cette fille a tout de même éliminé la tête de série n°1 au 2e tour en la surprenant à la dernière seconde.

On a eu un combat très animé avec une première frayeur au bout de 8 secondes. Les 2 combattantes envoyaient dans tous les sens en essayant de se contrer, on a d’ailleurs encore eu très peu après 1’30 sur un de ces contres. Elle imposait une énorme pression mais avait du coup tendance à trop se livrer. Le spectacle offert méritait vraiment d’être regardé, elles enchaînaient des séquences de 3 ou 4 attaques/contre-attaques (ou tentatives) sans faire tomber ou du moins sans marquer, mais ce n’était vraiment pas faute d’essayer ! Là, on n’aurait pas compris une pénalité pour non-combativité. C’était assez fou. Après 3’30 d’engagement et d’intensité, une espèce de technique assez étrange en contre-attaque en se jetant en arrière a permis à la Française de prendre l’avantage. Elle a même enchaîné sur une immobilisation dont Kwon a pu se sortir au bout de 6 secondes. Sur le coup, j’ai eu peur car cette technique peu orthodoxe aurait aussi pu se retourner contre elle. Une dernière attaque a permis d’aller au bout du chrono et de se qualifier pour la petite finale. Jusqu’ici, les Françaises passées par les repêchages y avaient toutes perdu.

En la voyant rester sereine et concentrée lors de ce combat piège, on aurait dû être confiant pour ce match pour le bronze. Il n’y avait plus aucune raison de l’être en sachant qui elle allait y retrouver : Yuri Alvear (tds n°3), la Colombienne triple championne du monde qui a fait de gros dégâts avant d’être battue par… la Japonaise Chizuru Arai (tds n°2). Dans les cas ça aurait été très difficile.

A 20 ans, pour ses premiers ChM, on demandait à Gahié de réaliser un énorme exploit… et elle n’aurait pu mieux débuter : elle menait d’un waza-ari au bout de 15 secondes. Il s’agissait là de la bonne nouvelle. La mauvaise ? Il lui fallait tenir encore 3’45 en conservant un état d’esprit positif, en restant lucide et calme, très concentrée, mais aussi forte physiquement. Elle a remis une attaque… avant de perdre son avantage après une quarantaine de secondes, concédant à son tour un waza-ari sur une action effectuée à une vitesse folle, il était impossible pour Gahié de réagir. Une fois de plus, on assistait à un duel hyper intense fait d’une succession d’actions. Un waza-ari accordé à tort à la Colombienne a été retirée (l’impact était sur le ventre), malheureusement dans la foulée à peu près sur le même mouvement que précédemment, Gahié a fini sur le dos, le ippon annoncé a été retiré mais ayant bien enchaîné au sol en immobilisation, Alvear n’a eu qu’à maintenir ses contrôles pour l’emporter pour de bon par ippon après 2’ de combat. Gahié n’a même pas essayé de se débattre, peut-être en ayant de nouveau ressenti une blessure au coude qui la handicapait.

Finir 5e est très frustrant, mais il n’y a aucune honte à s’incliner face à Alvéar… La Colombienne n’était même pas heureuse, elle venait pour l’or, le bronze ne fait figure pour elle que de pis-aller.

Asma Niang, ancienne judoka française au nom sénégalais – celui de son père – qui représente le Maroc – pays de sa mère et où elle est née – depuis quelques temps déjà, a pris Pérez en demie. Elle s’est inclinée au golden score en subissant le spécial de la Portoricaine, comme Gahié avant elle. Niang aussi échoué à la 5e place.

En finale, l’invitée surprise a repoussé l’échéance avec une énorme défense au sol… mais a été piégée en voulant attaquer. Arai a réussi à la prendre en étrangement. Cette Nippone est extrêmement forte au sol. Encore un titre pour le Japon !

Championne d’Europe en titre, Audrey Tcheuméo (-78kg) débutait dès le 1er tour (seule Guusje Steenhuis, n°1 à la ranking list entrait au 2e tour) contre Yarden Mayersohn, une Israélienne. Ça a duré 1’44, le temps pour la Française de marquer un waza-ari sur son petit fauchage classique, et d’éteindre son adversaire par sa puissance au point de lui faire prendre 3 pénalités (2 pour de fausses attaques et une pour posture trop défensive, elle mettait carrément le genou au sol ou sortait du tapis sans rien pouvoir tenter), la 3e étant bien sûr synonyme de défaite automatique.

Abréger les combats était particulièrement bénéfique en raison d’une blessure au genou qui la tracassait depuis quelques jours et avec laquelle elle savait devoir composer. Moins elle restait de temps sur le tapis, moins elle risquait de devoir forcer ou subir un mauvais mouvement.

