NON ! Ce n’est pas la réussite des autres qui détermine qui est le con de l’histoire. Celui qui a bossé dur pour passer son examen mais échoue sera toujours moins con que celui qui a fait l’impasse sur les révisions puis se pointe à la convocation juste pour émarger la feuille de présence. Si en plus il se permet de dire au premier «tu vois, ça ne servait à rien de bosser, j'avais raison», c’est un bon à rien doublé d’un imbécile. Celui qui n’essaie même pas n’a aucune leçon à donner à celui qui essaie sans certitude de réussite.

Je ne vais pas citer de nom, il y en a trop. Notamment à l’UNFP. Philippe Piat a donné une interview à l’Equipe où il tenait ce genre de propos. Sylvain Kastendeuch a traité la reprise de la Bundesliga de «grotesque», Roxana Maracineanu et même Didier Deschamps y sont allés de leur critique des championnats prêt à tout pour finir leur saison. Deschamps a été consulté par Emmanuel Macron avant la prise de décision funeste, il a fait sa sortie pour défendre son acolyte le Père Noël, il devrait surtout fermer sa gueule concernant le football de clubs. Désolé, je n'ai pu m'empêcher de lâcher des noms...

  • Gouvernance.

Actuellement, la LFP, qui gère le football professionnel français, est doté d’une direction bicéphale. Le véritable pouvoir n’appartenant pourtant pas réellement à ces 2 personnes mais aux clubs… divisés en 2 syndicats concurrents (l’UCPF et Première Ligue). Zéro unité. A vrai dire, ce choix d’un duo résulte déjà des divisions, de l’incapacité à trouver un remplaçant unique à Frédéric Thiriez, très contesté pendant ses longues années au poste de président.

Un vrai patron qui devrait rendre des comptes à l’Assemblée Générale des clubs ou au bureau de la LFP mais aurait une marge de manœuvre, le pouvoir de prendre lui-même ses décisions, voilà ce dont le football français a besoin. Pas de 10 commissions, d’un nouveau groupe de travail constitué selon des considérations politiques pour chaque sujet à traiter…

Mission : Impossible.
Votre mission, si vous l’acceptez, trouver une personnalité reconnue et respectée par tous les acteurs du football français mais aussi dans le reste de la société, quelqu’un de charismatique, de dynamique, de légitime, de très au fait des choses du football, de très intelligent, créatif pour ne pas dire visionnaire, bon négociateur, excellent communiquant (en plusieurs langues), pas identifié à un club en particulier, ayant les compétences pour diriger une société qui gère plus d’un milliard d’euros par an... et la convaincre d’accepter le poste de président de la LFP.

Voilà voilà…

A ma connaissance cette personne n’existe pas. Si on se contente de la figure de proue charismatique pour s’occuper de toute la partie communication (plus prise de décisions après consultation avec son équipe) et qu’on lui adjoint une tête pensante créative qui s’occupe de tout ce qui est négociation avec les partenaires et les autres acteurs du football, qui maitrise les aspects légaux et la gestion financière, on a une chance – encore assez mince – de trouver l’homme idoine (la mission deviendrait alors double, il y aurait DEUX personnes à trouver).

Bien sûr, il faut la même chose à la FFF, un véritable patron œuvrant réellement pour le football français ! Il est aussi indispensable de créer une réelle synergie entre foot pro et amateur, on ne peut se permettre une lutte de pouvoir, une concurrence entre FFF et LFP. A ce sujet, la volonté de Luis Fernandez de présenter une liste à l'élection reportée en mars avec les membres des générations Euro 1984 et Coupe du Monde 1998 part d’une volonté louable, toutefois, avoir gagné un titre avec les Bleus ne suffit pas, il faut des compétences et UN PROGRAMME. La présence d’anciens professionnels et d’anciens internationaux (y compris en EdF féminine) est importante, ils ne doivent pas être là pour la déco, leur présence doit se justifier parce que qu’ils ont réellement à apporter. Des dirigeants de clubs amateurs et professionnels, des éducateurs, d’anciens arbitres… Beaucoup de gens peuvent avoir leur place à la FFF… dès lors qu’ils sont de véritables démocrates.

Les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 viennent de déléguer 3 représentants chacun pour tenter de trouver une solution concernant la gouvernance de la LFP (avec 25 millions d’euros à la clé pour la L2). Je doute que ça fonctionne réellement tant les différends sont nombreux. Ils risquent de se contenter de coller un bout de sparadrap sur la plaie sans même prendre le temps de la nettoyer. Comment unir tout le monde derrière l’intérêt commun ? Il faut un Vercingétorix, un Général de Gaulle.

Time_to_say_goodbye.jpg Ne nous faisons donc pas trop d’illusions. A court terme, je n’imagine pas de changement profond et efficace. A fortiori tant qu’Aulas et Le Graët sont toujours dans le circuit. Bien sûr, ça ne va pas aider à faire évoluer la situation. Aulas est actuellement un empêcheur d’aller de l’avant, il se trompe – encore – de combat en insistant pour reprendre la saison alors que ce n’est matériellement plus possible, ce dont il est pleinement conscient malgré son refus de l’admettre.



  • Modèle économique/chasse aux revenus supplémentaires.

Ça ne concerne pas directement le modèle économique, néanmoins, ces dernières semaines, on a évoqué l’absence de réserve financière effectuée ces dernières années par la LFP pour être à l’abri d’un gros coup dur comme celui vécu en ce moment. A l’avenir, il serait bon de mettre de l’argent de côté pour s’en prémunir… Seulement, dans une situation où tout le monde tire déjà la langue, il semble difficile de prélever une partie des droits télé pour les bloquer en cas de souci dans le futur. Ce n’est pas quand vous êtes à sec que vous faites des stocks, c’est quand tout va bien. Il faudra donc y penser… à moyen terme. On renforcerait ainsi les fondations avec des normes antisismiques. L’édifice ne risquerait plus de s’effondrer en cas de tremblement de terre.

J’ai beaucoup lu et entendu de grandes déclarations concernant l’avenir économique du football français, les critiques concernant le "trading", l’importance des droits télé, etc. Notamment venant du boss de la DNCG, selon lequel il faut changer de modèle pour que les droits télé et les transferts pèsent moins dans le budget des clubs.

L’idée d’un football moins dépendant des droits télé est gentille sur le papier, mais déconnectée de la réalité. Regardez ce qui se passe actuellement : seuls les droits télé permettent de limiter la casse économique dans les pays qui reprennent alors que presque toutes les autres recettes[1], en particulier la billetterie et les hospitalités, sont à l’arrêt en raison des huis-clos. En outre, si la Premier League est si riche, si les cadors européens se portent bien en règle générale (exception faite de ceux qui dépensent l’argent n’importe comment), c’est grâce aux droits télé, notamment internationaux. Si la France est en retard économiquement par rapport à certains de ses voisins, en particulier d’outre-Manche, on peut directement le lier à son incapacité à se vendre correctement à l’étranger.

Le danger, si on dépend trop de l’argent de la télévision, est… En fait, il ne semble pas y en avoir. Bien sûr, ces montants risquent fort de ne plus tellement augmenter au moins concernant la partie domestique, ils pourraient même un peu se réduire à terme. En pratique, on constate systématiquement, à chaque appel d’offre, l’apparition de nouveaux opérateurs qui viennent créer la concurrence là où on la croyait disparue. Quand TPS a fermé, tout le monde a flippé. Pourtant, Canal+ a très bien payé pour la période 2005-2008, ceci pour une raison simple : en sous-payant, elle aurait détérioré immédiatement et durablement la qualité du produit proposé à ses abonnés en portant un coup fatal à la compétitivité du football français sur un marché à forte concurrence étrangère. Lors de l’appel d’offres suivant, Orange s’est mêlé à la bataille. Puis beIN Sport a pris le relais quand on croyait de nouveau se retrouver avec un Canal+ sans adversaire (la LFP avait même créé sa propre chaîne pour tenter de créer elle-même une sorte de concurrence). On a remis ça pour 2016-2020, mais l’arrivée d’RMC Sport, acquéreur des droits de la Premier League puis des compétitions européennes, a fait mal à Canal et beIN, ce qui a encore fait flamber les prix sur le marché des droits audiovisuels (la L1 aurait pu mieux se vendre, la LFP n'a pas bien travaillé, dépasser la barre des 800 millions semblait être un minimum). C’était sans compter sur… Médiapro, venu encore bouleverser la donne. RMC Sports et beIN se retrouvent en difficultés, beaucoup ressentent des craintes concernant le nouvel opérateur… mais pas de réelle frayeur à avoir : en plus des opérateurs de télé payante, les GAFA s’intéressent de plus en plus aux droits sportifs, ils sont déjà passés à l’action dans plusieurs pays, y compris en France où Amazon retransmettra les sessions nocturnes de Roland-Garros. Les droits télé resteront énormes tant qu’il y aura de la demande. DAZN compte aussi s’implanter en France.



Il est en revanche vrai, comme l’a récemment exprimé Jaime Roures, le boss de Médiapro, que le football français s’affaiblit en vendant en permanence ses meilleurs joueurs (il l’exprimait en tant que crainte, personne n’est dupe, il savait avant de venir comment ça se passe en France). Garder ne serait-ce que 2 ans de plus ces maillons forts des équipes de Ligue 1 permettrait d’élever le niveau général, de réussir de meilleures performances sur la scène européenne, donc d’enclencher un cercle vertueux, celui d’un football français plus attractif pour les sponsors, les télévisions, les spectateurs/téléspectateurs/fans, et ainsi à même d’augmenter ses revenus, de conserver ses meilleurs joueurs, etc. Ceci se heurte à un double problème :
-trop de clubs ont un projet financier intimement lié au projet sportif, il s’agit du fameux "trading", correspondant en agriculture à de l’élevage (on achète des veaux et des poussins pour les engraisser et les revendre), la France est le 2e producteur mondial de footballeurs (peut-être même le premier si on tient compte des étrangers formés ou passés chez nous au lieu de ne s’intéresser qu’à la nationalité sportive) ;
-l’augmentation des droits télé aurait dû être cet élément déclencheur du cercle vertueux, seulement, à court et moyen terme, elle ne servira en pratique qu’à compenser les pertes subies au cours de cette crise, pas à améliorer la qualité du produit. Il faudra toujours vendre pour que le modèle économique de ces clubs soit viable.

Attention, a tendance à mettre tous les transferts dans le même sac, à tout mélanger en voyant du "trading" partout. En France, si plusieurs clubs ont tenté de se lancer dans ce genre de projet, ils ne sont que 2 à avoir réussi : Monaco puis le LOSC. J’insiste sur "puis", car en réalité, le dénominateur commun est Luis Campos. D’autres clubs ont réussi un coup de temps en temps, à l’image de l’OL (Ndombélé, Ferland Mendy), Bordeaux (Malcom) ou d’Angers (Reine-Adélaïde), beaucoup ont acheté de nombreux joueurs dans l’espoir de les revendre très cher (notamment Monaco post-Campos), seulement aucun n’a atteint l’objectif en parvenant à reproduire le modèle inspiré par le FC Porto d’il y a quelques années. Dans le grandes lignes, un véritable projet construit et assumé de "trading" consiste à acheter de très bons joueurs ne coûtant pas cher (indemnités de transferts et salaires compris), à les faire progresser et à les mettre en valeur pour les revendre cher assez rapidement tout en les remplaçant par d’autres. Ceci implique énormément de travail pour
1. trouver ces très bons joueurs très abordables, d’où un gros investissement dans la détection, le fameux "scouting", ce qui permet d’éviter les mauvais choix (les mauvais choix sont coûteux au lieu d’être rentables, ils provoquent aussi de mauvais résultats) ;
2. construire une équipe compétitive et cohérente – avec quelques cadres pas recrutés pour être revendus – qui se qualifie tous les ans en Ligue des Champions ou au pire en Europa League afin de mettre en valeur ces joueurs sur la scène européenne, de les faire progresser et de récolter l’argent lié à ces bons résultats sportifs (droits télé, billetterie, sponsoring et toutes les autres sources de revenus permettant de ne pas être obligé de brader des joueurs ou de les vendre de façon précipitée avant le bon moment - dont il est question au 3.) ;
3. savoir quand il est temps de vendre, ce qui implique à la fois de savoir quand le joueur a atteint la valeur maximale possible ou son pic de rentabilité, si le prolonger en augmentant son salaire pour le conserver représente un risque supérieur au gain potentiel (on ne trouve pas plus gros piège qu’une pour les clubs "moyens" que la prolongation avec revalorisation salariale importante, beaucoup ont plongé en se laissant tenter pour conserver intacte une équipe auteur d’une grosse saison), et surtout avoir déjà trouvé son remplaçant (donc un autre joueur peu coûteux capable de le prendre la relève à son poste sans déplorer une perte sportive très conséquente).

Si vous ne remplissez pas toutes les cases, que vous achetez trop ou mal, que vous commettez des erreurs dans la constitution de votre équipe, dans le choix de votre staff technique, que vous n’obtenez pas les résultats sportifs nécessaires, que vous vendez trop, pas au bon moment ou sans remplacer les partants correctement (d’où une baisse de niveau, des résultats qui ne suivent plus), la mécanique se bloque, tout se fissure et s'effondre, vous ne faites pas du "trading", vous auriez mieux fait d’aller jouer au casino, avec de la chance vous auriez doublé votre mise au lieu d’y laisser votre chemise. Exemple presque caricatural : l’AS Monaco post-Campos.

Dans la majorité des cas, quand un club français vend un joueur à plus de 10 millions, il l’a formé ou l’a recruté en raison du projet sportif – donc des besoins de son équipe première – en envisageant éventuellement une revente, mais à moyen ou long terme. La mode du "trading" a ringardisé le «projet formation» revendiqué pendant de nombreuses années par les clubs français (pour un club ne bénéficiant pas d’un poids économique important il est de plus en plus difficile de former des joueurs et de les porter jusqu’au haut niveau, ils sont convoités et contactés de plus en plus tôt par ces chasseurs de jeunes talents).

En réalité, on doit distinguer plusieurs sortes de transferts :
-ceux qui correspondent à du "trading" ou à une véritable stratégie commerciale s’en revendiquant,
-ceux subis en raison de la durée du contrat (on vend avant que le contrat du joueur ne soit trop court pour en tirer une bonne indemnité),
-ceux subis car il faut rééquilibrer les comptes ou financer d’autres dépenses jugées nécessaires (qu’il s’agisse d’augmentation de salaire d’autres joueurs, de transferts pour renforcer l’équipe, etc.),
-ceux de joueurs sur lesquels on ne compte pas ou dont on veut se débarrasser pour une raison ou une autre,
-ceux trop difficiles à refuser en raison de l’offre et/ou de la volonté du joueur (on ne peut le retenir financièrement, sportivement ou humainement).

