Non, l’élimination honteuse contre Manchester United n’est pas un simple accident. Elle est la conséquence d’une conduite irresponsable. C’est mécanique. Si votre voiture a un énorme souci de direction que vous vous refusez obstinément à réparer et que vous donnez des coups de volant intempestifs tous les 100 mètres, vous finissez dans le décor un jour où l’autre. A fortiori si vous avez en plus des pneus lisses, des freins usés et que vous êtes adepte des excès de vitesse. Cette élimination est le énième accident devenu inévitable parce que personne n’a rien fait pour l’éviter. Après autant d'accidents, le PSG mérite un malus de 3,5, le malus maximum possible. Le problème vient du conducteur.

Par quoi commencer ?

TITIS ET GROS MINABLES.

Je vais opter pour la formation. Pourquoi ? Sur la pelouse contre Manchester, seul Kimpembe représentait la formation parisienne. Aréola était sur le banc au profit de Buffon, recruté cramé à 142 ans. Nkunku et Diaby étaient en tribunes. Rabiot, transformé en paria, a été écarté par des dirigeants incapables de faire passer les intérêts du club avant leur ego.

Quelle personne saine d’esprit et honnête osera me soutenir qu’Aréola n’avait pas plus sa place dans les cages qu’un papy cramé depuis 2 ou 3 ans ?
Qui osera affirmer que l’entrée de Paredes a justifié le choix de n’avoir jamais laissé sa chance à Nkunku en Ligue des Champions (ZERO minute, une seule fois sur la feuille) ?
Qui osera croire que Tuchel avait plus intérêt à prendre sur le banc un Choupo-Moting – en sachant pertinemment qu’il ne l’utiliserait pas – ou un Cavani pas réellement en état de jouer – mais entré à la 93e – qu’un Diaby, capable de mettre le feu dans une défense comme celle de MU ?
Qui osera se féliciter de voir depuis des semaines des compositions d’équipes avec Marquinhos, Daniel Alves ou Juan Bernat milieux défensifs dans un milieu à 2 alors que Rabiot sert de bouc émissaire aux dirigeants pour faire oublier leurs propres responsabilités dans un véritable fiasco, celui de sa non-prolongation ?
Si le PSG manque de joueurs au milieu, est-ce de la faute de Rabiot où de celle d’un put*in de pseudo directeur sportif qui EN 4 PERIODES DE TRANSFERTS (8 mois répartis sur un peu plus d’1 an ½) n’a pas été foutu de recruter un seul milieu défensif, se permettant même de brader Matuidi ? La loi devrait prévoir une lourde peine de prison et une interdiction d'exercer à l'encontre d'un directeur sportif qui montre la porte à un Matuidi, l’âme du club, le meilleur leader qu’a eu le PSG sous QSI dans la mesure où il a toujours donné l’exemple à ses partenaires concernant un ingrédient fondamental du football de haut niveau, l’état d’esprit. L’intensité, l’agressivité et le jeu vers l’avant, il ne fallait jamais compter sur Verratti et Motta pour les impulser. Sans Matuidi ni successeur pour reprendre son flambeau, seul un concours de circonstances favorables pouvait permettre du PSG de connaître un grand destin européen cette saison. Marquinhos a probablement la personnalité et le cœur pour être un leader, seulement il a un jeu de défenseur[1], on ne peut lui demander de créer du jeu, ce que fait Matuidi par ses déplacements.

A la liste des Titis auxquels la confiance accordée par le club laisse pour le moins dubitatif, ajoutons les Weah, Augustin, Edouard, Adli et autres Sabaly qui n’ont jamais ou jamais réellement eu leur chance ces dernières saisons et ont été éjectés pour des raisons absolument scandaleuses. On prête à certains des problèmes de comportement (je vais y revenir), mais quand des joueurs recrutés de l’extérieur font pire, on ne leur reproche rien et on continue à leur donner leur chance ! Plus dingue encore, on les prolonge, on les augmente, on les présente comme des joyaux, des piliers de l'effectif… Beaucoup de supporters sont complices de ce phénomène que je dénonce depuis des années, celui de la présomption d’infériorité que subissent les Titis (et par extension la plupart des joueurs Français). Ils sont systématiquement décrits comme de niveau médiocre, on ne leur reconnait aucun droit de revendiquer quoi que ce soit, ils doivent se contenter des miettes en souriant, être toujours très bons dès qu’ils entrent en jeu sans même avoir le rythme de la compétition et jouer à leur poste, et bien sûr signer tous les contrats que le club veut leur imposer. A la moindre erreur, à la moindre expression d’une personnalité non soumise, on leur tombe dessus, on les catalogue, on les dénigre.

Et pendant ce temps, l’Ajax Amsterdam est en quart avec une génération de gamins talentueux à qui le club a donné la chance de grandir. Bien sûr, la pression n’est pas la même au PSG, où gagner et briller est obligatoire chaque année. Mais objectivement, avez-vous plus de chances de briller en entourant vos stars de joueurs médiocres ou cramés souvent surpayés et/ou achetés à coups de millions, ou alors de jeunes talentueux que vous formez et éduquez en leur donnant l’opportunité de prouver leur valeur ? Quand vous décidez de faire entrer un milieu offensif à 20 minutes de la fin contre un Manchester United décimé et totalement inoffensif, vaut-il mieux faire entrer un Leandro Paredes acheté 47 millions fin janvier, absolument pas intégré et d’une mollesse physique folle, ou un Nkunku à qui vous auriez fait enchaîner les matchs en L1 à son véritable poste (meneur de jeu) et qui va inévitablement faire preuve d’une envie communicative car il a ce club dans le cœur ?

En posant ces questions qui contiennent leurs réponses, je ne pointe pas du doigt qu’un homme, mais un problème. Le Paris Saint-Germain n’a AUCUNE politique sportive cohérente. Le phénomène était moins évident ces dernières années mais a dramatiquement empiré avec l’arrivée d’Anterré Henriquo, lequel a accentué la pagaille au sein du centre de formation. Il est devenu absolument consternant quand Thiago Motta a été nommé entraîneur des U19 sans avoir aucune légitimité pour l’être (hormis sa proximité avec le président, qui semble croire le PSG né avec son arrivée à ce poste). Je le sais, je me crée beaucoup d’inimitiés en affirmant cette position constante depuis des années, mais cet individu n’est en rien une légende du club à mes yeux, il est bien au contraire tout ce que j’exècre : sénateur sur et en dehors du terrain, raison pour laquelle le jeu et l’effectif n’ont cessé de se scléroser pendant des années, pire exemple possible sur un terrain, très souvent absent quand le club avait besoin de ses leaders. Et en plus de ça, il est égocentrique. D’après ce que j’ai pu constater en regardant les matchs de Youth League, son intention n’est manifestement pas de faire progresser les jeunes mais de briller en tant qu’entraîneur en montrant qu’il sait imposer son style à son équipe. Ses "élèves" n’ont semble-t-il pas le droit de sortir du moule, il ne leur apprend pas à s’adapter à la situation. De match en match, je n’ai vu presque aucun progrès, les mêmes erreurs étaient reproduites encore et encore en tentant d’appliquer les préceptes imposés par le coach. Quels préceptes ? Quel style ? Ouvertement ceux copié sur Laurent Blanc. Le dogme de «la possession pour la possession» (à s’ouvrir les veines… le style le plus passéiste du monde). Seulement, l’entraîneur néerlandais de la réserve ne prêche pas du tout le même football. Et Tuchel en propose encore un autre très différent. Il n’y a donc aucune cohérence entre le style des différentes strates de la section football masculin du club. Et, d’après ce que j’ai appris récemment, très peu d’échanges de joueurs. On assiste en pratique à une quasi étanchéité des groupes. Les pros d’un côté, la réserve de l’autre, les U19 (avec beaucoup de très jeunes) à part. Les membres de la réserve ne montent pas avec les pros même s’il manque une tonne de joueurs (en février, Tuchel a aligné 16 ou 17 joueurs au lieu de 18 lors de 4 matchs professionnel, il a remis ça a Dijon !), ils n’ont jamais eu droit de citer en Youth League (d’où une élimination lamentable)… et il manque même des joueurs pour certains matchs de N2 et de Premier League International Cup car il est difficile pour le coach de la réserve de récupérer des U19.

Après avoir connu une super génération en grande partie gâchée (le club a tué la carrière des Georgen et autres Callegari, bradé ou sous-utilisé les Nkunku, Augustin, Edouard ou Ikoné, a, par sa façon de traiter les jeunes, incité les Ballo-Touré ou encore Zagadou à signer pro ailleurs, et j’en passe), la formation semble dans le creux avec nettement moins de talents sur le point de sortir… mais une tonne de contrats professionnels signés pour bloquer les jeunes et éviter des départs sans contrepartie financière. Les meilleurs continuent à vouloir fuir (Gomes et Adli l’été dernier, Adli est resté avant de comprendre son erreur et de réclamer un transfert). Le club ne propose rien pour les faire progresser, pour en faire des éléments utilisables en équipe première. Où sont les plans de carrière construits, à savoir les entraînements avec les pros, les prêts concertés et préparés de façon à faire réellement progresser ces Titis prometteurs ? Où sont les associations avec des clubs étrangers ou de L2 (dits partenaires, satellites ou filiales comme Manchester City, qui possède tout ou partie d’un club en Liga, en MLS, en Uruguay, en Australie, en Chine et au Japon) ?

PRIME A LA VIEILLESSE.

On comprend dans les propos de Tuchel qu’il est réticent à utiliser les joueurs inexpérimentés. Ou quand le serpent se mord la queue. Compte tenu de la marge gigantesque en championnat, les opportunités de lancer et d'aguerrir les Titis sont nombreuses. L’entraîneur DOIT en profiter. Lui demande-t-on de gagner tous les matchs de championnat ou alors de construire sur la durée, de faire progresser son groupe et ses joueurs ? S’il y avait une politique sportive au club, je n’aurais pas à poser la question. Il est possible que Tuchel n’ait pas compris son intérêt ou ait pensé qu’on attendait de lui un bilan immaculé en championnat. Alors que non, on n’attendait pas du tout ça de lui. Les dirigeants peut-être, pas les supporters et les passionnés, lesquels voulaient avoir une équipe au top physiquement, tactiquement, techniquement et surtout psychologiquement en Ligue des Champions. Il a mis du Alvès et du Bernat en 6, a beaucoup trop fait jouer les mêmes depuis janvier, les jeunes ont été écartés d'office pour le match de coupe d'Europe… Echec.

Seulement, et j’en arrive progressivement au 2e point important, ce club est devenu un désastre absolu en matière de recrutement.

Quand vous allez chercher un Gigi Buffon pour le mettre dans les pattes d’Aréola alors qu’il y avait un tas de priorités mais absolument pas à ce poste où justement le club dispose d’un Titi de très haut niveau qui est à la fois un champion du monde et un modèle de construction de carrière (malheureusement, le modèle n’a plus jamais été reproduit), le message est clair. L’entraîneur a-t-il le choix d’aligner la légende ou le Titi dans les gros matchs ? Non. Clairement non. On lui impose de mettre le "nom". Cette erreur grossière et extrêmement couteuse sportivement (comme financièrement), le PSG en est devenu spécialiste. La même a été commise il y a quelques années en quart de finale de Ligue des Champions quand Ancelotti a fait jouer Beckham – cramé après plusieurs saisons en MLS – contre le Barça au lieu de Chantôme – alors au top de sa forme – pour faire plaisir à son président[2]. Et en 2018-2019, on remet ça avec une recrue cramée signée pour son nom. Buffon, la Juventus n’en voulait plus, on va le sortir de sa retraite. Pourquoi ? Un an auparavant, la Juve accepte de rompre le contrat de Daniel Alvès, le sachant bouilli (le Barça avait fait de même lors de l’intersaison précédente), mais le PSG va le chercher pour en faire un titulaire qui jouait à tous les matchs. Et quand Alvès se pète un genou, il revient pour jouer… quasiment tous les matchs… à différents postes de surcroît (milieu droit, latéral droit, milieu défensif axial). Le club n’a bien sûr pas acheté de latéral droit, quand bien même Meunier ne cesse de mettre en évidence sa propension à se déchirer défensivement. Erreur sur erreur.

Une des autres spécialités lamentables de cette direction ? Montrer qu’elle n’a pas confiance en ses joueurs. Pas seulement ses gardiens. Recruter un gardien de plus de 40 ans au motif qu’il serait nécessaire pour rassurer la défense – alors qu’en réalité un gardien physiquement à bout qui n’a JAMAIS eu pour caractéristique de sortir et d’être bon dans ses sorties, ce qui en fait un dinosaure par rapport au football actuel et en particulier celui du PSG – c’est bien la preuve que les responsables du recrutement n’ont rien compris au film… et craignent leur défense, qui aurait tendance à se faire dessus. Et qui se fait dessus lors du match le plus important de la saison ? Ce gardien «rassurant». Comme Kevin Trapp il y a 2 ans à Barcelone (pas seulement à Barcelone). Les mecs ont casté Dany Boon pour être le nouveau James Bond. Il est populaire, oui. Seulement la popularité sans le physique, c’est l’accident industriel assuré.

TU SERAS UN HOMME MON FILS.

J’en reviens aux prétendus mauvais comportements des certains des jeunes dégagés comme des malpropres. Il y en a eu de réels, il y en aura encore, on continuera également à en enjoliver certains, à en étouffer d’autres. Quand vous voulez tuer votre chien, vous prétendez qu’il a la rage, et quand votre chien est malade mais a une valeur marchande (ou même affective^^), vous aurez tendance à cacher le problème. Il faut savoir de quoi on parle. Chez moi, préférer un projet sportif lisible à un contrat qui va vous enterrer dans votre club formateur n’est un mauvais comportement mais une décision rationnelle et réfléchie (en pratique souvent prise à contrecœur). Si vous le faites au PSG, vous serez mis à l’écart, traité comme un paria et montré du doigt afin d’être haï par la plèbe.

