• Ski alpin : slalom géant féminin.

Encore une annulation en raison d’un vent trop violent ! Cette fois, les organisateurs ont dû reprogrammer le slalom géant féminin dont la tenue avait pourtant été confirmée aux filles. Tessa Worley était prête pour sa course, elle risque donc d’y avoir laissé de l’énergie. Ceci dit, on peut dire de même à propos de ses concurrentes, et l’annulation a été décidée assez tôt pour en limiter les conséquences. Bien sûr, c’est gênant, ça va bouleverser le calendrier, on a logiquement décidé de le placer jeudi, jour où aura déjà lieu la descente masculine reportée (il ne fallait pas choisir un jour avec une course masculine à 2 manches, ça aurait trop compliqué la donne pour les télés, qui vont toutefois devoir s’organiser, sachant que les sites de vitesse et de technique sont différents). Le slalom étant programmé mardi, j’espère que Shiffrin va beaucoup se fatiguer… Oui, tant qu’à faire…

A vrai dire, cette décision s’imposait. Les images montrent des portes quasiment couchées par la puissance du vent, la neige s’envolait de partout, y compris jusque dans l’aire d’arrivée où la température ressentie par les gens sur place frôlait les -30°C. Je n’ose imaginer Tessa dans ce vent. Etant petite et légère, on aurait risqué de voir s’envoler pour finalement la retrouver accrochée dans un arbre au milieu de la forêt !

Les qualifications féminines annulées dimanche devaient donner lieu à une finale directe à 26 – 25 suite à un forfait – qui s’annonçait interminable. Seulement, cette finale a dû être reportée au dernier moment à cause… du vent, bien sûr. Irrégulier et tournant, il aurait mis en danger les concurrentes lors des sauts. Surtout que la largeur d’un snowboard augmente la prise au vent et les risques. Hormis le vent et le froid extrême rendant la neige peu glissante et le matériel beaucoup plus rigide, les conditions semblaient parfaites. (^^)

Je croyais le report prévu à une autre date. Il ne s’agissait en réalité que d’un retard. La compétition a pu être lancée une grosse heure après son horaire initialement prévu. Pourquoi ? Les conditions restaient celles à l’origine de ce retard, la sécurité des filles ne comptait-elle soudain plus du tout ? Il fallait reporter. Cette comédie dramatique pas drôle du tout aurait dû être évitée. Comment ces championnes pouvaient-elles s’exprimer lors de cette épreuve ? En se lançant, beaucoup avaient plus en tête de ne pas se blesser que d’aller chercher la médaille ! Attribuer un titre olympique dans ces conditions est affligeant. Le plus terrible est de penser que dans tout autre contexte que les JO, cette compétition ne se serait pas tenue. Seulement il faut fournir des programmes en direct pour les télés et ne pas surcharger le calendrier des prochains jours. Du coup on envoie les athlètes au casse-pipe. On s’attendait à voir du slope, on a vu un énorme flop. Merci qui ? Merci NBC !

Lucille Lefèvre était la 2e sur la liste de départ. Après une faute à la réception après le 3e rail, elle a manqué ses 2 premiers sauts puis esquivé le 3e. Un run à oublier… Seulement, contrairement à l’épreuve masculine où les qualifications ont réduit à 12 le nombre des finalistes et où chacun a eu 3 chances de s’exprimer (en pratique la 3e manche a bouleversé le classement), les filles n’avaient droit qu’à 2 runs. Faire passer les 25 filles 3 fois aurait duré 1000 ans.

Dès le début, le déchet s’est accumulé. Que de runs à jeter à la poubelle ! Il a fallu attendre un moment pour assister au premier sans chute. Un coup de vent quand vous êtes dans les airs – plus ou moins haut selon la vitesse prise, certaines s’envolaient, d’autres manquaient singulièrement d’amplitude et retombaient sur le plat – suffit à totalement vous déstabiliser. Je me suis demandé s’il s’agissait d’une compétition olympique ou d’un crash-test. La 9e à s’élancer, l’Américaine Jessika Jenson, a pris la tête simplement en arrivant en bas sans faute majeure. 4e à Sotchi, la Suissesse Sina Candrian a raté 4 des 6 éléments – 100% de grabs manqués – mais sans tomber. 2e avec 66pts après 10 partantes. C’est vous dire le sketch. Avec une seule réception très limite doublé d’un grab raté, la Japonaise Yuka Fujimori est passée 3e. Bien partie, une Britannique a dû freiner et carrément esquiver le 2e tremplin en voyant les drapeaux balayés par le vent. Elle n’aurait jamais pu finir sur sa planche. Le niveau est monté avec la Norvégienne Silje Norendal, logiquement en tête avec 73.91. C’était propre, plutôt pas mal. Championne du monde en titre, la Canadienne Laurie Blouin était bien… mais a perdu le contrôle après la réception de son 2nd gros saut. Elle a volé très loin, a mis la main, paf. Je l’avoue, je riais devant ce "spectacle". Un rire nerveux teinté de dépit. Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures, celle-ci trainait en longueur.

On arrivait aux 3 grandes favorites.
Anna Gasser a tenté de balancer un saut monstrueux. Elle a été la seule à oser… mais a réceptionné avec les mains. Stratégiquement, c’était bête, pourquoi prendre autant de risques ?
Julia Marino a un peu mis une main sur une réception avant une chute classique sur la réception suivante.
Jamie Anderson, la patronne et tenante du titre, a été la plus intelligente tactiquement, elle a envoyé avec retenue, les sauts étaient gros sans prendre tous les risques, mais en replaquant tout proprement, elle a assuré largement la première place et sans doute déjà la médaille avec 83.00.