Ces transferts ne sont pas tous un problème pour le football français, certains vont dans la logique des choses, correspondent à l’évolution d’une carrière ou à la gestion normale d’une entreprise.
A vrai dire, que des clubs soient obligés de vendre des joueurs importants de grande qualité n’est pas un gros souci pour le niveau de la Ligue 1 s’ils restent en France ou s’ils sont remplacés par meilleurs. Ça en devient un s’ils partent renforcer les championnats étrangers tout en étant remplacés par des tocards, des mecs d’un niveau très moyen, cramés ou au contraire trop jeunes pour être performants. Or c’est précisément ce qui se passe la plupart du temps dans notre championnat. Le plus grave ? Souvent, les joueurs partent avant même d’être importants, quand ils sont encore des espoirs, des potentiels (de plus en plus souvent avant même de jouer en L1... car avant de signer pro, donc sans transfert, ce qui fout tout le modèle en l'air). On vend les veaux, les têtards et les poussins avant qu’ils ne soient devenus des taureaux, des grenouilles et des coqs. Pour les remplacer par des bœufs décharnés, des crapauds dégueulasses, des poulets déplumés ou même pire… des œufs pas encore éclos et à peine couvés.

Un indéniable problème de moyens transforme souvent l’équation en véritable casse-tête pour les dirigeants.

Ainsi, quand un joueur explose et prend soudain beaucoup de valeur, très peu de clubs français peuvent se permettre de refuser les grosses offres. S’ils le font, ils prennent un gros risque, celui d’une blessure ou d’une non-confirmation, donc une grosse perte financière. La catastrophe peut être encore plus terrible. En pratique, les mœurs – déplorables – du football actuel permettent presque toujours aux joueurs de faire sauter la banque au bout de 6 mois de très bon niveau. 3 ou 4 mois suffisent parfois. Soit l’agent réclame une forte augmentation, soit le club propose de lui-même une prolongation avec forte augmentation afin de "blinder" le contrat du joueur et ainsi éviter de se retrouver en position de faiblesse lors du mercato suivant. Seulement, s’il ne confirme pas, cesse de progresser ou régresse, il devient un boulet pour les finances du club, boulet d’autant plus lourd quand on pense aux sommes évoquées concernant le futur transfert. Conserver le joueur contre sa volonté et sans prolongation présente un autre risque. On ne compte en effet plus les cas de joueurs atteints psychologiquement – au point parfois de partir en vrille et de complètement se perdre – par un transfert avorté ou un conflit avec leur direction.

Vous l’avez donc compris, le "trading" réalisé dans les règles de l’art n’est absolument pas un problème car il implique une recherche de la performance sportive, donc de construire une équipe de haut niveau. En revanche, la contrefaçon de cette politique en est un énorme. Comment y remédier ? Alors bien sûr, ça ne plaira sans doute pas au syndicat, mais il est indispensable de limiter le nombre de contrats professionnels autorisés par club. On doit faire la distinction entre un premier contrat professionnel, un contrat aspirant/apprenti/stagiaire/élite et les autres contrats professionnels (à partir du 2e). Je serais même tenté de faire la distinction entre formé au club et recruté (après un contrat de formation ailleurs ou issu directement des rangs amateurs). On a vu des clubs à 50, 60… 70 contrats pros. L’AS Monaco en a environ 70 en ce moment à force d’acheter et de prêter – dans le meilleur des cas – sans parvenir à vendre les erreurs de casting… Tout ceci n’a aucun sens ! Le maximum devrait être 30 (on a droit à 25 joueurs sur la liste UEFA, si vous prenez en compte les joueurs prêtés, 30 me semble un plafond cohérent), hors jeunes jusqu’au contrat élite, voire jusqu'au 1er contrat pro (selon qu'il soient formés au club ou non, selon l'âge... ça resterait à définir).

Concernant les prolongations et augmentations de salaires, les offres impossibles à refuser et toutes ces problématiques, il n’existe malheureusement aucune solution dans la mesure où le football est mondialisé. Les clubs sont contraints d’agir en fonction de l’environnement économique dans lequel ils se trouvent. Même dans le cas improbable où les clubs français se mettraient tous d’accord pour ne pas s’attaquer entre eux afin d’éviter cette inflation des salaires, ils continueraient à subir la concurrence des anglais (le Championship est très riche, pas seulement la Premier League), allemands, italiens, espagnols, voire même écossais, portugais, néerlandais, belges, grecs, turcs ou encore russes. Ils ne peuvent donc faire autrement, il faut céder ou prendre le risque de perdre gros.

On décèle une grosse incohérence entre le modèle de formation et la durée maximale autorisée du premier contrat professionnel. Un club français ne peut faire signer un jeune que 3 ans, tout club étranger peut lui proposer 5 ans. Faites signer un jeune de 17 ans, s’il s’installe à 18/19 ans en équipe première, des formations étrangères vont s’y intéresser, la durée de son contrat mettra son club en situation délicate, il sera obligé de tout faire pour le prolonger en lui offrant des conditions dignes d’un joueur confirmé… ce qu’il n’est pas, par définition. Il est impératif de régler cette anomalie très pénalisante – je l’évoquerai dans le 4e chapitre relatif aux relations entre les clubs et les joueurs car ça mérite qu’on s’y attarde… je l’ai écrit après avoir lu l’intégralité de la Charte du Football Professionnel, une véritable purge de plus de 140 pages – et d’en appeler à la FIFA pour lutter contre les "vols" de jeunes au même titre qu’elle a agi depuis des années contre les transferts internationaux de mineurs (si un club peut être interdit de mercato pour avoir recruté des mineurs à l’étranger, comment peut-on accepter qu’un gamin de 17 ans comme Tanguy Kouassi puisse être approché en toute impunité depuis des mois par le RB Leipzig et d'autres ?).

On l’a donc compris, vendre n’est pas un problème en soi, tout dépend quand, comment, en quelle quantité, à qui et par qui on remplace les joueurs cédés. Vendre n’est pas incompatible avec le maintien d’une bonne qualité de jeu et d’un haut niveau de performance (qui génèrent du spectacle, des gains liés aux résultats, attirent les fans et téléspectateurs, ceux qui aide pour générer des revenus, dont les droits télé). Tout est question de compétences, d’ambitions et seulement dans certains cas de moyens.



Certains clubs comme le PSG ont effectué des progrès incroyables en marketing et pour se vendre à l’étranger. Les recettes de sponsoring et de merchandising ont explosé, l’image du club se négocie extrêmement bien dans le monde entier, notamment grâce à l’alliance avec Jordan Brand. Idem pour la billetterie et les hospitalités au Parc des Princes. D’autres stades sonnent creux. Les supporters ont déserté, les spectateurs ne viennent pas, souvent faute d’ambiance, faute de parking, faute de transports en commun pour se rendre au stade, même quand il est neuf (il est souvent trop grand^^)… presque systématiquement faute de spectacle. Parce que si tu t’ennuies au stade… et qu'en plus s'y rendre est une galère... Tu restes à la maison.

Les matchs dans des stades peu remplis et sans ambiance ne rendent pas bien à la télévision. Les championnats écrasés par une équipe infiniment plus forte que les autres n’offrent pas un suspense très attirant. Néanmoins, si ça joue bien au football, s’il y a des joueurs de qualités qui produisent un spectacle de qualité, a fortiori s’il s’agit de véritables stars actuelles et des stars de demain, parfois même stars d’un passé proche, si vous avez en plus des histoires à raconter, il y a moyen de vendre le championnat un peu partout dans le monde. Comment fait-on pour si mal vendre un championnat où jouent Neymar et Mbappé ? Un championnat avec des rivalités comme ASSE-OL et des internationaux venus d’une multitude de pays ? En se vendant mal, le foot français devrait ramasser au moins 400 millions à l’étranger, il est loin des 100 millions. Ridicule. C’est cet argent qui lui manque pour garder ses meilleurs joueurs plus longtemps et pour claquer régulièrement des perfs européennes qui amélioreraient son image (faire de l’Europa League une priorité s’impose aussi), l’aiderait à accroître leur "fanbase" en France comme ailleurs, à attirer des sponsors…

J’ai énormément de mal à croire que les matchs programmés désormais à 13h et à 15h le dimanche vont arranger les choses. Pour le marché chinois et asiatique, qui ne rapporte pas tant que ça, c’est sympa. Pour le marché français, pour attirer le public dans les stades et les téléspectateurs américains (du Canada à l’Argentine en passant par les Etats-Unis, le Mexique, le Brésil, les Antilles, etc., avec les 6 à 9h de décalage horaire, ça vous fait des coups d’envoi entre 4 et 7h du matin là où se trouvent les cibles les plus atteignables pour le foot français (notamment le Brésil pour le PSG), c’est presque un non-sens. De surcroît on se place aux horaires traditionnels d'autres championnats puissants, en particulier la Premier League qui sature déjà le marché asiatique et l’Amérique du nord, mais aussi la Série A (il y a aussi de la Bundesliga et de la Liga), alors que les matchs du soir composaient avec nettement moins de concurrence (la PL et la BL jouent rarement le soir le week-end, les Italiens et les Espagnols y mettent généralement un seul match par créneau). Sans parler des chaleurs terribles l’été à 15h qui rendront certains matchs absolument atroces, ça jouera à 2 à l’heure, ça tirera la langue au bout de 10 minutes. Toute l’année le dimanche à 13h ou 15h une très grande partie des Français sont en famille ou… sur les terrains amateurs. Sans surprise, le dimanche à 15h on a depuis des années une tradition de matchs de L1 en bois avec tribunes clairsemées… On place donc étrangement le multiplexe dans cette case. Je ne comprends pas la logique. Respecter ses propres traditions, ses propres clients (les locaux), est-ce trop demander ?

Actuellement, la Ligue 1 a une image internationale de "farmer league". L’image correspond en grande partie à la réalité. On fait de l’élevage plus qu’on ne cherche la compétitivité et la qualité. Ce n’est pas de cette façon qu’on va bien vendre nos droits télé à l’étranger. Il faut une autre image que celle-ci… sur laquelle la LFP a pourtant choisi de s’appuyer avec son slogan « la ligue des talents ».

A priori, grâce à la manne apportée par le contrat Médiapro, l’idée était une répartition à parts égales de l’augmentation des droits télé domestiques entre les 20 clubs de L1, seuls les clubs européens ou «à vocation européenne» se partageant celle des droits internationaux – qui pour le moment stagnent peu ou prou – selon différents critères dont la notoriété. L'intention était excellente, car pour plus de compétitivité, il faut éviter que les moins riches soient pauvres, sinon vous êtes le championnat portugais où les gros prennent tout l’argent faute de mutualisation des droits télé. En football, gardez toujours en tête que vos adversaires sont aussi vos partenaires économiques. On ne fait rien sans une concurrence solide. La solitude freine ou empêche votre développement Il faut de l’adversité en haut comme en bas. Si les clubs appelés à jouer le maintien ne sont pas capables de se payer des types capables de jouer au ballon, qu’ils n’ont que des bourrins et des casseurs, les gros vont probablement leur mettre des bran-bran ou se casser les dents sur un bloc défensif ultra-renforcé en prenant beaucoup de coups. Pas idéal pour le spectacle.



Je résume.

Au niveau des droits domestiques, on ne peut espérer plus.

Pour ce qui est des droits internationaux, la marge de progression est gigantesque, les clubs et la LFP doivent multiplier les efforts pour améliorer la notoriété de la Ligue 1 et de ses "institutions" à l’étranger. Briller sur la scène européenne permettrait une belle avancée. A défaut, on peut tout de même se débrouiller. La délocalisation du Trophée des Champions depuis déjà quelques années (on se souvient même d’un tournoi amical à 4 aux Etats-Unis, il a viré au fiasco), quelques tournées à différents endroits du monde (par exemple de l’OL en Corée du Sud il y a déjà un bout de temps, le PSG en fait tous les ans), les initiatives commerciales pour le nouvel an chinois, les quelques matchs programmés pour une diffusion en prime-time en Asie, parfois un recrutement exotique… Il serait faux de reprocher au football français de ne rien essayer pour conquérir de nouveaux marchés. Seulement en 2020, pour y parvenir, il faut bombarder les réseaux sociaux avec des highlights, faire du buzz, être hyper agressif dans le marketing digital, s’associer à des marques internationales prestigieuses, il faut se construire une image mélangeant modernité et tradition (donc pas celle de fermiers), être plus créatif que les autres. En 2020 comme en 1976, quand tu n’as pas de pétrole il faut avoir des idées. Le Qatar a du gaz naturel, admettons l’analogie avec le pétrole. Même en ayant cette richesse, le PSG a eu des idées. Au tour des autres ! Certains propriétaires pourraient être un puits sans fond tant ils sont particulièrement fortunés, peu sont enclins à dépenser sans compter, pas mal de clubs n’ont ni mécène ni investisseur hyper solide, à eux d’être bons. L’OL essaie de le faire depuis des années grâce au football féminin. La stratégie est intéressante (elle le serait plus si l’OL n’appliquait pas sa stratégie de rabaissement de la concurrence pour rester au sommet).

