Commençons par le commencement. La pandémie de Covid-19 a éclaté en Chine, elle nous semblait très éloignée. On ne connaissait rien de ce virus, il passait encore pour une grosse grippe. On le sous-estimait. Tout le monde a pris tardivement conscience de sa gravité potentielle et son côté hyper sournois. Néanmoins, les mesures très lourdes imposées en Chine avec un confinement massif et strict de millions de personnes aurait dû tous nous mettre en alerte.

Puis ce virus a commencé à se répandre dans le monde. On ne le savait pas encore, pourtant il était chez nous bien avant que la bombe à retardement n’explose. En Europe, le nord de l’Italie a été victime de ce KO. Puis l’Espagne y a eu droit à son tour. La France a rapidement suivi avec, dans un premier temps, deux zones particulièrement touchées : l’Alsace et une partie de l’Oise. Nous en étions à ce stade le 6 mars, première date de ma chronologie. Une réaction massive est vite devenue la seule solution pour tenter d’endiguer une épidémie devenue incontrôlable de façon conventionnelle.

6 mars 2020. Le PSG est à Strasbourg pour jouer son match de Ligue 1 mais apprend dans la soirée que la rencontre prévue le samedi est reportée sur décision de Madame le préfet. Elle aurait pu prendre sa décision plus tôt… La raison ? On ne pouvait pas jouer à huis-clos car il y aurait eu un risque (elle craignait manifestement que des supporters se rendent malgré tout aux abords du stade). Le virus circulait déjà beaucoup en Alsace, même si le bilan national s’élevait alors seulement à 9 morts. Chambly-Le Mans FC avait été joué à huis-clos à cause du coronavirus (il y a eu 2-2, Le Mans menait 2-0...).

11 mars 2020. Le PSG reçoit Dortmund à huis-clos en 8e de finale retour de la Ligue des Champions. Qualification obtenue en gagnant 2-0, une soirée absolument dingue avec des milliers de supporters amassés à l’extérieur du Parc des Princes qui ont passé la soirée à chanter, à allumer des fumis, ont fait partir des feux d’artifices pendant la rencontre. Les joueurs vont fêter la qualif avec eux depuis les travées du stade, devenues une sorte de balcon devant la foule en délire. Kurzawa descend, réussit à passer les grilles et se mêle à la foule. Un esprit aussi brillant ne nous manquera pas…

A posteriori, on se rend compte que ce rassemblement autorisé par la préfecture était une grosse c*nnerie sur le plan sanitaire, tout comme autoriser le déplacement à Lyon de 3000 supporters de la Juve quelques jours auparavant[1]. S’ils avaient eu conscience des risques au moment des faits, 90% des supporters seraient restés chez eux. Mais mine de rien, cette célébration dont les supporters parisiens se souviendront toute leur vie aura été le plus grand moment de communion entre l’équipe et ses fans depuis de nombreuses années… et avant très longtemps a priori.

12/13 mars 2020. Le sport français ferme. Toutes les compétitions sont suspendues, en particulier les championnats de football. Y compris la D1 féminine alors que le PSG-OL qui devait pratiquement déterminer qui décrocherait le titre était prévu pour le samedi après-midi. Arf. Pour mon grand malheur, c’est tout le sport européen et même mondial qui a fermé au plus tard au cours du week-end, privant entre autres Alexis Pinturault de gros globe de cristal en ski alpin. Et me privant de ma passion n°1.

13 mars 2020. J’ai mis deux fois la même date car la sortie d’Aulas dans Le Monde daté de ce jour a allumé le premier incendie et causé un bord*l monstre, une cacophonie à l’origine d’une grande partie de ce qui a suivi. Je cite : «Dans le cadre des championnats, nous sommes partis probablement, si l’on écoute les spécialistes, pour un ou deux mois d’arrêt. Cela voudrait donc dire que le championnat ne pourrait pas se terminer. La meilleure solution serait de dire: "c’est une saison blanche", ce qui évite à ceux qui sont concernés par le bas du tableau de se retourner contre la LFP et la FFF. Une décision différente ouvrirait une brèche juridique. (…)Le règlement stipule que c’est à l’issue du championnat que l’on descend d’une division. Une décision différente ouvrirait une brèche juridique qui coûterait très cher. Le plus logique serait alors de dire: "On annule tout et on repart sur la situation du début de saison". (…)Le règlement, appliqué à ceux qui n’ont pas de bons résultats et auraient dû descendre, serait appliqué aussi à ceux qui sont en haut du tableau et qui auraient pu jouer des qualifications européennes. Il faut être dans les premiers à la fin du championnat. Si on arrêtait le Tour de France à la douzième étape, je ne sais pas si on dirait que le Tour a sacré ses champions. Dans tous les cas, il faut regarder ce que disent les règlements. Juridiquement, il est plus acceptable de dire que l’on repart avec la situation du début de saison. De toute façon, nous sommes face à une situation très pénalisante pour tous les clubs. Il faudrait prendre la décision la plus logique dans un contexte de pandémie inconnu jusqu’alors.»
On l’avait compris, Aulas chercherait absolument à défendre les intérêts de l’OL, et uniquement ceux de l’OL, non qualifié pour une compétition européenne suite à la 28e journée de L1 dont 9 matchs ont été joués (l’OL à perdu 1-0 à Lille). Avec sa «saison blanche», l’OL se qualifiait miraculeusement en Ligue des Champions grâce au classement de la saison précédente. Bah voyons ! Il osait même présenter ça comme une mesure de justice à l’égard des derniers du classement, comme si les premiers du classement ne méritaient aucun respect… En dégainant de cette façon et si rapidement, il a immédiatement détruit tout espoir d’unité au sein de la famille du football.

16 mars 2020. Emmanuel Macron annonce 2 semaines de confinement à partir du lendemain midi. On ne le savait pas encore, mais on allait en prendre pour presque 2 mois. Certains joueurs ont fui la France tout de suite, d’autres un peu plus tard, certains sont restés. Ce qui ne change rien au problème.

13 avril 2020. Macron annonce le 2nd prolongement du confinement, il donne la date du début du déconfinement : ce sera le 11 mai, à condition que l’évolution de l’épidémie en France le permette. Dans beaucoup de secteurs économiques, on voit au loin le bout du tunnel, on reprend un peu espoir, alors on se prépare, on met en place les protocoles sanitaires, etc. Surtout, on attend les précisions qui seront données par Edouard Philippe 2 semaines plus tard. Le football n’est pas en reste, il s’active, pensant avoir un mois pour préparer la reprise de l’entraînement et l’organisation d’une fin de championnat avec un calendrier resserré.

16 avril 2020. La FFF officialise la fin de tous les championnats amateurs et de jeunes. En revanche le sort du N1 et la D1 féminine reste à déterminer. Elle décide aussi – très arbitrairement – des critères qui détermineront les classements… donc les montées et les descentes, celle-ci étant maintenues dans toutes les divisions (avec un petite marge de manœuvre pour les districts je crois), si injuste soient-elles. D’où une gigantesque vague de mécontentement au sein du football amateur. De multiples recours judiciaires ont été lancés ou vont l’être pour contester cette décision et ses conséquences. Le dictateur breton a décidé, sa cour a entériné. Bienvenue au Comex de la FFF.