3 runs sans erreur sur 25…

La 2nde manche a débuté comme la première, y compris pour Lucille Lefèvre, auteur de la même erreur sur le 3e rail (normalement son point fort). La chute n’a pas mis fin à ses JO car il lui reste le big air. Un peu plus tard une Russe a réussi à tout poser, elle n’a pas forcément cherché à bien grabber et à envoyer de la difficulté, mais a su profiter d’un vent un peu moins violent pour monter dans le top 5. Jensen n’a pu améliorer, elle restait provisoirement 3e en priant pour que l’hécatombe continue jusqu’au bout.

Le vent a forci lors de cette seconde manche, les filles étaient souvent obligées d’attendre avant de s’élancer. On en a encore vu réussir de belles parties de runs entre les rafales… mais finir par se faire déstabiliser en l’air et se ramasser de façon parfois très violente. Norendal fait partie de ces filles. Elle restait 2e avant le passage de Reira Iwabuchi – Japonaise d’à peine 16 ans – qui occupe la tête de la CdM. Au premier run elle a pris des risques, mais a chuté 2 fois. Le reste était très gros et montrait tout son potentiel. Elle pouvait bouleverser le podium avec une meilleure stratégie… mais a encore chuté (manque de vitesse, elle est retombée trop tôt).

Je ne m’attendais plus à rien quand Hailey Langland a réussi une prestation qui a priori devait lui permettre de remplacer sa compatriote Jenson sur le podium. Son run très propre et plutôt stylé avec de l’amplitude n’a été noté que 71.80… 4e place. Je la voyais clairement 2e. Dans la foulée, Laurie Blouin a aussi eu de la chance avec le vent, elle a pu passer son run complet, on en a donc vu 2 de suite ! La Canadienne a pu se hisser au 2e rang (76.33). Le double saut périlleux arrière d’une Néo-Z a fait forte impression… après de grosses erreurs qui avaient déjà tué son run. A son tour, la Finlandaise Enni Rukajarvi a pu compléter son run mais en commettant pas mal de petites erreurs. J’ai été très étonné de la voir 3e (75.38)… les juges avaient dû oublier la prestation de Norendal depuis le temps. La suivante a été arrêtée par une rafale. Gasser et Marino étaient les dernières à pouvoir bouleverser la hiérarchie. L’Autrichienne a changé de stratégie en réduisant la difficulté, malheureusement un saut trop long s’est achevé en chute. Marino a connu la même issue en prenant une rafale. Anderson est donc devenue championne olympique avec 83pts sur son 1er run, elle n’avait même pas besoin de prendre de risque. Elle a tout de même essayé d’envoyer… avec une chute à la clé.

Les Etats-Unis ont donc remporté l’épreuve chez les hommes et les femmes, ceci de façon méritée même si cette compétition féminine a été une parodie. 7 runs propres et sans erreur sur 50… dont 3 presque de suite un peu avant la fin de la 2nde manche pendant un petit épisode d’accalmie. Le miracle dans cette affaire est de n’avoir aucune blessure grave à déplorer, mais seulement des contusions.

Anderson, Blouin, et Rukajärvi… On aurait pu aboutir à un podium bien pire : la championne olympique de 2014 suivie de la championne du monde en titre et de la vice-championne olympique de Sotchi (et ancienne championne du monde), ça a de la gueule sur le papier. Dommage qu’en pratique la compétition n’ait ressemblé à rien. Ce n’est pas une bonne pub pour le snowboard.

On craignait le pire avec ce vent pour les qualifications du half-pipe lancées quelques minutes plus tard à 400 mètres du parcours de slopestyle, dans une partie de la station qui semble à peine plus abritée. Seules les banderoles accrochées aux barrières de part et d’autres du pipe à 4 ou 5 mètres du coping permettaient de détecter clairement le vent. En général il y a de grands drapeaux pour aider les concurrents à voir s’il souffle. Etant en travers et très irrégulier, on risquait en partie la loterie (certes moins que lors de la finale honteuse vécue quelques minutes auparavant).

La règle : 24 concurrentes, 2 manches, classement établi en fonction du meilleur des 2 runs de chaque fille pour déterminer les 12 qualifiées.

Grande favorite, Chloe Kim a rapidement assuré sa qualification avec 91.50. On a loupé son run sur France 2. Mirabelle Thovex a un manqué d’amplitude, ce qui n’est pas forcément plus mal si on veut rester en vie avec ce vent, néanmoins ça semblait plutôt propre. Elle n’a eu que 62.25, un peu moins que Sophie Rodriguez (65.00), déjà présente à Turin il y a 12 ans, qui souffre depuis un mois d’une entorse de la cheville avec arrachement ligamentaire. Son run était assez propre mais avec une difficulté et une hauteur irrégulières. Derrière Kim, seules 3 filles sont allées taper entre 80 et 90pts, les concurrentes ont globalement eu beaucoup de mal, en particulier quand elles allaient assez haut et se faisaient déporter. Clémence Grimal, 14e à Sotchi mais médaillée de bronze aux ChM l’an dernier, a mis beaucoup d’amplitude au début mais perdu de la vitesse ensuite tout en commettant une erreur technique, ce qui a provoqué sa chute.

A mi-qualification, Rodriguez et Thovex occupaient les 7 et 8e rangs.

Kim, dont les parents ont émigrée de Corée vers les Etats-Unis en 1982, est tellement au-dessus du lot… C’est effrayant de voir une fille aller aussi haut, voltiger de façon aussi impressionnante sans en oublier le style, le tout avec autant de maîtrise. Elle méritait bien ses 95.50 pour son 2nd run.

Rodriguez a mangé une méchante bourrasque provoquant sa chute. Pas de chance, juste avant elle, Kim n’avait pas eu de vent. Thovex étant 10e provisoire, il lui fallait améliorer pour se mettre à l’abri. Elle a eu du mal à plaquer son premier trick, a manqué de vitesse sur certaines parties mais au moins a pu compléter son run. Elle a gagné 2 points et une place – mais n’a pas compris la faiblesse de la note – en doublant Kelly Clark, une des stars US en grandes difficultés lors de ces qualifs. Il restait une douzaine de filles susceptibles de doubler les Françaises... dont Grimal. Sans surprise, Arielle Gold a assuré le coup pour faire oublier sa première manche ratée… mais elle n’a pas été notée généreusement après débat entre les juges, lesquels ont dû considérer qu’elle avait fait le minimum. Résultat, 11e avec 62.75 et en sursis. Sena Tomita est passée de 12e à 7e en ayant portant posé les mains sur une réception avant de réussir une fin de run convaincante malgré de grosses bourrasques qui ont eu pour effet de la secouer.

