• Etape 1 : Course à handicap.

De Noirmoutier-en-l’Île à Fontenay-le-Compte (201km).

Journée chaude, parcours tout plat – hormis une petite côte de 4e catégorie – en bord de mer mais sans vent, étape de plus de 200 bornes débutée assez tôt pour la terminer avant le 3e quart de finale de la Coupe du monde de foot… Il n’y avait strictement rien à en espérer, hormis un sprint. On connaissait le scenario à l’avance : une échappée partie rapidement, en l’occurrence avec Kévin Ledanois (FST), Jérôme Cousin (DEN) et Yoann Offredo (WGG), on les laisse faire et prendre un peu d’avance, les équipes de sprinteurs se placent rapidement en tête de peloton pour maintenir l’écart dans des proportions leur assurant de manger les échappés au moment voulu. Sachant n’avoir aucune chance de remporter l’étape, les fuyards se disputent plus ou moins ce qu’il y a à prendre au passage, à savoir quelques primes dont celle du sprint intermédiaire (Cousin est passé en tête sans combattre), le point de la côte du jour (Ledanois en a profité pour prendre le maillot à pois sur ses terres, il est même passé dans son village, il s’est relevé après la côte) et bien sûr le trophée de combatif du jour (obtenu par Offredo en essayant plusieurs fois de s’isoler à l’avant). Hormis quelques petites chutes individuelles et un nombre étrangement important de soucis mécaniques (surtout dus à de mauvais réglages de matériel, certains ne semblant pas tester leurs nouveaux équipements avant d’arriver sur le Tour, aussi peu professionnel cela puisse-t-il semblé).

Bien sûr, le peloton est revenu comme prévu pour se disputer la victoire d’étape dans un sprint massif. Fernando Gaviria (QST) avait déjà réglé le peloton au sprint intermédiaire, il a éclaté tout le monde à l’arrivée, très bien lancé par ses équipiers : 1ère étape sur le Tour, 1ère victoire, 1er maillot jaune (1er Colombien en jaune depuis 15 ans). Peter Sagan (BOH) a encore fini 2e d’une étape du Tour, il compte un nombre fou de places d’honneur… mais n’est pas à plaindre, son palmarès étant monstrueux.

Heureusement, cette étape en bois ne s’est pas limitée à ça. Les 12 derniers kilomètres ont réveillé tout le monde. Nervosité, malchance, mauvais placement et manque d’intelligence ont soudain fortement augmenté l’intérêt de ce Tour de France. Une première chute impliquant notamment Arnaud Démare – plus en mesure de jouer le sprint – a commencé à foutre le b*rdel au sein du peloton, puis Egan Bernal (SKY) est tombée en se faisant surprendre par un rétrécissement, Chris Froome y est à son tour allé de sa cascade en allant se vautrer sur l’herbe de façon assez spectaculaire, et pour finir, Nairo Quintana (MOV) a été ridicule en s’arrêtant pour une crevaison à environ 500m de la limite des 3km (rappelons que sur ces étapes de plat, en cas de chute ou d’incident mécanique dans les 3 derniers kilomètres, on vous crédite du temps du groupe auquel vous apparteniez en entrant dans cette zone). Le Colombien aurait dû rouler à plat et faire comme s’il avait subi son problème à moins de 3 bornes de l’arrivée. Vouloir se faire dépanner par l’assistance neutre lui a coûté très cher, il est reparti bien après tout le monde…

Ces incidents ont aussi eu pour effet de créer des cassures. Outre les 2 très gros poissons de la SKY, on a découvert la présence de Richie Porte (BMC) et d’Adam Yates (MTS) parmi les piégés du jour. Ils ont terminé dans le groupe de Froome à 51 secondes du vainqueur, Quintana et Bernal ont été rejetés à 1’15… Pas mal d’autres coureurs ayant un potentiel de top 10 ou une ambition au général malgré leur rôle d’équipier ont aussi pris un éclat, à l’image de Pierre Latour (ALM), victime de par la première chute conséquente (largué à 2’11), mais aussi de Landa, Nieve, Ten Dam, Pozzovivo…

Quintana va sans doute payer très cher cette boulette. Les autres cadors se rattraperont lors du contre-la-montre par équipes. Normalement, cet effort collectif que j’exècre devait tuer la course en offrant un énorme avantage aux Sky, aux BMC, voire aux Michelton-Scott. Grâce aux écarts du jours, des coureurs comme Romain Bardet (ALM) devraient pouvoir rester dans le coup au général avant ce que j’ai envie de qualifier de véritable départ du Tour (mercredi, lors de la première étape un peu vallonnée, soit après ce clm dont je ne pige pas l’intérêt, on réduit le nombre de coureurs par équipes pour réduire l’avantage qu’ont les formations les plus riches et on fait plus que compenser cette décision en mettant cette épreuve ultra favorable aux formations capables d’aligner 8 machines à rouler).

Les 12 derniers kilomètres.