Notons que pendant toute cette période, même en l’absence de toute compétition sportive, l’actualité sportive a été assez fournie. Elle était constituée de l’annonce de multiples annulations et reports d’événements, dont les JO de Tokyo, Roland-Garros et Wimbledon, les grands tours cyclistes, etc. Tout, en réalité. Les autres sujets ? Comment préparer la reprise, comment s’organiser, comment parvenir à terminer les compétitions qui pouvaient encore l’être, comment caser dans le calendrier les épreuves et les matchs ayant encore une chance d’avoir lieu. L’UEFA a repoussé l’Euro 2020 (qui était une grosse m*rde impossible à organiser dans tout de pays avec cette pandémie… super timing au passage^^), a demandé – incitation plus qu’active, il y a eu menaces, on peut parler d’ordre – aux ligues à finir leurs championnats à tout prix pour avoir des qualifiés européens au mérite sportif, et a posé les jalons d’une fin de Ligue des Champions… au mois d’août, avec une formule particulière (possiblement un Final 4). On parlait alors de la nécessité de finir les championnats avant le 3 août. Date seulement indicative dans la mesure où, en attente d’informations concernant l’évolution de la pandémie, il était impossible d’annoncer des décisions définitives (elles seront prises seulement le 17 juin), on se contentait de faire fuiter des infos aux journaux. Classique.

Il est primordial de le rappeler, suite à cette intervention musclée d'Aleksander Ceferin, le président de l’UEFA, les clubs ont fini par AFFICHER presque unanimement leur volonté de terminer la saison. Néanmoins, des illuminés comme Jean-Pierre Rivère, le président de l’OGC Nice, nous sortaient encore des délires en voulant passer à une saison basée calquée sur l’année civile, une ineptie absolue pour un millier de raisons, il voulait alors finir la saison à partir de… septembre… pour débuter la prochaine en janvier/février. Il a un temps été rejoint – vers le 21 avril – par Aulas, désormais prêt à tout pour qu’on joue les 10 dernières journées… Je signale aussi que début avril, le président de Brest – en position de se maintenir et dont le club avait déjà reçu 91% de ses droits TV pour la saison, il n’avait donc rien à gagner à reprendre – avait exposé sa volonté d’arrêter la saison.

On parle alors d’une reprise de la saison mi-juin. Etrangement Noël Le Graët veut imposer de débuter par la finale de la CdF, puis 3 jours plus tard celle de la CdL, justifiant ça de façon absurde. Oui, parce que faire jouer le PSG 2 fois en 3 jours dans un Stade de France à huis-clos, qui plus est des matchs pouvant durer 120 minutes (plus TAB éventuels), ceci après 3 mois sans avoir joué la moindre rencontre, ça avait beaucoup de sens. A se demander si Aulas ne lui avait pas suggéré l’idée en pensant multiplier par 69 ses chances de voir l’OL remporter la CdL et s’assurer une voie d’accès à l’Europa League… Bref. EN APPARENCE, tout allait dans le bon sens, la commission médicale de la LFP bossait sur un protocole sanitaire stricte afin d’assurer une sécurité maximale à défaut de pouvoir assurer aux joueurs qu’ils auraient moins de risque de choper le Covid-19 en jouant au football dans cet environnement sécurisé que de tomber enceints de jumeaux monozygotes en ramassant une savonnette sous la douche. Parce que manifestement, c’est ce niveau que risque qu’exigeaient les joueurs pour daigner envisager une reprise.

Kastendeuch_et_Piat__le_syndicalisme_a_papa.jpg En effet, seule ombre au tableau dans ce panorama encourageant, Sylvain Kastendeuch, jusqu’ici planqué dans son bureau à l’UNFP (ou peut-être sans sa cuisine, on ne sait pas trop), tout fier de lui après avoir trouvé un accord cadre avec les clubs le 7 avril pour REPORTER le paiement d’une partie du salaire des joueurs afin de soulager la trésorerie défaillante des clubs privés de toute recette… a tenté de bloquer la reprise en sortant un sondage effectué à la va-vite auprès de ses adhérant. Menaçant, le garçon… A cette période, selon lui, je cite :
Les trois-quarts des joueurs redoutent une blessure en cas de reprise et craignent un risque de propagation du virus ;
-une majorité de joueurs se dit prête à ne pas reprendre dans les conditions sanitaires actuelles ;
-les trois-quarts des joueurs demandent à l’UNFP de veiller à la protection de leur santé face aux conditions de reprise des compétitions. »
Au passage, «veiller à la protection de leur santé face aux conditions de reprise des compétitions», ne signifie en principe pas «tout faire pour empêcher la reprise des compétitions». Quant aux «conditions sanitaires actuelles», on savait qu’elles étaient vouées à évoluer en plus d’un mois d’ici la reprise espérée des entraînements individuels, a fortiori en 2 mois ½ entre le sondage et la reprise attendue du championnat. L’UNFP n’a pas attendu de pouvoir étudier les mesures prévues par les médecins, pas plus qu’elle n’a accepté de prendre le temps d’en savoir plus concernant la progression de l’épidémie (les médias évoquaient tous les jours des traitements prometteurs, une possible 2nde vague, l’hypothèse de la disparition du virus avec le changement de saison… il fallait plus que jamais être patient, personne n’était en mesure de deviner comment tout ceci allait évoluer), elle a voulu tout bloquer a priori sans prendre le temps de savoir.

28 avril 2020. A ce moment, les chiffres sont bons, on a clairement amorcé la décrue dans les hôpitaux, l’optimisme est de mise…

De mon côté, j’avais même simulé une construction de calendrier pour finir la saison. Ça entrait dans les cases sans trop forcer, on finissait par les finales de coupes, idéal pour préparer l’OL et le PSG à la reprise de la LdC si les dates annoncées devait être entérinées.

Admettons qu'on puisse reprendre la Ligue 1 à la mi-juin et que l'UEFA programme la LdC en août aux dates annoncées ces...

Publiée par Globule Rouge et Bleu sur Dimanche 26 avril 2020

Mais Edouard Philippe, premier ministre que la postérité ne retiendra pas parmi les grands hommes qui ont gouverné la France, met un énorme coup de batte de baseball dans la tronche de toute personne qui attendait le retour du football français. Il annonce la réouverture d’énormément de commerces, des écoles également, mais aussi que «la saison 2019/2020 de sports professionnels, notamment celle de football, ne pourra reprendre». Je pète un câble. Voici mon message sur Facebook (il débute par un peu de méchanceté, il y avait 50% de réduction sur les sarcasmes et 40% sur les tacles à la gorge, je n’ai pas pu résister).

Ce qui est bien avec l'assassinat du sport pro en France par Doudou Phiphi, c'est que les enfants des sportifs n'iront...

Publiée par Globule Rouge et Bleu sur Mardi 28 avril 2020

Au cas où vous n’auriez pas pu accéder au message, je le copie-colle.
«Ce qui est bien avec l'assassinat du sport pro en France par Doudou Phiphi, c'est que les enfants des sportifs n'iront plus à l'école jusqu'à la reprise du championnat vers août 2021. Il ne faudrait pas qu'ils chopent le virus à l'école et viennent ensuite contaminer papa ! L'école à la maison pendant quelques mois, ça va leur faire tout drôle... Il se dit qu'à la fin de tout ça, certains footballeurs très motivés auront réussi à rattraper le niveau scolaire de leurs enfants (en l'occurrence, pour beaucoup, ce sont les enfants qui apprennent aux parents^^)...

Nan, parce que vous vous rendez bien compte que ces hommes de 17 à 35 ans parfaitement suivis médicalement auraient mis en danger la vie de leurs enfants en risquant d'être contaminés lors des corners et des oppositions des 2 matchs et 2 entraînement de la semaine pendant 1 mois 1/2 (les mecs auraient été maximum 3 jours chez eux par semaine et le reste du temps dans des hôtels privatisés sans contact avec le personnel).

A-t-on droit de dire que s'il y a 700 000 tests par semaine à partir du 11 mai, énormément ne serviront strictement à rien car effectués pour un oui ou pour un non (juste parce que tu as à peine croisé quelqu'un qui avait peut-être le COVID) ? Pour tester 2 fois par semaine les 500 joueurs susceptibles d'évoluer en L1 (à 25 par effectif... donc avec les jeunes), il fallait 1000 des 700 000 tests, soit un 700e du total hebdomadaire, ce qui permettait de sauver le football français mais aussi le sport français (rappelons que la taxe Buffet est prélevée sur les droits télé et finance une grande partie du sport français). Quel scandale ça aurait été !