Si entre 16 et 19 ans un joueur a le melon, ne respecte pas les entraîneurs, les dirigeants, les arbitres, ses coéquipiers ou qui sais-je encore, manque de professionnalisme ou se rend coupable de dérapages, peut-être est-ce le résultat de quelque chose, non ? On peut très facilement le charger publiquement, détruire son embryon de carrière ou le pousser vers une voie de garage. Ou au contraire, le porter aux nues en faisant comme si de rien n’était, comme si la jeunesse excusait tout. C’est tellement plus facile que d’agir en amont pour éviter la survenance de ce genre de déviances ! On parle de gamins qui, sans avoir encore rien fait hormis montrer un potentiel à développer, se voient offrir des primes et des salaires mensuels très supérieurs à ce que gagnent annuellement leurs 2 parents réunis (quand ils en ont 2). Bien souvent on leur fait des courbettes, on leur laisse croire que désormais tout sera facile et qu’ils vont devenir des stars, des agents et des filles très intéressés par leur potentiel financier les courtisent… Il y a vraiment de quoi s’égarer en route ! Pour tout arranger, quand on les envoie en prêt, on a tendance à les laisser soudain abandonnés à eux-mêmes (voir les cas Ongenda ou encore Edouard). Pour ne pas complètement partir en vrille, beaucoup de ces jeunes ne peuvent compter que sur leurs proches, pas toujours bien intentionnés, qui dans certains cas vont au contraire les inciter à emprunter la mauvaise voie ou à en vouloir trop et trop vite, faire gonfler leur melon, les monter contre l’entraîneur, etc. Dans de nombreux cas ils deviennent la ressource principale de la famille, subisse cette pression, sont ou se sentent obligés de faire leurs choix uniquement en fonction de l’argent. On reproche de plus en plus à ces jeunes de manquer de patience. La patience est un luxe que beaucoup ne peuvent s’offrir. Notons que s’ils sont trop patients et prennent leur temps pour se décider, on le leur reprochera aussi.

Pour ces ados et jeunes majeurs, il est beaucoup plus difficile de prendre les bonnes décisions que les mauvaises. Garder les pieds sur Terre relève presque de l'exploit. On peut les critiquer, essayer de les faire revenir dans le droit chemin, néanmoins on se doit aussi de les comprendre.

De nos jours, dans ce monde où le football est devenu un business avec de plus en plus de clubs dont la stratégie se situe à mi-chemin entre l’élevage et de la spéculation, on ne peut malheureusement pas se priver de signer de gros chèques à des gamins et leurs familles. Ce doit être du donnant-donnant. Chaque partie a ses devoirs. Ceux de l’apprenti footballeur ne se limitent pas à travailler sa technique à l’entraînement et à disputer des matchs. On doit exiger de lui beaucoup de respect et un investissement sans faille (sans négliger sa scolarité). Ceux du club ne se cantonnent pas à payer et à de fournir un enseignement sportif. Le message doit être clair. «Mon garçon, nous te payons pour faire de toi un joueur de haut niveau, mais pas seulement. Nous voulons faire de toi un professionnel et surtout un homme.»

Comment y parvenir ? Il n’y a ni mystère, ni recette magique mais 2 mots clés : éducation et encadrement. J’ai envie d’en ajouter un 3e : honnêteté. Au PSG, on a tendance à mettre de côté ces notions.

Quand vous faites de Motta l’éducateur de référence du centre de formation en tant que coach des U19 dont le groupe inclus nombre de U17, vous brouillez le message. Motta et son image – justifiée – de boucher fourbe qui a trahi le club à plusieurs reprises (rappelons les épisodes du refus de s’entraîner car il voulait retourner à l’Atlético ou encore de ses prolongations de contrat), qui a appris par hasard que le PSG comptait une coupe d’Europe à son palmarès (il ne savait pas où il signait… se renseigner demandait pourtant pas un gros effort) et s’est comporté comme une raclure sur les terrain de France et d’Europe pendant toute sa carrière (en plus de ses méfaits dans le vestiaire déjà évoqués)… Quel bel exemple donné aux jeunes ! Vous l’avez compris, l’éducation passe d’abord par les éducateurs (oui, je sais, la phrase peut sembler stupide tant elle est évidente). Le club en avait d’excellents, certains sont partis, je ne peux me prononcer sur la qualité de leurs successeurs, en revanche je serais tenté de m’inquiéter si on me disait qu’ils ont été nommés par le fossoyeur Anterré…

L’éducation concerne en premier lieu la famille. Si le jeune a reçu une bonne éducation avant même d’arriver au club, on part de beaucoup moins loin, une grande partie du travail est déjà effectuée. Malheureusement il y a plus d’Ousmane Dembélé et de Bernard Fa que de Kylian Mbappé. Malgré tout, des jeunes mal élevés – les "sauvageons" de Chevènement – "sauvés" par le football et des éducateurs qui se substituent à un environnement familial défaillant, on en compte beaucoup. Rien n’est totalement inéluctable à condition de mettre en œuvre tous les moyens et un cadre propice à cette évolution.

Le club a le devoir de faire de la pédagogie avec les familles et des entourages. Un ado très mal élevé doté d’un environnement trop envahissant et/ou malfaisant (ça peut partir des bonnes intentions comme être un groupe de profiteurs) sera très difficile à transformer en grand joueur car très difficile à transformer en adulte responsable. Dès lors il faut éduquer la famille, la rassurer, faire preuve de franchise au lieu de lui vendre du rêve ou pire, du vent. Sinon attention au retour de bâton. L’attitude et les mensonges d’un Anterré Henriquo constituent la formule magique pour générer des Véronique Rabiot 2.0…

CLUB RECHERCHE LEADERS DESESPEREMENT.

La formation a pour objectif de préparer au monde professionnel. Reste à franchir l’étape suivante, s’intégrer durablement au groupe pro… à condition bien sûr d’en avoir l’opportunité. Dans les grands clubs, l’entraîneur ne peut pas passer son temps à faire de l’éducation, d’où le besoin impérieux d’avoir des joueurs cadres capables de "driver" les nouveaux venus. Ceci vaut dans tous les sports d’équipes, même dans les ligues les plus professionnelles. En NBA, où chaque staff comporte un nombre d’assistants phénoménal, on accorde une grande importance au rôle des vétérans qui encadrent et servent de mentors aux rookies (l’exemple ultime étant celui des San Antonio Spurs depuis le début de l’ère Popovich).

Des exemples et des modèles, les Titis qui finissent par intégrer l’équipe première en ont-ils ?

Normalement, dans le vestiaire d’un grand club, on trouve plusieurs de ces anciens qui l’incarnent. Ils sont les garants d’une tradition, d’une image, ceci en raison de leur carrière. A vrai dire, ce sont plus que des cadres. Légitime aux yeux de tous, ils ne se contentent pas d’être respectés, ils se font respecter et, en cas d’incartade, font respecter aux jeunes leurs devoirs. Si tout se passe normalement, ils vont leur donner des conseils, leur montrer comment se comporter dans un vestiaire comme en dehors, servir de modèle à suivre au quotidien en manière d’entraînement et de "préparation invisible" à des apprentis désireux de suivre la même voie pour réussir à leur tour une belle carrière. Si un gamin se retrouve victime de melonite, ils seront là pour lui faire dégonfler la tête, tuant dans l’œuf des situations susceptibles de pourrir au point de nécessiter l’intervention de l’entraîneur et de la direction. Cette légitimité requiert une longévité et d’avoir toujours un certain niveau. Si leur place sur le terrain est usurpée et que les jeunes ont le sentiment de se faire voler leur temps de jeu en raison de statuts obtenus uniquement par des prestations passées, le sentiment d’injustice risque de provoquer un rejet. Ces anciens ne seront pas écoutés ou simplement pas audibles. Au PSG, des gens se croyant très intelligents ont recruté Alvès et Buffon, star d’un passé proche plus du tout à leur place dans une équipe de haut niveau, ou très sporadiquement. En outre, s’il s’agit de légendes du football, leur association avec le PSG semble totalement artificielle. Alvès, c’est le Barça, Buffon, c’est la Juve. Pas le PSG. De même, si personne ne retirera à Beckham une attitude exceptionnelle et un professionnalisme exemplaire – tout joueur cadre et même tout footballeur pro devrait se comporter comme un grand professionnel – lors de son bref passage au PSG, ça ne suffisait pas pour en faire une bonne recrue à 5 mois de sa retraite. Le recrutement ne devrait jamais être effectué par le service marketing. Le marketing, c’est sympa, ça rapporte des sous… jusqu’au jour où il provoque un accident sportif qui coûte beaucoup d’argent. dream old Attention, l’erreur de prendre d’anciens très grands joueurs cramés en croyant qu’ils apporteront beaucoup n’est pas nouvelle. Elle a déjà été commise avant QSI (Coupet et Makélélé entre autres, on a même échappé de justesse à Thuram, à qui un problème cardiaque a été décelé lors de la visite médicale... j'avais d'ailleurs fait un montage à l'époque) pour une autre raison, l’absence de moyens. Un jour, il serait peut-être bon d’apprendre de ses erreurs stratégiques, non ?

Au sein de l’effectif actuel, Thiago Silva et Cavani pourraient être ces cadres légitimes… s’ils en avaient la personnalité. Jusqu’à preuve du contraire ce n’est pas le cas. Thiago Silva fait un peu plus l’affaire, seulement il est trop marqué par des échecs retentissants et peine à se faire écouter, comme en témoigne son désaccord visible avec Alvès en plein match face à Manchester United. Depuis le début de l’ère QSI, les seuls hommes qui pouvaient sans aucun doute remplir ce rôle extrêmement positif auprès des Titis étaient Mamadou Sakho et Blaise Matuidi. J’ai beau chercher, je n’en trouve pas d’autre. Même très charismatique et assez intimidant, Zlatan Ibrahimovic ne parlait pas français, la proximité avec les jeunes se limitait à l’entraînement. Maxwell, Sylvain Armand et Nicolas Douchez avaient aussi un rôle dans le vestiaire, mais dans quelles mesures ? De toute façon, ils ne sont plus de la partie (compte tenu de son rôle, Maxwell peut toujours donner des conseils à l’occasion). Nommer Claude Makélélé puis Zoumana Camara comme adjoints de l’entraîneur principal allait en partie dans ce sens, ils servaient à la fois de cadres et de relais avec l’entraîneur sans être sur le terrain (où ils handicapaient l’équipe).

Elargissons le sujet en cherchant qui a la légitimité pour remplir ce rôle dans le groupe et plus seulement auprès des jeunes. L’effectif actuel manque cruellement de capitaines potentiels pour les 2 prochaines saisons. Les limites de Thiago Silva se font de plus en plus sentir. Nonobstant ses qualités, un officier ne peut rester en poste après avoir subi tant de déroutes à la tête de son unité. Il a malheureusement le L de loser tatoué sur le front. Ecrire cette phrase me fait mal, je vous l’assure.

Marquinhos et Aréola – à condition d’être enfin confirmé comme véritable n°1 et d’être reconnu à sa juste valeur au sein du club – pourraient avoir le profil. Kimpembe et Mbappé sont trop jeunes et ont trop à apprendre pour être crédibles dans ce rôle. Neymar peut porter le brassard en raison de son statut de star n°1. Il est le leader technique quand les blessures ne lui pourrissent pas la vie, a un rôle majeur dans le clan des Brésiliens, seulement il incarne trop le star system et les privilèges, il y a plus exemplaire, meilleur incarnation du professionnalisme et les attitudes à adopter. Le capitanat induit des responsabilités et un investissement dans la résolution des problèmes du quotidien qu’il vaut mieux lui épargner. Verratti ? Tout sauf un exemple à suivre, son comportement, en particulier celui à l’égard des arbitres, en fait un anti-capitaine. De surcroît il doit faire partie du grand ménage.

A l’évidence, l’effectif a besoin de nouveaux joueurs d’expérience capables de s’inscrire dans la durée – donc âgés de 26 à 30 ans, pas de 36 ou 41 – et d’avoir immédiatement un rôle important dans le groupe sur et hors du terrain. Il me semble nécessaire d’en recruter 2 ou 3 au milieu, un en défense et un dans le secteur offensif. Attention, car ils seront difficiles à trouver et difficilement accessibles (la concurrence sur le marché des transferts s’annonce particulièrement monstrueuse cet été). Un minimum de 2 Français sur ces 4 à 5 joueurs s’impose pour tout un tas de raisons. Aller chercher des cadors déjà établis dans de grands clubs relèvera du tour de force. Je ne vous cache pas qu’après avoir écrit ce paragraphe, je suis resté bloqué un certain temps en cherchant des noms correspondant aux besoins (y compris concernant leur profil technique). Des noms de joueurs accessibles bien sûr.

Pour trouver ces futurs cadres il faut chercher dans des grands clubs qui ne disputeront pas la Ligue des Champions la saison prochaine, dans des clubs intermédiaires (ceux qui jouent très difficilement les titres nationaux mais plutôt l’Europa League) ou encore dans des clubs qui ont raté leur saison pour diverses raisons, notamment celles liées à des problèmes d’entraîneur, une fin de cycle ou des soucis économiques. Autre possibilité, utiliser des membres de l’effectif actuel comme monnaie d’échange pour aller chercher des éléments reconnus chez d’autres gros, ceux qui comme le PSG ont besoin de se renouveler en laissant partir des joueurs en fin de cycle.

Je me contenterai de 2 exemples :
-je refilerais bien un Verratti à Chelsea[3] pour récupérer un N'Golo Kanté, qui serait le milieu idéal – bien qu’extrêmement discret au sein d’un vestiaire – s’il était d’accord pour rentrer en France, ce qui semble ne pas être le cas (la piste a été explorée l’été dernier mais par des individus ni compétents, ni convaincants) ;
-énorme cette saison, Ben Yedder correspond en tous points malgré son absence de vécu international générateur d’un manque de reconnaissance en France, sauf par moi, qui réclame son recrutement depuis plusieurs années (souvenez-vous de l’épisode de la sortie en boîte avec les Espoirs, il a beaucoup appris de cette erreur de jeunesse, il a acquis une maturité indéniable et fait une carrière extrêmement respectable marquée par une constance impressionnante doublée d’une mentalité remarquable, de grandes qualités techniques et d’un excellent sens du but).