Encore 8, Rodriguez et Thovex étaient 9 et 10e, Gold et Clark 11e et 12e… Aucune des suivantes n’a mis en danger ces filles. Il ne restait que Grimal et éventuellement une Canadienne pour aller chercher la qualification. Malheureusement ça s’est mal passé d’entrée avec le vent. Ayant tapé le coping à la réception de son premier saut, c’est devenu très compliqué pour la médaillée de bronze des derniers ChM, elle a chuté au 3e saut. Très décevant, elle a sans doute payé tous les soucis vécus depuis un an et son manque d’entraînement. La Canadienne n’a pas fait mieux.

2 qualifiées sur 3, c’est toujours mieux que rien, seulement Grimal aurait dû être la meilleure Française – c’est à relativiser pour la raison déjà évoquée – a été éliminée. Les Etats-Unis ont pu qualifier leurs 4 filles, 2 ont brillé, 2 ont serré les fesses jusqu’au bout.

Le Canada débutait cette dernière journée avec une belle marge. Derrière, les Russes et les Américains semblaient devoir se battre pour l’argent et le bronze.

On commençait par le programme libre masculin. Put*in, quel ennui ! On est tellement loin de l’époque où les patineurs avaient du charisme et de la créativité… Désormais, ils semblent beaucoup trop focalisés sur les éléments techniques, on dirait des machines, tout n’est que stratégie. Au niveau musical comme émotionnel, c’est d’une platitude déprimante. Je me suis emm*rdé du début à la fin, le public n’a jamais vibré, il ne se passait rien. Heureusement qu’ils n’étaient que 5 ! De surcroît, on n’y comprend rien. Même les commentateurs dépriment devant ce spectacle navrant et son jugement qui décrédibilise ce sport.

Sachez que la Russie a immédiatement été plombée par la chute et les erreurs de son représentant masculin, parti à la faute sur chacune de ses 3 tentatives de quadruples sauts. L’équipe des Etats-Unis a décidé de ne pas aligner sa star suite à un programme court totalement manqué. Mais le garçon choisi est parti sur une stratégie de prestation plus propre que difficile, il a réduit la complexité de ses sauts – du double Axel et non du triple, pas de tentative de quadruple car il ne les maîtrise pas – pendant les 2 premières minutes afin de ne pas se vautrer pour en placer un peu plus ensuite, où ça rapporte plus de points. Pas fou, super chi*nt, et pas totalement efficace puisqu’il s’est classé – de peu – derrière le Russe. Dans la foulée, Patrick Chan a super bien débuté avec 2 quadruples magnifiques mais a retourné son triple Axel… puis l’a de nouveau tenté… mais a chuté. Il s’est mis le doute, c’est parti en sucette, et va-y que je pose les mains sur la glace sur le saut suivant… 4 éléments techniques marqués à l’écran du rouge de l’échec, mais classé premier grâce à une note artistique particulièrement généreuse. Euh… Comment dire ? Si elle a quasiment assuré le titre au Canada, cette note a confirmé le caractère totalement illisible aux yeux du public d’un système de notation censé être plus juste et clair que les notes simples de ma jeunesse (avec comme graal le 6.0). On en voit chuter lourdement et plusieurs fois, ils obtiennent les meilleures notes. A se demander si en changeant le système de notation on n’aurait pas seulement camouflé et huilé la carotte…

Pour ne rien arranger, le Japon a fait patiner ses remplaçants, il a clairement lâché l’affaire en préférant préserver ses candidats à la médaille individuelle. Placer cette épreuve par équipes avant les épreuves individuelle est d’une c*nnerie sans nom. Si tu n’as pas une chance évidente de médaille, tu fais l’impasse. D’où une compétition au rabais.

Dans la compétition féminine, la recherche artistique est supérieure, les filles ne sont pas seulement dans la course à la difficulté technique. Les Etats-Unis ont décidé de lancer leur n°2 chez les femmes, Mirai Nagasu, qui a répondu en réussissant un magnifique triple Axel, une rareté chez les femmes, au début d’un très bon programme très propre, rapide, avec des difficultés bien placées pour prendre un maximum de points. Elle a explosé son record personnel. La Canadienne a fait le job, sa note a approché celle de Nagasu. Les Russes ont aligné la championne d’Europe, Alina Zagitova, 15 ans ½. Les Russes en ont des dizaines en réserve, toutes plus fortes les unes que les autres. C’est impressionnant, elle réussit tout avec une facilité et une fluidité déconcertante, place quasiment toutes les difficultés tardivement dans son programme pour obtenir un max de points… avec en plus une grâce, une élégance, une caisse physique et une tenue rouge de ballerine hyper étudiée pour que ses bras ressortent bien. Medvedeva a battu le record du monde du programme court, sa coéquipière et adversaire a battu son record personnel, ça devrait nous faire un beau duel russo-russe lors de l’épreuve individuelle. L’équipe des Athlètes Olympiques de Russies a pris le max de points devant les Etats-Unis et le Canada, néanmoins ces derniers avaient déjà la certitude d’être sacrés avant même le programme libre de danse sur glace.