Pour ce qui est des toutes les autres recettes, stade/partenaires/marketing, l’élément trop oublié dans certains clubs mais de mieux en mieux cultivé dans d’autres est l’identité. A Bordeaux, et je cite cet exemple car il colle à l’actualité, on a totalement oublié l’identité régionale, le prestige de l’appellation Bordeaux (grâce au vin), on a créé un grand stade impersonnel, mis une direction et un staff bourrés de Parisiens, les figures du club ont été pour la plupart dégagées, on a créé des conflits graves et irréparables avec les supporters, plus personne ne vient voir les matchs, c’est sinistre, désolant, encore plus quand on s’intéresse à la gestion désastreuse du club. A l’inverse, si ça fonctionne à Rennes, c’est aussi parce que malgré le recrutement d’Olivier Létang pour utiliser l’expérience acquise au PSG, le club s’est réinstallé comme figure de proue du sport breton (le choix du nom du stade en est une des multiples illustrations). Il a cultivé son image régionale et son identité. Est-ce un hasard si les succès ont été obtenus avec un entraîneur issu de la maison (né à Rennes) et beaucoup de joueurs français dont une partie non négligeable formés au club ? Le processus a permis de faire naître ou renaître progressivement une sorte de fierté locale avec des parcours en coupes (2 échecs dramatiques contre Guingamp en Coupe de France, un contre l'ASSE en Coupe de la Ligue, puis enfin une finale gagnée, même si elle a été donnée aux Bretons par Tuchel), mis fin de l’image de losers absolus grâce à ce titre attendu depuis des temps immémoriaux, d’obtenir des victoires marquantes face au rival nantais et une première véritable émotion européenne. Cette dynamique a ainsi pu se pérenniser au point de terminer sur le podium de cette saison tronquée. L’authenticité et l’identité régionale, ça fonctionne tant pour remplir son stade que pour vendre sa marque localement (Rennes attire pas mal de sponsors bretons) comme à l’étranger. La négation de son cette identité, ça vous fout en l’air un club, ça vous détruit une marque. Cette image, cet ancrage local, cette façon de s’inscrire dans le paysage régional et national grâce à cette identification est aussi ce qui permet d’avoir un poids politique, celui évoqué dans la première partie en expliquant la nécessité de «s’installer au même niveau que les monuments locaux», poids qui a terriblement manqué au moment de la prise de décision funeste.

Pour devenir un monument local, un club doit bien sûr promouvoir son histoire… s’il en a une. Un musée de qualité, est conseillé. Un stade bien pensé pour être un lieu de vie et de rendez-vous aide beaucoup. Ça passe par la fidélisation d’un public local important qui s’identifie au club et entretien un véritable lien avec lui (indispensable aussi pour remplir le stade et vendre des produits dérivés), d’où la nécessité d’un travail auprès des jeunes, que ce soit dans les clubs locaux, les écoles, les associations de quartiers, etc. Il faut forcer sur les marqueurs identitaires avec des logos, des maillots et plein d’éléments (même à la buvette) qui permettent de créer une véritable expérience d’immersion dans un patrimoine immatériel régional. Vous ne venez pas seulement voir un match de foot, vous venez vivre un moment. Certains clubs le font déjà, même de façon inconsciente ou involontaire grâce aux traditions locales déjà ancrées depuis des lustres. La galette-saucisse en Bretagne. Les fricadelles et les frites à Lens. Ces odeurs, les chants des supporters, les couleurs… Tout ce qui marque l’esprit a son importance. Il faut le cultiver. Je l’ai toujours dit, à l’époque où j’allais régulièrement au Parc des Princes, on y allait pour le football, on y revenait pour l’ambiance (en particulier pendant les saisons 2006-2007 et 2007-2008, saisons de galère absolue). Ce sont ces éléments intangibles qui vous rendent accro à un club.

Au PSG, l’identité régionale est à la fois hyper utilisée commercialement, le service marketing a fait modifier le logo pour mettre PARIS en gros, joue à fond sur la mode, le côté luxe, paillettes, lumières, le prestige de la ville. Mais sportivement, l’identité parisienne serait presque complètement niée sans la présence de Kimpembé (seul Titi réellement intégré à l’équipe sur la durée) et d’Mbappé alors que le club pourrait avoir 5 ou 6 éléments très forts issus de sa formation s’il avait une gestion intelligente de ses jeunes. C’est stupide car dans absolument tous les clubs du monde, si vous construisez une équipe très forte faite majoritairement de joueurs formés au club et issus de la région, vous susciterez 10 fois plus d’adhésion locale et d’admiration mondiale. L’histoire le prouve partout : le Barça de Guardiola (avec les Xabi, Iniesta, Messi, Puyol, etc.), le Real de la Quinta del Buitre, le Milan de Maldini, Baresi, Costacurta, Albertini (plus Tassotti qui est arrivé au club à 20 ans en débarquant de la Lazio puis a fait 17 ans à Milan), l’Ajax (différentes générations dont bien sûr celle de 1995 avec les De Boer, Seedorf, Kluivert, van der Sar, Reiziger, Rijkaard qui était revenu, Davids, etc.), le Manchester de Giggs, Scholes, Butt, Beckham et des frères Neville, l’Atlético de Madrid de Simeone (Gabi, Koke, Saul Niguez, Fernando Torres, Lucas Hernandez et Partey, formé au club bien que Ghanéen, ont tous disputé la finale 2016 de la LdC et remporté l’EL en 2018). D’autres, à défaut de pousser si loin, on tout de même su structurer leur équipe plus ou moins composite à partir de figures locales très fortes, notamment le Liverpool de Gerrard et Carragher, la Roma de Totti et De Rossi (même sans résultat très probants en Europe), le Bayern (Beckenbauer, Sepp Maier, Gerd Müller, puis beaucoup plus tard Lahm, Schweinsteiger et Thomas Müller), etc.

Les gars, bossez votre identité ! Une identité forte, c’est primordial pour le fonctionnement du club au jour le jour (le fameux «respect de l’institution» si à la mode), c’est fantastique économiquement !



  • Compétitions/mise en valeur du football français.

En préambule, il est indispensable d’arrêter de tout le temps se dénigrer soi-même. Pourquoi toujours insister sur les défauts de notre produit, jamais sur ses qualités, et faire comme si ceux de nos voisins n’avaient que des qualités ? On va jusqu’à leur vendre de très bons joueurs à des prix assez ridicules et à raconter ensuite que leur excellent niveau s’explique par leur départ à l’étranger… alors qu’ils avaient sensiblement le même niveau chez nous (ils ont été recrutés par les clubs étrangers en raison de ce niveau), seulement on les regardait sous le prisme de notre sentiment d’infériorité, de nos préjugés, de notre amour pour l’auto-flagellation. On appelle ça le syndrome de la femme du voisin. Elle a beaucoup plus de qualités que la nôtre… dont on voit surtout les défauts et dont on oublie les qualités car on est tout le temps avec elle, alors que la femme du voisins, on ne lui imagine que des qualités - fantasmées - quand on la croise bien maquillée.

Exemple type cette saison : Christopher Nkunku, étincelant à Leipzig après avoir été totalement sous-estimé au PSG – pas par moi – pendant des années car il avait le malheur d’être formé au club. Il n’avait rien à envier à Draxler, surtout pas sa régularité… Rien… Si, tout de même deux choses : son salaire et son passeport allemand. Tu as plus de crédit avec Tuchel si tu as un passeport allemand !

Notre Ligue 1 est loin d’être dégueulasse (elle l’a été certaines saisons), on y trouve énormément d’excellents joueurs. Bien sûr, elle pourrait être meilleure, c’est tout le sujet de cet article aux allures de mémoire de fin d’études.^^



Ce chapitre sur la mise en valeur du football français recoupe en partie les points déjà traités concernant l’identité régionale des clubs, le renforcement et l’internationalisation de la marque Ligue 1 et de la marque de chaque club, la visibilité internationale du championnat (en particulier les horaires des matchs), etc.

Ici, que cherche-t-on réellement ? A avoir le meilleur produit possible à proposer aux télés, aux partenaires, aux clients que sont les supporters. Tout compte. Dont la qualité de la réalisation télé. Personnellement, je ne suis pas fan du tout de la façon dont est filmée la Liga. Or il me semble que c’est fait par Médiapro… Ceci dit, je déteste ce que fait Canal+ depuis des années avec ses stats à la con sur l’écran, ses interviews ridicules pendant le match, ses gros plans sur le banc ou en tribunes pour faire du storytelling… Sans parler des commentaires absolument DRAMATIQUES. Canal a Stéphane Guy, Téléfoot va avoir Margotton. La différence de qualité est indécente. Plus encore qu’entre un téléfilm doublé en VFQ par une troupe de comédiens bègues et un blockbuster doublé en VFF par des voix officielles hyper expérimentées (oui, je l'avoue sans peine, je n'aime pas la VOST, les sous-titres sont trop distrayants, je veux REGARDER un film, pas le lire !).

Je ne suis pas non plus fan du prix annoncé par Médiapro pour 8 matchs de L1, la L2 et l’Europa League : 25 euros/mois. Comment trouver 3 millions de clients avec un abonnement si cher pour n’avoir que 3 compétitions (sans la LdC) ? Je ne sais pas.

Il faudrait sans doute plus de contenu… Et pour ça, j’ai une idée qui pourrait bénéficier à tout le monde (elle sera développée dans quelques paragraphes).

En outre, il serait bon d’avoir des clubs très populaires qui brillent en EL (pas de chance, la saison prochaine, la France y sera représentée par Lille, peut-être Nice et Reims, plus Rennes en cas de malheur, ce qui ne représente pas un gigantesque vivier de clients potentiel…). Briller en EL nécessite de s’investir dans cette compétition, de la jouer à fond pendant une partie suffisante de la phase de poule pour passer puis ne plus se poser de question et tout donner à partir de février. Le problème est toujours le même : en EL on joue le jeudi puis il faut se taper un match de L1 le dimanche. Une véritable galère rebutante. Les entraîneurs ont tendance à la jouer à reculons, en faisant beaucoup tourner. Pourquoi ne pas prévoir dans les règlements qu’en cas de long déplacement en EL le jeudi, un club puisse demander de jouer son match de L1 le lundi dans la mesure du possible ? Certes, les supporters n’aiment pas trop les matchs le lundi, ce n’est pas toujours bon pour remplir le stade, néanmoins, sportivement, il s’agirait d’une véritable aide à l’investissement physique dans la compétition européenne, il n’y aurait plus cette excuse de l’enchaînement des rencontres, la tentation d’envoyer une équipe B en EL serait moins forte. Dès lors que ça se ferait sur demande du club concerné, donc ponctuellement, au lieu d’être imposé sans prendre en compte l’avis de personne, ce serait simplement du bon sens.

La_Coupe_de_la_ligue_va_manquer_pour_la_visibilite_du_football_francais.jpg Je suis très chagriné par l’enterrement de la Coupe de la Ligue car personne ne semble avoir pensé à son intérêt majeur depuis des années (moins depuis que Canal+ la payait cher pour compenser sa perte de droits pour d’autres compétitions) : elle offrait de la visibilité aux clubs. Compétition pleine de buts, de belles affiches entre gros clubs, la Coupe de la Ligue était le showcase gratuit du football professionnel français. Elle permettait à ceux qui ne peuvent se payer des abonnements de voir les clubs de L1 gratuitement à la télé. Lors des premiers tours, les effectifs tournaient, ce n’était pas toujours joué très sérieusement. En revanche, en 8e ou en quart et a fortiori ensuite, les entraîneurs alignaient des équipes très compétitives, les clubs qualifiés s’y retrouvaient aussi en satisfaisant et en faisant espérer leurs fans et sponsors. Surtout, les gamins pouvaient voir de grands joueurs à la télé, ils devenaient bien souvent fans d’une équipe par ce biais, celui des matchs diffusés en clair. C’est là que naissaient les vocations. Quand j’étais gamin, on voyait la Ligue des Champions en clair sur TF1 (avec parfois 2 matchs de suite, celui en direct puis en différé la rencontre de l’autre club français qui jouait en même temps), on avait les résumés, plus la Coupe de France (une affiche par tour je crois, peut-être plus), sans oublier la Coupe de la Ligue et, généralement, le Trophée des Champions. Désormais, on a beaucoup de matchs internationaux, souvent en bois, mais concernant les clubs, c’est une affiche d’EL par journée à un horaire et sur une chaîne souvent introuvables, un pseudo-multiplexe sur France 3 le 1er dimanche de janvier à 14h avec 3 ou 4 rencontres de Coupe de France, puis un match de cette compétition par tour jusqu’à la finale (souvent avec un club amateur ou de division inférieure), sans oublier la finale de la LdC en clair et, quand on a du bol, la rediff d’un match de LdC par journée, soit la nuit, soit 2 ou 3 jours plus tard sur une chaîne régionale de la TNT. Ajoutez-y éventuellement un match étranger récupéré par la Chaîne l’Equipe parce que personne n’en voulait. Comment voulez-vous créer de la passion si personne ne peut regarder vos matchs ? Le dernier gros parcours médiatisé d’un club français en LdC est celui de Monaco en 2004. A l’époque on avait pu voir en clair une grande partie des exploits des Giuly, Rothen, Morientes et compagnie. Si cette saison en configuration normale le PSG avait atteint le dernier carré, sa demi-finale aurait pu être regardée au mieux par 2,5 millions de personnes sur RMC Sport en prenant en compte les rassemblements chez les particuliers et dans les bars. Je fais cette estimation en la sachant très très large (combien en streaming illégal ? le million ?). La même sur TF1 aurait pu attirer 12 à 15 millions de téléspectateurs pour peu qu’en face il s’agisse du Real de Zidane ou du Barça de Messi et Grizou avec un scénario à suspense.

IL FAUT MONTRER DU FOOTBALL DE CLUBS (français) EN CLAIR. Quitte à sacrifier un million par-ci, à organiser une Coupe de la Ligue moins rémunératrice (mais largement rentabilisée avec ce que rapportent la finale, les droits nationaux et internationaux, plus l’exposition pour les clubs, leurs sponsors et ceux de la LFP, le bruit médiatique généré). Idem pour le magazine avec les résumés des matchs. S’il n’est pas accessible au plus grand nombre, il ne sert à rien. Médiapro a fait une alliance stratégique avec TF1 pour nommer sa chaîne Téléfoot et pour de la production de contenus, pourtant TF1 ne pourra diffuser de résumés de matchs dans son émission dominicale car le contrat avec la LFP ne lui permet pas de sous-licencier ses images. Il faut y remédier. Voire même inclure la possibilité de la co-diffusion d’un match sur une chaîne en clair en cas de circonstances exceptionnelles. Se montrer régulièrement au plus grand nombre est dans l’intérêt du football professionnel français. A moins de préférer voir des enfants français devenir fans d’un club étranger en le voyant jouer une finale de LdC…

Mon scepticisme concernant les nouveaux horaires des matchs provient de mon expérience personnelle, de mes observations et… du bon sens le plus élémentaire. Jouer dans le sud l’été à 13 ou 15h est extrêmement DANGEREUX, c’est la garantie de matchs sans intensité, sans rythme, sans spectacle… de m*rde en somme. Mais s’il ne s’agissait que de ça… Les efforts en plein cagnard par 35°C ou plus multiplient les risques pour la santé. On pourrait se retrouver avec un cas de mort subite du sportif, il faudrait trouver des responsables… Qui assumerait ? Pourquoi croyez-vous qu’en Espagne ça joue tard l’été, souvent à 22h (parfois encore plus tard) ? Mais nous, on va se mettre des matchs à 13 et 15h toute l’année dans un pays où les canicules sont de plus en plus fortes et répétitives, dans des régions où même assis à l’ombre il est difficile de rester dehors en été durant la journée. Des génies ! L’hiver, je veux bien l’envisager même si ça va souvent tomber en même temps que le 2 ou 3e sport le plus populaire en clair à la télé : le biathlon.