R.E.S.P.E.C.T.

La recherche de ces 4 à 5 éléments expérimentés n’est qu’une partie de la mission de la future direction sportive. Oui, Nasser va encore réagir beaucoup trop tard, on le sait, on le connaît, il n’apprend jamais de ses erreurs, il n’anticipe rien. Malgré tout, il ne pourra y couper, il devra virer et remplacer Anterré Henriquo à moins de nous prévoir un plan style politique de la terre brûlée, à savoir mettre le club à feu et à sang avant de s'éclipser définitivement. La nouvelle équipe aura tout intérêt à changer d’approche.

Il faut une relation de confiance et de respect mutuel entre le club et le joueur (ainsi que ses représentants). Le respect ne s’obtient qu’en étant respectable, ce qu’Anterré Henriquo n’est clairement pas. Dès lors, le côté ingérable de la mère Rabiot importe peu. Je n’arrive même pas à lui en vouloir si elle s’est mal comportée avec un type qui traite les joueurs de cette façon. Je n’ai toujours pas digéré la façon dont il a placardisé et humilié Lucas. L’image qu’il donne du club est dramatique. Les joueurs et leurs entourages (agents, familles) savent désormais ce qu’il en est. Plus grand monde ne ne lui fait encore confiance. Beaucoup le détestent. Personne ne veut lui faire de cadeau. Ou alors empoisonné.

Son comportement fait beaucoup de mal au club. Ce type est nuisible. Il crée les problèmes qu’il met en avant comme pseudo-excuses. Si tu ne prends pas les bonnes décisions concernant des prolongations de contrat, des prêts ou des ventes, la responsabilité t’en revient. La rejeter sur les joueurs concernés est pathétique de lâcheté. Si tu fais des promesses à des gamins que tu caresses dans le sens du poil pour les faire signer et qu’ils comprennent ensuite avoir été abusés car tu te fous complètement de leur sort, qu’ils se retrouvent carrés en réserve ou sans aucun temps de jeu dans aucune des équipes du club, comment peux-tu oser t’offusquer de leur refus d’obtempérer ou de leur volonté de départ ?

L’honnêteté est primordiale dans les rapports contractuels tout comme dans les rapports humains. Si les dirigeants du PSG ne sont pas réglos avec leurs employés et leurs interlocuteurs (agents, dirigeants d’autres clubs, joueurs, familles de joueurs, officiels, représentants des fédérations ou ligues, arbitres), comment peuvent-ils réclamer d’être traités autrement que comme des pigeons, des paillassons et des ennemis ? A vrai dire, le PSG a longtemps été trop gentil… notamment à cause de Nasser Al-Khelaïfi. Raison pour laquelle tout le monde profitait du PSG. Mais avec Anterré, le club est devenu l’ennemi. Désormais, l’image de gentil pigeon docile s’est transformée en celle d’un gros pigeon bien gras que tout le monde veut tirer et se farcir. Ceci parce qu’Anterré s’est hyper mal comporté avec tout le monde. Sauf ses potes, copieusement arrosés.

Ces derniers mois, pêle-mêle, on a vu… Schalke 04 et l’agent de Kehrer agiter le chiffon blaugrana pour faire casquer 37 millions au PSG pour racheter la dernière année de contrat de ce jeune défenseur ayant absolument tout à prouver… Le Zénith Saint-Pétersbourg remplir ses caisses en cédant un joueur moyen en fin de mercato, profitant de la nécessité parisienne d’absolument acheter un milieu… L’Ajax et Frenkie De Jong se servir du PSG pour essorer le Barça alors que les dirigeants parisiens croyaient sincèrement avoir convaincu le joueur au nez et à la barbe du club catalan… Le Bayern Munich œuvrer pour vendre le contenu de ses poubelles (Boateng, Bernat) au PSG, qui plus est à des prix dingues (dans la mesure où les Allemands voulaient absolument dégager Bernat, payer plus de 10 euros pour racheter son contrat était une arnaque)… L’agent de Draxler et de Kehrer se servir du club pour recaser Choupo-Moting et soigner son CV avant une revente en terres exotiques… L’agent de Paredes (qui est aussi celui de Angel Di Maria) presque parvenir à refourguer au PSG un joueur de MLS totalement inconnu en Europe et jamais supervisé, ceci pour remplacer Neymar (!) en toute fin du mercato de janvier… Everton se montrer plus que gourmand pour Gueye, ancien du LOSC… Sans parler du prêt de Lo Celso avec une option d’achat famélique, ni de la façon d’agir de Valence, de Guedes et de ses agents pour forcer un transfert bien en-dessous de sa valeur du moment.

Aux yeux du monde du foot, le PSG est le Pigeons Saint-Germain.

Quand la direction parisienne publie un communiqué pour se plaindre de prétendues approches illégales de ses joueurs par le Barça… alors que les mêmes méthodes sont employées par Anterré, elle jette un énième voile de honte sur le club. La guerre avec le Barça est devenue une affaire d’ego. Faire la guerre au Barça sur ton temps libre, pas de souci, mais la priorité ne serait-elle pas de bosser sur les dossiers importants du club ?

QUAND LE FOSSOYEUR INFILTRE L’HOPITAL.

Depuis plusieurs saisons, la qualité de l’effectif se dégrade clairement. Récupérer un Neymar et un Mbappé, c’est génial. Dès lors qu’un des 2 se blesse, vous vous rendez compte d’un léger souci. Le football, ça se joue à 11. Plus des remplaçants. En basket, avec 2 superstars et 3 bons joueurs, il y a moyen de faire très mal. Les superstars représentent 40% du 5 majeur. En football, une seule superstar valide, ça représente 9% de votre onze… Il reste 91% de l’équipe à constituer. Attention à ne pas faire du remplissage…

Tuchel partage avec sa hiérarchie l’erreur d’avoir privilégié les "noms" sur le mérite et l’apport sportif réel. Il a par exemple forcé pour imposer Di Maria dans l’équipe, quitte à le faire jouer n’importe où en début de saison – un désastre la plupart du temps, notamment à Liverpool et contre Naples avant son but – avant d’enfin le stabiliser dans son seul bon rôle car Neymar et Cavani étaient blessés. Il a aussi forcé avec Alvès, Buffon… alors qu’il n’a pas voulu d’un Lo Celso et, après les avoir beaucoup utilisé au cours de l’été, a remis tous les jeunes sur le banc ou en tribunes dès que les internationaux ont de nouveau été disponibles après la Coupe du monde.

Quand cette direction sportive fantoche ne recrute pas de noms, elle va chercher des joueurs de seconde zone ou sans référence (Berchiche, Bernat, Kehrer, Paredes, Choupo-Moting) qui n’auraient jamais été recrutés par une direction compétente œuvrant dans l’intérêt du club, ou alors pour beaucoup moins cher (je pense à Kehrer, payé 37 millions, il n’était même pas internationale, n’avait qu’un an de contrat… il a suffi de dire «le Barça s’intéresse à lui» pour faire cracher le double de sa valeur aux plus gros pigeons de l’Histoire de Paris). Paredes n’était pas du tout le profil recherché et n’était manifestement pas une réelle priorité, sinon il aurait été signé début janvier. 47 millions… pour un joueur à peine international argentin évoluant en Russie… Je n’en reviens toujours pas. Peut-être Kehrer et Paredes finiront-ils par s’affirmer. Nous n’avons qu’une seule certitude à leur sujet : le club pourra au mieux rentrer dans ses frais les concernant, ils ne pourront jamais être qualifiés de bonnes affaires. Anterré a en effet payé de possibles futurs bons joueurs au prix de très bons joueurs confirmés.

A vrai dire, de quand datent les derniers bons coups de recrutement du club ? Le Celso et Guedes… On les doit à Letang (qui a aussi de belles casseroles, la pire se nommant Bernard Fa… qu’il a ensuite fait venir à Rennes !). Lo Celso a été inexplicablement foutu dehors et bradé fin août, il a explosé en Liga et Europa League, l’option d’achat – l’introduire dans le contrat de prêt était un non-sens économique pour le PSG – est d’environ la moitié de sa valeur actuelle sur le marché. Guedes a été revenu 40 plus des bonus qui ne tomberont probablement jamais[4] (histoire d’annoncer un montant de 57 millions et de tromper son monde), le bénéfice pour le PSG est ridiculement faible car personne au club n’a été foutu de se montrer ferme avec Valence et l’agent du joueur – un certain Jorge Mendes… – qui ont décidé de lui forcer la main. Avec succès, donc. Sur le marché anglais, le prix serait monté entre 55 et 60 millions compte tenu de la saison qu’il venait de réussir en Espagne et en sélection (malgré une Coupe du monde foirée, sa mauvaise utilisation n’ayant pas aidé). Berchiche n’a rien d’un bon coup de recrutement, il s’agit uniquement d’un coup de chance. Ce joueur de niveau très très moyen a été affreusement surpayé par le PSG et très heureusement vendu encore plus cher car Bilbao avait besoin d’un latéral gauche basque. Berchiche étant le seul potentiellement sur le marché, le prix montait mécaniquement.

On nous vendait un super directeur sportif ayant fait des merveilles à Porto, un incroyable dénicheur de talents, grand négociateur… Où est-il ? Le génie du FC Porto était le président Pinto Da Costa… aussi génial que malhonnête. Lui, il pouvait vous vendre un Aly Cissokho 15 millions après 6 mois et 2 matchs de Ligue des Champions chez lui (au prix actuel du latéral gauche, ça équivaut à du 70 millions^^). Il venait de l’acheter 12 euros 50. Depuis qu’il est au PSG, qu’a fait le destructeur portugais ? On trouve beaucoup de maçons portugais, mais quand il s’agit de rénover un monument historique, appeler Anterré Henriquo revient à engager une armée de… termites. Associées à un brocanteur. Il veut vendre tout ce qui a de la valeur – j’ai bien dit brocanteur, pas antiquaire, il faut que ça parte, on ne cherche pas à mettre en valeur le produit pour le vendre au mieux – et infeste tout l’édifice pour le ronger de l’intérieur. Il a en effet placé ses hommes partout au sein du club pour le véroler et asseoir sa position, générant beaucoup de troubles chez les employés (on dit le fonctionnement des hommes d’Anterré très autarcique). Si au moins il remplissait correctement ses fonctions principales…

Il vous fout au placard Lucas – le remplaçant idéal – sans raison sportive en imposant à Emery de le carrer pendant 6 mois pour finalement le céder à Tottenham à un prix défiant toute concurrence sur le marché (un Lucas sortant d’une excellente saison, ça se vend 40 millions au prix 2018, mais à peine plus de 25 quand on a montré à toute l’Europe une grande détermination à le refourguer au plus vite). Il pousse dehors Matuidi en lui montrant bien qu’il préfère le transférer plutôt que de le prolonger et finit par le brader à la Juve pour 20 millions plus 10 de bonus éventuels… sans jamais le remplacer ! D’ailleurs, pour le remplacer par un joueur du même niveau d’un point de vue strictement sportif, il fallait sortir 50 millions minimum. Mais même pour 100 millions vous n’auriez pas pu racheter d’âme. Car Matuidi était à la fois les poumons et l’âme de cette équipe. Le joueur à ne surtout pas vendre. S’il avait envie de connaître un autre championnat et surtout une aventure à l’étranger, il fallait lui promettre de le laisser partir 3 ou 4 ans plus tard, il aurait encore eu le temps de s’offrir cette expérience de vie sans être cramé. Mais pas tout de suite.

Je ne vais pas dresser toute la liste des ventes et discuter à chaque fois du prix, d’autant que des personnes de mauvaise foi seraient prêtes à soutenir que transférer Sabaly pour 4 millions et acheter Kehrer 37 sont de magnifiques affaires, que tirer à peine 10 millions pour un Odsonne Edouard, âgé de 20 ans, sortant d’une très bonne première saison au Celtic, c’est du génie… alors que l’OL a obtenu le double de la part de Monaco pour un gamin fragile qui ne voulait a priori pas signer pro (Geubbels) et n’avait encore rien prouvé, s’illustrant seulement en EdF U17 ou U19 (comme Edouard l’avait fait), ou encore que Nice a payé 15 pour Maolida au sortir de prestations absolument affligeantes à l’Euro U19. Si la vente d’Edouard est un coup de génie, il faut inventer des mots pour définir les opérations réussies par l’OL avec ses 2 jeunes attaquants…

VIDEUR DE BOITE ? NON, VIDEUR DE CAISSES.

Je ne vais pas non plus rallonger ce déjà très long texte en m’attardant sur le sujet du fair-play financier. Nasser Al-Khelaïfi ne cesse de nous l’expliquer, le club n’a aucun souci lié à ce mécanisme imposé à l’UEFA par le cartel – au passage, je parle de cartel depuis des années, désormais tout le monde m’a rejoint – et pour une fois, on peut le dire, il ne ment pas. Il y a quelques saisons, le club était réellement emm*rdé, notamment quand il a acheté David Luiz puis Di Maria… en faisant all in sur un seul joueur qui plus est en difficultés outre-Manche. Tu payes au prix fort un mec en galère dans son club, qui cherche à s’en débarrasser… Du génie là encore ! La direction sportive a changé, par conséquent, on a fait évoluer le principe : désormais, on sait que quand un joueur est en difficultés – ou écarté, donc en difficultés à cause de son employeur – dans son club, il perd de la valeur et devient plus abordable. Donc quand ça arrive au PSG, on… le brade. Bien sûr, on fait exprès de placardiser des joueurs afin de faire baisser leur valeur et de les vendre plus facilement (Augustin, Lucas, Adli, etc.). Oui, pourquoi essayer d’en tirer le maximum en les mettant en valeur dans la vitrine ? Et quand son club veut absolument voir partir un de ses boulets, en l’occurrence on peut citer le cas Bernat, on paie – heureusement pas trop cher – pour le récupérer. Quel sens aiguisé des affaires ! Dream bigger qu’ils disaient.