Tessa Virtue et Scott Moir voulaient en profiter pour faire forte impression avant d’affronter Gabriela Papadakis et Guillaume Cizeron dans quelques jours. S’ils ont marqué les esprits d’une partie du public, les Canadiens n’ont fait qu’approcher – de très près – leur record personnel, lequel reste nettement inférieur à chacun des records du monde établis par les Français cette saison. On sait que la fédé canadienne tente de manœuvrer en coulisses pour voler le titre comme l’an dernier aux ChM, mais je ne m’inquiète pas trop car au lieu de laisser du jus dans cette épreuve, Papadakis et Cizeron s’entraînent. Ils ont décidé d’arriver plus tardivement en Corée du Sud où ils auraient eu très peu de plages d’entraînement. Même modifié et apprécié par le public, le programme des Canadiens sur la BO du film Moulin Rouge ne vaut pas celui des Français. Il est très sensuel, voir sexuel, de mon point de vue l’émotion manque, ils ne la provoquent pas. Surtout, ils ont eu des petits soucis techniques, on a vu des erreurs.

Les Etats-Unis ont pris la 2e place, les Russes la 3e, seulement tout était déjà figé, le Canada a été sacré (je ne sais pas si les 17 patineurs inscrits sont considérés comme champions olympiques ou si ça ne concerne que les 7 à avoir effectivement participé), les Athlètes Olympiques Russes ont obtenu l’argent et les Etats-Unis le bronze avec respectivement 73, 66 et 62pts.

  • Biathlon : poursuites.

La poursuite est entrée au programme olympique du biathlon en 2002. En 4 éditions, si une seule Française y avait obtenu une médaille (Marie-Laure Brunet en 2010), les Français y ont obtenu 2 titres (Vincent Defrasne en 2006, Martin Fourcade en 2014), une médaille d’argent (Raphaël Poirée en 2002) et 2 médailles de bronze (Vincent Jay en 2010, Jean-Guillaume Béatrix en 2014).

Suite aux sprints, sur les 8 cartouches de l’équipe, une seule semblait totalement grillée, celle de Quentin Fillon-Maillet. Tous les autres semblaient avoir une chance plus ou moins importante de venir se mêler à la lutte pour le podium. A vrai dire, on ne pouvait deviner dans quelles mesures les retours de l’arrière allaient être possibles tant les conditions de vent restaient incertaines. Le grand froid joue peu même s’il a tendance à durcir la piste, à la rendre moins glissante, et à favoriser ainsi les meilleurs fondeurs. Le vent faisait en revanche très peur, certains ont même milité pour un report qui n’aurait pas eu de sens, les conditions n’étant pas pire que lors des sprints, voire moins mauvaises.

La course féminine était la première disputée. L’équipe de France était représentée à différents stades de la course : Marie Dorin-Habert s’élançait 4e à 33 secondes de Laura Dahlmeier, Justine Braisaz 10e à 48" (dans les skis de Darya Domracheva), Anaïs Chevalier 16e à 1’09 et Anaïs Bescond 19e à 1’15, donc pas si loin du podium finalement.

Dahlmeier a dû débuter sa course avec beaucoup de prudence car énormément de filles lui ont repris du temps dès la première boucle, dont les Françaises et Anastasia Kuzmina, partie 13e à 54" et déjà 5e à 35" en arrivant au pas de tir pour le premier tir couché. Marie restait 4e à 28", les 2 Anaïs pointaient désormais à seulement 1e et 57". "Nanass" avait donc déjà repris 18 secondes à l’Allemande en s’accrochant à Herrmann (y parvenir a boosté sa confiance).

Les fanions bougeaient dans tous les sens, toutefois Dahlmeier était assez abritée au tapis 1, elle s’est appliqué pour réussir un beau 5/5. Olsbu a reculé en commettant une faute, en revanche Vitkova a fait le plein, gagnant une place pour se retrouver 2e. Marie a alors manqué sa chance de s’inviter sur le podium en manquant 2 cibles (la 2 et la 3e). Kuzmina, Justine et la surprenante Cadurisch ont chacune fait un sans-faute entre rapide et très rapide, doublant ainsi la Tchèque. Le 5/5 de "Nanas" lui a permis de terser à 1’ de la tête, mais désormais 8e, devancée par Domracheva. Malgré ses 2 fautes, Marie restait en embuscade, 14e à 1’20. En revanche, avec 3 tours de pénalité, Anaïs a plongé au classement, 37e à 2’27.

Véritable avion sur la piste, Kurzmina a doublé et laissé derrière elle Vitkova pour se rapprocher à seulement 13" de Dahlemeir avant le 2nd couché. Justine, "Nanass" et Marie ne parvenaient qu’à faire jeu égal avec l’Allemande, ce qui leur a tout de même permis de passer 4e et de rester 8e et 14e en reprenant du temps à la plupart de leurs adversaires hors Kurzmina. Le 2nd couché a été réussi par 3 des 4 Françaises, mais pas par Justine, très lente à démarrer son tir… pour louper la 1ère et la 4e. Dommage, elle a rétrogradé d’un coup du 4e au 12e rang (à 1’14). Compte tenu de ce vent très changeant, Dahlemeir savait devoir faire très attention, elle a commis une faute (2e balle), puis a modifié sa visée et fini à 1 seul tour. Plus agressive, Kuzmina n’a pas été freinée par son erreur initiale, il lui a cependant fallu attendre pour tirer la dernière balle en raison d’une grosse rafale de vent. Elle a pu s’en sortir à 4/5 et reprendre la piste en 2e position à 9" de l’Allemande. Derrière elles, Cadurisch et "Nanass" ont su faire le plein et ne déploraient plus que 12 et 24" de retard. Vitkova, qui avait distillé ses balles sans pouvoir réaliser le sans-faute (4/5), pointait au 5e rang à 29". Bonne surprise, un plein a complètement relancé Marie, de nouveau 6e à 49".

Il faut l’avouer, cette course revêtait certains aspects d’un jeu de massacre. C’est à relativiser car après les couchés, les 9/10 et 10/10 restaient nombreux, le classement était surtout chamboulé par les écarts assez phénoménaux générés pas la difficulté de la piste (accentuée par le vent qui en balayait certaines parties). En grande forme "Nanass" s’est emparée de la 3e place en rattrapant et déposant Cadurisch (jamais mieux que 43e cette saison en CdM). Si elle ne pouvait pas tout à fait suivre le rythme du duo de tête, Vitkova ne pouvait tenir le sien. Malheureusement Marie aussi a souffert, lâchant 20 secondes sur la 3e boucle tout en se faisant rattraper par d’autres filles.

