• __Etape 3 : Serré.

De Cholet… à Cholet, 35,5km.

Forte chaleur, vent de face dans la dernière partie, beaucoup de monde.

La Sky, 2e équipe à s’élancer, a dû larguer Luke Rowe après 20’ de course, Wout Poels n’a pas tenu beaucoup plus longtemps. Elle n’a battu Michelton-Scott, 1ère sur la liste de départ, que sur le fil. Moins de 5 secondes d’écart.

BMC, qui avait battu Sky d’1 seconde il y a 3 ans sur le Tour, a pris la tête pour précisément 4"17… Dans cette équipe, il n’y a que de gros rouleurs.

AG2R a très mal débuté, le retard était déjà important au 1er intermédiaire (32"), il a été limité dans la 2e partie (58" de retard sur BMC). Tombé la veille et souffrant du genou, Silvan Dillier a alors été distancé. Dans les derniers mètres, ils n’étaient plus que 4 et ont fini à 1’15, une perf très honorable. L’équipe de Romain Bardet – particulièrement aidé par Pierre Latour – a un peu mieux limité la casse que prévu.

Bahrain-Merida a pris de très gros risques en faisant pratiquement toute la dernière partie à 4. Au moins souci pour un des 4, grosse catastrophe (car rappelons-le, le temps de l’équipe est pris sur le 4e). S’ils y ont échappé, ça leur a malgré tout coûté du temps. Ils ont terminé à 1’06. Vincenzo Nibali espérait peut-être un peu mieux, mais dans ces conditions, il risquait bien pire.

L’équipe Astana, partie à 7 suite à l’abandon de son rouleur L.L. Sanchez, est aussi arrivée à 4, avec une très bonne performance à la clé : 51" derrière BMC. Jakob Fuglsang craignait sans doute une addition plus salée.

Equipe tous-terrains disposant de joueurs polyvalents ayant tous à la fois un profil particulier et un terrain de jeu favori (Julian Alaphilippe puncher et très fort en moyenne montagne, Philippe Gilbert puncher, Fernando Gaviria sprinteur, Nikki Terpstra très fort sur les pavés, Bob Jungels pour le général), Quick Step a réussi une super perf en terminant à seulement 7 secondes de BMC malgré une tergiversation au un moment où Gaviria a lâché (tôt). La voiture a demandé à un des coureurs de l’attendre afin de ne pas l’abandonner et de le mettre en danger d’élimination (car comme dans toutes les étapes il y a des délais). Philippe Gilbert a donc loupé le maillot jaune pour 5 secondes… au profit d’un autre Belge, Greg Van Avermaet (BMC).

La Bora-Hansgrohe de Sagan, le maillot jaune… a fini sans Sagan, qui se relevé longtemps avant la fin.

Ce chrono s’est avéré extrêmement serré entre les équipes les mieux armées. Les 5 premières ont terminé en 11 secondes : BMC se classe 4" devant Sky, 7 devant Quick-Step, 9 devant Michelton-Scott, 11 devant Sunweb. Derrière, ça fait vite assez cher avec Education First-Drapac à 35" puis 8 formations repoussées de 50" à 1’15. La Fortuneo-Samsic de Warren Barguil a lâché 1’46. La claque du jour a été reçue par Cofidis, dernière à 3’23.

Au général, Van Avermaet devançait son coéquipier Tejay Van Garderen (même temps), Geraint Thomas (SKY) était 3e à 3", Philippe Gilbert 4e à 5", Bob Jungels et Julian Alaphilippe (QST) suivaient à 7" du maillot jaune, le grand leader suivant étant Tom Dumoulin (SUN) à 11". Les suivants ont déjà été rejetés relativement loin de Thomas et Dumoulin (les 2 véritables menaces au général final parmi ceux qui ont échappé aux incidents des 2 premiers jours tout en étant membre d’une formation du top 5 : Rigoberto Uran (EFD) 10e à 35", Rafal Majka (BOH) 11e à 50", Jakob Fuglsang (AST), Richie Porte (BMC), Ilnur Zakarin (KAT), Alejandro Valverde (MOV), Mikel Landa (MOV), Chris Froome (SKY) et Adam Yates (MTS) se suivant ensuite de la 13e à la 20e place entre 51" et 1’. D’autres, qui pouvaient craindre bien pire à l’issue de cette journée sont restés dans le coup, à savoir Vincenzo Nibali (TBM) à 1’06 et Romain Bardet à 1’15 (25e), comme Primoz Roglic (TLJ). Egan Bernal (SKY) s’est replacé après le gros éclat subit lors de la première étape (à 1’25 de Greg Van Avermaet) contrairement à Dan Martin (UAD), repoussé à 1’38, et bien sûr Nairo Quintana (MOV), largué à 2’08.