Si je ne veux pas en rajouter à propos du FPF, c’est que si vous avez pu mettre 400 millions sur Neymar et Mbappé, que vous perdez des semaines à essayer de faire venir Kanté pour 100 millions l’été dernier malgré son refus clair de venir, puis que vous parvenez à trouver 84 millions pour payer Kehrer et Paredes en mode pigeons puis que vous être OK pour dépenser plus de 70 millions sur De Jong, jeune Néerlandais certes très talentueux mais ayant encore tout à prouver, le FPF ne vous contraint vraiment à rien ! Alors par pitié, qu’on cesse de nous parler des fameuses «contraintes du fair-play financier». Les seules contraintes concernant le recrutement sont celles auto-infligées en dépensant très mal le budget alloué aux transferts et à la masse salariale.

Et j’en arrive à la politique des contrats. J’en ai évoqué une petite partie concernant les jeunes signés par parquets de 12 pour éviter de les voir partir avant de passer pro. Le but est uniquement de ne pas voir s’envoler leur éventuelle valeur économique. Au final, si vous payez un salaire important à 40 joueurs (primes comprises), il faut en vendre plusieurs très cher pour rentabiliser toutes les dépenses. Ou au moins les utiliser, en faire des membres à part entière de l’équipe première. L’avenir dira ce qu’il en est… Mais un cas comme celui de Rabiot mérite qu’on l’évoque. Il s’agit d’un crime contre le club. Pas d’un crime du joueur qui, après tout, n’a fait qu’exercer un droit reconnu aux sportifs professionnels depuis déjà un bail (le contrat a temps existait en France avant la création du PSG), à savoir celui de quitter son club libre à la fin de son contrat. Contrairement à ce qu’ont voulu faire croire les dirigeants, il n’a encore signé avec personne (il est annoncé au Barça depuis des mois, je sens bien un retournement de situation et une signature… au Real). Vous ne pouvez pas balader un joueur pendant des mois en commençant par suspendre les négociations sans raison pour ensuite insister pour imposer une durée de 5 ans en sachant très bien que le concerné, que vous sous-payez depuis 3 ans par rapport à son importance dans l’effectif, refuse de s’engager pour une si longue durée. Vous laissez trainer au lieu de prendre les décisions qui s’imposent (un transfert), et à la fin, vous rejetez sur le joueur toutes les responsabilités, vous le montrez du doigt pour qu’il soit honni par les supporters, conspué dans le stade, vous le privez de la pratique de sa profession, tentez de lui infliger toutes les brimades qu’un esprit pervers et haineux peut imaginer, cherchez le moindre prétexte pour vous attaquer publiquement à lui… Mais vous privez surtout l’entraîneur d’un élément dont il avait besoin pour faire tourner son effectif, élément toujours payé par le club.

La politique de la placardisation est d’une stupidité sans nom. Elle fait honte au club – celle de Lucas était à gerber, elle a laissé des traces au sein du vestiaire – et s’avère totalement contreproductive. Pourtant, Anterré Henriquo l’adore, il se sent puissant. Dans le cas de Rabiot, on se retrouve avec un énorme gâchis. Une direction sportive maligne ou a minima compétente aurait proposé à Rabiot une prolongation de 3 ans entre août 2017 et mai 2018, ceci à des conditions qui étaient alors les siennes… uniquement dans le but de le vendre soit au cours de l’été 2018, soit en 2019. Non content d’avoir manqué une vente estimée à 50 millions, le club continue de payer pour permettre à Anterré et Nasser d’être satisfaits d’avoir bien carré un Titi. Beau message envoyé aux autres enfants du club, ça va sans doute leur donner très envie de s’engager avec un club capable de faire subir ce genre de traitements à sa progéniture, ne croyez-vous pas ?

Si certains joueurs ont un ego gigantesque – surdimensionné ou non, le talent pouvant justifier son ampleur – et n’hésitent pas à le montrer, un dirigeant ne devrait JAMAIS faire passer le sien avant les intérêts de la fameuse «institution» qu’il prétendra certainement protéger ou du moins faire respecter. Ainsi, on n’aura absolument pas entendu Anterré Henriquo avant ou après l’historique débâcle contre Manchester United… hormis pour attaquer Rabiot, sorti en boîte après le match. Il a osé s’insurger contre le comportement de son bouc-émissaire personnel en insistant sur le fait qu’il est toujours salarié du club et membre du groupe professionnel… Le type n’a vraiment honte de rien !

LA BOUCLE TEMPORELLE.

Ce club n’apprend rien. Jamais rien. Nasser Al-Khelaïfi est le patron depuis l’arrivée de QSI. Il reproduit sempiternellement les mêmes erreurs. Confirmer Anterré Henriquo après un 8e aller de LdC malgré l’impossible cohabitation avec l’entraîneur est aussi stupide que de prolonger Laurent Blanc avant un quart de finale de LdC pour s’y faire humilier et devoir le dégager en fin de saison (ce qui a coûté une somme astronomique réellement handicapante pour le club). Ce pauvre Nasser n’a toujours pas compris que si faire des choix et prendre des décisions qui tranchent dans le vif peut être difficile…
1. Mieux vaut éviter de prendre une mauvaise décision que rien ne lui imposait de prendre afin de ne pas avoir à se déjuger par la suite.
2. Mieux vaut se déjuger quand il en est encore temps que de s’enfoncer et de réagir trop tard.

Anterré aurait dû être enterré depuis des mois. Plus on attend, moins on offrira de temps à son remplaçant pour travailler les dossiers, pour anticiper le mercato, repérer les profils et observer les joueurs ciblés. Avoir attendu le mois de mars met déjà le club dans la difficulté, et ça risque de durer avant qu’enfin le nom du fossoyeur du club ne soit inscrit sur une pierre tombale à côté de celles de Kluivert, de Laurent Blanc, d’Unai "Sin Cojones" Emery et autres erreurs de casting du Qatarien qui accumule les catas et les bons à rien dans son entourage.

Une intersaison ne devrait jamais s’improviser. En principe, on détermine une stratégie des mois à l’avance, on cherche des joueurs qui correspondent aux profils recherchés pour combler les manques, améliorer certains postes ou remplacer les futurs partants. Ça prend des mois. Quand la direction sportive travaille réellement, le recrutement pour la saison prochaine se fait entre le 1er janvier et mi-juillet. Il reste alors quelques semaines pour un éventuel dernier ajustement, pour saisir une belle occasion qui se présenterait ou évacuer du surplus.

Quand j’évoque l’anticipation du mercato, je pense bien sûr aux… joueurs en fin de contrat. Au PSG, il est hors de question d’aller récupérer des joueurs libres, sauf s’ils sont libres pour une bonne raison. A savoir que la Juve a décidé de les libérer ou de ne pas les prolonger parce qu’ils sont plus cuits qu’un pot-au-feu réchauffé 5 fois. Dès lors, ils sont à point pour le PSG. La Juve, elle, a pour spécialité de recruter ces "agents libres" pour lesquels il suffit de débourser une prime à la signature et un salaire (généralement plus élevé dans la mesure où l’investissement de départ est extrêmement réduit). En bossant bien, le PSG aurait pu récupérer plusieurs éléments très utiles à la rotation et pourrait le faire pour la saison prochaine (Brahimi est dispo, il pourrait certainement entrer dans la rotation offensive à la place d’un Di Maria ou d’un Draxler par exemple). Oubliez. Quelle cohérence y aurait-il à déverser une telle haine sur Rabiot – qui n’aura finalement remboursé le coûte de sa formation qu’en jouant 7 ans en équipe première dont 4 ou 5 en étant sous-payé – au motif qu’il a décidé de partir libre et, dans le même temps, de signer un joueur ayant fait le même choix au "détriment" d’un autre club ?

Attention, le PSG a tout de même fait signer il y a 3 saisons une méga-star mondiale qui était libre… Recrutée en Ligue 1 de surcroît ! Qui ? Hatem Ben Arfa ! Preuve d’une direction jamais à une connerie près !

Est-ce trop demander que le club se soucie un tant soit peu de la question des durées de contrats pour éviter de se retrouver dans des situations très inconfortables ? Le cas Rabiot relève de l’amateurisme le plus complet, Di Maria a été prolongé au cours de sa dernière année de contrat au lieu d’être vendu, Cavani sera libre en 2020 et a déjà annoncé son intention d’aller au bout du sien pour partir libre, Aréola a accepté de rester alors qu’il ne lui restait plus que 6 gros mois mais si l’information de la prolongation hallucinante de Buffon se vérifie, le club aura 2 gardiens – dont un totalement frit – payés 700 000 euros par mois. On parle aussi des intentions de Thiago Silva d’étendre son contrat jusqu’en 2022, de la volonté de la direction de faire signer Kurzawa pour quelques saisons supplémentaires, ou encore du projet discuté avec Alvès de le conserver au moins une autre année, voire plus… Je vous épargne de nombreuses situations ubuesques. On vogue en plein océan du délire. On risque fort de s’y noyer.

Le pire dans tout ça ? Cette sensation de vivre dans une boucle temporelle. Chaque saison semble devoir se dérouler comme la précédente avec autant de frustrations, de désespoir quant à la façon de travailler – ou de faire semblant de travailler – de la direction, le refus obstiné de se lancer dans le grand ménage pourtant nécessaire depuis 3 ans minimum, et bien sûr le drame sportif en Ligue des Champions…

RESEAUX DEGOUT.

Anticiper, chercher des talents méconnus, oser prendre des risques et faire des paris – qui sont faussement risqués si vous avez bien fait le travail de "scouting" – vous évite aussi d’endosser votre costume de pigeon en payant extrêmement cher pour récupérer un quidam ou un jeune à la mode. Vous savez, celui «suivi par tous les grands clubs»… selon son agent du moins. Exemple : Matuidi a été recruté à Saint-Etienne pour pas bien cher. Aujourd’hui, qui le PSG va-t-il chercher en Ligue 1 ? Ce championnat, tous les clubs étrangers, y compris les grands, le scrutent pour y récupérer des talents. Sauf le PSG. Cherchez l’erreur.

Certains tentent de se convaincre que la direction parisienne a raison de se détourner du recrutement en Ligue 1 car les présidents des autres clubs sont trop gourmands quand il s’agit du PSG. Bien sûr, si on veut récupérer Ndombélé à l’OL et qu’Aulas en veut 80 millions, partir en riant s’impose. Mais entre dépenser 20 pour un joueur de L1 qui vaudrait 15 et lâcher 37 ou 47 à un club étranger pour un joueur qui devrait en valoir 12, pourquoi le PSG va-t-il toujours prendre le joueur à l’étranger ? Les clubs étrangers n’abusent pas en augmentant les prix quand le PSG les contacte ? L’expérience le montre, ils deviennent encore plus gourmands que les présidents de Ligue 1 !

Qui le PSG a-t-il acheté à un autre club français ces dernières saisons hormis Kurzawa, énorme escroquerie que j’annonçais déjà 2 ans avant son arrivée, et l’année précédente Aurier, injustement vilipendé pour ses prestations (certes capable de passer totalement à côté de temps en temps et de déraper hors du terrain mais malgré tout bien plus utile qu’un Meunier – le Belge s’est avéré bien plus régulier dans le domaine de l’erreur impardonnable – de par sa polyvalence et sa capacité à défendre), a fortiori après l’épisode dans lequel il a fait office de lanceur d’alerte involontaire concernant l’absence d’autorité de Laurent Blanc sur ses joueurs ? Mbappé… Qui, s’il avait été formé à Paris, n’aurait sans doute pas eu sa chance, Amiens l’aurait récupéré pour 500000€ et 20% à la revente(^^). Il a été payé au prix extrêmement fort, même si à ce niveau de talent, avec la dimension qu’il allait certainement prendre et a déjà réussi à obtenir, l’investissement est à coup sûr gagnant. Auparavant, il faut remonter à Digne en 2013 (comme Aurier, il a fait l’objet d’un beau bénef à la revente et reste bien meilleur que les joueurs arrivées au club après lui pour occuper son poste).

Outre les 4 joueurs cités, les seules recrues Ligue 1 de l’ère QSI sont Gameiro (sous-utilisé au PSG, sa carrière en Espagne parle pour lui) et Matuidi. Oui, il y a aussi eu Bisevac, mais ça ne compte pas, quand Leonardo a débarqué, il avait envie de montrer son sens de l’humour (d’après mes souvenirs, Douchez était libre et s’était déjà engagé avant le rachat du club).

Après le mercato originel de Leonardo (avec notamment Ménez), on a aussi vu revenir des joueurs qui avaient auparavant quitté la Ligue 1 (les Cabaye, Stambouli, Krychowiak), tous payés très cher et ayant eu pour point commun de ne jamais réellement avoir leur chance tant Motta verrouillait tout en interne pour empêcher ses concurrents de lui prendre sa place.

Jouer au PSG est à la fois une chance et une responsabilité. On représente le football français, on est très exposé, y compris aux yeux des sélectionneurs, on remporte des trophées. Le tout en gagnant extrêmement bien sa vie sans être trop emm*rdé au quotidien par rapport à ce que peuvent subir d’autres footballeurs dans certains clubs étrangers. Reste à se montrer digne de ce privilège, à prouver qu’on le mérite. Parmi les membres de l’effectif actuel, plusieurs ont échoué ou peinent encore à justifier la confiance qui leur a été donnée. A d’autres de recevoir l’invitation !

Pourquoi pas un Marcus Thuram (21 ans) à la place d’un Choupo ? Le profil est assez similaire, seulement l’un est très bon avec une grosse marge de progression, l’autre serait à peine sur le banc de Toulouse un jour d’épidémie de gastro.

Un Atal (23 ans, Algérien de l’OGCN), un Celik (22 ans, Turc du LOSC), un Aguilar (25 ans, MHSC), ou encore un Lala (27 ans, RCS) ne serait-ce pas mieux qu’un Meunier ?

Un Bensebaini (qui m’a impressionné en Europa League avec Rennes face au Betis et Arsenal, nettement moins à l’Emirates, où il y a eu beaucoup plus de mal), défenseur central de 23 ans reconverti latéral gauche ces derniers mois, serait-ce moins utile qu’un Kurzawa et un Bernat (très surcoté grâce à ses buts en LdC) ? Pour info Séville et Arsenal ont déjà essayé de le recruter.