Dahlmeier s’est attelée à suivre Kuzmina tant bien que mal jusqu’au pas de tir pour le premier debout. "Nanass" a un peu ralenti sur la fin de la boucle et comptait désormais 28" de retard, Cadurisch ne faisait plus peur du tout, en revanche Vitkova (à 47") voire le trio à 1’08 (Domracheva, Hinz, Marie) pouvait encore représenter en danger si les filles du top 3 ouvraient la porte. Le vent est beaucoup plus gênant debout, il fait bouger la carabine en plus de dévier les balles. Encore une fois, l’intelligence et la maîtrise de Dahlmeier ont prévalu. En patronne, l’Allemande a distillé pour faire le plein, acceptant le joli cadeau de Kuzmina, incapable de ne pas prendre tous les risques. En voulant attaquer pour mettre la pression, la Slovaque s’est piégée elle-même avec des fautes au 2e et au 3e tirs, ce qui offrait encore plus de confort à son adversaire. Derrière, "Nanass" avait un coup à jouer, un plein lui offrait une grosse option sur la médaille. Elle a pris son temps car le vent soufflait trop fort, puis a lâché mais manqué la première. Les autres balles ont toutes blanchi leur cible. Une faute. Pas rédhibitoire, même si pendant ce temps Vitkova réussissait à éviter l’anneau de pénalité (en ayant su se reprendre avant la dernière). Cadurisch a explosé en vol (3 fautes). Dahlmeier comptait 38" de marge sur Kurzmina, 49 sur Vitkova et 1’ sur "Nanass". La Française restait en lice pour le podium tout en se retrouvant en position précaire car en tirant à 5/5, Olsbu, Vittozzi, Öberg et Herrmann ont pu se replacer 8 à 14 secondes derrière elle. Si seulement Marie et Justine avaient pu faire de même… Marie a rajouté 2 fautes (3-4), Justine une (la 1ère), d’où respectivement 1’58 (15e) et 1’38 (10e) de retard. En revanche Anaïs a fait le sans-faute alors que le mal était déjà fait depuis longtemps.

A l’évidence, Kuzmina commençait à manquer de jus après avoir déjà tant donné depuis le début de la course, elle ne reprenait plus vraiment de temps. Hormis le retour de "Nanass" sur Vitkova, la situation est restée stable jusqu’au dernier debout. Encore une fois, le vent soufflait fort. Dahlmeier pouvait réussir le premier doublé sprint-poursuite de l’histoire du biathlon aux JO. Sa marge importante lui offrait la possibilité de manquer une cible. Un droit à l’erreur ? Pourquoi s’en priver ? Parce qu’une grande championne peut s’en passer. Elle a montré aux autres comment on fait. Encore une fois, elle a montré qui est la patronne : le plein en assurant chaque balle pour finir à 19/20 après son 10/10 au sprint, compte tenu des conditions lors des 2 courses, on ne peut qu’applaudir. Sachant la victoire hors de portée, Kuzmina devait assurer la médaille d’argent. Elle l’a fait après avoir manqué son premier tir. A 4/5, la 2e place lui semblait acquise. L’intérêt se tournait alors vers le duel franco-tchèque pour le bronze. Vitkova a craqué, commettant 2 fautes. "Nanass" a su éviter de penser au résultat pendant cette dernière session de tir. Un discours revient souvent quand un biathlète est en échec à cause du tir, il se reproche de n’avoir pas su rester focalisé les points techniques, de s’être laissé distraire ou de s’être mis la pression au pensant à l’enjeu. L’expérience a parlé. Son sans-faute lui a permis de repartir 3e dans les skis de Kuzmina sans la moindre adversaire susceptible de venir leur contester une place sur le podium (Olsbu est ressortie à plus de 30 secondes après un nouveau tour de pénalité, son 4e).

Il lui restait un tour pour essayer de passer du bronze à l’argent. En restant dans l’aspiration de Kuzmina, elle a réussi à s’offrir une chance au sprint. Le réalisateur est revenu un peu plus tard sur le duo pour nous montrer la dernière ligne droite. L’ancienne Russe était trop puissante. A vrai dire, l’argent ou le bronze, peu importe, on n’est pas champion mais médaillé olympique dans les 2 cas.

Dans l’idée, ce podium ressemble beaucoup à celui de Vancouver où on retrouvait Neuer (l’équivalent de Dahlmeier à l’époque), Kuzmina (déjà) et Brunet sur la boîte.

Au sein de l’équipe de France, la joie est grande de la voir réaliser son rêve olympique. Passée si près de le boîte il y a 4 ans (5e du sprint, elle devrait remonter à la 4e place à 2 secondes du podium suite au déclassement d’une Russe, aussi 5e de l’individuelle, trop 10 dans les 4 épreuves), elle a parfois brillé depuis mais a galéré l’an dernier, n’étant que remplaçante aux ChM où on lui a juste donné un dossard pour l’individuelle (car il y en avait un 5e disponible). Bien revenue cette saison dès les épreuves de ski-roulettes cet été, elle a affiché une régularité suffisante pour aborder les JO 9e au classement général et s’assurer une place en mass-start, toutefois il lui manquait le petit plus pour monter sur le podium. Ça s’est souvent joué au tir. Finir sur le podium derrière 2 doubles championnes olympiques est valorisant, non ? Elle l’a fait à 19/20 (un ses 5 seuls sur 58 concurrentes) en remontant du 19e rang. Son temps de ski (le 5e, à hauteur d’Herrmann) lui permet d’espérer briller aussi sur l’individuelle, donc elle a été vice-championne du monde il n’y a pas si longtemps. On la savait déjà en forme, son sprint n’a été gâchée que par un mauvais tir debout, elle était dans le coup pour déjà jouer les premiers rôles.

