• Etape 7 : long…

De Fougères à Chartres (231km).

Oh la belle étape en bois ! 231km (plus une dizaine avant le départ réel) d’une platitude certes très relative – beaucoup de de faux-plats, pas de véritable ascension – mais ne comportant qu’une côte de 4e catégorie, un sprint intermédiaire et éventuellement un point bonus pour animer la course… Misère ! Des heures d’ennui en perspective, y compris pour les coureurs.

On est habitué à assister à une attaque d’entrée de jeu, à voir les équipes de sprinteurs contrôler, revenir en fin d’étape et se disputer la victoire. Cette fois, quand Yoann Offredo (WGG) est parti… personne ne l’a suivi. Il a donc lâché l’affaire. Du coup, un de ses coéquipiers a tenté l’aventure à son tour. Thomas Degand a pris un peu d’avance, il ne roulait pas bien vite, espérant toujours voir du renfort arriver. Toujours pas de volontaire. Fort logiquement, il a ralenti autant que possible pour se faire rattraper, ce qui a malgré tout nécessité un certain temps, tant le peloton était peu motivé.

C’est alors qu’un groupe improbable de très bons rouleurs a créé la panique chez quelques leaders peu attentifs. Ils représentaient pour la plupart des équipes ayant un gros sprinteur. On y trouvait Thomas De Gendt (LTS), Julien Vermote (DDD), Yves Lampaert (QST), Arthur Vichot (GFC), Michael Gogl (TFS) et Lukas Pöstlberger (BOH), équipiers respectivement de Greipel, Cavendish, Gaviria, Démare, Degenkolb et Sagan. Ceci explique pourquoi la Lotto-NL Jumbo de Dylan Groenewegen a immédiatement réagi pour empêcher l’envol de ce groupe qui comprenait aussi Simon Gerrans (BMC), Edward Theuns (SUN) et le duo Tony Gallopin-Oliver Naesen (ALM).

Tout est rentré dans l’ordre à environ… 200 bornes de l’arrivée. Après quelques minutes d’apathie totale, Offredo est reparti. Personne n’a souhaité le rejoindre. Par conséquent, il s’est assuré… le prix de combatif du jour. Ou pas.

L’homme de tête se désespérait seul devant en constatant que le peloton ne le laissait même pas réellement prendre le large (il pouvait espérer un quart d’heure de marge dans cette configuration). D’où des échanges animés avec sa voiture. Son avance a décru de plus en plus vite et a vite été réduite à néant quand une alliance AG2R-Treck Segafredo (dont le point commun est d’avoir un Gallopin dans leurs rangs) a lancé un coup de bordure. Il restait 100km, les routes étaient exposées à un vent de côté, les Movistar ont relayé, le peloton s’est scindé en 3… mais ça n’a duré très longtemps car hormis Dan Martin (UAD), attendu par ses équipiers, plus Arnaud Démare (GFC) dans un autre registre, aucun gros poisson n’avait été piégé. On ne va pas faire 100km de poursuite par équipes pour un si faible bénéfice. J’ajoute que le vent manquait de puissance et de continuité, il était trop irrégulier.

Laurent Pichon (TFS) s’est lancé à son tour dans un coup solitaire à 84km de l’arrivée. On ne lui a pas laissé plus de 2’ de marge. Il aura au moins remporté la prime du sprint intermédiaire… où Gaviria a encore devancé Sagan. Pichon avait perdu presque toute son avance. Il en a repris un peu mais le peloton était très nerveux, par peur des coups de bordures et autres entourloupes. Si bien que le regroupement général s’est opéré à 38km de la ligne d’arrivée. Son initiative a suffi à obtenir le prix de combatif du jour au détriment d’Offredo. Etrange. Ça sent la cabale contre la grande gueule de Wanty.

La BMC a fait le sprint au point bonus pour augmenter l’avance de Greg Van Avermaet de 3 secondes par rapport à tout le monde. Ensuite, calme plat. A ce niveau de calme, on peut parler d’anesthésie.

Fatigué, je me suis endormi avant le final. Sérieusement. J’ai appris la victoire de Groenewegen à mon réveil. Sur ce coup, le replay a été mon ami. Je me le suis fait en version accélérée parce que ces immenses lignes droites au milieu des champs de blé moissonnés ou non (dans pas mal de champs la moissonneuse-batteuse faisait son œuvre), quel ennui ! Personne n’a contesté les 3 secondes de bonification à Van Avermaet, preuve que cette nouvelle création des organisateurs ne sert à rien, et surtout pas au spectacle. Malgré l’accélération de l’image, j’ai failli m’endormir de nouveau devant le replay ! Les équipes de leaders se plaçaient à l’avant de peur d’un nouveau coup de bordure, si bien qu’il ne se passait RIEN. Pas le moindre mouvement.