Rongier (24 ans, Nantes), est-ce franchement inférieur à ce qu’a montré Paredes jusqu’ici ? La réponse devrait être un grand oui sur le recrutement avait été bien fait, elle ne tombe malheureusement pas sous le sens.

Ce ne sont que des exemples parmi d’autres, ils ne font qu’illustrer un constat : il existe des joueurs très intéressants en Ligue 1 qui mériteraient d’avoir leur chance au PSG. Les faire venir comme remplaçants en leur assurant une concurrence saine – autrement dit d’avoir du temps de jeu pour se montrer et renverser la hiérarchie – ne pourrait générer que de bonnes surprises. Seulement, si, sous prétexte qu’ils portent un maillot de L1, le videur refoule d’office ces joueurs, les empêchant de signer à Paris et d’y prouver leur valeur, on ne s’expose qu’à des regrets et à rien de positif.

Mais en l’état actuel des choses, jamais aucun d’eux ne peut intéresser le PSG. Pourquoi ? Il faut avoir le bon agent. Si ton représentant n’est pas dans les petits papiers d’Anterré ou plus largement de la direction parisienne, tu restes devant la porte comme si tu arrivais en guenilles à l’entrée d’une boîte dans les beaux quartiers. Tout est question de réseaux. Je n’ai aucune preuve que les choix sont faits de façon à arroser les potes avec derrière de possibles rétro-commissions, donc je ne peux l’affirmer. En revanche je suis en droit de le croire. Les faits observables me poussent en effet à le penser. Quand vous voyez que presque tous les dossiers impliquent Pini Zahavi, Pablo Sabbag (l’agent de Paredes et Di Maria), Roger Wittmann (celui de Draxler, Kehrer et Choupo-Moting), ou encore Mino Raiola (qui a récupéré Aréola et Verratti, est aussi en train de refiler au moins un jeune latéral néerlandais à la réserve), vous ne pouvez qu’en tirer cette conclusion.

LA CARTE DE L’OUVERTURE ET LA CARTE DE l’IDENTITE.

Il faut sortir de ces réseaux et ouvrir au maximum le spectre de recherche. Des talents, on en trouve un peu partout. La mission d’un directeur sportif et de son équipe est de les repérer, d’évaluer leur potentiel et de discerner ceux qui sauront faire fructifier leur talent dans le club susceptible de les recruter (la personnalité entre alors en compte). Ça demande beaucoup de travail et de compétences. Actuellement, le PSG a une cellule semble-t-il plutôt efficace mais jamais écoutée par le responsable du recrutement.

Je n’ai bien sûr aucune réticence à faire signer des étrangers, comme vous l’avez constaté dans le chapitre concernant le recrutement en Ligue 1. Je reste néanmoins d’avis que le football d’avant l’arrêt Bosman était involontairement et inconsciemment dans le vrai. Les équipes avaient une identité nationale (sauf peut-être pour l’Internazionale^^) avec généralement un style national. Le football a beaucoup perdu de son charme depuis que les équipes anglaises jouent comme des équipes espagnoles et que les allemandes ne jouent plus comme des équipes allemandes avec leurs frappes de loin et leur efficacité dans la surface.

En gros, à l’époque, les meilleures équipes dans chaque championnat se composaient d’une grande partie des meilleurs joueurs nationaux (donc beaucoup d’internationaux) renforcés par quelques étrangers apportant une réelle plus-value. Aujourd’hui, on a l’habitude de voir la plupart des meilleurs Français s’exiler dans les grands clubs étrangers, on peine donc à s’imaginer quelle équipe ça donnerait. Vous prenez l’équipe de France championne du monde, vous remplacer Griezmann par Neymar, Varane par Marquinhos, Pavard par un super latéral droit international de très haut niveau (le gars ne peux dont pas être français, aucun latéral droit français n’entrant dans cette catégorie), Kimpembe, Aréola et mon fameux Ben Yedder débutent aux places d’Umtiti, Lloris et Giroud, Hernandez à gauche, Kanté et Matuidi au milieu accompagnés de Pogba… l’Europe entière serre les fesses. Mais ce n’est plus possible. Le football a trop changé pour penser un jour reproduire ce modèle en France. En Europe, seuls le Bayern, la Juve et éventuellement le duo Barça/Real pourraient s’y essayer dans la mesure où leurs nationaux s’exportent nettement moins que les Français. En Angleterre, les clubs blindés sont trop nombreux. Ils retiennent la quasi-totalité des joueurs de leurs sélections mais le phénomène dissout mécaniquement l’équipe nationale, ses membres portent différents maillots.

Il est temps de se mettre au travailler sous les ordres d’un chef guidé seulement par l’intérêt premier du club, à savoir celui de dépenser son argent pour se renforcer SPORTIVEMENT à court, moyen et long terme tout en réussissant de bonnes opérations économiques. Ce critère économique doit être secondaire dans le sens où les considérations marketing ne devraient jamais déterminer qui est recruté et qui joue. Ces dernières années, ce principe de base a été allègrement piétiné. Buffon, Alvès, c’est ça, du recrutement marketing plus que sportif[5], contrairement à la paire Neymar-Mbappé, dont les acquisitions se justifiaient économiquement avant d’être validées par les considérations marketing/business.

Comme je pense l’avoir déjà suffisamment démontré, ouvrir l’accès au PSG à des joueurs de Ligue 1 s’avèrerait salutaire. Il ne faut évidemment pas se limiter à la Ligue 1, y compris pour trouver des joueurs français (le capitaine de l’équipe de France U20, Mickaël Cuisance, m’a fait très bonne impression l’été dernier avec les U19, il sortait d’une super première saison avec Mönchengladbach, il joue beaucoup moins cette saison, il y a peut-être un joli coup à réaliser, comme avec plusieurs Français évoluant en Angleterre hors des clubs les plus huppés… le Brexit et toutes les incertitudes le concernant risquent de provoquer des départs). Car je le répète, il faut des Français dans l’effectif et dans le onze de départ. Si possible même des Franciliens (qui ne sont pas nécessairement français). C’est une question d’identité et d’identification.

En effet, si le service marketing bosse pour faire du PSG une marque toujours plus mondialisée, il est impérieux de ne jamais l’oublier, on parle d’un club français, du club de la capitale de la France et de toute une région, l’Île-de-France. Le cœur de la "clientèle" – ou "fan base" – est parisien (au sens large). J’imagine en outre que si un type à l’autre bout du monde se sent fan du PSG, c’est aussi parce qu’il ressent un attrait particulier pour la France, que Paris le fait rêver. Il s’attend donc naturellement à voir des Français dans l’équipe.

Ce phénomène d’identification revêt une double facette. D’une part on cherche à faire en sorte que les supporters se reconnaissent dans leur équipe, d’autre part on aspire à ce que les joueurs soient réellement attachés à leurs couleurs. On pourra toujours accuser certains membres de l’effectif d’être des mercenaires prompts à lâcher l’affaire quand la situation tourne mal, en revanche il est impossible de remettre en doute l’identité, l’investissement et la dévotion au club d’un Kimpembé ou d’un Aréola. Ils mettent beaucoup plus de cœur à l’ouvrage qu’un joueur de passage. Pour approcher leur niveau d’attachement au PSG, il faut des années à un arrivant extérieur sans lien préexistant avec la France (par exemple Marquinhos est devenu un vrai Parisien avec le temps). Les garanties, on les trouve dans l’état d’esprit. Cet attachement viscéral génère un supplément d’âme dans les moments comme ceux tristement vécus en Ligue des Champions ces dernières saisons. Evidemment, ça ne vaut que si ces joueurs ont été éduqués dans la culture club. L’amour du maillot existe toujours. Pas chez tout le monde. La tendance de nombre de supporters à être beaucoup plus sévères et critiques avec les Titis me fatigue. Veulent-ils réellement des joueurs avec des valeurs qui respectent l’institution et défendent fièrement leurs couleurs où est-ce juste une posture ?

Etre français et jouer au PSG, c’est aussi être très exposé sur la scène nationale, donc aux yeux du sélectionneur et des médias français, avec toutes les conséquences engendrées (chances fortement accrues d’intégrer l’EdF en cas de bonnes performances, cote de popularité, business personnel avec différentes marques intéressées par cette visibilité, potentiel de reconversion dans le sport ou les médias, etc.). L’entraîneur dispose avec eux de leviers de motivation évidents qui s’activent par eux-mêmes tant que les joueurs en question se sentent traités de façon juste. Le temps de jeu doit être déterminé au mérite, pas au statut. Si tu es bon, tu joues, peu importe d’où tu viens.

Le PSG n’a plus réellement d’identité. Du moins l’équipe première n’en a plus. Il est temps de lui en redonner une à partir de l’été prochain à l’occasion du grand ménage qui s’impose… comme tous les ans depuis 3 ans. Est-ce enfin pour cette année ?

LES HOMMES DU PRESIDENT.

Avant de penser au grand ménage et à la recréation d’un effectif cohérent à partir des rescapés de ce nettoyage en profondeur, il convient de tout réorganiser.

Nasser Al-Khelaïfi est peut-être un mec gentil à la base, même si son attitude dans l’affaire Rabiot semble indiquer la présence d’un ego mal placé. Son problème se situe clairement au niveau de la prise de décisions. Il doit en prendre un demi-milliard par jour en raison de sa douzaine de postes dans différentes sociétés et institutions (beIN media group, le PSG, la LFP, l’UEFA, le comité d’organisation de la CdM au Qatar, la fédération quatarienne de tennis, et j’en passe). Président du PSG, c’est un job à temps plein, pas un loisir auquel un homme peut s’adonner pour le plaisir quelques heures par semaine comme une partie de Football Manager.

On reconnait un joueur intelligent à sa capacité à très bien faire ce qu’il sait faire et à ne pas essayer de faire ce qu’il ne sait pas faire. L’exemple type est ce cher Blaise Matuidi. Nasser devrait s’en inspirer. Sans doute très bon dans certains domaines, essentiellement en business, le plus connu des Qatariens d’Europe est terriblement mauvais en matière de football. Il lui faut accepter de limiter son rôle de président au fait de… présider et de représenter le club dans les instances, auprès des sponsors actuels ou éventuels, des invités ou autres, en plus bien sûr de superviser les grands dossiers (budget, fair-play financier, construction du futur centre d’entraînement, etc.). Pour ce qui touche au domaine sportif, qu’il laisse travailler les professionnels comme en matières de foot féminin, de handball et de judo.

Si la formation part en sucette, si le recrutement est cataclysmique, si la politique sportive générale de la section masculine est inexistante, si la façon dont le club gère la communication est dramatique et engendre la colère des supporters, il est peut-être temps de chercher les hommes permettant de corriger tout ça, non ?

Le seul à échapper à la critique se nomme Jean-Claude Blanc. Sans doute la qualité de son travail le justifie-t-elle. Le club a besoin de son pendant pour les différents aspects de ce qui touche directement au domaine sportif. L’idéal serait de faire appel à un ancien à la fois compétent, légitime, charismatique et expérimenté bénéficiant d’une notoriété internationale, respecté aussi bien en France qu’ailleurs eu Europe. Un gars si indiscutable que personne ne voudrait lui tirer dans les pattes. Oui, vous avez compris où je veux en venir… Cet homme providentiel n’existe pas. Il manque au PSG une histoire européenne récente assez forte pour l’avoir produit. Les figures du PSG à succès des années 90 ont soit déjà eu leur chance, soit opté pour une autre voie professionnelle, soit trop d’ennemis.

Il faut chercher ailleurs. Et pas nécessairement chercher un homme. On peut aussi en chercher… deux. La condition est de trouver des hommes capables de bosser ensemble, d’accorder leurs violons et de jouer la même partition. La mésentente permanente en interne exprimée lors d’environ la moitié des prises de parole de Tuchel – il met des coups de rappe à son directeur sportif dès que l’occasion de présente – devient assourdissante. Le club a besoin de sérénité, d’harmonie, que tout le monde travaille ensemble en allant dans le même sens, et que tout le monde parle d’une seule voix. Ou plutôt que tout le monde parle, mais de façon maîtrisée, intelligente et intelligible. C’est exactement comme dans une équipe de football : si chacun veut jouer de son côté en appliquant ses propres idées au détriment du collectif et de l’objectif commun, s’il n’y a aucune ligne directrice, si les joueurs ne se parlent pas entre eux, ils se condamnent au néant.

La communication doit se faire en interne ainsi qu’à destination de l'extérieur (comprenez toutes les personnes qui ne sont pas salariées ou directement impliquées au sein du club).

La stratégie actuelle visant à contrôler la communication du club est un désastre : le président fait deux sorties par an, le directeur sportif est muet sauf pour dézinguer un joueur qui lui sert de bouc-émissaire et de diversion ou encore pour se plaindre de l’arbitrage dans un timing toujours raté, le service communication balance des communiqués de presse généralement défensifs (en réponse à des attaques ou à des infos qui vont sortir). Pour le reste, l’entraîneur doit se débrouiller seul. Au lieu d’agir, d’anticiper, d’être offensif, le club préfère subir, se contentant de parfois réagir, souvent à retardement. Le pire étant encore la manière de réagir.

Envoyez des lettres à la direction technique de l’arbitrage, est-ce réellement censé avoir un effet positif ? Interdire aux journalistes de L’Equipe l’accès au centre d’entraînement et les questions lors des conférences de presse permet de montrer les muscles et de se rendre populaire auprès des supporters excédés par la politique éditoriale de ce quotidien, mais est-ce une mesure de nature à faire évoluer cette politique ou au contraire à la durcir ? Il n’est jamais dans votre intérêt de déclarer une guerre que vous ne pouvez remporter. D’autres méthodes existent pour parvenir à vos fins. En l’occurrence, le silence n’en est pas une bonne. Ne jamais parler n’évite pas d’être l’objet de rumeurs et de fake news. En pratique, ça nourrit et crédibilise les fantasmes. Si le club ne dément pas, il laisse s’installer l’idée selon laquelle y a certainement un fond de vérité. Vous ne faites que valider ce à quoi vous voudriez échapper. Bien sûr, multiplier les démentis pour répondre à tout n’est ni possible, ni souhaitable. Etre actif évite souvent de devoir être réactif.