J’aimerais être aussi optimiste pour les autres Françaises. En ski, Justine n’est pas à son niveau, elle a le 14e temps à 1’13 de Kuzmina, soit 2 secondes seulement de mieux que Marie mais en déclinant tout au long de la course alors que Marie a fini fort (6e temps de la dernière boucle). Peut-être peut-on l’expliquer par la différence de motivation : après un dernier debout désastreux (4 fautes pour Justine, 3 pour Marie, très lente à démarrer), Justine n’avait plus rien à jouer, Marie devait s’arracher pour sauver les meubles (sa place en mass-start dépend de ses résultats sur le sprint et la poursuite car elle cèdera sa place pour l’individuelle). 27e de la course à cause de son 13/20, j’ai du mal à l’imaginer être parmi les 3 appelées à disputer la course en ligne. Ce sera aussi très difficile pour Anaïs, 24e en raison d’un tir indigne d’elle (15/20, 3-0-0-2).

On a vu beaucoup de grosses remontées avec les dossards 13, 19, 21 (Herrmann), 26, 24 (Eckhoff) et 27 dans le top 10. Une seule de ces 6 remontées est principalement due au tir, les autres sont dues à de bons temps de ski. biathlon_poursuite_F.jpg

Cette médaille, la 2e de l’EdF et la 1ère du biathlon, a fait du bien à tout le monde. Y compris à Martin Fourcade, dont l’épreuve s’est tenue un peu plus tard dans un froid encore plus intense. Les drapeaux semblaient un peu moins agités, néanmoins on allait sans doute avoir les mêmes conditions très instables que pour les filles. Arnd Peiffer ne possédait quasiment d’aucune marge. Martin Fourcade, 8e à 22", Simon Desthieux 12e à 32" et Antonin Guigonnat, 27e à 59", avaient tous leur chance. Les résultats de la course féminine permettait à Johannes Boe (31e à 1’13) de croire en un improbable retour, en revanche Quentin Fillon-Maillet, largué à 1’49 (48e) ne pouvait y compter.

La course de Martin mérite la qualification de chef-d’œuvre. Sa carrière en compte une séries. On a touché au sublime. Il a écrasé la concurrence tactiquement, psychologiquement, techniquement et physiquement. En partant 8e avec 22 secondes de retard sur la tête, il a avait pas mal de monde à rattraper dès la première boucle. Partir fort pour rejoindre le premier groupe de chasse et rester dans les skis lui a permis de quasiment rattraper le leader avant le premier tir couché. Il a même doublé tout le monde pour s’installer au tapis 2 et déjà mettre la pression. Le vent soufflait très peu, Martin a pris le temps de l’analyser en arrivant sur le pas de tir, mais pendant son tir, les conditions ont changé, il a manqué le 3e. Au début, ça tirait très bien pour quasiment tout le monde, ensuite c’est devenu très compliqué. Alors que Julian Eberhard et les 4 Allemands dont sortis avec le plein et figuraient dans un top 6 décomposés en 3 duos, Martin avait retrouvé sa 8e place, désormais à 28 secondes. Dès lors, le patron du biathlon mondial a pris la tête de son groupe pour lancer la chasse. Il ne reprenait pas beaucoup de temps et a incité ceux qui l’entouraient à passer. On a alors vu un très jeune Suédois inconnu bosser pour ramener tout le monde. Réussir à ce que Sebastian Samuelson (19 ans) fasse le travail dans un groupe où figurent les 2 derniers lauréats du gros globe de cristal, c’est du génie ! La plupart des intercalés ont été avalés, ce garçon a même fini par attaquer pour rejoindre les 2 hommes de tête. Resté caché dans le paquet, Martin est arrivé sur le pas de tir à 13" de la tête, il s’est installé à la cible 7, peut-être en ayant pour but de tirer à sa cible de réglage (la 6) ou tout près. Là, nouvelle preuve de sérénité et d’intelligence, il a pris tout son temps pour lâcher sa première balle. Sentir tous les autres repartir avant lui n’a provoqué aucun stress, aucune précipitation. Il a pris tout son temps pour assurer le sans-faute. Parmi les 8 hommes de tête, seuls Eberhard et Benedikt Doll ont tourné (une fois). Martin est ressorti 6e à 21" de la tête mais pas très loin du groupe lancé à la poursuite de Peiffer, toujours en tête. On trouvait toujours 3 Allemands dans le top 4… et un ogre à leurs trousses. Accélérer un petit coup pour rejoindre le groupe de chasse à une dizaine de seconde de l’homme de tête lui suffisait. Il a encore opté pour une stratégie prudente et intelligente, l’abri. En restant tranquillement dans les skis en minimisant sa dépense énergétique, il ne s’exposait pas et se laissait tracter jusqu’à rejoindre Peiffer avant le premier tir debout. Là encore, il a doublé pour aller au tapis 2 et mettre à pression à tout le monde, car sa présence impacte psychologiquement tous les autres. ça soufflait fort, j’avais peur devant mon écran… pas lui. Peiffer a commencé par une faute, tout le monde a suivi le mouvement en se condamnant à aller tourner… Tous ? Sauf un. 5/5 pour Martin, parti seul devant. Il allait mettre le feu à la piste ! Derrière, les Peiffer, Tarjei Boe, Samuelsson, Schempp, Doll et autre Bjøntegaard comptaient entre 20 et 31 secondes de retard. Il y a eu regroupement entre ces 6 prétendants à la médaille… Seulement, Martin leur a mis une tartine : 32" après 8,4km, 39 après 9,5km puis à l’arrivée sur le pas de tir. Comme Dahlmeier, il avait une marge avant d’aborder ce dernier debout. Une encore plus importante, quasiment 2 tours de pénalité. Comme Dahlmeier, a montré comment on fait. Son debout à l’attaque est un modèle du genre. Avant de partir, le même geste qu’à Sotchi au même stade de sa poursuite victorieuse, un poing serré en direction du public. Magique ! Il a pu finir tranquillement, drapeau en main (son temps de ski serait bien meilleur, ça fausse complètement son temps de ski général, il était au-dessus du lot). biathlon_poursuite_H.jpg