Avant d’en arriver au plat de résistance de ce chapitre, je suggère d’arrêter ces conneries de pré-barrages en L2 (le 5e chez le 4e puis le vainqueur de ce match chez le 3e, le survivant jouant ensuite le barrage face au 18e de Ligue 1). Le barrage en aller-retour – je le réclamais – a confirmé mes attentes, quand la fin de saison a lieu il permet de renforcer le suspense et l’enjeu en bas du tableau pour la L1, en haut et en bas pour la L2. En revanche, en plus de n’avoir aucun sens d’un point de vue sportif – pourquoi le 5e de L2 aurait-il l’opportunité de monter en L1 au terme des 38 journées de championnat après avoir été devancé par 2 clubs qui, eux, ne monteront pas ? – les pré-barrages font subir un désavantage injuste au représentant de la L2 qualifié pour ce barrage. Ça doit dégager, on simplifie le système, on récupère 2 dates.



Mon idée principale dans ce chapitre ici était de trouver une solution pour répondre à toute une série d’aspirations correspondant aux besoins de toutes les parties, de tous les acteurs du football professionnel :
-mettre en valeur nos jeunes, les montrer et leur permettre de se montrer,
-les faire progresser tout en aidant les clubs formateurs à les conserver,
-créer aussi une pépinière d’entraîneurs français,
-mettre en valeur nos clubs et nos compétences (notamment la formation),
-avoir plus de contenu à diffuser et d’histoires à raconter (y compris pour les chaînes des clubs),
-trouver de nouveaux revenus pour les clubs de façon à réellement rentabiliser la formation sans même avoir besoin de vendre,
-augmenter la présence des supporters au stade et ainsi les pousser à consommer plus.

J’ai trouvé une solution 7 en 1 inspirée du basket (et bien améliorée par mes soins) : le championnat espoirs. On peut lui trouver un nom différent, comme Ligue A, pour Ligue Avenir. On peut même lui trouver une 8e utilité, celle de pouvoir relancer un joueur de retour de blessure (avec une limite pour ne pas abuser).

En quoi cette Ligue A consisterait-elle ? Il s’agirait d’un championnat des réserves professionnelles regroupant tous les clubs de Ligue 1 (et ceux de Ligue 2 d’autre part si on peut matériellement l’organiser aussi en Ligue 2, ce serait nettement moins médiatisé). Ses matchs débuteraient dans la mesure du possible 3h avant celui des pros (ou une heure après selon l’horaire, les conditions climatiques, ou encore l’état de la pelouse ; il est aussi possible de le décaler d’une journée pour raisons de sécurité, néanmoins le principe serait celui du lever de rideau, la captation du match se faisant avec les moyens techniques installés pour le match des pros, son coût s’en trouverait très amoindri).

Sceptique concernant la pertinence de cette idée ? Placez-vous alternativement du point de vue du joueur, du club, du diffuseur et du supporter. Tout le monde y gagne à différents niveaux.

Ce programme encouragerait les supporters à se rendre au stade beaucoup plus tôt et à y passer la journée, ils y consommeraient donc plus, seraient plus enclins à passer par la boutique, à visiter le musée ou l’exposition sur l’histoire du club installée dans les travées du stade, à profiter des animations pour les enfants, etc. On aurait l’occasion d’améliorer comme jamais l’expérience stade et de renforcer l’identification au club, les supporters auraient le sentiment d’en avoir nettement plus pour leur argent car ils verraient 2 matchs, parfois se consoleraient d’un mauvais spectacle en Ligue 1 grâce à un super match de Ligue A leur faisant augurer un avenir plus joyeux, ils pourraient créer une sorte de lien avec cette équipe de jeunes dont certains éléments ayant un avenir en pro ici ou ailleurs, voire en équipe nationale. Quand ces joueurs sont en U19 ou en réserve (généralement N2 ou N3), on ne les voit pratiquement jamais dans la configuration actuelle. Ils coûtent de l’argent – primes à la signature, salaires parfois très importants – sans en rapporter du tout, sans mettre en valeur la qualité de notre formation. Il n’y a pas de vitrine. L’investissement consenti pour former les jeunes n’est compensé que s’ils font carrière au club ou le quittent contre une indemnité (de formation – grosse arnaque – ou de mutation). Là, le diffuseur paierait pour bénéficier de ce contenu supplémentaire, il devrait produire les images, on pourrait aussi sans souci les vendre à l'étranger (pour pas très cher, certes, mais la somme de tous les revenus tirés grâce à la Ligue A rentabiliserait bien plus la formation qu'actuellement où les joueurs ont un salaire pour... apprendre leur métier, et rien d'autre).

Ce principe du lever de rideau est vieux comme le football, en général ça ne vaut rien, néanmoins, ici, il ne s’agit pas de matchs en bois joué à 2 à l’heure entre des anciens incapables de courir et des gens certainement pleins de qualités mais pas celle de savoir taper dans un ballon. On aurait un véritable match de compétition avec un enjeu réel car un titre à décerner en fin de saison. Pour renforcer cet enjeu, on peut imaginer un système de playoffs pour éviter que tout se résume à finir premier (pas de suspense pour une qualification européenne ou pour le maintien, la composition de la poule de Ligue A étant liée à celle de Ligue 1). Je pense à un format à minimum 7 équipes (le 1er est directement qualifié pour les quarts, le 2e reçoit le 7e, le 3e reçoit le 6e, le 4e reçoit le 5e, les 1er reçoit le moins bien classé des qualifiés en demi-finale, le 2e mieux classé reçoit celui qui reste, puis la finale se joue chez le mieux classé des finalistes) qui offrirait 3 journées supplémentaires de matchs à vendre au diffuseur.

On peut créer une histoire en suivant la progression de ces jeunes. Slogan : «l’avenir se joue devant vous». Les supporters auraient conscience que le futur de leur club est en train de se construire sous leurs yeux, ils verraient un jeune entraîneur en train de bâtir, de préparer ces gamins à s’intégrer au monde pro. Imaginez un peu le truc, vous formez une génération de jeunes, vous les voyez briller dans le championnat espoirs, puis monter en équipe première et même faire une épopée européenne ou décrocher un titre national. Quel pied ! Là, il y a une histoire à vendre, ça met en valeur tout un club, les membres de ce groupe ont vraiment le sentiment de vivre une aventure ensemble, raison pour laquelle ils ont décidé de rester ensemble 2 saisons de plus au lieu de céder immédiatement aux sirènes des autres clubs. Si en plus ce jeune entraîneur met en place un jeu séduisant, par exemple en ressuscitant le jeu à la Nantaise à Nantes, les fans des Canaris sont refaits et prêts à manger de la m*rde pour 10 ans tant ils auront pris de plaisir à suivre cette épopée, leur ferveur aura été décuplée par toute cette émotion et par le phénomène d’identification.

Du point de vue du supporter, ça ne peut être que positif. Pour le club, on l’a vu, il y a beaucoup à gagner concernant la fidélisation du public (alias «la clientèle»), la construction ou pérennisation de l’identité du club et le développement des recettes jour de match. Pour les clubs structurellement vendeurs, il s’agirait aussi d’une superbe vitrine pour leur formation, pour montrer et mettre en valeur les jeunes qui, à terme, devront être transférés, pour les faire progresser, car oui, un joueur gagne en valeur financière quand sa valeur sportive augmente…

Les clubs profiteraient aussi de la Ligue A pour occasionnellement relancer un joueur de retour de blessure ou n’ayant pas disputé de match depuis un certain temps (les critères d’éligibilité pour les joueurs sous contrat pro doivent permettre de limiter les abus, la Ligue Avenir perdrait tout son sens si on y trouvait en permanence des types de 26 à 32 ans qui ne représentent en rien l’avenir). Tous les joueurs sous contrat apprenti, aspirant, stagiaire, Elite ou dans les 3 années initiales de leur premier contrat professionnel[2] seraient automatiquement éligibles. On autoriserait aussi les U23 formés au club et éventuellement 1 ou 2 U23 venus de l’extérieur. Il faudrait regarder si en pratique une ouverture plus importante à des jeunes venus de l'extérieur serait nécessaire, les clubs n’ayant pas tous la possibilité de présenter une équipe de bon niveau composée du produit de leur formation (notamment en fonction de la catégorie du centre de formation du club en question).

centre_de_formation_du_PSG.jpg Actuellement, pour faire grandir leurs jeunes, les clubs ont les championnats U17, les U19, la Gambardella, certains ont la Youth League, il y a les sélections de jeunes hors du giron du club, et bien sûr, les réserves de moins en moins souvent en N2 (les règlements interdisent de monter en N1), de plus en plus en N3 ou… inexistantes car des clubs dont le PSG n’en ont même plus, jugeant - à tort – leur intérêt nul, car l'adversité serait d'un niveau trop faible. Passer par la réserve permet traditionnellement de jouer contre des hommes adultes, ce qui change beaucoup du football pratiqué dans les championnats de jeunes. Sinon, il reste le prêt. Avec cette Ligue A, on aurait une transition un peu plus douce physiquement – on monte néanmoins d’un cran – tout en gardant la dimension technique, tactique et… le plaisir de jouer au ballon. Pas de relégation liée aux résultats sportifs, ça vous retire la peur de perdre, vous pouvez jouer, prendre des risques, la tentation de blinder pour accrocher le 0-0 susceptible de sauver votre peau disparait. Quoi de plus formateur ? Y compris pour les jeunes entraîneurs. On se plaint tout le temps de voir les mêmes entraîneurs en L1 et L2, de manquer de jeunes entraîneurs français avec des idées neuves. Formons-les grâce à la Ligue A !

Maintenant, mettez-vous dans la peau du jeune joueur intelligent et ambitieux (donc pas celui qui veut tout de suite prendre une énorme prime pour aller au plus offrant sans penser à la construction de sa carrière, car lui, s’il ne joue pas, tant qu’il prend son chèque, ça lui va). Vous lui proposez de signer dans son club formateur, là où il a ses repères, souvent proche de sa famille, de jouer dans le stade des professionnels devant les supporters, qui plus est, il s’agit de véritables matchs à enjeu lui permettant de se montrer aux yeux de tous (les fans, les entraîneurs, les dirigeants, les sélectionneurs nationaux des catégories de jeunes, les… recruteurs des autres clubs du monde entier qui vont tous scruter cette Ligue A, y compris ceux qui cherchent des joueurs à se faire prêter), de se construire un CV en étant identifié visuellement avec le maillot d’une équipe de L1. En jouant dans cet environnement, sur un terrain professionnel, devant les fans de leur club, ne seraient-ils pas encore plus motivés à se battre pour gagner leur place chez les pros ? Ne seraient-ils pas beaucoup mieux préparés pour faire la transition ? Les entraîneurs des équipes premières ne seraient-ils pas plus enclins à intégrer dans leur groupe ceux qui brillent à l’étage du dessous au point d’être réclamés par les supporters ? Les membres de la rotation du groupe pro ne seraient-ils pas incités à se bouger le c*l en voyant ces jeunes taper à la porte grâce à leurs prestations en Ligue A ? Actuellement, quand un arrière droit brille en réserve, son homologue de l’équipe fanion a peu à craindre car personne ne voit jouer ce "petit", on peut éventuellement en parler dans le petit monde des suiveurs du club les plus avertis, mais pas au point de créer une véritable concurrence. Avec la Ligue A, l’émulation deviendrait réelle.

Dans ces conditions, l’attachement du jeune à son club s’accroîtrait forcément, il serait certainement moins enclin à hésiter ou à refuser de signer le contrat pro proposé par son club… si la Charte du Football Professionnel continue de lui laisser toute latitude pour refuser… même si en pratique c’est moins simple que ça (dans le chapitre suivant, il sera question de la signature du premier contrat pro). L’incitation serait d’autant plus grande s’il a la certitude d’avoir du temps de jeu en Ligue A et la possibilité de continuer à se montrer pour gagner sa place dans le groupe pro ou, au pire, de taper dans l’œil d’un autre club pro. Entre la Ligue A et un club de Série B, la réserve d’un club de PL ou de Liga, le bout du banc d’une formation de Bundesliga, il aurait beaucoup plus de visibilité en restant en France. Bien sûr, conscients que leurs jeunes sont tous scrutés, les clubs ne pourraient plus se permettre de gérer n’importe comment les contrats de ces espoirs très courtisés. Plonger les jeunes dans un environnement très professionnel aiderait certainement les dirigeants à faire le tri en évaluant leur comportement, leur professionnalisme, leur leadership, leur capacité d’adaptation, leur résistance à l’enjeu, leur progression… Autrement dit, leurs aptitudes à faire carrière dans ce milieu.

L’attachement au club, à un groupe, offrir aux jeunes du temps de jeu à un niveau intéressant avec une très bonne visibilité et un environnement, c’est bien. Il ne s’agirait toutefois que d’incitation à signer pro avec son club formateur. Une modification de la Charte du Football Professionnel me semble indispensable à ce sujet, car actuellement, les clubs français sont scandaleusement désavantagés.



  • Relations entre les clubs et les joueurs.

On ne va pas se mentir, c’est la m*rde. Plus ça va, moins ça va. L’attitude de l’UNFP – pourtant fière d’avoir négocié un report des salaires avec les clubs – a fait croire le contraire à certains. J’ai identifié différents points de frictions, dont un né pendant la crise du Covid-19, un récurrent et un de plus en plus souvent mis sur le devant de la scène.

Avant d’écrire ce chapitre, j’ai lu intégralement la Charte du Football Professionnelle (CFP) valable pour l’année écoulée qui, avant chaque saison, est soit renouvelée par tacite reconduction, soit modifiée suite à des négociations entre les acteurs du foot pro. Oui, c’était long et pénible, toutefois il est toujours bon de savoir de quoi on parle avant d’en parler, c’est, là aussi, du bon sens.

Je vais évoquer 3 sujets :
-les salaires,
-le premier contrat professionnel,
-la "prime d’éthique".