La vérité ? Le sport est TOTALEMENT déconsidéré dans ce pays - hormis quand les politiques peuvent s'afficher à côté des CHAMPIONS DU MONDE QUI ONT MIS LA FRANCE DANS LA RUE EN 2018... d'ailleurs les politiciens aussi ont mis la France dans la rue, mais en 2019, et c'était pas de façon positive - et il ne s'agit que d'une décision PUREMENT POLITIQUE sans aucun fondement scientifique. Le fameux "conseil scientifique" voulait que tout reste fermé, le gouvernement a décidé de rouvrir les crèches, les écoles et les collèges, pas les lycées, donc d'exposer à la contamination les plus jeunes, ceux à qui tu n'as presque aucune - si ce n'est vraiment aucune - chance de pouvoir faire respecter la distanciation sociale. Eux pourront être de bons petits porteurs saints qui contamineront leurs parents ou autre grands-parents et nous garantiront la 2e vague. Et par 2e, on entend 3e, car sinon ce serait la "seconde" vague. Si l'idée est que les enfants soient contaminés et développent ainsi une immunité qui permettrait de s'approcher des 60 à 70% de la célèbre - mais très hypothétique - immunité collective, il serait bon de le dire clairement.

Le conseil scientifique voulait tout fermer jusqu'au XXIIe siècle, il n'a pas été entendu pour plein de secteurs, il fallait montrer que le gouvernement suivait malgré tout les recommandations des scientifiques, alors on a sacrifié le sport. Tellement facile... Tellement classique. Ecouter les médecins des clubs qui ont rédigé tout un protocole ? Pourquoi donc ? Ce sont des médecins de 2nde zone puisqu'ils s'abaissent à travailler dans le monde du sport !

Permettre aux clubs de faire reprendre les joueurs par des tests médicaux et un entraînement physique individuel - donc sans aucune contact et sans aucun risque - en attendant de voir dans 2 ou 3 semaines s'il est possible d'aller plus loin, de passer à l'étape suivante sans risque majeur, c'était seulement mettre le sport professionnel au même niveau que les autres secteurs économiques qui, eux, ont droit à ce qu'on étudie leurs plans de reprise, ont droit à ce qu'on travaille pour trouver des solutions afin de sauver leur peau.

On est en train de détruire une industrie qui, en temps normal, en fait vivre d'autres (les prestataires de sécurité, d'hospitalité comme les traiteurs et sociétés d'événementiel, les restaurants/bars proches des stades, les hôtels, agences de voyage, sociétés de transport, la télé payante, les boutiques de sport, etc.) et rapporte une tonne à la collectivité en taxes, impôts et charges.

Quant à la santé mentale des sportifs et des supporters qui pendant 6 MOIS n'auront eu droit qu'à faire du sport seuls, sans aucune récompense (compétition), sans aucune autre émotion que de revoir des matchs déjà vus, des étapes du Tour de France dont on connaît le résultat (souvent avec des dopés de partout), on s'en BLC au gouvernement. Bien. On s'en souviendra. Idem concernant les joueurs qui ont freiné des 4 fers pour ne pas reprendre. On se souviendra de vous quand vous ferez votre retour et que vous ne serez pas irréprochables, quand vous réclamerez votre transfert ou une augmentation.

Clairement, Doudou Phiphi m'a foutu la gerbe. Et ce n'est pas un symptôme du coronavirus, seulement une conséquence de la façon dont les types qui gouvernent mon pays ont perdu pied. Perdu pied comme la nageuse dénommée Roxana M. qui après avoir déclaré que le sport n'est pas une priorité, aurait dû déclarer le lendemain "ce n'est pas ce que je voulais dire, en fait je voulais dire que je démissionne parce que je n'ai rien à foutre là".»

Oui. J’étais énervé. Et pas loin de la vérité. Même très proche de la vérité. La forte réduction de la circulation du virus et les précautions prises un peu partout semblent devoir nous éviter une 2nde vague, du moins dans un avenir proche. Dès lors, la théorie concernant le retour des enfants à l’école (en réalité ça n’a pas concerné tant d’enfants que ça dans un premier temps) et la recherche de l’hypothétique immunité collective restera une théorie. Si la reprise du championnat a bien lieu vers le 22 août, beaucoup d’équipes auront passé 5 mois ½ sans jouer de match officiel. Heureusement, les drogués de sport ont leurs médicaments de substitution grâce à la Bundesliga et à ceux, y compris dans d’autres sports, qui ont repris. Il n’a donc pas fallu se faire 5 à 6 mois de sevrage total comme craint (mais ce n’est pas grâce à la L1 et au gouvernement français).

Tout le reste apparait désormais clair aux yeux d’à peu près toute personne acceptant d’ouvrir les yeux et de faire preuve d’honnêteté intellectuelle. La seule annonce à faire le 28 avril était… qu’on ne pouvait pas encore prendre de décision. Il fallait attendre. C’était du bon sens. Ce put*in de bon sens qui fait tellement défaut à notre société moderne. Ce bon sens qui aurait aussi pu sauver beaucoup de vie.

Il suffisait de faire preuve de bon sens pour le comprendre, tout le monde aurait dû porter un masque – même sommaire et bricolé – à l’extérieur de son domicile dès le début de l’épidémie, et particulièrement dans les zones les plus touchées. On aurait réduit drastiquement l’ampleur de l’épidémie[2]. Pendant un temps le Gouvernement a choisi de dire que le masque n’était pas nécessaire, presque qu’il fallait éviter d’en porter. Pourquoi ? Parce qu’on manquait de masques pour les soignants et qu’en disant à tout le monde d’en porter, on aurait à la fois eu beaucoup plus de mal à pallier ce manque pour ceux directement exposés en permanence et encouragé les vols de matériels ou autres trafics… Mais c’est un autre sujet, un choix politique de gestion de crise. Choix discutable. Revenons-en au football.

En réalité, j’ai un regret concernant ce statut. Celui de ne pas y avoir défoncé aussi les présidents de Ligue 1. Car, on l’a su depuis, certains ont poussé en coulisses pour l’arrêt de la saison. Il y a eu du lobbying, notamment au profit de l’OM, qui avait besoin d’assurer sa place en Ligue des Champions. Il se dit qu’à Nice aussi on a contacté du monde haut placé. On sait que Macron (grand supporter de l’OM), le véritable décisionnaire, a appelé Didier Deschamps, pourtant pas concerné, mais aussi le président du Paris FC avec qui il est lié personnellement[3], ainsi que Le Graët. Il suffit de regarder à qui profite le crime pour se douter de qui peut avoir trahi le football de cette manière. On ne connaîtra peut-être jamais l’identité de tous les complices de ce crime, qui réellement joué de son influence. Toujours est-il que les intérêts particuliers de certains ont plombé la collectivité. Tout comme ils avaient déjà troublé le message depuis le 13 mars avec un Aulas passant son temps à l’ouvrir, à changer d’avis, à gesticuler devant son téléphone…

Le ministère a ensuite fait des précisions qui ont aussi eu le don de m’énerver tant le manque de cohérence des décisions gouvernementales piétinait – j’ai failli écrire «pissait sur» – le bon sens.

« Les activités sportives qui ne permettent pas cette distanciation (sports collectifs, sport de combat) ne pourront pas...

Publiée par Globule Rouge et Bleu sur Jeudi 30 avril 2020

«"Les activités sportives qui ne permettent pas cette distanciation (sports collectifs, sport de combat) ne pourront pas reprendre dans l'immédiat. (Le ministère des sports) proposera une liste exhaustive des disciplines et sports concernés par cette interdiction provisoire dans un guide pratique en cours d'élaboration. Un nouveau point d'étape sera fait d'ici au 2 juin pour évaluer les modalités de reprise des pratiques sportives en salles et des disciplines qui nécessitent un contact."