L’omniprésence des médias et réseaux sociaux les rend incontournables, le club ne peut rien y changer, il doit au contraire les exploiter. Dans le monde actuel, presque tout finit par se savoir, il faut s’y préparer. Mieux vaut donc anticiper en présentant soi-même certaines infos sous l’angle voulu plutôt que de subir leur divulgation sous un angle polémique ou carrément négatif. Un communiquant un peu malin trouve le moyen de manipuler ce système médiatique. Il opère quelques échanges de bons procédés (la carotte a toujours été plus efficace que le bâton pour faire avancer les ânes dans la bonne direction… «tu veux une interview, OK, mais en échange tu modifies ta ligne éditoriale sur tel sujet, tu attends quelques jours pour sortir ton info, tu me laisses présenter ma version»), se trouve quelques alliés, se débrouille pour faire sortir ce qu’il a envie de laisser sortir, y compris des contrefeux. Si insupportable Aulas soit-il, sa com’ extrêmement agressive devant les micros comme sur Twitter et ses amitiés avec certains "journalistes" influents sont un modèle d’efficacité. Il oriente les débats à sa guise, détourne l’attention, obtient la couverture médiatique qu’il souhaite quand il le souhaite, peut ainsi mettre en valeur ce qu’il a à vendre et défendre son club, mettre la pression sur les arbitres et les instances, voire sur certains joueurs le cas échéant, le tout en se mettant beaucoup de supporters dans la poche. Quand son club est victime d’une erreur d’arbitrage, les médias le font savoir (cf le péno grotesque pas annulé par l’AVAr à Barcelone), nonobstant les 3 classes d’écarts observées entre les 2 équipes pendant la quasi-totalité des 2 fois 90 minutes. Quand un PSG nettement supérieur mais sans voix pour se faire entendre est victime du plus gros scandale arbitral de l’Histoire du football européen dans le même stade 2 ans auparavant, seuls les supporters parisiens et les médias étrangers s’en offusquent, les médias français se contentent de quelques lignes ou minutes d’antenne noyées dans un gigantesque flot de critiques et de moqueries.

Actuellement, le PSG est un véritable paillasson. N’importe qui peut s’essuyer les pieds dessus et prendre plaisir à le couvrir de boue – ou de m*rde – sans crainte de voir la porte s’ouvrir et une énorme tarte lui finir dans la gueule. Depuis Leonardo, auteur d’un dérapage en allant trop loin un jour où, très sincèrement, quelques dizaines de milliers de supporters auraient eu envie de faire bien pire encore (rappel : le rouge mis à Thiago Silva sans aucune raison valable par M. Castro), le club est totalement dépourvu de figure médiatique pour faire entendre sa voix.

Le PSG a besoin d’un porte-parole, d’un homme respecté dans le milieu – mais aussi du grand public – qui saura se présenter devant les médias aux moments opportuns, à savoir quand il faudra faire de la pédagogie auprès des supporters et des journalistes/consultants, expliquer ce que fait et compte faire le club, éteindre un début d’incendie ou encore mettre habilement la pression sur les instances (y compris celles de l’arbitrage) et la presse. Grâce à lui, Tuchel se trouvera déchargé d’une partie de la com’, ce qui lui permettra de se concentrer sur d’autres aspects plus fondamentaux de son travail d’entraîneur. Devoir expliquer 2 fois par semaine ce qu’il en est du recrutement, faire le point sur les blessures et décisions prises à ce sujet (notamment les voyages de Neymar pour se faire soigner), sur les éventuelles décisions disciplinaires en cas d’incartades, ce n’est pas son job. Pourtant, actuellement, il est bien obligé de le faire puisque personne d’autre ne s’y colle ! Il ne devrait avoir à s’exprimer que sur ses propres décisions.

Le PSG a aussi besoin d’un homme moins médiatique mais très actif et efficace – donc très compétent – pour s’occuper du recrutement, de la gestion des contrats (prêts, transferts, plans d’évolution des jeunes, prolongations).

Les 2 noms évidents sont ceux des 2 hommes libres de tout contrat déjà cités plusieurs fois ces dernières années. A savoir Monchi et Wenger. Chacun a ses qualités et ses défauts. Monchi vient de démissionner de la Roma. Wenger a été débarqué d’Arsenal à la fin de la saison passée.

Le premier est un véritable dénicheur de talents qui connaît parfaitement bien la Ligue 1 et a réussi de nombreux gros coups dans sa carrière. Il reste sur un échec à Rome où on lui a demandé de tout reconstruire en vendant des joueurs majeurs suite à une année où ils avaient pris beaucoup de valeur grâce à une épopée en Ligue des Champions. Il n’a pas pu faire tout ce qu’il voulait, certains choix ont été couronnés d’un grand succès, d’autres ont terminé en flop. Ça arrive dans tous les clubs. On le dit proche d’Arsenal ou encore en discussions avancées pour un retour à Séville… S’il faut le faire venir, c’est maintenant. En outre, je note qu’il a eu les cojones de démissionner, lui. Est-il "Tuchel-compatible" ? Peut-être. Aucune idée.


Update : quelques heures après la publication, le FC Séville a annoncé officiellement le retour de Monchi au poste de directeur sportif de son club d’origine. Tous les clubs ne manquent pas de réactivité comme le PSG. Trouver un autre homme ayant ce profil et ces compétences va être très difficile.


Le second ne m’a jamais plu. En principe je ne l’aime pas même s’il y a quelques saisons je pensais que son profil correspondait à celui dont le PSG avait besoin pour devenir entraîneur du club. A ce moment de la construction de l’équipe, un professeur de football me semblait plus indiqué qu’un manager de stars. Aujourd’hui, je serais favorable à l'idée de l'embaucher pour s’occuper de la formation, de la cohérence de la politique sportive et du nouveau centre d’entraînement, ainsi que pour être la voix du club, l’homme qui calme les ardeurs de la presse, qui désamorce certaines attaques par sa seule présence, qui donne envie aux arbitres d’un peu plus nous respecter (de ce point de vue ça ne pourrait être que mieux qu’actuellement). On le dit très proche d’accepter un poste à la FIFA. On le dit aussi proche de Tuchel et susceptible de travailler en harmonie avec lui.

Il y a sans doute d’autres possibilités, eux ont à la fois un profil intéressant et l’avantage d’être disponibles immédiatement. Or c’est maintenant que la direction doit se bouger, pas dans 4 mois quand les grands clubs auront déjà pratiquement terminé la préparation de la saison prochaine.

REAGIR COMME UN GRAND.

Le Real perd tout en une semaine (élimination en Coupe du roi, défaite en championnat l’empêchant définitivement de croire au titre en Liga, humiliation en LdC contre l’Ajax), réaction immédiate, on dégage l’entraîneur, Zidane revient et ça parle déjà gros mercato pour relancer la machine. On se tourne de suite vers l’avenir, on rassure les socios.

Au PSG, on se cache, on ne réagit surtout pas, on s’enfonce totalement dans la déprime, dans un mutisme qui fait se propager le sentiment d’abandon subi par les supporters… Et à quoi a-t-on droit ?
-A une réaction de Thiago Silva en sortie de terrain avec des «scouses, scouses» assez lunaires répétés quarante-douze fois.
-A des propos particulièrement confus de Nasser Al-Khelaïfi – le président délégué par le propriétaire – devant les micros nous expliquant… En réalité je ne sais toujours pas ce qu’il voulait nous expliquer, que des décisions allaient peut-être être prises ou pas, mais pas maintenant… puis, après un retour devant les micros, à une plainte contre l’utilisation de l’AVAr.
-A un post de Neymar sur les réseaux sociaux, le joueur étant très en colère contre les arbitres et particulièrement les assistants vidéo, le tout accompagné d’une insulte qui lui vaudra sans doute une suspension de la part de nos amis de l’UEFA.
-A une lettre de Marquinhos sur Instagram pour présenter ses excuses aux supporters.
-A une brève sortie d’Anterré Henriquo – le pseudo directeur sportif – pour de nouveau s’en prendre gratuitement à Rabiot tel le violeur qui reprocherait à sa victime d’avoir mis une mini-jupe alors qu’après ce que cette petite sal*pe d’allumeuse a subi, elle devrait se terrer chez elle par décence.
-A une interview d’Mbappé obligé de dire à Téléfoot qu’il va rester la saison prochaine.
-A une vidéo de Kimpembe postée sur Youtube expliquant son ressenti, à savoir que les joueurs ont pris le match à la légère et fait preuve de suffisance (ce qui a peut-être été vrai pour certains au cours de la préparation du match et a sans doute été vrai sur les premières minutes de la rencontre, ensuite on n’a plus vu de la suffisance mais des insuffisances).
-A une reprise de l’entraînement au Parc des Princes après 3 jours de vacances… lors de laquelle les ultras mécontents ont été invités à entrer dans le stade, histoire de balancer des insultes aux joueurs pendant toute la séance, certains allant ensuite s’expliquer devant eux.
-A une plainte envoyée à l’UEFA suite à l’attitude et la vidéo totalement irrespectueuse de Patrice Evra dans la corbeille du Parc des Princes le soir du match… que personne n’a empêché ou tenté empêcher (il aurait dû être jeté dehors par la sécu et/ou remis en place par les dirigeants parisiens).
-A une conférence de presse d’avant-match de Tuchel – l’entraîneur – le lundi suivant l’élimination du mercredi pour nous qualifier cette élimination d’accident. Ne surtout pas se poser les bonnes questions.
-A un satisfecit du club à propos de ses résultats financiers et de ses ventes de maillots. Le sens du timing.
-A une mise à pied de Rabiot aux motifs lamentables qu’il est sorti en boîte après le match et aurait "liké" une vidéo d’Evra (pas celle prise au Parc mais celle où il insulte Rothen qui avait critiqué son ex-coéquipier, le grand "Tonton Pat…éthique")… Quel est l’objectif ? Se farcir un procès ? On a besoin de ça ? Si Rabiot veut attaquer aux Prud’hommes, il a désormais un dossier énorme à présenter et l’assurance absolue de faire condamner le PSG pour harcèlement moral.

Mais quelle image du club cette direction veut-elle donner ? Elle est totalement déconnectée de la réalité et des priorités ! Tu te prends la plus grosse gifle de l’Histoire du club, bien pire que l’escroquerie d’Aytekin à Barcelone il y a 2 ans, mais c’est le plus grand silence. A la limite, que le soir du match tout le monde soit sonné et nous ponde des discours manquant de lucidité, OK, après un KO pareil, on peut manquer de lucidité. Mais dès le lendemain, le club devait organiser sa communication pour repartir de l’avant, pour répondre à cette situation au lieu de continuer à la subir. Il fallait immédiatement reprendre la main (sans jeu de mot avec le penalty fatal). Tout le monde attendait des explications, une autocritique, des annonces pour redonner un peu d’allant au projet, la démission ou la mise à l’écart d’un responsable (le fossoyeur). Rien. On laisse certains membres du groupe se démerder et faire leur communication de leur côté de façon non concertée (d’où les risques de cacophonie et de désaccords dans les discours). Quelques jeunes se lancent, ceux qui se sentent obligés de faire ce que le club se refuse à faire, à savoir parler aux supporters, les rassurer ou leur promettre que ça ne se reproduira plus jamais. On peut dire ce qu’on veut à propos de la vidéo de Kimpembe, elle déborde sans doute de maladresse, seulement elle a le mérite d’exister : un joueur qui assume ses responsabilités après une telle catastrophe, c’est salutaire. On attend que les dirigeants fassent de même. Une autocritique qui tombe à moitié à côté restera toujours plus respectable qu’un déni absolu de réalité. Dans un cas, on se donne une chance de résoudre la moitié du problème, dans l’autre on s’assure de ne jamais corriger ce qui ne fonctionne pas.

Non, les dirigeants sont contents car à défaut de gagner des matchs, ils gagnent des parts de marché. Ce sont de bons vendeurs de rêves… «Dream bigger» qu’ils disaient… Seulement tout le monde se réveille toujours brutalement bien avant la fin, vers 3h du matin alors que le réveil devait sonner à 9h. Bonne chance ensuite pour te rendormir ! Cette saison, si je m’étais mis à y croire, c’était uniquement en constatant le niveau de l’adversité. Au final, aucune équipe n’a réussi à m’impressionner au point de s’imposer à mes yeux comme favorite au titre. Le Real va se reconstruire une armada, le Barça est en train de faire de même, le Bayern va débuter les grandes manœuvres pour redevenir ce qu’il doit être. La fenêtre de tir du PSG est peut-être passée pour un bon moment.

LA SPECIALITE PARISIENNE.

En 2013 contre un Barça presque sans Messi (blessé à l’aller, entré au retour sur une jambe, l’équipe s’est liquéfiée en le voyant mettre ses protège-tibias) en menant à l’extérieur au retour.
En 2014 contre Chelsea en gagnant 3-1 à l’aller et en reculant beaucoup trop au retour jusqu’à perdre 2-0 dans les dernières minutes.
En 2015 contre le Barça en se faisant défoncer aller-retour par une équipe beaucoup plus forte, la kyrielle de blessures et de boulettes grossières n’aidant pas.
En 2016 contre Manchester City en faisant 2-2 à l’aller (avec un très mauvais arbitrage mais aussi d’énormes erreurs) avant de se ridiculiser au retour avec cette défense à 5 jamais travaillée.
En 2017 contre un mauvais Barça en gagnant 4-0 à domicile pour se faire honteusement voler et violer par un arbitre malhonnête et une équipe de tricheurs… au cours d’un match très mal débuté puis dramatiquement mal terminé en raison d’une faiblesse mentale affligeante.
En 2018 contre un mauvais Real – qui a miraculeusement remporté la compétition avec à chaque tour des décisions étrangement favorables – énormément aidé par l’arbitrage au match aller (péno entaché d’un énorme HJ) et de très mauvais choix de l’entraineur qui ont plombé l’équipe, particulièrement en fin de rencontre, ceci avant un retour honteux (Emery a encore tout fait à l’envers).
En 2019 contre un Manchester United d’une faiblesse confondante avec une démonstration à l’extérieur et un cataclysme au retour en donnant littéralement le match à une équipe décimée qui n’a rien fait pendant 90’ hormis profiter des cadeaux, dont une intervention pour le moins limite de l’AVAr…

7 ans de suite en LdC, 7 échecs. 6 avec beaucoup de regrets car en face, ce n’était pas plus fort, et même beaucoup moins fort dans certains cas.