Pour ce qui est de la médaille d’argent, ça s’est joué sur le dernier passage au tir entre les 6 qui formaient le 1er groupe de chasse. Doll et Samuelsson ont été les seuls à faire le plein. Desthieux ne pouvait donc plus jouer la médaille, manquer son 4e tir ne changeait presque rien, il a fini 7e au lieu de 4e (il était sorti du tir 5e). Pendant toute l’épreuve il a navigué un peu derrière la bagarre, manquant les occasions de recoller (faute au 1er couché, retombé au 13e rang à 45", il est resté à une dizaine de secondes du paquet lors du tir suivant malgré son sans-faute, et incapable d’accrocher le bon groupe, ce qui l’a fait passer de 9e à 31" à 8e à 34" quand les 7 premiers se regroupaient, puis la faute au 3e tir du debout alors que la porte s’ouvrait grâce aux manqués de ses adversaires, il est ressorti 10e à 49" au lieu d’être 3 ou 4e à 25", et sur l’avant-dernier tour de piste, impossible une nouvelle fois de faire la jonction). Doll a repris la piste avec environ 8 secondes de marge sur le jeune Suédois, celui-ci ayant tiré plus lentement. Ce Samuelsson est monstrueux en ski, ou du moins il fait cette impression avec sa carrure et sa puissance. Après avoir rejoint l’Allemand il s’y est accroché, on le voyait combler les écarts dans le bosses même s’il peinait un peu à la finir… pour revenir à chaque fois et attaquer avant même le sprint. Doll, pourtant gros skieur, n’a rien pu faire. En une course, ce garçon est passé d’inconnu absolu (même pas de médaille aux ChM juniors à ma connaissance) à possible futur grand. Rendez-vous compte qu’en 5 étapes de Coupe du monde disputées cette saison il ne comptait aucun top 20 ! Au mieux, il a fini 13e d’un sprint la saison passée. Pan, vice-champion olympique en remontant de la 14e place avec un 19/20 ! Incroyable !

biathlon_poursuite_H__temps_de_tir_et_de_ski_.jpg Si seulement notre jeune à nous, capable de grosses perfs, avait pu en sortir une aujourd’hui… Seulement les 5 fautes (2-1-0-2) de Guigonnat ne lui permettaient de nourrir aucune espoir. Fillon-Maillet a terminé 44e avec 7 fautes (3-0-2-2). Tristesse. Ils partaient de trop loin même si les remontées étaient possible (Tarjei Boe au pied du podium, vainqueur de Schempp au sprint, Weger 6e, Desthieux 7e, Peiffer seulement 8e, ça nous donner, dans l’ordre, les dossards 8, 14, 6, 13, 7, 15, 12 et 1, sachant que le dossard correspond à la place au départ).

Martin, désormais triple champion et quintuple olympique, devient le premier Français à conserver son titre aux JO d’hiver depuis un couple de patinage artistique en 1932 ! L’exploit est impressionnant, la manière l’est encore plus. Les entraîneurs ont même pu se régaler lors de sa dernière boucle en le voyant passer. La France a donc désormais remporté 3 des 5 titres olympiques en poursuite chez les hommes… et évité une passe de 4 en biathlon. Leur laisser les 4 titres aurait piqué les yeux.

Pour la cérémonie des fleurs de cette 3e médaille française, la 2e en or pour les Pyrénées soit écrit en passant, on a vu Thomas Bach, le président du CIO. Normal.

  • Ski acrobatique : ski de bosses.

Après l’or pour Perrine Laffont, pourquoi pas un nouveau podium français en ski de bosses ? Sacha Théocharis s’est qualifié directement vendredi lors de la première manche, Benjamin Cavet et Anthony Benna allaient essayer de le rejoindre en finale.

Cavet, pourtant le plus attendu des trois, a totalement manqué sa qualification 1, il devait absolument se reprendre en sortant une grosse manche. Benna ayant la 2e meilleure note des non-qualifiés, il pouvait espérer passer même sans améliorer sa note.

Benna a assuré son saut en haut mais manqué le second car il était parti en survitesse. Sa faute, rédhibitoire… ne l’était pas puisqu’il restait 3e après 6 concurrents grâce à la note conservée. Il fallait que 8 ou 9 des 14 derniers à s’élancer obtiennent mieux que ses 76.28. Impossible. Il n’a rétrogradé qu’en 16e position (doublé notamment par un Sud-Coréen noté 81.23, ce qui l’aurait classé 3e vendredi). Malheureusement, Cavet n’a pu rejoindre ses coéquipiers. Le vice-champion du monde en titre est sans doute le plus gros poisson parmi les éliminés précoces. Le 20e est passé à 74.61, on peut donc difficilement ne pas évoquer une contreperformance. Le réception du saut du bas a tout gâché, il avait bien skié jusqu’ici. Il n’a donc pas amélioré sa note et en est resté avec 72.74. Une énorme déception.

La finale 1 s’est déroulée pendant la poursuite masculine de biathlon. Cavet, champion du monde 2015, a réussi une très belle manche… avant une erreur tout en bas. Au ralenti, le grab du 2nd saut n’était pas très net… 76.43, était-ce suffisant ? Pas sûr. Théocharis a été l’auteur d’un run impressionnant, très haut et droit dans les bosses, avec un temps dingue mais juste une petite réception un peu écrasé sur son énorme 2nd saut. 6e avec 77.09… avec 9 concurrents derrière. Il est passé 12e et dernier, Benna a été éliminé… 13e. La rage.

Et malheureusement, lors de la finale 2 dont il était le premier partant, le dernier rescapé français est parti en cacahuète dans les bosses. Manche totalement ratée (3 ne sont même pas allés au bout, il a donc terminé 9e). Et journée manquée pour les bosseurs français.