Mais bande de blaireaux ministériels, pourquoi avoir imposé la fin de la saison de tous les sports professionnels avant la fin avril au lieu de permettre aux clubs d'organiser les tests physiques/examens médicaux et la préparation physique dans les conditions de distanciation identiques aux autres sports ? Pourquoi le foot n'a-t-il pas droit au "nouveau point d'étape" d'ici au 2 juin ?#Incompétence #sacrificeHumain''»

Oui, j’étais toujours énervé. Je le suis toujours, même si l’expression de mon énervement a évolué et qu’à force, je suis presque blasé. A la lecture de ceci, comment les dirigeants de la LFP et les présidents de Ligue 1 ont-ils pu se laisser faire sans réagir, sans demander un délai de réflexion supplémentaire ?

OK, en N1, en Ligue 2 et dans certains clubs de D1 féminine (mais il n’y a que 14 clubs dont 8 sont des clubs de L1, 2 de L2 et seulement 2 sont indépendants) il n’était pas facile et trop coûteux de mettre en place le protocole sanitaire, d’autant que ce n’était pas compensé par des droits TV. L’idée de ne pas les faire reprendre avait du sens malgré les conséquences sportives. Il fallait alors chercher des solutions adaptées (la solution de la L2 à 22 en faisait partie, pas ces c*nneries de solutions de principe faisant fi de la réalité sportive sans même en tenir compte). Pour ce qui est de la D1, dans un souci d’image correspondant à la volonté de développer le football féminin, on aidait les clubs ayant peu de moyens. Il ne restait que 6 journées (plus les demies et la finale de la CdF), ça aurait pu le faire sans souci bien plus aisément encore que la Ligue 1, pour laquelle tout semblait réuni en faveur une reprise jusqu’à cette annonce dramatique.

Bien sûr, Canal+ a sauté sur l’occasion pour mettre fin au contrat avec la LFP qui courait jusqu’à la fin de saison. Il me fallait le préciser car quand le barman vous dit que c’est l’heure de la fermeture, vous pouvez toujours essayer de gratter un peu de temps supplémentaire, mais si les filles partent toutes, tout le monde dégage car il n’y a plus moyen de pécho. Là, ça a fait pareil, avec Edouard Philippe en barman et les diffuseurs comme premier rôle féminin. D’où la suite.

30 avril 2020. Alors que la FFF a annoncé la fin de la saison de D1 féminine et de N1 quelques heures après l’annonce d’Edouard Philippe (Noël Le Graët en a profité pour tenter d’imposer comme classement définitif de la L1 celui à l’issue de la dernière journée complète, la 27e… avec un OL européen^^), la LFP se prononce à son tour. On vote à l’unanimité moins une voix (celle d’Amiens semble-t-il) la fin de la saison de L1 et de L2. En réalité, on entérine juste ce qu’a imposé le Gouvernement. Que pouvait-on faire d’autre ? On s’est clairement hâté de voter afin de mettre fin à ce délire collectif individualiste, de retrouver un peu de sérénité (ça a failli fonctionner^^) car à cette période chacun y allait de sa solution improbable. Aulas voulait désormais qu’on joue des playoffs (idée pondue le 23 avril puis développée un peu plus tard), Gérard Lopez (du LOSC) qu’on simule la fin du championnat… Je ne peux pas être exhaustif tant le concours de la solution la plus farfelue a pris d’ampleur. Ce vote devait sonner la fin de la récréation pour se tourner vers la suite.

Donc voilà, on a le classement, le choix s’est logiquement porté sur la prise en compte de tous les matchs joués (279 rencontres en tout, il ne manquait que le Strasbourg-PSG de la 28e journée, on fait donc un quotient points/nombre de matchs joués), le PSG est champion dans l’indifférence, le président d’Amiens est dégoûté, il descend avec 4 points de moins que le 18e qui s’évite un barrage, en L2 ceux qui sont privés de la chance de jouer les barrages râlent aussi, Aulas se déchaîne, seul, car il n’a pas sa qualif européenne, Rivère jubile chez lui (grâce à la DDB individuelle, il est 5e devant Reims et a de grandes chances d’être directement qualifié pour les poules de l’Europa League), Montpellier accepte son sort sans "broncher" (probablement parce que Junior Sambia, un de ses joueurs, vient de faire un séjour en soins intensifs à cause du COVID-19… chopé hors du monde du foot), à Reims retrouve le sourire perdu au début du mois quand son médecin depuis des années s’est suicidé après avoir appris sa contamination par le coronavirus (Reims pourrait faire son retour en Europe). Au PSG, on se contente d’exprimer son intention de faire le maximum pour être capable de jouer la LdC en août, mais Nasser Al-Khelaïfi reste muet concernant le fond du problème, à savoir cette décision du gouvernement. A sa décharge, on a déjà beaucoup parlé de lui dans l’actualité concernant les négociations avec Canal+ (moins avec beIN^^) pour récupérer les droits télé pas encore payés (ceux des matchs joués). Surtout, sa condition de représentant du Qatar aux yeux de toute la France – et au-delà – l’empêche de s’exprimer contre une décision du gouvernement français. A fortiori en pleine pandémie. Il aurait fallu qu’un joueur français charismatique du club particulièrement couillu sorte du bois avec ce discours de bon sens : «je ne comprends pas cette décision du gouvernement, c’est beaucoup trop tôt, on ne sait pas ce qu’il en sera dans un mois, laissez-nous une chance de reprendre notre métier en juin si la situation le permet !» Je suis sûr qu’un Mbappé aurait pu le penser. De là à se jeter dans la mêlée… Il n’y avait que des coups à prendre. On a beaucoup plus entendu de mecs qui avaient peur d’être contaminés et de refiler ça à leurs enfants de 5 ans (rappelons le taux de gravité chez les enfants et de mortalité chez les moins de 60 ans infectés par ce coronavirus…) ! En France, une fois la décision officielle, on n’a plus trop eu de nouvelles des joueurs. Avant, on avait surtout entendu des mecs touchés par une peur irrépressible et irraisonnée. Des types frappés de psychose. Un des rares à avoir tenu un discours responsable et cohérent dans les médias est José Fonte, le capitaine portugais du LOSC. Il comprenait les demandes des clubs pour baisser les salaires des joueurs et voulait reprendre le championnat à tout prix.

Un homme inattendu a aussi tenus des propos remarquables : Paul Le Guen, entraîneur du Havre.

Le discours de l’UNFP sur la reprise seulement en cas de risque zéro (le sens était celui-ci même si l’expression n’a probablement pas été utilisée texto), je ne peux l’entendre. Pourquoi ? Parce qu’en l’occurrence, comme le disait d’ailleurs Fonte «nous sommes des joueurs professionnels et nous sommes habitués à prendre des risques» – en effet, comme je l’ai écrit dans un de mes statuts FB reproduits sur cette page, n’importe qui peut se blesser gravement ou mourir sur un terrain, on connaît régulièrement dans le football des cas de mort subite du sportif, personne n’est à l’abri de mal retomber lors d’un duel aérien au point de se péter la colonne vertébrale, de se manger une sortie de gardien ou un coup de coude qui met KO et provoque une commotion cérébrale, etc. – «je pense que ce serait un manque de respect pour les Français si la majorité de la population reprenait le travail et pas les footballeurs. Qu’est-ce que ça voudrait dire ? Ce serait un mauvais signal envoyé à tout le monde.» Il faut bien le comprendre, avec le Covid-19, le risque zéro n’existera pas tant qu’il ne sera pas éradiqué de la planète… ce qui n’arrivera peut-être jamais. Ce qu’on peut faire, c’est minimiser le risque. Même au plus fort de la pandémie, jouer un match de foot en étant archi-surveillé médicalement et testé plusieurs fois par semaine aurait été moins dangereux que de prendre les transports en commun ou d’aller faire des courses. Avec ce protocole médical, ce n’est pas à cause des contacts en match ou lors des oppositions que les joueurs aurait risqué leur vie, c’est sur la route entre chez eux et le centre d’entraînement au volant de leurs voitures de luxe. Comme tout le reste de l’année. Cette affirmation m’a valu quelques attaques. Bulka_a_invente_la_Lambeaux-rghini__une_Lamborghini_en_lambeaux_.jpg Dois-je remercier Marcin Bulka, le 3e gardien du PSG, d’avoir justifié mes propos ? Il a explosé une Lamborghini en Pologne. Il a 20 piges, 1 match pro en carrière, il loue une caisse qui coûte 13 ou 14 ans de SMIC (véridique), il l’éclate et manque de tuer le conducteur du véhicule qu’il a percuté frontalement. Il risque la prison. La dangerosité est bien sur la route beaucoup plus que sur un terrain de foot. (Je rappelle qu’un joueur de Metz est en fauteuil roulant après un accident de voiture subi cette saison.)