Trop de joueurs ont connu ces déceptions, revers et autres débandades. Ils ont montré leurs limites. Peut-on sincèrement continuer à imaginer qu’ils puissent mener le PSG à un succès en Ligue des Champions en tant que pièces maîtresses de l’équipe ?

GRAND DESTOCKAGE AVANT TRAVAUX.

Verratti et Thiago Silva sont au club depuis le début de la série, même s’ils ont chacun manqué 2 matchs (le premier nommé était absent aller-retour contre City mais aussi été absent certaines fois en étant pourtant sur le terrain, le second a manqué la victoire 4-0 et la défaite 3-1 à Madrid, cette fois sur choix raté d’Emery).

Cavani en a enchaîné 6 (sur la dernière il n’y est pour rien, il était blessé, il y a 2 ans il a manqué de réussite en montrant pourtant du répondant).

Di Maria en est à 4 (même s’il a une circonstance atténuante il y a 2 ans, il entre contre le Barça et perd son duel pour la qualification à cause d’une faute grossière de Mascherano qui aurait dû être sanctionnée d’un penalty plus carton rouge… mais il pouvait aussi faire la passe à Cavani seul à sa droite face au but vide). Idem pour Kurzawa, dont on ne sait toujours pas ce qu’il fait au PSG (je préfère ne pas m’appesantir sur son cas).

Draxler en compte 3, comme Meunier, dont la particularité est d’avoir été systématiquement horrible lors de ces rencontres débutées tantôt sur le terrain, tantôt sur le banc (même lors du 4-0, Neymar lui a tout fait, il s’en était bien sorti avec une passe décisive en fin de match, profitant d’un gigantesque boulevard ouvert sur son côté).

Le point commun de ces joueurs ? Hormis peut-être Thiago Silva en raison de son âge et Kuzawa en raison de son niveau (dont tout le monde n’a pas conscience, il y a peut-être de quoi attirer un pigeon), ils ont tous une valeur marchande assez importante sur le marché des transferts pour à la fois renflouer les caisses du club et nous permettre de faire le ménage.

Thiago Silva, que j’admire pour ses qualités de défenseur et de relanceur, peut difficilement rester en tant que leader. Il est trop marqué par la défaite, on sent chez lui des difficultés à faire confiance à son gardien – normal quand il a un papy derrière lui, moins quand il a Aréola ou le gardien de sa sélection – et ses partenaires. Son manque d’autorité naturelle et ses difficultés à tenir la pression (d’habitude les mains dans la surface sur des situations sans danger, ça venait de lui) apparaissent trop souvent dans les moments clés. Or il ne peut rester s’il est dégradé, la situation serait trop inconfortable au sein du vestiaire, il perdrait tout ce qui lui reste d’autorité. Le prolonger de 2 ans jusqu’en 2022 (il aurait 37 ans et 9 mois à la fin de ce nouveau contrat) serait irresponsable. A fortiori au tarif actuel. Ayant désormais la nationalité française, il n’occupera plus de place dire de "joueur extra-communautaire". Ça peut plaider en sa faveur pour rester la saison prochaine.

Verratti s’est finalement avéré être un problème pour le PSG plus qu’une solution. Il n’est pas fiable. De temps en temps on le voit faire un gros match, il enchaîne avec un immonde (cf 2017). Régulièrement, il handicape son équipe en la trahissant par son attitude irresponsable (cf 2018)… quand il est sur le terrain. Depuis 4 saisons, il a manqué environ 35% des matchs officiels du club. Son comportement sur le terrain s’avère souvent très énervant, hors du terrain on ne compte plus les attitudes non professionnelle et les dérapages (conduite en état d’ivresse, tentative de forcer le club à le vendre au Barça, etc.). Sa cote, effondrée l’an dernier, est remontée. Profitons-en ! S’il y a moyen de prendre 60 millions ou plus pour un joueur à problèmes – notamment physiques – dont la progression en 7 ans flirte avec le néant, sautons sur l’occasion !

Cavani est admirable de combativité. Seulement, il n’est un leader que par cette caractéristique. Il est trop marginalisé dans le groupe de par sa personnalité et dans le jeu en raison de son profil technique… pas très technique. Il lui reste 1 an de contrat, il n’est pas encore très vieux, a fortiori si on prend pour exemple Cristiano Ronaldo, on peut donc encore espérer le vendre pour le remplacer. Sans quoi il partira dans un an… gratuitement. La belle histoire entre lui et le club doit prendre fin, on est arrivé au bout d’un cycle. L’évolution naturelle du PSG est de faire monter Mbappé d’un cran dans la hiérarchie. Cavani pourrait quant à lui aller jouer 2 ou 3 ans dans un grand club en Espagne ou en Angleterre avant de rentrer au pays. Du gagnant-gagnant-gagnant.

Di Maria aurait dû être vendu l’été dernier. Il a été prolongé à mon grand désarroi. Tuchel lui voue un amour incompréhensible. Au niveau purement statistique, c’est un succès. On ne doit ce succès qu’aux blessures de Cavani et Neymar, celles-ci lui ayant permis de devenir attaquant, généralement décalé sur la gauche. Auparavant, Tuchel a forcé pour le mettre partout et n’importe où, ce forcing se traduisant par des prestations dramatiques. Di Maria au PSG, c’est l’histoire d’une incompréhension. On l’a fait venir comme un grand joueur censé faire la différence. On a eu un footballeur à l’intelligence de jeu très limitée qui ne s’est jamais réellement adapté à la vie en France (il est incapable de tenir une conversation basique après 5 ans…), boudeur à ses heures, horripilant la plupart du temps, et doué surtout pour masquer la misère avec une couche de peinture brillante (ou l’art de planter un but pour cacher une forêt de mauvais choix et de déchet… le PSG-Naples en poule de LdC en est l’exemple parfait). De temps en temps il vous sort un match monstrueux dans des circonstances particulières et vit dessus comme si ça reflétait son niveau réel. C’est un joueur de résumés. Si vous ne regardez que le résumé d’un match, vous risquez de le croire fantastique et efficace. Si vous l’observez tout un match, votre opinion le concernant est totalement opposée. Par pitié… VENDEZ-LE !! Comme dans le cas Verratti, il faut absolument profiter de la hausse de sa cote sur le marché. Il sera facile à remplacer.

Meunier jouit d’une réputation largement surfaite. On lui attribue une valeur très supérieure à la réalité sportive, sans doute grâce à son rôle de remplaçant (quand tu es n°2 derrière un mec mauvais, on a tendance à croire que tu es bon et que tu devrais jouer… et quand tu joues, c’est contre des équipes faibles, donc tu as plus facilement l’air d’être réellement bon). A Barcelone et à Madrid, qui a plombé l’équipe en se faisant abuser encore et encore en défense ? Il lui arrive régulièrement de marquer et de faire des passes décisives, tout comme Kurzawa, seulement même dans ce secteur où ils restent forcément moins à la rue qu’en défense, ces deux latéraux sont les rois du déchet. S’ils n’étaient insupportables que sur le terrain… Le Belge se prend pour le roi de la com’, il passe souvent pour le roi des co*s à mes yeux… S’il y a moyen de récupérer 40 à 50 millions pour ce duo de remplaçants, refuser de les vendre serait irresponsable. Même à moins en réalité.

Reste le cas Draxler. Ce joueur est une énigme. Sa polyvalence relative le dessert. Je la soupçonne d’être une des causes de l’irrégularité de ses performances. Il peut être génial ou totalement transparent, on ne sait jamais à quoi s’attendre. Fantomatique pendant des semaines, bon ou très bon un ou plusieurs matchs avant de disparaître de nouveau… Non seulement il passera toujours derrière Neymar mais manque aussi de personnalité et/ou de physique pour s’imposer à un autre poste. Lui aussi dispose d’une belle cote, il est possible d’en tirer une très belle somme pour le remplacer.

Il est également possible de tirer de l’argent en cédant Trapp à un club moyen (c’est un gardien moyen de club moyen, un nul pour un club à pression), la terrible erreur d’avoir prêté Lo Celso avec option d’achat rapportera 22 millions, contrairement à Rabiot qui… coûtera 3 ou 4 millions en indemnités prudhommales mais dans 2 à 4 ans seulement. Je ne sais pas si le prêt de Krychowiak s’est déjà transformé en transfert ou si l’argent est censé tomber dans quelques semaines seulement.

Si un club turc, chinois ou du Golfe persique pouvait s’intéresser à Choupo-Moting… Il est quand même venu à Paris pour ça, l’objectif était de faire une culbute au bout de quelques mois en le transférant vers un club où il touchera un salaire humoristiquement surévalué.

En parlant de salaires… Hors de question de conserver Alvès, en fin de contrat. La prolongation de Buffon doit rester dans les tuyaux, ceux d’évacuation des eaux usées, notamment celles des toilettes… Quant à Jesé, même pour une indemnité se limitant à un éventuel pourcentage à la revente, le refiler à qui en veut doit être une priorité. Parce qu’en plus du budget très important obtenu pour reconstruire l’effectif, ces nombreux départs permettraient de très fortement alléger la masse salariale pour repartir sur des bases plus saines. Les salaires offerts ces dernières saisons sont totalement ridicules, la grille salariale n’a plus aucun sens, un mec arrive sans rien avoir prouvé, il est payé 500 à 700 000 par mois. Trop de confort, aucune motivation à se battre pour son temps de jeu, pour voir son statut évoluer… On crée des sénateurs et des joueurs invendables qui plombent la masse salariale (c’est un gros souci tant que le "fair-play" financier existe).

Ailleurs, certains de ces joueurs seront peut-être excellents – je ne le pense pas pour tous – mais au PSG, leur aventure doit prendre fin. Il est très improbable qu’on puisse les voir meilleurs qu’ils n’ont été jusqu’ici. Comment pourraient-ils se transformer en vainqueurs ? Le contexte, les fantômes qui les hantent, les attentes pesant sur eux, la façon dont ils sont perçus par leurs coéquipiers… Quelque chose ne va pas. Pour le bien de toutes les parties, une séparation s’impose.

REBATIR UN MONUMENT SUR SES FONDATIONS.

Kimpembe était déjà sur le banc en 2015 mais n’a été titulaire que récemment. Il incarne autre chose au club que les membres de la liste des joueurs à mettre en vitrine. Son irrégularité cette saison peut s’expliquer par une crise de croissance comme en ont connu d’autres. Marquinhos aussi est là depuis un moment, il a connu pas mal d’échecs, seulement, il a à son crédit d’avoir évolué – avec un gros creux la saison passée – pour devenir un leader avec le temps, de s’être réellement intégré à Paris, et d’avoir toujours une belle marge de progression. Pour ces raisons, ils doivent faire partie des piliers sur lesquels reconstruire, tout comme Mbappé et Neymar (qui ne peut partir avant d’avoir enfin montré ce pourquoi il a été recruté… on croise les doigts pour que la poisse s’arrête).

Il nous resterait Aréola, Marquinhos, Kimpembe, Nsoki, Kehrer (il ne peut que progresser^^), Bernat, Dagba, Paredes (espérons qu’au bout de quelques mois il réussira à montrer qu’il peut être utile… à ce prix c’est préférable^^), Nkunku (à prolonger avec un véritable rôle), Diaby, Neymar, Mbappé.

Pour le reste, on a quelques jeunes comme Weah et Descamps, actuellement prêtés. Zagré doit en principe monter en équipe première (très jeune latéral gauche offensif), il ne pourra disputer que des morceaux de matchs… comme Dagba. A moins de prêter Dagba et/ou Nsoki pour leur permettre de gagner en expérience.

Beaucoup de supporters ne veulent que des étrangers, il leur faut de l’exotique et du flashy, ils réclament des stars, des mecs super techniques ou supposés ainsi, ils ne voudraient que des joueurs de grande classe, très offensifs… La technique, c’est bien, seulement ça ne suffit pas. Le foot moderne requiert des qualités physiques (répétitions des efforts à haute intensité, puissance, taille à certains postes, etc.) et mentales au moins aussi importantes que techniques. Il nous faut des soldats, des fantassins, pas seulement des joueurs qui se prennent pour des artistes mais volent au moindre contact, ou encore pour des généraux mais en ayant le sens tactique et le charisme d’un chewing-gum usagé collé sous une table.

J’ai déjà évoqué les joueurs d’expérience dans la partie CLUB RECHERCHE LEADERS DESESPEREMENT, 4 à 5 (2 ou 3 au milieu, un en défense et un dans le secteur offensif) dont au moins 2 Français, des joueurs âgés de 26 à 30 ans qui auront un rôle de cadres. On parle bien sûr de titulaires. Ce sont les officiers. Il faut aussi les soldats et sous-officiers destinés à monter en grade par la suite. On les trouverait principalement parmi les joueurs libres et les talents qui méritent d’avoir leur chance dans un grand club, notamment ceux à recruter en Ligue 1, eux aussi déjà évoqués (LA CARTE DE L’OUVERTURE ET LA CARTE DE l’IDENTITE). Tout dépendra du temps de réaction de l’Emir. Plus il tarde à donner l’ordre à Nasser Al-Khelaïfi de virer Anterré Henriquo, plus les risques de passer à côté de l’intersaison en repoussant encore le grand ménage, voire pire (prolonger les grabataires et les boulets, encore dépenser des tonnes pour des joueurs moyens et se retrouver avec un effectif toujours aussi bancal), risquent de se concrétiser.

LA LISTE DES COURSES.

Le PSG a son gardien titulaire, il peut choisir de conserver Descamps en n°2 ou, ma solution privilégiée, le prêter pour lui permettre de continuer à s’aguerrir tout en recrutant un n°2 clairement affiché comme tel. Un gars d’expérience pas complètement cramé qui aurait envie de vivre cette expérience de jouer au PSG, doté d’un bon esprit et… pas trop cher. Recruter un gardien expérimenté pour servir de mentor avait du sens, seulement Buffon ne pouvait endosser ce rôle ailleurs qu’à la Juve.

