Ces critiques contre le Tour et ASO sont aussi stupides que vouloir réinventer la langue française en féminisant tous les mots, comme s’il était impérieux de tout sexuer, notamment les professions et fonctions. Il faudrait savoir, voulez-vous qu’on ne fasse pas de différence entre les hommes et les femmes ou qu’on en fasse quand il n’y a pas lieu d’en faire ? Même genre de délire avec ce maire immature (donc vert). Il s’offusque de l’absence de Tour de France féminin sans rien connaître du sujet. Il ne doit pas savoir que ça a existé avant de disparaître faute de viabilité économique (peut-être dispose-t-il une gigantesque fortune personnelle lui permettant de devenir mécène de cette nouvelle épreuve qu’il réclame^^), qu’il est totalement impossible d’organiser une épreuve de ce genre pendant le Tour de France masculin pour d’évidentes raisons logistiques, et que si le projet d’ASO d’essayer de le faire renaître a été repoussé à 2022, il s’agit d’une conséquence de la crise du Covid. Vous aurez remarqué qu’il accuse le Tour de polluer… et veut qu’on fasse un Tour féminin qui… polluerait aussi. A ce niveau d’incohérence, ça mériterait que des psys se penchent sur le problème. C’est probablement pathologique.

D’ailleurs si ces écolos – les extrémistes verts infiltrés au conseil municipal de Rennes, ceux qui ont refusé le grand départ 2021, finalement obtenu par Brest, ville très moche mais enthousiaste – se renseignaient un minimum, ils sauraient qu’ASO et l’UCI se préoccupent de l’environnement depuis bien plus longtemps qu’eux. Chaque année, on progresse en réduisant l’utilisation de plastique, en faisant en sorte de ne laisser aucun déchet sur la route, en utilisant des véhicules de moins en moins polluant, etc. Le Tour est aussi la plus grande publicité pour le vélo. J’ai un doute… le vélo, c’est polluant ?

Bref. Lyon s’est enflammé pour le Tour, n’en déplaise à son maire. Et pendant toute l’étape, c’est l’amour que porte Peter Sagan (BOH) au maillot vert qui a donné vie à cette étape qui traversait le Forez. Pour le coup, rien de plus cohérent.

Sans bataille pour le maillot vert, je vous fais le scénario : une échappée se forme rapidement avec 12 à 21 hommes, on s’ennuie jusqu’à 50km de l’arrivée, ça commence à s’attaquer, une partie de ses membres est piégée, les rescapés bataillent dans les deux dernières côtes, on termine sur un sprint en petit comité (3 à 5 hommes), le peloton termine à 16’. Classique. Tout le monde se serait reposé avant l’étape de montagne prévue le lendemain.

Grâce à cet enjeu annexe, on a assisté à une toute autre course. Nonobstant l’identité du vainqueur, on ne peut que saluer la qualité du spectacle pendant la première partie de l’étape et dans les 15 derniers kilomètres. Elle a fait la part belle à l’audace d’une équipe très en vue ces derniers temps, la Sunweb.

Etape 14

  • Etape 14 : récidivistes.

De Clermont-Ferrand à Lyon, 194km.
Non-partant : Romain Bardet (ALM), commotion cérébrale.
Abandon : Pierre Latour (ALM).

Il s’agissait clairement d’une étape pour baroudeur et/ou puncheurs, pas pour sprinteurs. Son classement en étape de plat – synonyme de 50 unités pour le vainqueur au classement par points – défiait toute logique. Son relief nous promettait en effet une belle bataille pour le maillot vert car Peter Sagan (BOH) et ses hommes disposaient d’un champ de bataille leur permettant d’éliminer Sam Bennett (QST). Dans le meilleur des cas il pouvait reprendre jusqu’à 70 points à l’Irlandais… et donc récupérer le maillot, car il accusait un retard de 66 unités au départ de l’étape.

Pour pas mal d’équipes, il s’agissait de la dernière occasion de remporter une étape faute de compter en leurs rangs des coureurs capables de briller en montagne, en chrono ou au sprint sur les Champs-Elysées. Sans surprise, les attaques n’ont pas tardé à se multiplier. On voyait beaucoup certains coureurs et certaines équipes, notamment les Lotto-Soudal, les Groupama-FDJ, les Deceuninck-Quick Step, Sunweb, ou encore les Total-Direct Energie, puis dans certains coups les CCC, B&B Hôtels-Vital Concept, NTT ou AG2R-La Mondiale. Je vous passe la liste des noms, elle n’a pas grand intérêt. Sachez qu’une grosse masse de candidats à la fuite s’était formée à l’avant du peloton, on en sortait dans tous les sens en espérant avoir de la chance.

Cees Bol (SUN) a tenté le coup, rejoint par Edward Theuns (TFS) Il s’agit de sprinteurs, on les imaginait espérer prendre la bonne échappée de façon à devancer le peloton et passer les difficultés du jour à l’avant plutôt qu’en galérant dans un gruppetto, s’offrant ainsi l’espoir d’être présents dans le final. Stationnés quelques dizaines de mètres devant le peloton, ils avaient besoin de renfort. Malgré leur collaboration, leur initiative semblait vouée à l’échec en raison des multiples relances qui rapprochaient d’eux l’avant de la meute. Pourtant ils résistaient. Quand certaines équipes ont tenté de faire barrage pour calmer tout le monde, ils se retrouvaient piégés. Se taper toute l’étape dans une échappée à 2 ? Impossible. Heureusement, Stefan Küng (GFC), sorti du peloton avant la fermeture, a pu les rejoindre. 3, c’est mieux que 2… même s’il fallait être au moins une dizaine pour espérer aller au bout.