Le top 6 comprenait 2 Canadiens, un Japonais, un Américain, un Australien et un Norvégien. Marc-Antoine Gagnon a commis une petite erreur. Le Norvégien Vinjar Statten en a commis une très grosse, il a chuté. L’Australien Matt Graham, 3e mondial, a mis la pression avec une super manche dotée de sauts monstrueux : 82.57… Médaille déjà certaine. L’Américain Casey Andringa s’est un peu désuni dans les bosses et a posé les fesses à la réception d’un 2nd saut particulièrement osé "désagrémenté" par un double grab tardif pas net. 75.50.
Mikaël Kingsbury, le grand patron du circuit (6 victoires en 7 épreuves de CdM cette saison, il va encore remporter la CdM), a fait une manche hyper propre, certes avec des sauts un peu moins dingues. Sa note de 86.63 allait-elle lui permettre de décrocher son premier titre olympique après l’argent de Sotchi ? La réponse ne dépendait pas de lui.
L’an dernier, un Japonais a surpris le King aux Championnats du monde. Un autre Japonais l’a surpris en Finale 2. Daichi Hara a aussi fait une super manche à une exception notable et très coûteuse : il a manqué le grab sur son 1er saut. Il ne pouvait donc pas gagner. 82.19 semble très bien payé, il a pris le bronze.

Kingsbury est donc venu s’ajouter à la liste des patrons titrés aujourd’hui… Graham a apporté à l’Australie sa première médaille cette année. Le Japon décroche le bronze.

  • Saut à skis : concours féminin.

2 sauteuses à skis françaises participaient à ces JO. Elles n’ont pu tirer leur épingle du jeu.

Lucile Morat, 16 ans, excellente lors de l’entraînement, a connu un souci technique (un problème de fixation, pas de combinaison, elle a demandé elle-même à aller le réparer). Du coup, une fois prête, elle pouvait sauter à tout moment. Quand elle a pu se lancer, sa compatriote avait déjà sauté. Pour ses 2nd JO à 21 ans, Léa Lemare, déjà en difficulté lors des entraînements, a eu beaucoup de mal à se lâcher. Elle s’est clairement manquée… sans pour autant se faire éliminer. Elle s’est qualifiée parmi les dernières. Sans doute un peu déstabilisée par sa mésaventure, Lucile Morat a connu un sort plus ou moins similaire, à savoir un échec moins marqué. Au lieu de 95m lors du saut d’essai, elle s’est posée à 86m50 (avec peu de vent). Ça la qualifiait en fin de top 20.

Lors de cette finale, le vent a encore beaucoup gêné en variant énormément. Certaines en ont eu beaucoup de face – c’est favorable en saut à ski – avec de corrections allant jusqu’à -15, d’autres n’ont pas du tout eu de vent ou en ont même eu dans le dos, ce qui a fait suspendre l’épreuve plusieurs minutes et a obligé à monter la plateforme d’élan. Quand il faut attendre dans un froid polaire (en haut du sautoir, dans le vent, ça tapait dans le -20 ou -30°C ressentis), c’est vraiment dur ! Les perfs ont commencé à monter, on a logiquement eu plus de distance avec le retour du vent de face et plus d’élan, Katharina Althaus, s’est posée à 106m50 (-9.8 de vent) après les 103m50 de Sara Takanashi, puis Maren Lundby a pris la tête avec 105m50. La Norvégienne a pris la tête avec 125,5pts contre 123.2 pour l’Allemande et 120.3 pour la Japonaise, la 4e n’ayant que 114.7.

A l’issue de la première manche, on trouvait en tête la très grande patronne du circuit (7 victoires cette saison) devant la seule autre fille à avoir gagné en CdM cet hiver (2 fois).

Lors de la seconde manche, il s’est mis à neiger, certes pas énormément, mais assez pour rendre la trace moins glissante et réduire la vitesse. On a donc encore monté la barre d’élan. Une armée de volontaires de l’organisation armés de souffleuses dégageaient ces flocons entre chaque passage.

Lucile Morat a pris du vent sur la fin et perdu des places. Lemare est allée beaucoup plus loin, mais avec beaucoup de vent favorable, ce qui ne paie pas. Ces 2 jeunes femmes comptent bien revenir aux JO et profiter de l’expérience engrangée.

Passons directement au top 6 de la première manche. Carina Vogt, championne olympique et double championne du monde en titre, a pris la tête provisoirement. La légendaire Daniela Iraschko-Stolz n’a pu la lui subtiliser, ça s’est joué 2 points. Irina Avvakumova a alors obtenu la première place en attendant de voir saute Sara Takanashi, 4e à Sotchi, qui cette fois a obtenu la médaille promise il y a 4 ans où tout le monde l’attendait en or. Ses coéquipières ont pleuré de joie après avoir vu leur idole assurer un podium. Avec 103m50, elle a aussi mis la pression avec un score conséquent (243.8). On a encore changé l’élan pour Katharina Althaus… 106m avec un élan réduit ! Outch ! Maren Lundby devait relever un énorme challenge : 252.6 à battre. Et comme il s’agissait de la journée des patrons et patronnes, elle a claqué un saut au-delà du H.S., soit 110m. Dingue ! Elle avait certes beaucoup de vent de face, mais Althaus à peine moins. A l’arrivée, 12 points d’avance (264.6)… Sans contestation la plus forte.

Morat s’est classée 21e (154.8) Lemare 28e (146.8)… Ce n’est pas le même monde que le trio de tête !

  • On notera également que…%%

-La Néerlandaise Ireen Wust, sacrée sur 1500m, est devenue la patineuse de vitesse la plus médaillée de l’histoire des JO avec 10 podiums (5 titres, 4 médailles d’argent, une de bronze).
-Le Canada et la Suisse ont gagné leur place pour la finale du tournoi de double mixte de curling.

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