Le 18 avril, je m’étais emporté contre ces sorties répétées de l’UNFP et de certains joueurs – dont des quidams, j’en ai découvert un de Toulouse que personne ne connaît qui a eu son quart d’heure de gloire à cette occasion – mais aussi de quelques consultants (dont Jérôme Rothen et Pierre Ducrocq sur RMC). Je ne sais plus laquelle a fait office de goutte d’eau de trop, un autre de mes statuts FB témoigne du débordement du vase.

Donc t'es footballeur professionnel, t'es très bien payé (mais tu sais que ta carrière est limitée dans le temps), ça...

Publiée par Globule Rouge et Bleu sur Samedi 18 avril 2020

«Donc t'es footballeur professionnel, t'es très bien payé (mais tu sais que ta carrière est limitée dans le temps), ça fait déjà un mois que tu n'as pas joué au ballon, tu sais que ça va faire minimum 2 mois et même plus de 3 mois sans match si le championnat pouvait reprendre le 17 juin, tu sais que tous les championnats des pays voisins, y compris les plus touchés, sont partis pour reprendre avant cette date, tu sais que les clubs et la LFP vont prendre une tonne de précautions sanitaires (tests et re-tests, surveillance permanente, probablement isolement des groupes professionnels et des staffs, limitation à l'extrême des contacts avec tout élément extérieur)... Mais tu menaces de ne pas reprendre parce que tu as peur pour ta santé.

Mec, quand tu sautes avec les coudes en l'air, tu peux tuer un gars (risque d’hémorragie cérébrale, de coup du lapin...), donc si tu prends le coude au mauvais endroit ou que tu retombes mal, tu peux finir mort ou handicapé à vie (on l'a déjà vu). Quand tu roules avec ta méga voiture de luxe, tu as plus de chances de tuer ou de blesser quelqu'un que n'en a un homme sportif et bien portant de 17 à 35 ans (désolé Hilton et Balmont[4]^^) de subir une forme grave de COVID-19 dans l'hypothèse où il aurait déjà eu la malchance d'être infecté par un coéquipier ou adversaire porteur du virus mais passé entre toutes les mailles du filet. Même traverser une rue en empruntant un passage piétons est plus risqué ! Je ne parle même pas d'aller faire ses courses à Paris ou dans le 93 au plus fort de la pandémie. Aucun d'entre vous ne l'a fait ? Vous avez laissé des livreurs tout faire pour vous ?

Pour le coup, ça n'a rien de populiste de faire la comparaison avec un simple supporter qui se lève tous les matins et doit prendre des transports en commun bondés pour aller gagner le SMIC en faisant un taf qu'il n'aime pas mais dont il a besoin pour survivre... malgré les risques de choper le coronavirus et d'infecter ses proches qui, eux, ne logent pas à 2 ou 4 dans 160m² avec jardin mais plutôt à 6 dans 55m² au 6e étage avec ascenseur en pane au moins une semaine par mois.

Et oui, si les clubs veulent reprendre la saison, c'est essentiellement pour des raisons financières. Oh mon Dieu ! Quel scandale de vouloir sauver ce qui peut encore l'être, à savoir un secteur économique qui fait vivre des dizaines de milliers de personnes en France, qui en temps normal génère beaucoup de revenus... AU PROFIT DES JOUEURS ! Le football est une industrie de main d’œuvre (ou plutôt de pied d’œuvre^^) et un des rares domaines où les salariés se partagent le gros des revenus alors que les actionnaires se font dépouiller de façon assez systématique.

Ceci dit, si les joueurs veulent détruire les clubs, s'ils sont prêts à ne plus être payés jusqu'à janvier 2021 et à payer eux-mêmes tous les salariés qui, eux, n'ont droit qu'à des salaires normaux mais n'auront pas de taf pendant des mois, s'ils sont prêt à payer quand même les impôts qu'ils auraient dû payer en touchant leurs salaires, à faire travailler les prestataires dépourvus d'activité du fait de l'absence de match, pas de souci ! On ne reprendra qu'en 2021... et les clubs survivants vous proposeront des salaires dignes de la D2 polonaise.

Désormais, il va falloir changer radicalement quelque chose dans l'industrie du football : quand un joueur aura fait 3 bons matchs de suite et demandera une prolongation+augmentation, il ne l'aura que s'il accepte d'avoir une diminution de salaire quand il aura fait 3 mauvais matchs. Etrangement, quand tu ne mérites pas ton salaire, tu ne vas jamais demander à gagner moins. Si on te propose moins, on t'a "manqué de respect".

T'as au moins 90% de la planète qui rêve de pouvoir reprendre sa vie normale. Selon l'UNFP, on trouve une grande partie des footballeurs de Ligue 1 dans l'autre partie. Réveillez-vous ! Vous êtes des privilégiés, y compris en ce moment en ayant un confinement peinard, vous le serez encore plus concernant la reprise avec toutes les précautions sanitaires dont vous bénéficierez (le salarié lambda ne bénéficiera pas des mêmes). Jouer tous les 3 jours – donc moins s'entraîner dans la semaine – est ce dont rêvent beaucoup toute l'année, maintenant ça vous fait peur ? Vous voulez quoi de plus ? Le public ? Y'en a jamais dans 14 stades de L1 sur 20 ou alors pour vous insulter.^^ Des putes lors des mises au vert ? Il fallait faire comme certains d'entre vous qui ont décidé d'en épouser une et auront donc passé 2 mois avec en confinement... J'ai l'air énervé ? Je me demande pourquoi... #indécence»

Clair, net et précis, n’est-ce pas ? :sifflotte:

A l’étranger, où dans plusieurs grands clubs des baisses de salaires ont été acceptées (à la Roma, ils ont même décidé de tirer un trait sur plusieurs mois de salaires), certains joueurs ont exprimé des réticences, en particulier en Angleterre où l’épidémie a été gérée dramatiquement, mais beaucoup ont aussi tenu un discours très responsable et même parfois enthousiasmant à l’image d’Ivan Rakitic. Je cite : «Je veux jouer. C'est évident que nous devons essayer de revenir avec les meilleures garanties sanitaires mais il faut aussi savoir qu'elles ne seront jamais à 100%. Mais ce même risque sera supporté par tous les travailleurs à leur retour au travail. Les employés des supermarchés se changent également dans les vestiaires et ont les mêmes chances ou plus de contracter le virus que nous. (…) Ils prennent ce risque et je veux le prendre aussi. Je pense que nous avons cette dette et je suis sûr que si nous le demandions aux fans, ils aimeraient qu'il y ait du football. Nous devons essayer de faire en sorte que les gens apprécient à nouveau le football, que nous, les footballeurs, pouvons être un exemple, en soutenant tous les travailleurs qui nous ont montré cette force. Je veux me joindre à cette force.»