Conclusion de ces 3 premiers jours, hormis pour 2 ou 3 concurrents passés entre les gouttes et 2 ou 3 pour qui tout s’est mal goupillé, ce clm par équipes aura grossièrement eu pour effet de remettre tout à plat. On retrouve la grande majorité des leaders en quelques secondes, à peu près comme si le Tour avait débuté par un prologue classique. Les organisateurs ont de la chance car sans les chutes du week-end, on pourrait n’avoir déjà plus que 4 ou 5 candidats crédibles à la victoire finale, voire même au podium.

Le résumé.

  • Etape 4 : un air de déjà-vu.

De La Baule à Sarzeau (195km).
Abandon : Axel Domont (ALM).

Encore une journée très chaude… Encore une journée sans intérêt sur le papier avec une étape toute plate avec juste un sprint intermédiaire, une côte de 4e catégorie et un point bonus.

Encore une journée avec des hommes qui s’échappent d’entrée, sont contrôlés par le peloton et sont repris, donnant lieu à un sprint massif remporté par Fernando Gaviria (QST).

Encore une journée avec pour principale animation… des chutes.

On se serait presque cru devant un remake de la première étape avec un peu plus de suspense et sans les conséquences au général.

Des coureurs ont trouvé le moyen de tomber pendant la – longue – portion de défilé avant le départ réel, qui du coup a été donné environ 1km plus loin que prévu. Ça ne changeait rien à l’affaire : 4 hommes sont partis, 2 Belges et 2 Français (pas étonnant le jour d’une demi-finale de Coupe du monde opposant la France et la Belgique), dont 50% de Cofidis (Dimitri Claeys et Anthony Pérez). Ce quatuor comprenait aussi Jérôme Cousin (DEN) et Guillaume Van Keirsbulck (WGG). Le dernier nommé est passé en tête au sprint intermédiaire où Gaviria a ensuite dominé ses adversaires au classement par points (il est passé devant Griepel et Sagan).

Une nouvelle chute à environ 50km de l’arrivée a concerné pas mal de membres d’Astana dont Jakob Fuglsang. Parmi ses victimes, on peut aussi citer Bauke Mollema (TFS), Robert Gesink (TLJ), Kévin Ledanois (FST), plus un certain nombre d’autres. Le peloton a alors ralenti, ce dont ont profité les échappés pour reprendre 4’ d’avance alors que leur marge avait déjà bien fondu (elle a presque atteint les 8’ au maximum). Déjà lourdement accidenté lors du Championnat de France, Tony Gallopin (ALM) est tombé un peu plus tard.

A 5km de l’arrivée, alors que le peloton galérait à revenir malgré beaucoup d’équipes impliquées dans la chasse et pointait à encore 40s de la tête, nouvel épisode : un carnage entre le premier tiers et la moitié du peloton… Axel Domont (ALM) a pris très cher (traumatisme crânien sévère, clavicule cassée, peut-être d’autres blessures), Rigoberto Uran (EFD), Ilnur Zakarin (KAT) et de nombreux coureurs ont été retardés. Certains ont réussi à chasser pour réintégrer le peloton. La Sky s’est alors mise à rouler en tête, ce qui a définitivement tué l’échappée, fortement défavorisée par ces routes dramatiquement rectilignes. Le Wanty a insisté pour passer la flamme rouge seul en tête, il a été repris dessous.

Le sprint était disputé avec vent de face, Greipel a surpris tout le monde… mais a coincé dans les derniers mètres. Il a été sauté sur la ligne par Gaviria et Sagan. Groenewegen et Kittel complètent le top 5. Pas de Français dans le top 10 (mais 5 juste derrière).

Ilnur Zakarin a passé la ligne à 59 secondes du peloton, Guillaume Martin (WGG) à 1’24 (mais chez WGG, on ne joue pas réellement le général). Le grimpeur russe est relégué à 1’48 de Geraint Thomas (le mieux classé des Sky et globalement des mecs qui peuvent gagner le Tour).

Le résumé.

La fin d’étape en intégralité.

Les 2 prochaines journées, toujours en Bretagne, auront une autre allure. Enfin un peu de relief ! Espérons que les coureurs en profitent pour nous offrir du spectacle.