Le poste de latéral est un gros chantier, à gauche comme à droite. Bernat peut rester mais pas comme n°1, au maximum comme n°1 bis. Je le trouve très surcoté mais il fait la maille pour les compétitions nationales. L’idéal serait de lui trouver un véritable concurrent venu pour gagner sa place. Seule une véritable concurrence peut permettre d’élever le niveau. S’y ajoute Zagré, dont l’intégration doit débuter. Il s’agit d’une des rares grands espoirs du centre de formation.

A droite, Dagba manque d’expérience, il gagnerait à être prêté, et Kehrer ne peut que dépanner tant son apport offensif est faible. Il faut trouver 2 joueurs, un n°1 de très haut niveau et sa doublure ou 2 joueurs à gros potentiel qui s’obligeront l’un l’autre à progresser pour obtenir le temps de jeu dans les gros matchs. Autre possibilité, un très offensif et un plus solide derrière.

Dans l’axe, la rotation se comprendrait Marquinhos, Kimpembe, Kehrer, plus Nsoki s’il n’est pas prêté et soit Thiago Silva pour une dernière année en attendant d’aviser dans quelques mois si sa forme justifie une prolongation, soit un nouveau taulier à associer aux 2 premiers dans une défense à 3 ou à un des 2 premiers dans une défense à 4.

Au milieu, il faut beaucoup de monde. 3 ou 4 joueurs (2 à 3 tauliers et un jeune à fort potentiel) – plutôt 4 – pour accompagner Paredes, seul rescapé, dont on attend qu’il justifie enfin de porter le maillot rouge et bleu.

Chez les milieux offensifs et attaquants de côtés, Neymar, Nkunku et Diaby sont une bonne base pour faire tourner, néanmoins il en faut au minimum un de plus, un joueur polyvalent et explosif de type Pépé (beaucoup trop cher), Brahimi (en fin de contrat), Coman… Oups. Il doit s’agir d’un véritable 4e homme en attaque, autrement dit le premier dans la rotation offensive (celui qui va endosser le rôle actuellement offert à Di Maria).

Devant, on doit pouvoir compter sur 4 attaquants axiaux, pas 2 ¼ comme actuellement. Ça signifie Mbappé, Weah (qui peut aussi jouer sur le côté) et 2 recrues complémentaires avec les autres, un avec beaucoup d’expérience et un espoir, d’où mon idée de Ben Yedder (2e meilleur buteur françaide la saison en Europe) et Thuram (qui peut aussi jouer sur le côté).

Je résume :
-éventuellement un gardien remplaçant selon le choix fait concernant Descamps,
-3 latéraux (1 à gauche, 2 à droite),
-éventuellement un défenseur central selon le choix fait concernant Thiago Silva,
-3 ou 4 milieux défensifs/relayeurs,
-au moins 1 milieu offensif ou ailier polyvalent,
-2 attaquants axiaux.

Ça fait 5 titulaires à recruter (les 2 latéraux, 2 milieux et le 2nd avant-centre à associer à Mbappé), voire 6 s’il faut aussi remplacer Thiago Silva. Les remplaçants, "challengers" et soldats, j’irais principalement les chercher en L1 et parmi les joueurs français exilés à l’étranger qui y ont engrangé de l’expérience en accumulant les rencontres face aux grosses écuries de Liga, de PL ou encore de Serie A.

Ça fait beaucoup de monde à faire signer et donc beaucoup d’argent à sortir, a fortiori si les joueurs libres le 30 juin susceptibles d’intéresser le club ont déjà tous signé ailleurs. Pour réduire la facture, la solution des prêts avec option d’achat de joueurs à relancer mériterait d’être exploré. Elle a fonctionné pour Valence avec Kondigbia la saison passée, pour le Bayern avec James, ou encore le Milan avec Bakayoko. Au PSG, on recrute des joueurs à relancer (David Luiz, Di Maria, Jesé ou même Stambouli), mais au prix fort et/ou avec de longs contrat. Alors qu’on prête facilement des jeunes très prometteurs avec des options d’achat dérisoires. Dans les 2 cas le PSG est le seul à encourir des risques, il n’a rien à gagner, beaucoup à perdre.

Vous l’avez constaté, je n’ai donné que quelques exemples correspondant aux différents profils, postes et cas de figures (joueurs en fin de contrat, joueurs intéressants évoluant en L1). Je me suis abstenu de dire «il nous faut lui, lui, lui et lui», hormis pour Ben Yedder, que je considère comme l’attaquant idéal à engager pour un tas de raisons. Mon idée n’est pas de faire le recrutement à la place du directeur sportif qui n’a probablement même pas encore été contacté. Le recrutement, ce sera son job, il nécessitera au préalable un long travail d’observation… qu’il n’aura pas le temps d’effectuer, hormis s’il l’a fait en bossant pour un autre club. Mon objectif se limitait à mettre en lumière tout ce qui doit changer au PSG pour enfin avoir une chance de parvenir à destination. Si la direction prise n’est pas la bonne, seul un miracle pourra nous faire toucher au but.

DERNIERES PISTES DE REFLEXION.

Un autre changement s’impose. Je ne sais pas lequel, seul un audit approfondi au sein du service médical du club pourrait le révéler. Quelque chose ne fonctionne pas. Déplorer un nombre si important de blessés au premier trimestre chaque année, donc se présenter systématiquement en Ligue des Champions avec un effectif affaibli ou décimé, ça ne peut être le simple fruit du hasard. Une fois OK, mais tous les ans… Le mollet de Pastore a été flingué par ces gens (pire qu’un crime contre l’Humanité, c’est un crime contre la Divinité). La gestion de Verratti, de la cheville et du 5e métatarsien de Neymar, de Thiago Motta pendant tout son contrat de joueur au PSG, etc. Il y a des choses à régler, non ?

Un autre sujet méritait d’être abordé malgré son absence d’effet sur le domaine purement sportif. Le maillot. Je n’ai rien contre le marketing. Si le club veut sortir 8 maillots différents par saison avec Jordan Brand et Nike pour engranger un maximum d’argent, ça me va très bien. Si des gens sont prêts à payer des fortunes pour des maillots, très bien. Seulement, certaines limites et règles simples doivent être respectées.
1. Pas de couleur sans aucun rapport avec le club et a fortiori qui fasse ressembler le maillot du PSG à celui d’un autre (exemple : du bleu ciel…).
2. Au Parc des Princes le PSG devrait SYSTEMATIQUEMENT évoluer avec sa tunique n°1, celle des matchs à domicile, donc en rouge et bleu (avec ses parties blanches).
3. Pour être populaire auprès des supporters il existe une solution à la fois beaucoup plus intelligente, efficace et positive que de faire de Rabiot un martyr : il suffit de relancer le véritable maillot Hechter, le bleu avec une large bande verticale rouge séparée du bleu de part et d’autre par une fine bande blanche. Classe et tradition.

CONCLUSION.

Alors bien sûr, il est beaucoup plus facile de ne rien faire et de se dire qu’un jour, avec tout l’argent dépensé, ça finira par fonctionner. Il est aussi très pratique de se plaindre de l’AVAr et du "fair-play" financier pour éviter de se poser les bonnes questions. A quel moment les dirigeants et l’entraîneur prendront-ils conscience que si le club s’est fait éliminer de la Ligue des Champions à cause d’une décision très litigieuse due à une utilisation douteuse de l’assistance vidéo à l’arbitrage, c’est parce qu’il s’est mis TOUT SEUL dans une situation totalement anormale, celle d’être à la merci du moindre but encaissé en fin de match contre une équipe aussi bidon que ce Manchester United ? Si le PSG en est arrivé là, c’est aussi en raison d’un effectif bancal hérité d’une kyrielle de mauvais choix effectués par des décideurs incapables de réflexion et dépourvus de ligne de conduite cohérente. Quand Tuchel se cache derrière la thèse de l’accident, il me fait penser aux nombreux idiots qui chargent Aréola dès qu’il encaisse un but même s’il n’y est pour rien en refusant de s’intéresser aux errances de la défense ayant permis aux adversaires de marquer.

Quand tu tombes d’une falaise en subissant une rafale de vent, c’est que tu as pris le risque de t’approcher du bord d’une falaise. Le vent n’est pas la cause principale de ton accident.

Quand tu chopes une MST qui te pourrit la vie, qu’est-ce qui est responsable de ton état ? Le virus ou… ta bêtise, celle d’avoir eu des rapports sexuels non-protégés avec une personne totalement inconnue rencontrée un soir dans un bar ?

Quand un drame – ou «accident» – se produit, on ne doit pas se contenter de détourner le regard pour ne pas voir la mare de sang et de se boucher les oreilles pour ne pas entendre les gémissements de douleur de la victime. Il faut arrêter au plus vite l’hémorragie, soigner la plaie, puis rechercher les causes de cet événement malheureux, déterminer les responsabilités et mettre tout en œuvre pour limiter les risques qu’il se reproduise. En l’occurrence, la blessure est très profonde, la douleur très vive, mais malgré l’urgence absolu, personne n’intervient. Malgré le caractère très accidentogène du lieu, personne ne veut se pencher sur la situation et agir en conséquences (faire des travaux, modifier la signalisation, rendre obligatoires certains équipements de sécurité, etc.). Cette attitude est quasi-criminelle. La prévention des accidents passe par une prise de conscience. Il ne suffit pas d’espérer que ça ne se reproduise plus.

Cette 7e élimination prématurée en 7 ans est plus qu’un simple accident. Les victimes se comptent par centaines de milliers. Le traumatisme est collectif.

Les supporters du PSG sont actuellement, toutes proportions gardées, dans le même état que le peuple français au sortir de la Première Guerre Mondiale il y pile un siècle. Le mot d’ordre est «Plus jamais ça !» Personne ne veut revivre un tel cauchemar. Pourtant, comme l’Histoire le montre, les traumatismes ont souvent pour conséquence d’engendrer d’autres traumatismes. Après la Première, il y a eu une Seconde Guerre Mondiale, directement engendrée par les plaies purulentes du premier conflit. Les dirigeants politiques de l’entre-deux-guerres ont laissé faire, incapables de comprendre que les décisions prises à l’issue du premier conflit auraient des conséquences funestes[6]. La qualité d’un grand dirigeant est d’avoir toujours plusieurs coups d’avance, il voit plus loin que les autres, anticipe les conséquences de ses décisions car celles-ci n’engagent pas que le présent, elles engagent surtout le futur. A l’échelle de ce massacre, le fiasco parisien est un tout petit accident industriel assez risible. C’est d’ailleurs chose heureuse car sa toute petite dimension rend la situation assez aisée à régler en faisant preuve d’un peu de volontarisme et de clairvoyance, alors qu’en 1919, on faisait face à des problèmes infiniment plus complexes car globaux et déjà presque inextricables.

Je vais donc m’adresser directement à Nasser Al-Khelaïfi.

Nasser, tu as beaucoup de fonctions, beaucoup de responsabilités, dont celles de président du PSG. Il est temps de les assumer. Tu as le DEVOIR d’agir, sans quoi la postérité retiendra de ta personne un sujet de moqueries et de haine. Toi aussi tu auras le L de Loser tatoué sur le front, et même jusque dans l’au-delà. Surtout, tu seras détesté par les supporters du PSG. Tous. Tu seras celui à cause de qui le PSG est devenu l’éternelle risée de l’Europe, celui qui a piétiné l’Histoire et l’identité du club pour en faire le club Mickey du football. Il y a déjà 3 ans que tu aurais dû comprendre l'impérieuse nécessité de faire le ménage de la cave au grenier comme je l'écrivais après la déroute contre Manchester City. Si tu ne te sens pas capable de prendre les bonnes décisions, une s’impose : passer la main. Virer Anterré Henriquo est un préambule indispensable et urgent. Le juste choix des hommes à qui confier les missions d’établir puis de mettre en œuvre une politique sportive cohérente est la 2e étape. Il convient aussi de se presser. Restera à oser le grand ménage et la reconstruction avec cette nouvelle équipe d’architectes. Jusqu’ici, tu ne t’es jamais montré capable de trancher dans le vif au moment idoine. Ton ego, tes amitiés, tes sentiments, tout le monde s’en cogne, seul les intérêts du club comptent. Le comprendras-tu un jour ? Te faut-il un GPS pour faire prendre la bonne direction au PSG ?

Si rien ne bouge, le PSG aura autant de chances de remporter une nouvelle coupe d’Europe que moi de remporter le gros lot d’EuroMillions… Sans jamais y avoir joué.

Notes

[1] A l’aller, il a brillé dans un rôle purement défensif de chien de garde de Pogba, mais en première période le PSG ne créait rien offensivement, en partie car Marquinhos n’est pas fait pour ce poste quand l’équipe a le ballon.

[2] Il a clairement expliqué sa méthode lors d’une longue interview à un journal anglais lorsqu’il était au Real : d’après lui il faut toujours faire plaisir à son président en alignant les joueurs qu’il a envie de voir sur le terrain.

[3] L'interdiction de recrutement imposée par la FIFA sera sans doute provisoirement levée en appel et repoussée à l'hiver prochain, voire à l'été prochain... comme à chaque fois qu'elle a été prononcée à l'encontre de clubs anglais ou espagnols pour les mêmes raisons.

[4] Les 40 millions seront payés en 6 ans à partir de l’été 2019, les 17 millions de bonus dépendent des performances du joueurs sur les 6 ans, celle de cette année son pourries… Il faudrait que le joueur soit revendu pour une énorme somme, sans quoi le PSG aura fait une très mauvaise vente… Guedes avait été acheté 30+7 au Benfica.

[5] Alvès, c’était aussi pour finir de convaincre Neymar.

[6] La façon dont les vainqueurs de la Première Guerre Mondiale ont fait payer aux vaincus leur défaite (coût des réparations, annexions et divisions de territoires, occupation, etc.) est à l’origine d’un très profond ressentiment qui a nourrit la montée au pouvoir des Hitler et autres Mussolini.