Chez nous, ce n’était pas des Rakitic mais des types comme Romain Philippoteaux de Nîmes, qui ont réinventé la médecine et la réalité. Le gars vit dans un monde parallèle. (Au passage, si Nîmes avait été 19e, je ne suis pas sûr qu’il aurait eu le même discours abracadabrantesque.) lien de l’Equipe Je l’avais fracassé au moment de sa sortie.

Ce qui est réellement ahurissant ? Faire une interview comme ça. Lui, il te réinvente la médecine, il te réinvente...

Publiée par Globule Rouge et Bleu sur Dimanche 26 avril 2020

14 mai 2020. La FFF décide de décerner le titre de D1 féminine à l’OL alors qu’il n’y avait que 3pts d’écart avec le PSG, que le PSG-OL a été annulé la veille de sa tenue, pour rappel en cas d’égalité ça se joue à la DDB particulière, or l’OL n’avait gagné qu’1-0 à l’aller. Derrière, il restait 5 matchs. Membre du Comex, Aulas – qui a voté pour l’arrêt des compétitions après l’annonce d’Edouard Philippe 2 semaines auparavant – n’a alors absolument pas refusé le tire. Présent, il s’est abstenu de voter à ce sujet. N’est-ce pas un peu trop gros pour ne pas en rire ? Il aurait dû voter contre s’il soutenait qu’il fallait absolument terminer le championnat… Depuis, sans rejeter ce titre (qu’il avait commencé par réclamer le 30 avril dans un tweet), il a fini par expliquer vouloir aussi reprendre la saison de D1 féminine. (Au passage, il a saisi une occasion de tacler les joueurs de son équipe masculine qui ont refusé une baisse de salaire alors que les filles ont toute de suite accepté). Il lui a fallu attendre le 27 mai pour le voir retourner sa veste… par souci de cohérence – ou plutôt pour éviter une incohérence trop criante – avec ses requêtes incessantes et sa saisine du Conseil d’Etat.

Lors du même Comex, la FFF a décidé du sort du N1… où aucun champion n’a été désigné. Pourquoi ? Parce que le leader n’avait qu’un point d’avance sur son dauphin ? Totalement incohérent avec la décision concernant la D1.

20 mai 2020. Par vote démocratique à bulletin secret, la LFP opte pour une Ligue 2 à 22 la saison prochaine. Si Orléans, dernier, était un peu décroché, Le Mans, 19e à la DDB (-15 contre -11 pour Niort, 18e avec le même nombre de points ; le 2-2 à huis-clos contre Chambly a eu une importance extrême) à 10 journées de la fin, ne méritait pas de perdre sa place en L2 dans ces conditions (restaient au programme des duels face au 17e et au 18e, adversaires que Le Mans a battu à l’aller, je crois que d’ailleurs que Niort devait encore jouer les 5 premiers). Il y aurait eu une énorme injustice, d’autant que la descente de L2 à N1 est la plus dramatique de toutes celles possibles dans le monde du football (hors rétrogradation administrative de plusieurs divisions). On s’en remet très rarement.

57% des votes étaient favorables à cette saison exceptionnelle à 22, ce que les règlements permettent (c’est explicitement prévu). Certains ont alors saisi la balle au bond pour réclamer la L1 à 22 sans les descentes d’Amiens et Toulouse, ce qu’ils avaient déjà tenté lors des jours précédents. Rendez-vous compte qu’Olivier Sadran – qui vend son club à un fonds d’investissement américain… preuve que comme 95% des Toulousains, le TéFéCé ne l’intéresse pas vraiment – a osé déposer un recours devant la justice administrative pour sauver sa place en L1. Tenter de profiter d’une épidémie qui a fait près de 30000 morts en France pour essayer d’éviter la relégation est le truc le plus indécent de l’histoire du football français. A côté, le bus de Knysna, c’était presque excusable. Le TéFécé, cette saison, c’était 13 points en 28 matchs. 3 victoires, 4 nuls, 21 défaites. 22 buts marqués, 58 encaissés. En tête de toutes les colonnes quand on prend le classement et qu’on retourne la feuille.

La L2 à 22 pendant une saison, ça ferait 2 matchs de plus à domicile pour tous les clubs, donc plus de possibilités de récupérer des recettes, de satisfaire les sponsors… Un moyen de compenser une petite partie des pertes liées au Covid-19. La télé aussi y trouverait son intérêt. A ce propos, la répartition des droits télés alloués à la L2 devrait se faire en 22 Au lieu de 20, seulement grâce aux nouveaux contrats, une augmentation conséquente de cette somme à distribuer a été décidée, ça ne pose donc pas de problème réel, on n’appauvrit personne. Avec l’arrêt de la Coupe de la Ligue et compte tenu de la non-participation d’un club de L2 aux compétitions européennes, on a toutes les dates nécessaires. Une L1 à 22 est impossible selon les textes (c’est 18 ou 20), elle l’est surtout faute de place dans le calendrier. Les 4 dates récupérées en assassinant la Coupe de la Ligue vont être absorbées par la reprise tardive du championnat (a priori vers le 22 août… selon ce qui se passera pour le PSG et l’OL en LdC), le report du Trophée des Champions et probablement par les matchs internationaux ajoutés pour remplacer ceux annulés en mars, voire juin.

27 mai 2020. Le dictateur breton décide d’annuler la décision de la LFP concernant la L2 à 22 au nom de… l’intérêt supérieur du football (seul motif commettant au Comex de la FFF de mettre son véto sur ce genre de décisions).

Quand on lui demande, la FFF évoque en réalité 3 raisons :
-il serait injuste que seuls 2 clubs ne descendent pas alors que dans toutes les autres divisions il y aura des descente ;
-permettre à 2 clubs supplémentaires de jouer en L2 aurait conduit à avoir plus de relégations la saison prochaine, donc des relégations en cascade, causant ainsi de nouveaux soucis et de nombreux recours ;
-il serait trop difficile de mettre en place un calendrier de 42 journées.

Le_dictateur_et_le_president.jpg Donc si beaucoup souffrent d’une injustice générée par une décision arbitraire de la FFF, celle-ci doit nécessairement prendre une décision supplémentaire créant une injustice aux conséquences encore plus énormes à l’encontre de 2 clubs qui devaient y échapper grâce à un vote démocratique… Tellement logique ! Tellement symbolique de la dictature bretonne ! Le coup des relégations en cascade… n’aurait existé que si on repêchait aussi des clubs en principes descendus en N2 pour conserver une N1 à 18. On aurait aussi bien pu décider qu’avec 4 descentes ½ (en comptant le barrage), la saison prochaine la N1 passe à 20 au lieu de 18, comme la L1 et la L2. Pour ce qui est du calendrier, grosse farce.

A moins que Le Mans se dégote un conseil alcoolique habitué à aller boire l’apéro au siège de la FFF, je n’imagine pas comment ses recours – en commençant par un référé – pourraient ne pas aboutir. Où est «l’intérêt supérieur du football» dans cette histoire ? Le seul intérêt justifiant cette annulation est celui du président de la FFF qui refuse qu’on conteste son autorité. Sauf que le président de la FFF n’est le football français que dans son propre esprit.

28 mai 2020. Edouard Philippe est interrogé à propos de la décision de mettre fin à la saison de football. Il s’agit de la dernière question de son intervention concernant la phase 2 du déconfinement. Tout au long de son discours il explique, en gros, que tout va reprendre, tout va rouvrir, même les cinémas, les salles de spectacle, les restaurants… sauf le football. Parce que la saison est terminée. En effet, il a aussi annoncé que les sportifs professionnels vont pouvoir reprendre l’entraînement à partir du 2 juin, puis en principe le 22 juin pour les sports de combat et les sports de contact. Donc on aurait parfaitement pu reprendre la saison. On sent le très gros malaise. Pire, il tente maladroitement une esquive assez honteuse : «Il ne m’appartient pas de me prononcer sur les décisions des Ligues et des Fédérations.» T’es sérieux ?