A chaque fois qu’ils sont conviés à un micro, les patrons de l’UNFP attaquent le système des transferts et l’accusent d’être à l’origine des problèmes financiers des clubs, de l’inflation dans le football et à vrai dire, d’à peu près tous les maux de la Terre. En pratique, l’argent du football profite essentiellement aux joueurs, lesquels se taillent la part du lion avec des salaires astronomiques. Y compris pour ceux dont l’apport ne se situe que dans les prestations sur le terrain. Même les joueurs d’un niveau très limité gagnent beaucoup d’argent. Rendez-vous compte que selon la CFP[3], le salaire mensuel brut minimum pour le 1er contrat professionnel signé à l’issue d’un cursus stagiaire de 3 saisons dans son club de Ligue 1 est de 11200 euros pour la 1ère année à 16800 euros pour la 3e année (de 6720 à 10080 dans un club pro de N1… où les budgets sont infiniment plus réduits). Hors primes. Les joueurs ne sont pas à plaindre, d’autant que dans de très nombreux cas, ils ont prolongé et ont eu droit à une augmentation avant la 3e année. Certes, leur carrière est relativement courte, après le premier contrat pro, quand on le leur en propose un (beaucoup sont laissés libres à la fin de leur cursus de formation), il n’y en a pas toujours d’autres, beaucoup doivent quitter la France pour en trouver un nouveau ou accepter de descendre dans une division inférieure où ça paie nettement moins.

Le fait est que le montant du salaire, qui ne devrait être déterminé que par la valeur de la contrepartie apportée au club sur et hors du terrain (donc son importance dans l’obtention des victoires, sa capacité à attirer les spectateurs/téléspectateurs, les sponsors, à faire vendre des produits dérivés), est en réalité fixé sans lien avec la réalité économique. Un joueur qui n’apporte rien dans un club riche gagne souvent beaucoup plus qu’un autre qui apporte énormément dans un club disposant de moyens nettement moindres. En réalité, tout dépend uniquement de la loi de l’offre et de la demande. Si des joueurs moyens ou assez mauvais touchent le jackpot, c’est parce qu’un dirigeant a accepté de le leur offrir. Cette erreur a été commise en raison de son incompétence, d’un mauvais choix stratégique ou par obligation. L’incompétence (du dirigeant, de son entraîneur ou de ceux qui ont mal évalué la valeur du joueur) fait faire n’importe quoi. Le mauvais choix stratégique est par exemple d’avoir engagé trop d’argent pour faire signer le joueur (transfert, prolongation, 1er contrat, peu importe) en espérant à tort pouvoir ensuite faire un bénéfice à la "revente", ou encore d’un choix marketing en prenant un nom au lieu de s’intéresser à son niveau actuel (ça tourne souvent au flop). L’obligation est celle d’accepter ses prétentions car un autre club lui propose ce salaire, ou parce qu’il approche de sa fin de contrat et partira libre s’il n’est pas prolongé (et augmenté).

Le fait est que les footballeurs ne sont même pas responsables de ce qu’ils gagnent. Ils profitent d’un système, bénéficient de ce que d’autres ont construit, de la passion des gens pour le foot absolument pas liée à leur petite personne, ou alors au mieux en partie à quelques stars (on en a 2 en Ligue 1, Neymar et Mbappé, pas un autre joueur n’est interchangeable avec un autre). Pourtant, beaucoup croient que cet argent leur est dû. En NBA et dans les grosses ligues américaines, les CBA (la convention collective négociés entre les représentants des joueurs et des propriétaires) prévoient que les joueurs se partagent grosso modo la moitié des revenus globaux de la ligue, les franchises l’autre moitié. Le salary cap est fixé de façon à s’en assurer. Dans le football, la masse salariale n’est pas limitée, et pour avoir une équipe pas trop dégueulasse, il faut casquer en salaires. D’où des masses salariales très supérieures à 50% des recettes des clubs. Quand un club vend, c’est très souvent de façon à équilibrer ses comptes plombés par la masse salariale. Il faut bien trouver de l’argent pour les payer, or les autres recettes (droits télé, sponsoring, billetterie, etc.) ne suffisent pas. Quant aux indemnités de transferts, leur inflation est due au même mécanisme qui fait payer beaucoup trop cher pour des joueurs moyens alors que seuls quelques-uns devraient valoir très cher. A partir du moment où les télés ont mis des centaines de millions sur la table pour diffuser les matchs, on a perdu le contrôle, les salaires ont explosé de façon anarchique. Il faut aussi prendre en compte une autre donnée : les riches ont intérêt à faire monter les prix, cette inflation leur permettant d’asseoir leur position au bout de la chaîne alimentaire.

Voir Neymar et Mbappé prendre énormément d’argent ne me gêne pas le moins du monde, même si je suis frustré par les nombreuses absences du Brésilien. Ils gagnent beaucoup car ils rapportent beaucoup. Voir un Kurzawa, un Paredes, un Choupo-Moting ou encore un Draxler (je pourrais en citer d’autres) se remplir les poches grâce à un concours de circonstances, à des choix dramatiques d’incompétents à la tête du club et d’ententes avec certains agents, ça me gêne beaucoup plus. Je ne suis pas jaloux juste atterré qu’ils aient été préférés à de vrais bons joueurs. Très sincèrement, je ne sais pas qui refuserait autant d’argent, même en sachant ne pas le mériter (je crains que Kurzawa ne pense le mériter^^).

Sauf exceptions, l’image des footballeurs professionnelle n’est pas exceptionnelle. Tant s’en faut. Beaucoup ne font pas le nécessaire pour changer les choses, ils auraient même plutôt tendance à œuvrer dans le mauvais sens. On a de plus en plus l’impression qu’ils tiennent énormément à leurs droits, à prendre l’oseille, mais oublient leurs devoirs, dont celui de respecter leurs couleurs pour reprendre une expression du jargon footballistique. Les supporters et leur club sont pourtant les raisons pour lesquels ils gagnent très bien leur vie.

Dès lors, il n’est pas étonnant, dans la situation actuelle, de les voir pour la plupart refuser une baisser de salaire provisoire concernant les mois où ils n’auront pas travaillé et n’auront donc généré aucune richesse, aucun revenu pour leur club. La déclaration navrante de Payet – qui traduit en réalité un conflit larvé entre la direction de l’OM et les cadres de l’équipe – en est une illustration parfaite. Les mecs sont déconnectés de la réalité, ils vivent dans leur monde.

Au PSG, si aucun effort n’a été accepté par les joueurs chargés de négocier pour le groupe, on le doit à l’ingratitude de mecs comme Thiago Silva, Verratti et quelques autres, cajolés depuis de longues années par Nasser Al-Khelaifi. Ils n’ont jamais hésité à aller taper à sa porte pour obtenir une grosse augmentation… mais ne sont pas prêts à lâcher quelques centaines de milliers d’euros au plus fort de la tempête. Un mercenaire reste un mercenaire. J’ai même envie de dire que plus tu lui donnes, plus il tient à ce que tu lui donnes. C’est limite s’il n’a pas l’impression que son employeur devrait lui baiser les pieds tout en lui versant son salaire car c’est lui faire un immense honneur d’accepter de porter le maillot de son équipe. (^^) Depuis des années le PSG préfère toujours ces mercenaires à des joueurs de grande valeur sportive et humaine. Les Matuidi, Nkunku, Digne… des mecs qui n’ont jamais fait de cinéma, jamais manqué de respect au club, toujours tout donné, rarement déçu quand l’entraîneur les a mis dans les conditions de la réussite. En général, on ne récolte que ce qu’on sème. A l’étranger, dans les grands clubs, même quand les négociations ont manqué de fluidité, on a souvent réussi à s’entendre pour une baisse des salaires pendant ces mois d’arrêt. Généralement, ils l’ont fait au profit des salariés peu payés, pour qu’ils puisent toucher l’intégralité de ce qui leur aurait été dû en temps normal. Même dans d’autres sports comme le rugby, où les salaires sont nettement inférieurs à ceux du foot, beaucoup ont fait preuve de solidarité, les joueurs sont parfois venus de leur propre chef proposer de réduire leurs émoluments (parfois pour TOUTE la saison prochaine) afin d’aider leur club à se tirer d’affaires.

Dans l’esprit, la baisse des salaires dus pendant la période sans football est parfaitement compatible avec plusieurs principes présents par la Charte du football professionnel. Je pense à ceux consacrés…
-par exemple à l’article 606 même si le contexte est différent car cet article concerne les absences et retards injustifiés («il y a retenue sur salaire proportionnelle au temps de travail non effectué par le joueur dans l’entreprise (une journée de travail correspond à 1/30 du temps de travail mensuel des joueurs sous contrat). Cette retenue n’étant pas une sanction disciplinaire mais la contrepartie de l’absence de travail, elle ne nécessite aucune procédure disciplinaire.»)… tu ne bosses pas, tu n’es pas payé (dans une certaine limite) ;
-dans l’annexe générale concernant les modalités de rémunération des joueurs, l’article 761 met en place un système de baisse des salaires en cas de descente dans la division inférieure, elle est de droit de 20% du salaire brut et peut passer, à la demande du club, à 30, 40 ou 50% selon le montant de la rémunération (si le joueur refuse expressément cet effort supplémentaire, il peut demander à être libéré de son contrat)… ce qui consacre clairement le lien entre les salaires et les revenus du club, la descente amoindrit fortement les revenus, il est normal que les salaires baissent, sinon le club ne pourrait les assumer (et en cas de remontée, retour au salaire initialement prévu pour jouer dans cette division) ;
-et accessoirement à l’article 618 («Les joueurs doivent témoigner, en toutes occasions, du respect et de la déférence pour l’ensemble du personnel et des dirigeants du centre de formation et du club. Tout manquement pourra faire l’objet de sanctions.»). OK, là je triche car ça concerne la tenue – au sens comportement – des joueurs des centres de formation. Néanmoins il me semble incohérent qu’on exige des jeunes qu’ils respectent le "petit personnel" tout en acceptant qu’ils ne se soucient absolument plus de leur sort une fois professionnels, a fortiori quand ils gagnent des millions.

Il faut le savoir, pendant le chômage partiel, les joueurs ont tout de même perdu une petite partie de leur salaire, comme tout autre salarié sujet à ce mécanisme. En revanche, dans la mesure où ils sont largement au-dessus du plafond (fixé à 4,5 fois le SMIC), ils ont continué à coûter très cher aux clubs, obligés de payer la différence. Sauf que les clubs n’avaient pour ainsi dire plus aucun revenu (zéro recette jour de match, zéro euro versé par les télés pour les matchs non-joués, les boutiques ou autres musées des clubs étaient fermés, au mieux ils ont touché des reliquats de ce qui leur était déjà dû, notamment du sponsoring), une solution bien pire encore qu’en cas de descente d’une division. Dès lors, il serait juste de mettre en place un système de baisse des salaires en cas d’arrêt total du football pendant une période significative. On s’inspirerait largement de cet article 761 concernant les relégations. On pourrait même y ajouter un mécanisme de redistribution en faveur des employés du club touchant jusqu’à 1,5 fois le SMIC (OK, là je rêve, l’UNFP ne défend que les joueurs, pas les autres salariés des clubs). On aurait quelque chose d’encadré, avec des limites de temps, de montants. Propre et insusceptible de conflits, de chamailleries en place publique… Tout en étant indispensable pour la santé des clubs. Du bon sens. Car dans la situation actuelle, quand un salarié ne pratique pas son métier pendant des mois et ne rapporte rien à son employeur, il n’est payé "normalement" que s’il est footballeur. S’il y a bien une raison de s’offusquer contre les privilèges des footballeurs, elle est là.



Même chose concernant la fameuse "prime d’éthique" de plus en plus à la mode ces dernières saisons. On en entend beaucoup parler depuis 3 ou 4 ans. Les journalistes incompétents de certains médias sensationnalistes la décrivent comme une prime pour aller applaudir les supporters à la fin des matchs. Il n’en est évidemment rien. En réalité, ces clauses permettent de remplacer l’interdiction en droit du travail français des sanctions pécuniaires contre les employés. Ce contournement plutôt astucieux de la loi correspond à un besoin : chez nos voisins, quand un joueur commet une faute assez conséquente à l’encontre du club (ou ternit l’image du club, d’un sponsor, etc.), mais aussi quand il répète les petits écarts, il doit payer des amendes. Parfois même de très lourdes. En France, même pour des retards, c’est interdit. Il peut y avoir des sanctions disciplinaires, seulement elles suivent tout un protocole juridique obligatoire, les sanctions sont très encadrées, dans pas mal de cas elles vont de la lettre d’avertissement à une mise à pied disciplinaire d’un nombre de jours défini par la CFP (article 614 sur les sanctions relatives au règlement intérieur, les principales fautes y sont énumérées).

On a actuellement du contentieux car des individus comme Anterré Henriquo – le fossoyeur portugais qui a sévi au PSG pendant 2 saisons sous le pseudonyme trompeur d’Antero Henrique – ont abusé de leur pouvoir en prétextant des fautes inexistantes ou créées par leurs propres soins pour priver des joueurs (dont Adrien Rabiot) de la prime prévue dans leur contrat. Il s’agissait en réalité d’acharnement contre des salariés mis au placard, de moyens de pressions, de sanctions déguisées à l’encontre de ces employés ayant refusé de rompre ou de prolonger leur contrat selon les termes imposés par leur direction. Ce n’est pas tolérable. Dans ces cas, l’intervention de l’UNFP est légitime.

Il est temps d’officialiser – voire de généraliser – l’existence de cette clause de manière à l’encadrer au lieu de vouloir sa mort (devinez quoi… l’UNFP veut l’éradiquer !^^). Dans la mesure où elle est forcément négociée entre les parties et le serait dans la limite (un certain pourcentage maximum du salaire brut) que prévoirait le CFP (lui-même négocié entre les partenaires sociaux), je ne vois pas comment on pourrait en contester le principe, même si la mentionner dans l’article relatif aux sanctions – ce serait idéal en pratique – la mettrait en danger juridiquement car son retrait s’apparenterait de plus en plus à une sanction pécuniaire (un contentieux pourrait se finir devant la Cour de Cassation et déboucher sur une jurisprudence après 3 ou 4 ans de procédures[4]). En outre, en la réglementant, on définirait ses usages, les raisons pour lesquelles elle peut ou au contraire ne peut "sauter".