Toujours aussi peu en réussite, les Groupama-FDJ ont perdu Olivier Le Gac sur chute à 5km de l’arrivée. Les équipes de leaders pour le général ont fini par se ranger après avoir dépassé la fameuse banderole des 3 derniers kilomètres, laissant enfin les équipes de sprinteurs se disputer la victoire d’étape. Christophe Laporte (COF) était très bien placé beaucoup trop tôt. Arnaud Démare (GFC) était bien emmené à la flamme rouge et après, mais quand Julian Alaphilippe (QST) a vraiment accéléré pour Fernando Gaviria, le train mis en place pour Démare a déraillé, il a fallu sauter dans la roue du sprinteur colombien et frotter avec Sagan. Le Français s’est fait enfermer. Gaviria a lancé sur la droite le long des barrières en répondant à Krisfoff (KAT) qui avait voulu anticiper (il y avait un virage à droite) mais Groenewegen était surpuissant, il a débordé tout le monde par l’extérieur. Une démonstration d’autant plus impressionnante qu’on finissait sur un faux-plat montant. Il a explosé tout le monde.

Gaviria 2, Sagan 3e, Démare 4e.

Le résumé.

La fin d’étape en intégralité.

  • Etape 8 : sans l’étincelle, pas de feu.%%

De Dreux à Amiens (181km).

Une étape en bois avec arrivée au sprint quasi certaine pour un samedi 14 juillet… Déprimant ! Si les organisateurs nous mettent un parcours pareil le jour de la fête nationale, qui plus est la veille des pavés, comment espèrent-ils offrir un feu d’artifice à même de captiver les spectateurs ?

R.A.S. pendant une vingtaine de kilomètres… Manifestement, même les plus volontaires des coureurs manquaient de motivation. Laurens Ten Dam (SUN) a alors étrangement décidé de s’échapper. Pourquoi ? Il ne le savait manifestement pas lui-même. Comme ça avait bougé, 2 hommes membres d’équipes de baroudeurs sont sortis le rejoindre, à savoir Fabien Grellier (DEN) et Marco Minnaard (WGG). L’écart s’est vite creusé, le peloton ayant tout intérêt à voir un petit groupe facilement contrôlable prendre le large. Ten Dam s’est alors relevé… Confirmation qu’il ne savait vraiment pas pourquoi il avait attaqué.

Si Minnard a pris le point de la seule côte répertoriée, Grellier a remporté le sprint intermédiaire sur le fil (il a réellement été disputé). Démare a réglé le peloton devant Sagan et Gaviria. Minnaard est passé en tête au point bonus où Greg Van Avermaet a encore gratté une seconde pour renforcer son maillot jaune.

Le duo échappé s’est battu autant qu’il le pouvait, seulement l’alliance des équipes sprinteurs tuait tout suspense. Un gros carton a 17km de l’arrivée sur une route large en pleine campagne a retardé beaucoup de monde, dont beaucoup sont allés à terre (mais pas tous). Parmi eux, Julian Alaphilippe (QST), Christophe Laporte et Dani Navarro (COF), mais surtout Dan Martin (UAD), qui a pris assez cher. Bauke Mollema (TFS) a rapidement pu retrouver le peloton. L’équipe de l’Irlandais a fait décrocher tout le monde hormis Alexander Kristoff afin de limiter la casse pour son leader.
Grâce aux caméras embarquées sur les vélos on a bien vu ce qui s’était produit : ça a freiné d’un coup devant Tom Skujins (TFS) et Tony Martin (KAT), ils ont dû piler, sont tombés, ça s’est empilé derrière.

Grellier a fini seul, son compagnon néerlandais ayant décidé de ne pas insister trop longtemps. Le Français a été rattrapé à 6 gros kilomètres de la ligne. Encore un prix de la combativité pour Direct Energie.

Philippe Gilbert (QST) s’est essayé au coup du kilomètre… aux 3km. C’était bien tenté dans l’optique de jouer le maillot jaune.

Les Groupama-FDJ ont bien bossé mais ont perdu Démare, complètement largué alors que cette étape qui arrivait quasiment à domicile était très importante pour lui. Grosse perte de confiance… Sagan a lancé de trop loin, il n’a pas tenu. Groenewegen est revenu comme un fou sur la droite de la route pour manger tout le monde. Il a franchi la ligne bien devant Greipel et Gaviria… pourtant pas classés 2 et 3e. En effet, on a vu Greipel tasser Gaviria dans les barrières sur la gauche, le Colombien l’a repoussé avec son casque, et pas qu’un peu ! L’Allemand lui a d’ailleurs répondu d’un coup de tête. Ça a bien sûr joué dans ce sprint. Ils ont par la suite été déclassés. Sagan est donc officiellement 2e pour la 702 937e fois de sa carrière sur le Tour, il a encore accentué son avance au classement du maillot vert. Suivent Degenkolb 3e, Kristoff 4e, Démare 5e, Boudat 6e.

Le sprinteur néerlandais a donc obtenu une 2e victoire consécutive, il en compte autant sur ce Tour que Gaviria et Sagan. En tout, ça lui en fait 3 en tout après celle de l’année dernière sur les Champs-Elysées.

Le grand perdant du tour est Dan Martin. L’Irlandais a lâché 1’16 suite à sa chute. Alaphilippe a été relégué loin du top 10.

Le résumé.

La fin d’étape en intégralité.