J’ai l’impression d’entendre un père dire à ses enfants «arrachez tout ce qu’il y a dans le potager, tuez tous les animaux du poulailler et cramez tout parce qu’on va devoir s’absenter toute l’été, la saison des récoltes est terminée». Dépités, les enfants s’exécutent alors que, fin avril, ils n’ont encore pu manger que quelques radis et 2 salades. Les semaines passent, la famille est toujours là et n’a rien à bouffer. Les enfants vont le voir et lui disent «mais papa, pourquoi tu nous as dit de faire ça ? On va faire quoi maintenant ? On n’a rien pu récolter puisque tu nous a fait tout détruire, on n’a même plus une carotte, un œuf ou une poule !». Il leur répond «écoutez, vous m’appelez papa mais j’ai tout juste baisé votre mère, je vous ai demandé quelque chose, le véritable problème est votre décision de suivre mes instructions, vous ne pouvez-vous en prendre qu’à vous-mêmes.»

Ou comment réécrire l’histoire en se défaussant de ses responsabilités.

9 juin 2020. Le Conseil d’Etat rejette les recours de l’OL contre la décision de la LFP d’arrêter la L1 et de valider le classement au quotient. Il suspend les descentes en L2 sur la forme et non sur le fond. L’argument ? La convention indiquant que la L1 ne peut être qu’à 18 ou 20 clubs prend fin, la nouvelle n’ayant pas été entérinée pour le moment, elle ne peut servir de base juridique à cette décision de reléguer Amiens et Toulouse. La LFP doit donc revoir cette question. En pratique, ça signifie qu’on va signer cette convention pour la période 2020-2024. C’est en revanche une bonne nouvelle pour Le Mans et Orléans, la L2 à 22 étant possible matériellement et selon la convention (pas de raison qu’on change ce point), cette solution devrait être choisie.



Qu’est-ce qui ne tourne pas rond ? Qu’est-ce qui a merdé ?

Le véritable problème est le poids qu’a le sport en France. Il rapporte énormément à l’Etat et à la collectivité de manière générale… Il rapporte beaucoup en terme d’image, les politiques cherchent à en tirer profit au maximum quand ça gagne, seulement il est toujours le dernier invité à la table. Les politiques ne l’aident que quand ils peuvent s’en servir dans leurs propres intérêts. Le sport est toujours le premier sacrifié, bien avant la "culture", car quand vous sacrifiez la culture, tout le monde vous tombe dessus, en particulier les "intellectuels" dont la voix porte. En revanche, quand vous sacrifiez le sport, qui donne la parole aux victimes de ces choix ? Pas grand monde. Ceux qui gueulent se font vite rabaisser. Le sport, c’est sale, ça pue la transpiration. Le sport est vu comme un loisir, ceux qui en font leur métier et gagnent beaucoup d’argent sont jalousés, ils gagnent beaucoup plus que d’autres qui travaillent dur ou font des études très longues… pour courir et taper dans une balle ou un ballon. Une activité à la portée de n’importe qui ! A vrai dire, certains sportifs font de leur mieux pour cultiver cette image. On avait déjà eu droit à toutes les sorties des froussards de la Ligue 1 – j’en ai assez fait les concernant – avant l’interview consternante de Dimitri Payet. Il a refusé de baisser son salaire pendant la crise – sujet évoqué par la suite – car il est père de famille et comme tout le monde, il a des crédits à rembourser… Il me fait de la peine. J’espère qu’avec ses 500 000 euros par mois, il va réussir à joindre les 2 bouts, que ses enfants échapperont à la malnutrition. A croire qu’en cette période de manque de compétition les joueurs de Ligue 1 ont décidé de se disputer le trophée du suicide médiatique le plus réussi de l’intersaison.

Ces types ne se contentent pas de détériorer leur propre image individuelle, ils ternissent celle de tous les footballeurs et même de l’intégralité du secteur économique qui les fait vivre grassement.

Dès lors, on comprend mieux pourquoi, politiquement, il est plus facile de sacrifier le football. Aucun personnage politique ne veut s’associer à eux autrement que dans la victoire. Pendant la crise, il ne faut surtout pas donner l’impression d’accorder le moindre privilège à ces nantis, même si en réalité il ne s’agirait aucunement de privilèges. Autoriser les clubs à faire tester leurs joueurs sans aucun coût pour la collectivité afin de permettre la reprise de cette activité économique si rémunératrice pour cette collectivité, tout le monde l’aurait compris. Il n’y aurait pas eu scandale, au pire quelques divagations de quelques extrémistes politiques enclins à l’opposition systématique. Compte tenu de l’enjeu, du nombre limité de tests que ça nécessitait et des spécificités de cette activité (pas possible de jouer en respectant en permanence la distanciation sociale), un peu de pédagogie suffisait à faire comprendre aux plus récalcitrants le caractère juste et proportionné de cette décision.

Toutes les secteurs économiques auront eu le droit à une reprise en mai ou juin, sauf le football (et quelques sports collectifs qui, eux, tirent une part très importante de leurs revenus des recettes jour de match et des hospitalités pour qu’une reprise à huis-clos soit rentable). Les clubs échangistes vont rouvrir avant la reprise du football !

Le monde du football professionnel français aurait dû se lever comme un seul homme pour crier au scandale lors de l’annonce d’Edouard Philippe tant l’évidence sautait aux yeux. Cette décision allait être un gigantesque boulet pour le secteur, d’office limité au rôle d’observateur de ses voisins en étant assis le cul entre deux chaises : il devait à la fois espérer qu’ils ne puissent pas reprendre afin de ne pas se retrouver dans une position dramatique d’infériorité et espérer… qu’ils reprennent de façon à avoir de l’argent pour acheter des joueurs aux clubs français ayant chaque année l’obligation de vendre leurs meilleurs éléments pour renflouer les caisses. Une situation intenable.

Certains ont cru que le nouveau contrat avec Médiapro allait permettre de gommer le manque à gagner de cette fin de saison envolée. Non. On ne remplace pas une période de près de 6 mois sans revenu (500 à 800 millions d’euros sont ne tomberont jamais dans les caisses, dont les environ 250 millions de droits télé qu’aurait obtenu la LFP si elle avait pu mener à terme ses compétitions) par une simple augmentation, même conséquente, des droits télés prévus pour les saisons suivantes. En effet, les clubs avaient déjà prévu cette hausse de leurs recettes, ce qui leur avait fait prendre déjà certains engagements (notamment dans les contrats des joueurs) et effectuer certains investissements. Ils vont se retrouver dans une situation où l’augmentation des droits télé ne permettra pas réellement aux clubs de Ligue 1 d’avoir plus de moyen. En effet, si ceux qui bénéficient traditionnellement de leur redistribution - ou vivent au crochet de la Ligue 1 pour être plus dur (l’UNFP se sert, le foot amateur, la L2, on donne un peu au foot féminin, beaucoup à l’ANS, à l’Etat…) – ils vont presque tous obtenir plus qu’avant, la partie prévue pour les clubs de L1 va essentiellement servir sur au moins 2 ans à compenser les pertes subies ces 3 derniers mois.

On peut condenser toutes les raisons de ce fiasco en une seule affirmation : il ne sait ni se vendre, ni se faire entendre. Il y a un véritable problème à ce niveau. Le football français ne sait pas se vendre. Il n’a jamais su se vendre. Il est incapable de mettre en avant et en valeur tout ce qu’il a de positif, tout ce qu’il fait de positif, tout ce qu’il apporte à la France. Si tout le monde en était pleinement conscient, il serait soutenu et, à défaut d’être une priorité en temps de crise, il serait considéré à la même hauteur que le reste.

Cette considération, le sport professionnel le mérite de par son rôle social primordial tant en milieu urbain que rural. Il crée énormément de lien, les clubs s’investissent tous dans des fondations, des projets caritatifs, travaillent avec des associations concernant tout un tas de causes, il y a aussi tout l’aspect formation/éducation… mais il reste très discret à ce sujet. De même, quand des supporters débordent, on en parle beaucoup, on les montre du doigt. Quand ils multiplient les actions caritatives, pas un mot, ou si peu.