Si l'usage de la prime d’éthique était encadrée, les dirigeants se permettraient moins facilement d’en abuser, on réduirait les risques de litiges (la Commission juridique de la LFP en a connu plusieurs à ce sujet) et son efficacité s’en trouverait renforcée. Actuellement, le flou n’aide pas, quand un joueur en est privé, il s’agit souvent d’une sorte de sanction négociée et symbolique rendue publique – pas forcément officiellement, il suffit de filer l’info à un journaliste – et elle n’a pas un réel impact. L’objectif recherché en insérant cette clause dans le contrat – garantir un comportement individuel respectueux du club, de ses supporters, de ses partenaires, de ses employés, des adversaires et des arbitres mais aussi ne pas entacher l’image du club par des comportements et des actes incompatibles avec ses valeurs (exemple, se faire choper ivre au volant comme Verratti, balancer des insultes en vidéo sur les réseaux sociaux, etc.) – mérite qu’on la renforce, qu’on l’étende, et qu’on lui rende son véritable rôle. Elle est trop facilement dévoyée. Bien utilisée, elle contribuerait à soigner l’image des footballeurs professionnels.

Autre possibilité, jumeler cette prime d’éthique à une charte éthique commune à tous les salariés concernés par ce type de clauses (au sein du club, éventuellement commune à tous les footballeurs professionnels). Elle s’ajouterait au règlement intérieur obligatoire dans toute entreprise (car il s’agit aussi d’un règlement… extérieur, les footballeurs professionnels étant aussi payés en droits à l’image, leur image importe). Ceci dit, pour le coup, je me demande si une intervention législative ne s’avèrerait pas indispensable pour la mettre à l’abri juridiquement. Le débat serait très politique, ça pourrait passer sur le thème de l’exemplarité – indispensable en période de crise – de ceux qui gagnent beaucoup d’argent. Je donne des idées, à qui le peut de s’en inspirer…

(L’idée d’une Charte d’Ethique du Football Professionnel contraignante pour tous les acteurs du monde du foot pro, joueurs, entraîneurs, dirigeants et arbitres/officiels pourrait être intéressante sur le papier, en pratique on a déjà eu un Conseil national de l’éthique, il s’agissait d’une vaste fumisterie, elle sanctionnait de façon incohérente avec une saisine essentiellement au buzz, qui plus est, elle faisait à moitié doublon avec la Commission de discipline, peut-être lui manquait-il la base légale que serait cette charte pour dépasser le stade de la vaste farce. De toute façon on s’écarte du sujet, on n’est plus tellement dans celui de la prime d’éthique.)



Nous en arrivons à un autre gros chantier, probablement le principal, celui du premier contrat professionnel. Sa durée maximale de 3 ans[5] est un énorme handicap que s’inflige le football français. En réalité, ce système semble avoir été construit dans son intégralité comme si la France vivait isolée du monde, comme s’il n’existait aucune concurrence étrangère… Sans doute car il est impossible de faire mieux sans aide extérieure (de l’Etat en accord avec l’UE et/ou de la FIFA).

Le principe figurant dans la Charte du Football Professionnel est celui de l’obligation pour le joueur de football de signer son premier contrat professionnel avec son club formateur. En pratique, rien ne l’y oblige. On essaie de protéger la formation française d’un côté, on aide ses pilleurs de l’autre côté.

Les élèves de pôles espoirs de la FFF sont obligés de signer un contrat aspirant ou apprenti avec un club professionnel français s’ils reçoivent une offre officielle, sinon ils peuvent être tenu de rembourser à la FFF le coût de leur préformation et de payer pour le préjudice lié à leur occupation d’une place qui aurait pu être attribuée à un autre (car il s’agit d’argent public, la FFF travaille pour le football français, pas pour les clubs étrangers). Là, on n’en est encore qu’au stade de la préformation. Ensuite, au cours de son parcours dans le milieu professionnel, le joueur peut avoir 5 statuts : apprenti ou aspirant puis stagiaire (formation), élite (toujours de la formation mais en transition avec le monde pro), et enfin professionnel.

Je résume l’article 261 de la CFP : quand un joueur sous contrat apprenti ou aspirant a moins de 17 ans au 31 décembre, le club peut lui proposer un contrat stagiaire de 3 saisons à la fin de la saison. Le club peut même en exiger la signature dans la limite d’un contrat par saison.
A l’expiration normale des contrats apprenti et aspirant, le club est en droit d’exiger de l’autre partie la signature d’un nouveau contrat de joueur stagiaire, élite ou professionnel.
A l’expiration du contrat stagiaire, le club est en droit d’exiger de l’autre partie la signature d’un contrat professionnel.

Si le club n’utilise aucune de ces facultés, le joueur peut partir sans aucune indemnité. En revanche si c’est le joueur qui refuse de signer le contrat proposé,
il peut toujours signer un contrat aspirant ou apprenti avec un autre club membre de la LFP s’il était sous statut amateur,
il peut aussi signer un contrat élite ou professionnel en faveur d’un de ces clubs s’il était aspirant, apprenti ou amateur sous convention de formation,
ou encore signer un contrat pro avec un de ces clubs s’il était stagiaire.
Mais dans ces 3 cas qui concernent uniquement un changement de club sans changement de pays, 2 indemnités sont dues : une indemnité de formation (forfaitaire et plafonnée, en fonction du temps passé dans le club quitté, de la catégorie du centre de formation) et une indemnité de valorisation de la formation (son montant évolue dans le temps en fonction du nombre de sélections dans les équipes nationales de jeunes et A au cours de l’exécution du contrat dans le nouveau club, ça se cumule sans pouvoir dépasser 1,5 million d’euros). Puis pour chaque prolongation avant la fin de la saison au cours de laquelle il fête son 23e anniversaire, le nouveau club doit payer à l’ancien une indemnité supplémentaire égale à 12 mois du salaire brut moyen (calculé en prenant en compte les primes hormis les primes aléatoires) du nouveau contrat. En cas de transfert définitif en France ou à l’étranger, 20% du montant de l’indemnité de mutation (hors taxes) reviennent au club quitté (et aux 2 derniers clubs s’il signe stagiaire dans un 2e club puis élite ou pro encore ailleurs… là je vous passe les détails)… en déduisant ce qui a déjà été perçu au titre des sélections nationales. Enfin, s’il refuse de signer le contrat, le joueur peut signer une licence amateur ou un contrat fédéral, l’indemnité de formation pour le club quitté sera valable pendant 24 mois à partir du refus et due par le club pro avec lequel il signerait pendant cette période. En cas de retard de paiement de 31 à 90 jours, la sanction est une majoration de 5%. Ensuite, retrait de points en championnat.

Pourquoi avoir expliqué tout ça ? Pour montrer que la Charte tente de protéger les clubs formateurs… contre les autres clubs français qui voudraient venir se servir en piquant des joueurs gratuitement. On a des indemnités, certes souvent relativement symboliques par rapport à la véritable valeur du joueur s’il devient international A d’un gros pays (la France dans la majorité des cas). La liberté du joueur de refuser de signer le contrat proposé par le club est limitée, il ne peut faire tout ce qu’il veut sans la moindre conséquence. Du moins, ce serait le cas dans un monde idéal.

Le problème de la Charte du Football Professionnel est son caractère franco-français. Elle ne concerne que les joueurs évoluant en France. Si leur joueur part à l’étranger, il n’y a rien à faire, ce sont les règlements étrangers qui s’appliquent. Au mieux, il y a une indemnité de formation assez grotesque imposé par les textes FIFA, elle est due à la signature du 1er contrat pro et lors de chaque transfert international jusqu’à la saison de son 23e anniversaire. Manifestement, il s’agit uniquement de la première partie de l’indemnité (son équivalent en version un peu minorée semble-t-il), celle qui vise à rembourser les frais de formation. Il n’y a rien concernant la valorisation de la formation (ou alors c’est très bien caché^^). On peut y ajouter, à chaque transfert international onéreux du joueur au cours de sa carrière, une toute petite partie des indemnités de transfert au titre de la «contribution de solidarité» (sa raison d’être est surtout de récompenser les clubs amateurs, on prélève 5% de l’indemnité de mutation à laquelle est déduite l’indemnité de formation, on la distribue entre tous les clubs dans lesquels il a évolué entre 12 et 23 ans). Même en cas de transfert record et si le joueur est arrivé au club en préformation, s’il part avant de signer pro, donc vers 18 ans, la somme perçue sera juste un gros pourboire. Le retour sur investissement sera nul, au mieux, le coût de la formation aura été remboursé. Exemple : s’il part l’année de son 18e anniversaire, la part du club quitté sans signer pro où il est arrivé avant son 12e anniversaire sera de 2,5%, donc à peine 250 000 euros pour un transfert à 10 millions.

La concurrence est déloyale à triple titre :
1. les clubs étrangers peuvent proposer 5 ans de contrat à ces jeunes,
2. ils n’ont presque rien à payer si ce n’est une indemnité d’un montant assez risible,
3. ils peuvent proposer un meilleur salaire car le coût du travail est nettement moindre (les charges patronales et salariales françaises sont sans égales chez nos voisins, la différence est affolante).

Que peut-on faire pour ne plus subir ce handicap ?

Dans l’idéal, le joueur serait réellement obligé de signer pro avec son club formateur si celui-ci lui propose un contrat. Seulement, la compatibilité d’une telle obligation avec le droit européen me semble très improbable. On pourrait imaginer un mécanisme faisant peser sur le joueur l’indemnité de valorisation de sa formation s’il signe professionnel à l’étranger au cours des 24 mois qui suivent la fin de son contrat aspirant, apprenti, stagiaire ou élite (ce qui nécessiterait a priori que le joueur s’y engage en signant ce contrat de formation). S’il est juridiquement possible de mettre en œuvre cette idée, ce dont je doute, le club formateur n’obtiendrait pas tout ce à quoi il aurait pu prétendre en cas de départ de son jeune pour signer un premier contrat pro en France, néanmoins ce serait mieux que rien et le risque de devoir payer une grosse somme ferait réfléchir les jeunes et leurs familles. Là, on cherche uniquement à limiter la casse en évitant ce qui vient encore d’arriver à Nancy avec un certain Gauthier Ott, international U18. Il avait fait ses débuts dans le groupe pro en février, l’ASNL lui a proposé un contrat pro, seulement il a décidé de décliner pour partir en Bundesliga, où 3 clubs le veulent. Les cas comme celui-ci se multiplient depuis des années. En l’occurrence, Nancy étant en Ligue 2, il y a sans doute un problème de moyens. Financièrement, ça peut se comprendre, même si c’est dramatique pour le club qui l’a formé… pour rien. Concernant le temps de jeu, il en aurait sans doute eu plus en Lorraine qu’outre-Rhin, du moins dans l’immédiat, et aurait appris son métier en restant dans un environnement favorable car déjà apprivoisé.

Dans beaucoup de cas, la durée de la proposition de contrat s’avère décisive : 5 ans, c’est une véritable garantie financière, vous vous mettez à l’abri même en cas d’échec sportif. Tentant ! Si vous êtes encore très jeune, cette durée peut aussi s’interpréter comme un investissement du club sur la durée avec d’abord un temps d’adaptation, puis éventuellement un prêt avant de vous installer progressivement en équipe première. Un véritable projet sportif en somme avec des étapes. A vrai dire, tout dépend de la qualité du joueur. De plus en plus souvent, les très jeunes (17 ans) veulent tout de suite obtenir une véritable place dans l’effectif. Il faut bien l’admettre, des Mbappé à Monaco, Kouassi au PSG, Saliba à Saint-Etienne, Mbuku à Reims ou encore Camavinga – 16 ANS ! – à Rennes ont impressionné ces 3 ou 4 dernières saisons en Ligue 1 en débutant à un très jeune âge. Ce phénomène s’observe de plus en plus en Europe, y compris dans de gros clubs (Fati au Barça, Sancho et Reina à Dortmund, etc.). Ils ne veulent pas attendre car ils ont le niveau. Pourquoi perdre 3 ou 4 ans en raison de standards anciens ? D’autres, pas aussi précoces, ont besoin de jouer – même à un niveau moindre – afin de progresser et d'atteindre un jour le niveau requis pour évoluer en professionnel. D’où l’intérêt de ma Ligue A qui leur garantirait de jouer le week-end, d’être mis dans les meilleures conditions pour s’aguerrir et d’avoir une réelle chance d’intégrer le groupe pro sur la durée (ils s’entraîneraient régulièrement avec eux, certains en permanence)… ou à défaut de se montrer et de faire grimper leur cote, d’avoir des références à présenter à de futurs employeurs potentiels.

Actuellement, je comprends parfaitement l’intérêt de certains joueurs de ne signer que 3 ans. Ça leur offre une certaine liberté, ils peuvent assez aisément s’en aller s’ils n’ont pas le temps de jeu espéré ou si on leur propose de meilleures conditions salariales ailleurs. Le risque de rester bloqué en réserve où ils ne bénéficient de presque aucune visibilité est réduit alors qu’en signant 5 ans, pour peu qu’ils tombent sur un entraîneur ayant décidé de les carrer ou sur une direction sportive incompétente, leur carrière pourrait mourir dans l’œuf. On l’a vu au PSG avec des jeunes comme Georgen – certes victime de plusieurs blessures – et Callegari, ils ont perdu au moins 4 ans en se retrouvant dans la prison dorée de la réserve (depuis disparue). Georgen vient de signer à Auxerre (L2) après s’être relancé en N1 à Avranches, il aurait déjà pu signer en Bourgogne il y a 2 ans, seulement les dirigeants du club n’ont jamais pu trouver un interlocuteur à Paris pour s’entendre… Callegari va lui aussi tenter de lancer sa carrière après avoir retrouvé des couleurs à Avranches. Je lui souhaite de suivre la même voie. On les retrouvera peut-être en L1 à 24 ou 25 ans alors qu'il devrait déjà y être depuis plusieurs saisons.

En outre, en cas de bonnes performances, un contrat court leur permet de mettre la pression sur son club pour obtenir une prolongation avec forte revalorisation ou pour forcer un transfert. En signant 5 ans, le club aurait l’avantage de pouvoir retarder la prolongation, donc l’augmentation du salaire, il pourrait même être tenté de la refuser et de vendre au prix fort à 1 an ½ ou 2 ans de la fin du contrat de manière à rentabiliser au mieux la situation (il aurait eu le joueur pendant 3 ans ou 3 ans ½ sans le payer trop cher, il en tirerait une grosse indemnité… faible investissement, gros rendement). Cette opportunité pour le club serait en réalité le corolaire d’un risque, celui d’accepter de payer un joueur pendant 5 ans… sans savoir s’il sera réellement bon lors des 2 dernières saisons (celles en plus à assumer par rapport au contrat de 3 ans) et s’il rapportera un jour quelque chose.