Résumé.

  • Etape 2 : s’éclater au soleil.

De Mouilleron-Saint-Germain à La Roche-sur-Yon (182km).
Abandons :

Plein soleil, grosse chaleur, galère en solo, gros gadins, sprint en petit comité. Tel est le résumé de la journée.

On le savait, il n’allait rien se passer sur cette étape encore d’une platitude quasi absolue (juste une petite côte de 4e catégorie en début de journée). Il allait être difficile de trouver des volontaires pour disputer une échappée au long cours destinée à l’échec, a fortiori par cette chaleur et la veille du clm par équipes, exercice redouté par tous. Kévin Ledanois a voulu y aller pour défendre son maillot à pois, il s’est ravisé, a voulu repartir… Au final, il s’est abstenu, faute de pouvoir rattraper les 3 hommes déjà à l’avant : Sylvain Chavanel (DEN), Dion Smith (WGG) et Michael Gogl (TFS). Smith a récupéré le point du classement des grimpeurs avant de se relever tout comme l’Autrichien. Ils ont laissé Chavanel tout seul ces c*ns ! La journée étant assez symbolique pour l’équipe Direct Energie (étape organisée dans son fief en Vendée, anniversaire de Jean-René Bernaudeau, Calmejane a gagné aux Rousses le 8 juillet de l’an dernier, etc.), Chavanel ne pouvait se relever. Il a donc continué seul, ne décidant de couper son effort qu’après avoir passé en tête le point bonus à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée. Pour ce qui est probablement son dernier Tour, ce qu’on a déjà cru 3 ou 4 fois, il s’est offert une journée à l’avant. C’est une galère plutôt sympa après tout.

Pendant ce temps, au sein du peloton, beaucoup ont connu d’autres genres de galères. Des galères nettement moins sympathiques. Je ne vais pas toutes les citer. On retiendra notamment que Rudy Molard s’est crashé à un peu moins de 90km de l’arrivée, il avait mal à l’épaule, est reparti après un changement de vélo. Cet accident s’est produit peu après l’abandon de Tsgabu Grmay (TFS), victime de maux de ventre. Luis Leon Sanchez (AST) a été le suivant à devoir renoncer, un très sale coup pour Jakob Fuglsang car il avait besoin du rouleur espagnol pour le clm par équipes. Il faut dire que l’Espagnol a mangé une belle gamelle, il était en sang de partout, bras touché (coude cassé, 4 côtes fracturées). Entre-temps, Janse Van Rensburg (DDD) a combiné chute et problème de chaîne, il lui a fallu des lustres pour parvenir à la remettre en place.

On a continué avec les chutes. Adam Yates (MTS) est tombée à un peu plus de 30km de l’arrivée avec Jésus Herrada (COF) et Silvan Dillier (ALM). L’Espagnol est reparti rapidement, le Britannique a mis plus de temps faute de parvenir à remettre son vélo en état (il était aidé par Jack Bauer), le Suisse a repris la route en dernier, il semblait assez touché physiquement, une très mauvaise nouvelle pour Bardet car Dillier est un élément essentiel pour le clm par équipes.

Poissard, Arnaud Démare a crevé de la roue avant à environ 24km de l’arrivée, il a été dépanné par un équipier. Devoir faire l’effort pour revenir dans le peloton n’est vraiment pas idéal pour un sprinteur. Ça aurait pu être pire, il a largement eu le temps de revenir, contrairement à Marcel Kittel (TKA), porteur intérimaire du maillot vert, dont la crevaison s’est produite à moins de 8km du but. La pénultième chute du jour est survenue encore un peu plus loin, Luke Durbridge (MTS) s’est ramassé tout seul, il est reparti avec des coupures aux jambes. La dernière a eu lieu à moins de 2km suite à une vague dans un virage dangereux. Il s’agissait cette fois d’un énorme carton, d’un carnage de masse. Beaucoup des meilleurs sprinteurs sont tombés, dont Fernando Gaviria, John Degenkolb (TFS) et Michael Matthews (SUN)… Les 2 plus touchés ont été Heinrich Haussler (TBM) et Christophe Laporte (COF). Après cet accident ils n’étaient plus que 15 dans le groupe de tête, dont Sagan, Greipel, Kristoff et Démare. Alaphilippe était présent mais n’a pas su que son sprinteur avait chuté, il a travaillé comme si Gaviria était là mais ne l’a jamais vu le doubler.

Arnaud Démare a démarré trop tôt, Peter Sagan l’a doublé, Sonny Colbrelli (TBM) est revenu et a bien failli passer. En gagnant, Sagan – qui avait dominé Gaviria au sprint intermédiaire, le Colombien n’ayant pas insisté – a aussi pris le maillot jaune, profitant des bonifications.

Bilan à la fin de l’étape : le jaune et le vert pour Sagan, les pois pour Smith, le blanc pour Gaviria, Chavanel combatif du jour.

La fin d’étape en intégralité.

Résumé.