Au 2e temps, la Kazakhe Zarina Raifova a résisté à peine plus longtemps. Elle aussi totalement étouffée par la pression physique imposée par Tcheuméo, elle a pris un pion après 1’10 sur une belle technique de sacrifice (un hiki-komi-gaeshi) qui a mon sens aurait dû mettre fin au combat. Si l’impact a été jugé en tant que simple waza-ari, le ippon est survenu 1 minute plus tard, la Française a bien préparé son attaque, sans aucune précipitation, elle a attendu le bon moment pour son crochetage intérieur avec un léger mouvement de hanche (le déséquilibre a surtout été créé avec le haut du corps grâce à des mains posées solidement). On en aurait presque oublié que arbitres ont omis de mettre à Raifova les pénalités qui devaient tomber.

Direction le quart de finale face à la Brésilienne Mayra Aguiar, une ancienne championne du monde (2014) très souvent sur les podiums internationaux (tous les ans aux ChM ou aux JO depuis 2010, sauf en 2015) qu’elle connait très bien. Sur leurs 7 confrontations, Tcheuméo en avait remporté 5, dont le dernier, extrêmement important, en demi-finale des JO de Rio. Dans des conditions normales, on aurait mis un gros billet sur la victoire de la Française, seulement au bout de 10 secondes, un petit fauchage intérieur a fait basculer la tendance en faveur d’Aguiar, celle-ci menant déjà d’un waza-ari. Très solide physiquement, la Brésilienne n’a alors longtemps fait que défendre mais sans être sanctionnée, un phénomène trop classique avec les nouvelles règles qui veulent donner une prévalence trop absolue aux "belles actions", ou plutôt celles qui marquent, quitte à favoriser l’anti-judo. On laisse systématiquement celui qui mène pourrir le combat jusqu’à la fin sans être pénalisé comme il devrait l’être.

Aguiar a fait en sorte de retarder la première pénalité en tentant un mouvement d’épaule, elle a fini par la prendre à 1’10 de la fin pour posture trop défensive, malheureusement la Française a perdu sa ceinture, ce qui a permis à son adversaire de récupérer. Ensuite, on voyait qu’elle n’osait pas enclencher, c’était assez frustrant à regarder. La 2e pénalité tombée avec encore 30" au chrono a redonné un peu d’espoir, il devenait possible de l’emporter même sans réussir à marquer, mais à la seule condition de pousser la Brésilienne à commettre une faute beaucoup trop grossière pour être ignorée. Plutôt que de se mettre en danger en s’accrochant à son avantage, Aguiar a décidé de repasser à l’attaque, son mouvement d’épaule est passé (waza-ari), elle a enchaîné au sol car Tcheuméo a laissé faire pour abandonner sans rien tenter. Pourquoi ? A cause du réveil de sa blessure au genou dès la première action. Elle a essayé malgré tout de défendre ses chances tant qu’il lui en restait, elle ne pouvait plus, d’où ce renoncement à quelques secondes de la fin.

Cette blessure explique aussi son forfait pour la suite de la compétition. Risquer se détruire totalement le genou en essayant d’accrocher une très hypothétique médaille de bronze en passant par les repêchages, ce qui imposait de remporter 2 combats, n’aurait eu aucun sens.

Aguiar s’est ensuite qualifiée pour la finale en battant la Japonaise Sato, qui a réclamé en vain la 3e pénalité jamais reçue par la Brésilienne, toujours en raison de l’autorisation offerte à celui ou celle qui mène de faire ensuite de l’antijudo ou de ne rien faire du tout.

En finale, elle a battu l’autre Nippone, Mami Umeki. Il s’agissait d’un duel entre les 2 dernières championnes du monde. Mangée physiquement à la garde, Mami a été pénalisé 2 fois en 1’45 puis réagi, mis la pression à son tour, provoqué une sanction à l’encontre de son adversaire. Après 4’, le tableau n’affichait que des cartons. Par conséquent, golden score… Cette prolongation n’aura duré que 9 secondes. D’un petit balayage ou crochetage à l’intérieur, la Brésilienne a mis un terme au combat en s’offrant un 2nd titre mondial. Elle doit sans doute ce titre en bonne partie à la blessure d’Audrey Tcheuméo. Du moins, il s’agit là de mon sentiment.

Pas de médaille aujourd’hui pour la France qui reste bloquée à 2... Ça va finir par couiner ! Heureusement, Cyrille Maret et surtout Teddy Riner entreront sur le tapis demain pour sauver le bilan masculin. Aucun quart de finale après 5 jours avec 7 combattants, c’est hyper décevant. Chez les femmes, on constate que si les quarts de finales n’ont pas manqué, tout s’est joué à ce stade : les 2 qui ont remporté le leur ont fini sur le podium, les autres ont échoué au 5e ou 7e rang.

Le PSG judo attend un titre mondial depuis trop longtemps – même si c’est vrai, il a disparu entre 2002 et sa résurrection il y a quelques jours – pour que Teddy se manque. Sa série d’invincibilité ne peut pas s’arrêter juste après l’officialisation de sa signature au PSG. Il décrochera donc demain un 9e titre de champion du monde. Même pas peur !