Cherchons donc un compromis favorable aux 2 parties. Pourquoi ne pas autoriser un contrat de 3 ans prolongeable de 2 ans ou de 2 fois 1 an en fonction de son temps de jeu ? La prolongation serait automatique s’il joue un certain nombre de matchs au cours de la saison. Comme ça, le joueur obtiendrait soit le temps de jeu escompté, soit la liberté en fin de saison. Le club, lui, pourrait s’assurer de conserver son jeune à l’issue de la 3e et/ou de la 4e saison s’il l’a réellement utilisé… même s’il lui a proposé de prolonger son contrat professionnel de façon classique. Au pire, il pourrait alors le transférer – notamment si le joueur insiste pour s’en aller – au lieu de le perdre gratuitement. En quelque sorte, on pourrait qualifier ça de contrat de 3 ans plus 2 ans en option. Option dont la levée ne dépendrait que du club selon une condition favorable au joueur… Juridiquement, on est entre l'option et la condition. Donner du temps de jeu n’est pas une manière classique de lever une option, toutefois il s’agirait d’une donnée objective pertinente. Je table plus sur un pourcentage du temps de jeu possible (nombre de matchs officiels joués par le club au cours de la saison moins le nombre de matchs manqués par le joueur pour blessure, suspension, départ en sélection nationale ou raison personnelle acceptée par le club). S’agissant d’un contrat négocié entre les parties, on peut imaginer qu’ils déterminent ensemble le temps de jeu à attendre pour activer automatiquement l’option, mais aussi dans quelles compétitions (Ligue A/équipe première, dans quelles proportions), que ces temps de jeu nécessaire croisse entre la 3e et la 4e saison, ou encore que le salaire mensuel des 2 années conditionnelles soient aussi déterminées par le temps de jeu.

On pourrait aussi imaginer sa consécration dans la Charte du Football Professionnel à l’image du mécanisme prévu dans l’article 268 : «Le joueur ayant été titulaire pour son club ou pour un autre club où il aurait muté temporairement (à l’exclusion des mutations dans des clubs indépendants et amateurs) à l’occasion de 15 rencontres officielles de Ligue 1 ou 20 de Ligue 2 depuis le début de son engagement contractuel, quel que soit son statut, pourra exiger la signature d’un 1er contrat professionnel.
La prise d’effet de ce premier contrat est immédiate si le 15e match de L1 ou le 20e match de L2 intervient avant le 31 décembre de la saison en cours. Elle est reportée au 1er juillet de la saison suivante s’il intervient postérieurement au 31 décembre.
(…)
A défaut pour le club d’avoir souscrit à cette obligation, le joueur sera libre de tout engagement conformément au paragraphe 1 de l’article 261 concernant "l’expiration normale des contrats de joueurs en formation."» 
Le temps de jeu – ou plutôt le nombre d’apparitions en pro – générateur de droits, ça n’aurait vraiment rien de très révolutionnaire et ça arrangerait tout le monde.

Dans ce cas, il faudrait ajouter des cases aux tableaux des minima salariaux pour chaque année du 1er contrat pro en fonction de la division du club. On s’approcherait alors pas mal de ce qui est prévu dans les contrats garantis des rookies choisis au 1er tour en NBA avec un salaire progressif prévu par la convention collective (plus le joueur est choisi rapidement à la draft, mieux il est payé) et des options pour les 3 dernières saisons de ce contrat (à chaque fois, c’est une team option, la franchise est libre de l’activer ou non).

On pourrait même ajouter des garanties supplémentaires pour le joueur. Par exemple une indemnité en plus de sa libération s’il a trop peu joué pour être automatiquement prolongé et ne trouve pas de contrat pro dans la même division (ou s’il en trouve un ailleurs avec un salaire substantiellement inférieur) lors des 2 saisons suivantes, la possibilité de forcer un mutation provisoire (le club ne pourrait refuser le prêt demandé par le joueur) lors de la 3 ou 4e saison de son contrat pro en fonction de certains critères définis entre les parties (en contrepartie le club prêteur bénéficierait alors qu’une véritable option réalisable à sa seule discrétion concernant l’année suivante), etc.

En pratique, ce mécanisme incitatif arrangerait tout le monde (clubs, joueurs, voire agents). Les joueurs seraient sans doute plus enclins à signer pro avec leur club grâce aux garanties apportées en matière de salaire et à la chance accrue d’avoir du temps de jeu (sinon ils obtiennent leur liberté). En outre les clubs continueraient à avoir tout intérêt à les prolonger/revaloriser sans attendre trop longtemps. Ils seraient encouragés à faire jouer les jeunes afin de minimiser le risque de les perdre gratuitement et de maximiser leurs chances de valoriser leur formation (de surcroît, le risque de faire signer un contrat pro de 3+2 ou 3+1+1 serait inférieur un contrat de 5 ans incompressibles)… C’est mieux que la mise au placard du stagiaire refusant de signer pro, non ? (Si Tanguy Kouassi avait été placardisé façon Anterré Henriquo, il aurait immédiatement signé avec Leipzig, il n’aurait eu aucun temps de jeu quand Tuchel a eu besoin de lui en équipe première – le club se serait donc privé d’une solution intéressante sportivement – et ne se serait même pas posé la question de rester au PSG. Le club y aurait perdu sur tous les tableaux.) Pour tous les clubs français, investir dans la formation redeviendrait une stratégie pertinente. Tout le football français en profiterait.

A défaut de pouvoir forcer un jeune formé dans un club à y signer pro, ne pourrait-on pas faciliter la signature par anticipation du premier contrat pro ? En pratique, selon l’article 459 de la CFP, un joueur peut signer 5 ans (2 ans élite+3 ans pro) ou 4 ans (1+3) selon son âge au 31 décembre de la première année du contrat élite. Ce contrat élite est en réalité une sorte de transition/préparation pour devenir pro («Le contrat élite est celui par lequel un club à section professionnelle s’oblige à achever pendant 2 saisons maximum une formation professionnelle méthodique et complète au profit du joueur désireux d’embrasser la carrière professionnelle, puis, de manière indivisible, à l’engager pour une durée de 3 saisons correspondant au premier contrat professionnel.», au cours de ces 2 saisons il ne peut y avoir de mutation. Sachez que le barème des salaires pour un contrat élite est très en-dessous de celui pour un contrat pro. Le gamin très fort à 16 ou 17 ans n’a aucun intérêt à signer un contrat élite en France, donc à signer 5 ans avec son club, il va vouloir directement signer pro. En pratique, le statut élite est devenu désuet, on ne l'utilise presque plus.
Cet article fait écho à l’article 260 cité précédemment concernant la signature d’un contrat pro par un joueur de moins de 18 ans (3 ans max, 4 ans possibles à partir de la dernière année du contrat de formation… donc le 1+3).

Dans l’unique but de ne pas se faire piller par les clubs étrangers, il faudrait pouvoir bloquer certains joueurs avec des contrats de 5 ans (ou plutôt 3+1+1) qui prendraient effet au 1er janvier ou au 1er juillet qui suit leurs 16 ans (forcément signés avant avec leurs représentants légaux). Quel avantage ? C’est simple : plus vous faites signer tôt le joueur, moins les autres clubs ont eu l’opportunité d’en savoir le concernant. Le club formateur a 3 avantages, celui de ne pas miser sans connaître son jeu, celui d’avoir moins de concurrence pour obtenir la signature du joueur, et celui de pouvoir sécuriser son investissement (au moins, en cas de refus du joueur, il sait à quoi s'en tenir). En l'état actuel des choses, quand les clubs se font piquer un de leur meilleurs jeunes, c'est bien souvent qu'ils s'y sont pris trop tard ou ont voulu sous-payer son talent (alors que pour son clone sud-américain évoluant au Brésil ou en Italie ils auraient accepté de payer 3 à 10 fois plus... un des maux de la formation française est de toujours chercher à sous-payer ses produits comme s'ils avaient une dette à vie envers leur club justifiant cette pratique d'inspiration un peu esclavagiste : «tu me dois tout, je t'ai nourri depuis toujours, sois heureux que j'accepte de t'octroyer un salaire !»). Bien sûr, ça resterait limité à quelques joueurs, aucun club ne pouvant se permettre de faire signer chaque des contrats de longue durée à tout un tas de jeunes. Du côté du joueur, signer très tôt assurerait une sécurité et une stabilité, il aurait tout intérêt à accepter en sachant qu’à cet âge tout peut arriver, qu’attendre est un pari dangereux. L’idéal ? Mixer la formule 2+3 et mon idée de 3+1+1 : on signe avant le 16e anniversaire pour 2+3 avec une clause pour négocier au début du contrat pro les modalités concernant des 2 années supplémentaires.

M’étant déjà assez farci de textes barbants (CFP, équivalent FIFA concernant le statut des joueurs et les mutations), je n’ai pas fait l’effort d’aller fouiller dans la littérature juridique pour trouver les réponses concernant le caractère réalisable en droit de ces idées. Je vais tricher en me contentant de conclure ainsi : il est urgent d’enfin agir pour protéger les clubs formateurs, des solutions existent, reste à mettre tous les acteurs du dossier – y compris le ministère des sports – autour de la table pour en discuter et les trouver.

J’ajoute tout de même un petit bonus : la FIFA va modifier ses règlements pour limiter le nombre de prêts (histoire d’éviter que certains clubs recrutent 80 joueurs pour en prêter 50 (pour manque de niveau et/ou mise en vitrine de façon à les revendre). En France, la CPF limite les mutations temporaires à 7 par club (on peut toujours en prêter d'autres à l'étranger), sachant qu’un club ne peut accueillir que 5 joueurs en prêt et seulement 2 venus du même club… Ne pourrait monter à 3 ou 4 pour permettre des accords particuliers entre clubs – sous condition qu’ils n’évoluent pas dans la même division – dans le but de favoriser le "développement" des joueurs prêtés ?
(Je pourrais en faire des tonnes concernant les prêts, je crois avoir déjà fait bien assez long dans ces différents chapitres pour ne pas en rajouter).




Ces solutions correspondent à du moyen terme, elles nécessiteraient des concertations, des accords entre différentes familles et institutions du foot. Mais on est dans une situation d’urgence : il faut reprendre. Comment fait-on ?

Tout dirigeant de club intelligent aurait dû envoyer ses joueurs en vacances dès le 2 mai. A priori c’était possible : «la date à partir de laquelle peuvent débuter les congés payés est étroitement liée au rythme de la saison et au calendrier des entraînements et compétitions de chaque club ainsi qu’aux obligations sportives des joueurs.» Ils ont droit à 18 jours ouvrables consécutifs minimum à l’intersaison, à 6 jours ouvrables consécutifs minimum en fin d’année civile. En pratique, la saison étant terminée officiellement avec la décision du 30 avril, la logique voulait qu’ils soient mis en vacances dans la foulée. Le 2 mai puisque le 1er est un jour férié. CQFD. Ainsi, ils auraient pu reprendre le 2 juin (date de la phase 2 du déconfinement) sans souci et se préparer pour la reprise de la Ligue 1 à une date… inconnue (a fortiori fin avril).

On annonce une reprise du championnat entre le vendredi 21 août et le dimanche 23 août… à moins que la Ligue des Champions ne se joue à la même date. Le flou règne. Ceci dit, pour un club n’ayant aucune échéance avant cette date, reprendre le 22 juin (phase 3 du déconfinement) est à peu près logique, même si s’y mettre encore plus tôt n’aurait pas fait de mal. Il faut bien le comprendre, et on ne l’a pas découvert il y a 3 jours, on le savait depuis un bon moment, la reprise ne peut se faire sans casse si on n’y va pas très doucement au début. Les sportifs professionnels ont pu faire de leur mieux pour garder la forme pendant ces longues semaines sans entraînement normal ni compétition, rien ne remplace la pratique de leur sport. C’est vrai en vélo où un home trainer n’a rien à voir avec l’effort pratiqué sur la route, en natation où bah… je crois que ça ne nécessite pas d’explication, en gymnastique à moins d’avoir un très très grand salon avec des agrès, en judo où sans partenaire vous devez développer des trésors d’imagination Comme_tous_les_sportifs__Teddy_Riner_a_du_etre_creatif_pour_s_entrainer.jpg pour en simuler un (Teddy Riner a eu recours à un ours en peluche de 2 mètres de haut^^)… Le football n’y échappe pas. Un tapis de course, sauter sur des marches ou dans sa cuisine, c’est très différent d’efforts fractionnés sur une pelouse, de frappes dans un ballon, de sauts, de changements de direction, de devoir résister à des contacts. Il faut totalement réhabituer le corps à effectuer ces efforts, rééquilibrer la musculature (souvent reprendre du muscle car ceux qui ont conservé le même poids ont souvent perdu du muscle et pris du gras, des joueurs auront surdéveloppé certains muscle alors que les autres s’atrophiaient). Si on y va trop brusquement au début, on risque de multiplier les blessures. Attention au carnage (car quand il y a déséquilibre musculaire, le risque est la surcompensation, on peut se blesser lourdement, se faire un genou, se fragiliser le tendon d’Achille, se faire des pubalgies…).

Dans l’idéal, il faut d’abord un temps de réadaptation pour ces joueurs qui, sauf blessure grave, n’ont jamais connu une si longue période sans football depuis leur petite enfance, puis un temps de préparation (la véritable prépa foncière pour la saison) avec des périodes de repos, puis des matchs amicaux et là, progressivement, grâce au retour de la compétition, la forme arrive. (2 ou 3 clubs de L1 dont Rennes ont opté pour une autre solution, faire venir leurs joueurs en mai pour des tests médicaux et une remise à niveau physique au centre d’entraînement afin de les récupérer en meilleur état après leurs vacances en juin, ce qui leur permettra d’avoir une bonne base physique au début de la préparation.)

Or on se retrouve dans une situation absolument abracadabrantesque : PSG-OL et PSG-ASSE, finales des 2 coupes nationales de la saison passée, TERMINEE comme l’a imposé le Gouvernement… vont se jouer. Mais on ne sait pas quand. On sait juste que la saison va DEBUTER par des FINALES. Rien ne vous choque ? On commence par la fin… d’une saison déjà finie. Tout va bien dans le football français. Les dates ? On a longtemps cru qu’il s’agirait du 1er août pour la CdL (PSG-OL) et du 8 août pour la CdF (PSG-ASSE), avec le même week-end le 8e de finale retour de LdC de l’OL à Turin. Nouveau rebondissement, l’UEFA voudrait désormais que tous les qualifiés européens soient connus avant le 3 août, obligeant la France à avancer une finale au 25 juillet pour éviter qu’en cas de victoire en CdF l’ASSE soit privée de la place en Europa League. Grotesque.