Même problème concernant l’argent, car on parle beaucoup des sommes échangées lors des transferts, des salaires, on parle de propriétaires milliardaires ou multimillionnaires, du Qatar, de fonds d’investissement étrangers, des montants des droits télé… en oubliant souvent de rappeler que sur tout cet argent, une quantité phénoménale arrive directement et indirectement dans les caisse de l’Etat et des organismes sociaux. Charges, taxes – dont la taxe Buffet prélevée sur les droits télé qui tombe droit dans les caisses de l’Etat au-dessus d’un certain montant, en-dessous ça finance l’Agence Nationale du Sport… à la place de l’Etat – et impôts divers payés par les clubs, les joueurs, leurs agents quand ils sont honnêtes et n’ont pas de combines pour y échapper (OK, ça doit concerner peu d’agent^^). Il s’agit déjà d’un gros pactole. Mais ce n’est pas fini, car ces acteurs font tourner l’économie avec leurs propres dépenses, et… ce qu’ils font dépenser aux supporters en lien avec le football (produits dérivés, abonnements télé, consommations dans les bars/restaurants pour regarder les matchs, transports, hôtels le cas échéant, etc.). Toutes ces dépenses créent de l’activité, elles rapportent aussi à l’Etat avec de la TVA, l’impôt sur les revenus et les sociétés de ceux qui gagnent leur vie grâce ainsi… Bref, cet argent irrigue l’économie française et finance les services publics. Le football professionnel français est systématiquement contributeur, la période où il touchait des aides publiques appartient à un passé de plus en plus lointain, il doit généralement payer assez cher le loyer de ses stades[5], rembourse à l’Etat les frais de sécurité quand un préfet décide qu’il faut prévoir un dispositif particulier, etc. Là encore, hormis de temps en temps dans les médias spécialisés, on n’en parle jamais, le football français ne met pas du tout en avant ses retombées positives pour le pays.

On n’omettra pas d’évoquer son rôle d’ambassadeur de l’image de la France dont il est un promoteur important à l’étranger… et bien sûr, concernant chaque club, de l’image de sa ville à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières du pays. Avec à la clé notamment un impact indéniable concernant le tourisme comme les autres produits associés à la ville/région. On devrait en permanence mettre cet aspect en exergue. On ne le fait que rarement. Pour réellement lier le football avec l’image de la France, les médias généralistes attendent souvent qu’on se saborde lors d’une grande compétition internationale ou alors… qu’on la gagne. Le lien avec les villes se fait selon les mêmes principes, plus facilement avec les déboires me semble-t-il. Les clubs devraient faire en sorte de s’imposer – presque de force – comme un élément premium de l’image de leur ville (et de la France pour les européens),. Certains le sont déjà de fait (exemple : Sainté, l’OM, Lens…), il leur faut l’entretenir, d’autres très insuffisamment. Alors bien sûr, quand il faut faire jouer son influence auprès des élus locaux (députés, sénateurs) et de l’exécutif national, le football manque de poids. Si les députés de toutes les villes de France possédant des clubs de L1 s’installer au même niveau que les monuments locaux avaient poussé pour la reprise afin de ne pas donner l’image de celui qui a agi contre les intérêts de l’emblème de la ville/région, on s’attèlerait actuellement à terminer la saison… Comment y parvenir ? J’ai des idées… On en reparle dans la 2nde partie correspondant à «voir plus loin».

Si l’Etat a pu si facilement mettre ce coup de batte de baseball dans la tronche du football français, c’est aussi en raison de l’effet de surprise. Si personne n’a rien vu venir hormis ceux les traitres tapis en coulisses pour la jouer perso au détriment du collectif, on le doit à la cacophonie ambiante. 20 clubs en L1, autant en L2, on avait parfois l’impression que 30 allaient proposer leur propre solution de façon à défendre leurs intérêts individuels. Certains, à l’image d’Aulas, ont saoulé tout le monde en gesticulant dans tous les sens, en changeant d’avis plusieurs fois jusqu’à voir enfin la lumière… mais pas celle au bout du tunnel. Il a eu tort trop tôt, raison trop tard et a abusé de mauvaise communication le rendant inaudible. Il est devenu son propre ennemi. Oui, je vous l’accorde, ça fait des années que ça dure, il est incontrôlable depuis sa découverte de Twitter, ce n’est un scoop pour personne. Le football français avait besoin d’un leader, d’une voix, pas de 20 discordantes ! Noel_se_sent_au_top.jpg Noël Le "absolutly not" Graët en a profité pour s’ériger en Père – Noël – de la nation et assassiner ses opposants politiques en toute impunité. Un véritable bombardement à l’aveugle sans se soucier des dégâts et des victimes innocentes. L’exécution sommaire du football français n’aurait été possible sans sa complicité. Que les votants s’en souviennent lors de la prochaine élection du président de la FFF…

Avec un seul véritable représentant derrière lequel tout le monde se serait rangé, non seulement l’Etat aurait eu un interlocuteur clair capable de défendre le football, mais il aurait aussi pu préparer le terrain médiatiquement en exposant tous les arguments ici évoqués. Se voir opposer un impératif de «santé publique» et reprocher de ne vouloir reprendre que pour des raisons économiques – comme si la justice sportive ne comptait pas – par le ministère des sports sans avoir personne pour répondre, personne pour mettre Roxana Maracineanu devant ses contradictions (tous les autres secteurs rouvrent sans doute uniquement pour le plaisir, pas par nécessité économique…), c’est laisser le football français à l’abandon. La passe d’armes lancée entre elle et Aulas – qui ne représente que lui-même – n’ajoute rien de constructif au débat. Si des punchlines de si faible niveau méritent d’être qualifiées ainsi.

Vous l’aurez remarqué, j’ai à peine survolé les recours d’Amiens, Toulouse et Lyon devant le Conseil d’Etat. Ils étaient ridicules car ce qu’ils demandaient n’avaient aucun sens. Aulas s’est réveillé beaucoup trop tard pour tenter d’obtenir la reprise. Après un arrêt si long et des vacances, les joueurs ont besoin de 2 mois minimum de préparation pour reprendre la compétition, il sait très bien qu’il est impossible de rappeler maintenant pour leur faire jouer des matchs de championnat pendant tout le mois de juillet, il nous pond encore une histoire de playoffs comme s’il était plus juste sportivement d’inventer subitement une formule de compétition pas prévue en début de saison. Soit on finissait le championnat pour que chaque équipe ait joué 2 fois contre les 19 autres clubs, soit on en reste là. On ne peut pas sortir du chapeau une espèce de tableau bidon, envoyer au feu des équipes à la rue physiquement, et distribuer des prix à la fin. Où serait le mérite sportif ? Cette insistance uniquement pour tenter d’avoir raison devient pathétique. S’il avait réagi le 28 avril pour s’insurger contre cette annonce gouvernementale et réclamer de la patience, on pourrait lui accorder du crédit. Seulement, il n’a jamais pensé qu’à sa gueule. Son histoire de playoffs l’illustre encore. A un moment, il faut arrêter les c*nneries et aller de l’avant !



Quelles solutions ?

Et bien pour le savoir, il faut lire la 2nde partie, intitulée Pauvre France ! (Voir plus loin.)

Notes

[1] Même si on n’a pas eu de très gros cluster mis en évidence dans la région lyonnaise suite au match, l’Italie en était déjà à un stade très alarmant.

[2] Un masque qui ne bloque que 50% des postillons, ça réduit tout de même de 50% le risque pour un porteur du virus de postillonner sur quelqu’un qui n’a pas le virus.

[3] Il est très amis avec le fils Ferracci.

[4] Il a ensuite annoncé sa retraite.

[5] Hormis les rares stades entièrement privés.