Comme le PSG a décidé, en dépit du bon sens le plus élémentaire, de reprendre seulement le 22 juin (avec les tests médicaux, donc compter plutôt sur le 25 pour se mettre réellement au travail), il ne pourra jamais être prêt physiquement pour disputer une finale le 25 juillet. Puis pour enchaîner le 1er juillet… surtout si c’est contre un OL beaucoup plus prévoyant. Les Lyonnais, eux, ont repris le 8 juin. 2 mois avant la date probable de leur match de LdC, 7 bonnes semaines avant la date à laquelle ils pensaient jouer leur finale de Coupe (dernière chance réelle d’être européen la saison prochaine). Le PSG, lui, aura sans doute eu moins de 5 semaines de travail avant son premier match officiel. Il reprendra à la même date que des clubs dont la première échéance se situe un mois plus tard. Mais est-ce que quelqu’un réfléchit dans ce club ? 15 SEMAINES sans football ! Ce n’est pas une trêve ordinaire avec des joueurs de retour de sélection 18 jours après la fin d’une compétition internationale après avoir disputé une saison normale ! Il faut repartir de zéro ! Comment voulez-vous passer par toutes ces phases pour être prêt en LdC ? Les joueurs devront retrouver leurs capacités physiques de base, emmagasiner un gros travail foncier, se réhabituer au ballon, retrouver leurs repères visuels et leurs réflexes individuels (autrement dit réadapter le cerveau, d’autant que chez certains footballeurs il a manifestement fondu comme les muscles pendant le confinement^^). Rien que pour ça, 6 semaines ne seraient pas de trop. Il n’y a plus qu’à prier pour que Neymar et ses partenaires aient passé leurs vacances à jouer au foot dans du sable, à courir dans l’herbe (Cavani, lui, se montre sur Instagram en train de faucher des herbes hautes à l’ancienne et de tondre des moutons)… Pour les repères collectifs puis surtout le rythme de la compétition, il faudra compter uniquement sur les matchs… contre des adversaires introuvables. Les clubs anglais, espagnols, italiens et portugais seront en plein championnat, les Allemands auront fini le leur, il faut espérer que ceux encore en lice en LdC et en EL – qui pourrait se terminer en Allemagne – auront envie de s’entretenir après la fin de leurs compétitions nationales, sinon il faudra uniquement chercher en France parmi les clubs ayant un objectif anticipé (donc OL, ASSE, voire l’OM s’il devait y avoir un Trophée des Champions entre la finale de la CdF et le quart de LdC du PSG vers le 12 août) et chercher des clubs dans les championnats arrêtés (à savoir Belgique, Pays-Bas, Ecosse)… Bien sûr, pas question de chercher des adversaires sur d’autres continents, il sera probablement impossible de voyager pour disputer ce type de rencontres (et aucune équipe n’a un profil intéressant). Ça réduit le champ des possibles… On va se retrouver avec un tournoi quadrangulaire entre l’OL, 1 l’OL 2, le PSG 1 et le PSG 2, ça rappellera les relais de ski de fond avec Norvège 1, Norvège 2 et Norvège 3 au départ contre Russie 1 et Russie 2… Pourtant, tous les supporters regarderont tant leur équipe leur manque !

Dans tous les cas, il sera impossible de s’étalonner contre des équipes réellement prêtes physiquement et présentant un pédigrée intéressant. Difficile de se préparer dans ces conditions. L’arrêt définitif de la Ligue 1 s’annonçait terrible pour les espoirs européens de l’OL et du PSG, plus les jours passent, plus on prend la mesure du handicap. Les 2 représentants de la France vont devoir jouer au football… sans jambes.

Il y a quelques jours, je misais sur une finale de la CdL le 1er août avec 10000 personnes au Stade de France (4000 pour chaque club, 2000 pour les partenaires de la LFP) puis une finale de la CdF le week-end suivant (selon la date du quart de finale de LdC du PSG) avec de nouveau 10000 personnes au SdF (plutôt 4000 pour les partenaires de la FFF, 3000 pour chaque club). Depuis, si les dates ont changé, il semble de plus en plus évident qu’il y aura du public. Dans quelle mesure ? 5000 personnes ? 10 000 ? 20 000 ? Avec 80 000 places au Stade de France, la jauge a une chance de monter à 10 000 ou 20 000. Ça ridiculiserait encore un peu plus la décision prématurée concernant l’arrêt du championnat, mais après avoir fait si mal au foot français, j’imagine mal l’Etat ne pas faire de concession. D’autant que l’état d’urgence sanitaire doit prendre fin le 10 juillet.

S’il est très urgent d’avoir ENFIN des dates et que devoir attendre la réunion de l’UEFA le 17/18 juin pour ENFIN en avoir - grâce auxquelles la LFP et la FFF pourront décider des leurs - correspond à la définition du "pathétique flamboyant", d’autres soucis se posent. Avec quels joueurs jouera-t-on ces rencontres ?

J’évoquais ce problème de fond il y a déjà un moment (le 16 mai).

En Bundesliga, les joueurs auront passé 2 mois sans match, mais seulement 1 mois sans entraînement (la reprise...

Publiée par Globule Rouge et Bleu sur Samedi 16 mai 2020

J'en cite une partie :
«-S'il faut avoir l'effectif de la saison 2019-2020 pour la LdC, tu dois prolonger les contrats des mecs qui sont arrivés au bout du leur au 30 juin (prêts compris). C'est un véritable souci sachant que les clubs qui préparent la saison prochaine seront dans une situation différente. Souci d'autant plus important que si ces joueurs partent, ils ont plutôt intérêt à aller faire la prépa avec leur future équipe. Et toi, à quel moment tu prépares la saison prochaine avec ton nouvel effectif ?

-Si on peut jouer avec l'effectif de la saison 2020-2021, en plus de l'inéquité sportive que ça crée (tu auras donc pu modifier profondément ton effectif par 2 fois entre le début et la fin de chaque compétition), tu te retrouves dans une situation où tes recrues n'auront pas pu faire la préparation physique, un gros handicap immédiat mais aussi pour toute la saison. En effet, en cas de reprise début juin, tu n'auras de toute façon aucune recrue... car le mercato risque d'ouvrir beaucoup plus tard. Seule solution, signer des mecs qui auront fait la prépa physique depuis début juin avec leur ancien club ou qui auront joué la fin de leur championnat entre juin et juillet, leur permettant d'avoir déjà un niveau physique acceptable en arrivant chez toi. Mais comment les incorporer du jour au lendemain sans travail collectif ?

-Si le championnat débute avant la fin de la LdC, c'est la fête du slop, il risque de falloir jongler entre les joueurs encore là mais qui vont partir et les déjà là mais qui ne peuvent pas encore jouer. Tu vas faire plusieurs préparations différentes ? Séparer le groupe en plusieurs parties ? Ce sera totalement ingérable.»

Depuis, j’ai eu une partie des réponses… dont certaines créent de nouvelles questions. Lucas Tousart, qui a signé au Herta Berlin l’hiver dernier tout en devant finir la saison à l’OL en prêt… a été envoyé à Berlin, même s’il ne peut pas encore jouer pour son nouveau club. La finale de CdL et le 8e retour de LdC – il avait pourtant marqué le seul but du match aller ! – se disputeront sans lui… En revanche, il semble que le nouvel attaquant acheté par l’OL il y a quelques mois mais resté en prêt au Havre puisse jouer la finale de CdL. Tout ceci est pour le moins dérangeant. On n’est pas dans le cas des blessés ayant profité de la longue interruption (Depay et Reine-Adélaïde sont dans cette situation à Lyon). Au PSG, il y a plein de joueurs en fin de contrat. Le cas Icardi a été réglé avec un transfert définitif, c’est une bonne chose de faite. Mais quid de Cavani, Thiago Silva, Meunier, Kurzawa, Choupo-Moting, de Rico (prêté par le FC Séville) et des jeunes Kouassi et Aouchiche ? Les 5 anciens vont tous partir libres, on le sait, alors que Kouassi pourrait finalement signer pro (Aouchiche est proche de l’ASSE, toutefois il n’a pas signé, donc pour le moment, tout reste possible… même qu’il joue la finale de la CdF en vert ? A priori non.) Cavani et Thiago Silva devrait signer un avenant pour rester jusqu’à la fin de la LdC. C’est risqué. Imaginez qu’ils se blessent… Choupo n’était plus sur la liste UEFA et ne sert à rien. Faut-il le prolonger pour les finales de coupes ? Sincèrement, ça n’aurait pas de sens. Filez-lui une place en tribunes s’il y a un peu de public, ça suffira ! Kurzawa et Meunier, je ne veux même pas en entendre parler… et ils ont intérêt à signer ailleurs au plus vite.

Manifestement, seuls les joueurs inscrits sur la liste UEFA avant la fermeture quasi-généralisée du monde pourront finir la compétition (plus sans doute les jeunes de la liste B), c’est beaucoup plus flou concernant les finales des coupes nationales. Comme tout ce qui concerne ces finales à vrai dire.

Je retiens tout de même une avancée majeure : dans la plupart des pays, le mercato commencera très tard – en principe après la fin du championnat, même si la FIFA a autorisé à ce qu’il s’ouvre avant, ces recrues ne pouvant toutefois pas jouer avant la saison prochaine – et se terminera début octobre. Seulement, et pour au moins 2 raisons, les clubs français ne pouvaient attendre aussi longtemps. Ils devaient néanmoins caler leur mercato sur une période différente de celle de ses voisins à qui ils comptent vendre des joueurs pour renflouer leurs caisses. D’où l’idée d’un mercato franco-français en juin pour entériner les transactions déjà négociées entre eux. L’objectif principal concerne certainement l’équilibrage des comptes pour l’exercice 2019-2020 bouclé au 30 juin. L’intérêt sportif est galvaudé par nombre d’observateurs adeptes du gros plan au lieu de regarder l’ensemble de l’action : ceux qui auront été transférés avant la reprise auront pu s’intégrer à leur nouveau club et faire toute la préparation lors d’une intersaison où elle aura encore plus d’importance que toute autre année compte tenu de cette période interminable sans football. Si la reprise est bien gérée par les préparateurs physiques et ne provoque pas une kyrielle de blessés, les recrues et l’équipe dans son ensemble pourront se montrer bien plus performantes grâce à ce marché franco-français. Au passage, si j’étais dirigeant d’un club étranger dans un pays où on termine le championnat, je ne voudrais pas faire venir en août – a fortiori en septembre – un joueur venu d’un championnat arrêté depuis début mars et qui n’a pas disputé que quelques minutes en matchs amicaux lors de ces 5 ou 6 mois. Il risque en effet d’avoir besoin d’un temps fou pour retrouver le rythme et se mettre au niveau du reste de l’équipe (exemple : Rabiot, arrivé à la Juve au début de la prépa l’été dernier après 6 mois à s’entraîner à part, il a fait les matchs amicaux, néanmoins il a payé cette longue mise au placard). Pour peu que plusieurs recrues soient dans cette situation, bonjour la galère en début de saison ! Donc pour acheter très cher un joueur de Ligue 1, il faudrait qu’il s’agisse d’un joueur vraiment spécial ayant un potentiel hors-normes, une valeur absolument dingue prouvée sur la durée, ou alors qu’il s’agisse d’une affaire en or (parce que son club a absolument besoin de vendre et lance les soldes de fin d’été).

Toujours est-il que ce mercato d’été s’annonce interminable, on ne sait pas à quoi s’attendre, les championnats risquent d’être chamboulés par des transferts après 7 ou 8 journées, le niveau de forme et de préparation des joueurs à leur arrivée fluctuera du tout au tout, certains viendront de s’enfiler une énorme série de matchs tous les 3 jours, d’autres aucun en 5 ou 6 mois, certains auront eu une grosse préparation foncière… ou au contraire n’auront fait que jouer. Bonne chance aux préparateurs physiques, aux médecins et aux entraîneurs pour gérer tout ça de façon à répondre présents toute la saison, notamment lors des compétitions dont… on n’a aucune idée des dates.



Et bien nous y voilà. J’ai fini ! 36 pages…

Espérons que les erreurs et trahisons commises lors de cette crise ne se reproduiront jamais. Seulement, pour tirer les leçons de tout ça, encore faudrait-il que toutes les personnes et institutions impliquées osent la lucidité, qu'elles fassent leur autocritique et arrêtent de voir le monde à travers le prisme de leurs intérêts personnels, de leur ego ou de leur idéologie. Tout le monde doit être prêt à faire des concessions, à ne pas toujours vouloir être le grand gagnant de toute négociation ou de tout débat, car si on se fait la guerre entre supposés alliés (les membres de la famille du football français), on est sûr de se faire écraser par nos véritables adversaires déjà plus puissants à l'origine (la concurrence étrangère). Est-ce que j'y crois réellement ? Non. Pas tant qu'une nouvelle génération n'aura pris la relève. Avec les dirigeants actuels du football français, notamment le dictateur bretons et le twittos fou lyonnais, camper sur ses positions et défendre ses intérêts individuels restera la norme.

J'ai tenté de proposer certaines idées. Les prendre en considération ne ferait de mal à personne... Malheureusement, ça aussi je doute que ça se produise...

Notes

[1] Les clubs touchent aussi la partie sponsoring liée à la visibilité lors des retransmissions télévisées.

[2] Avec mon projet, il pourrait y avoir 2 saisons supplémentaires en option. Voyez le 4e chapitre.

[3] Annexe générale n°1 de la CFP.

[4] Si ça se trouve il y en a déjà une et je suis passé à côté.^^

[5] Nuance dans l’article 260 de la CFP : un joueur n’ayant pas encore 18 ans ne peut signer de contrat de joueur professionnel que si la durée du contrat n’excède pas 3 ans. Les clauses dépassant cette durée ne peuvent être homologuées. Toutefois, dans le cadre de la mise en œuvre d’une signature prématurée prévue à l’article 22 du règlement administratif de la LFP, un joueur mineur sous contrat de formation au sein du club, peut signer un premier contrat professionnel d’une durée de 4 saisons à partir du 1er juillet de la dernière saison du contrat de formation en cours et prenant effet au 1er juillet de la saison suivante.