Anthony Turgis (TDE) est ressorti, suivi un Sunweb. Sans succès. De petites grappes se détachaient encore, seulement une formation se montrait désormais décidée à contrôler, la Bora-Hansgrohe de Sagan. Le trio lui résistait, a priori on le laissait mourir en s’épuisant pour préserver ses quelques secondes d’avance. Tout le monde comprenait qu’il valait mieux attendre d’avoir passé le sprint intermédiaire pour attaquer car d’ici là, les hommes de Sagan ne laisseraient rien passer. D’où un retour au calme quasi-général. Le trio s’est toutefois vu attribuer un petit bon de sortie lui permettant de prendre un peu de champ. Une fois l’écart porté à 40 secondes, la séquence délirante du jour a pu débuter. Voir Casper Pedersen (SUN) sortir du peloton pour aller rejoindre son coéquipier à l’avant n’avait rien de farfelu, d’autant que Bol avait peu de chances de passer les côtes et a fortiori le long col du milieu d’étape. Faire se relever Bol pour l’attendre et rentrer avec lui rentrait dans la logique des choses, même si Küng et Theuns ne comprenaient pas et se regardaient d’un air très étonné. Seulement, Pedersen, pensant ne jamais pouvoir revenir seul contre 3 hommes, s’est aussi relevé. Averti que Bol l’attendait, il est reparti au combat pour le rattraper. Une fois ensemble, on les attendait dans un numéro façon Trophée Baracchi (ancienne compétition de contre-la-montre en duo). Surprise, ils se sont mis à se regarder et à rigoler en se demandant quoi faire. Les hommes de tête, incrédules, ne pigeaient rien. Bol se bat pour créer l’échappée… puis se relève et disparaît des radars. En pleine confusion, Küng et Theuns ne roulaient plus vraiment… comme aux autres échelons de la course où tout le monde tapait la discussion. Bol et Pedersen plaisantaient sans doute à propos de la situation quand Sagan et son équipier mettaient en place leur stratégie pour les prochains kilomètres.

Le peloton roulait très tranquillement, Bora ne mettait aucune pression sur Sam Bennett avant le sprint intermédiaire précédée par la Côte du Château d’Aulteribe (4e C., 1km à 8,4%). Le public y était incroyablement nombreux – normal un samedi – et après discussion, Küng y est passé en tête sans combat (au sprint, on a inversé les rôles, un échange de bons procédés très classique). La Bora-Hansgrohe attendait d’en approcher pour lancer les hostilités. Elle a accéléré quelques minutes avant le pied. Seulement, avec un plan si téléphoné, impossible de surprendre Bennett très bien placé avec un équipier en prévision de l’offensive à laquelle il devrait répondre. Matteo Trentin (CCC) aussi se trouvait dans les roues. Montée à bloc par Maximillian Schachmann (BOH), cette côte a provoqué une cassure, le groupe décidé à jouer le sprint intermédiaire se détachant. Bennett allait au pire passer devant le peloton composé des coureurs désintéressés par cette lutte. L’Irlandais s’est accroché avant de lâcher prise. Passé 3e au sprint, Sagan décrochai 15 points, son équipier s’intercalant devant Trentin, décramponné en fin d’ascension. Daniel Oss (BOH), resté avec Bennett, espérait lui aussi devancer le porteur du maillot vert. Son attaque a échoué. Bennett est parvenu sans mal à régler le petit groupe revenu sur lui pour passer 6e et prendre 10 points. Tout ça pour ne combler que 5 points de retard sur 66… Sagan et les siens étaient mal payés. Au moins, ça nous a fait de l’animation.

Tout le monde s’est regroupé hormis le duo de tête, dont la marge approchait alors les 3’ (4’ avant cet épisode). On attendait un nouvel épisode dans le Col du Béal (2e C.).

En décidant de prendre les choses en main dans toute la partie – déjà en montée – qui précédait le col, les Deceuninck-Quick Step entendaient imprimer un train régulier et assez lent qui évitait à Bennett de souffrir. En tout, on grimpait plus ou moins sur environ 25 bornes.

Le col à proprement parler fait 10 kilomètres. Au pied, le duo disposait d’un peu moins de 6’ d’avance. La Bora-Hansgrohe s’est immédiatement présentée en tête du groupe pour accélérer et remettre la pression sur Bennett. Les 7 rescapés de cette formation occupaient les 7 premières places du peloton, on mettait à contribution les grimpeurs de l’équipe (Emmanuel Buchmann, Maximillian Schachmann, Lennard Kämna). Il fallait faire sauter Bennett et les autres sprinteurs sans trop forcer sur les machines de façon à préserver Sagan. L’Irlandais s’accrochait autant que possible, d’autres n’ont même pas essayé. Le train ne suffisait pas à faire de gros dégâts, il fallait trouver le bon dosage.

Sans pourtant accélérer, Küng a lâché Theuns. Avec un peu plus de 3’ d’avance, que pouvait-il espérer ? Rien. Bennett n’a cédé qu’à un gros kilomètre du sommet, entouré de 3 équipiers. Plus que 2 hommes en tête du groupe, les lieutenants de Sagan accéléraient pour essayer de repousser le plus loin possible le groupe maillot vert. Au sommet, où aucun membre du peloton n’a tenté de gratter le moindre point pour le classement des grimpeurs, les écarts restaient faibles, ça pouvaient rentrer dans la descente.

Raison pour laquelle les Bora-Hansgrohe n’ont pas relâché leur effort. Ils mettaient la pression à tout le monde. David de La Cruz (UAD) et Tom Skujins (TFS) ont d’ailleurs fait un tout-droit dans le talus. Pas mal de petites cassures s’opéraient dans cette descente. Theuns y attendait le peloton en se chargeant de bidons pour les distribuer à ses coéquipiers. Il a vu lui foncer dessus un peloton toujours lancé aussi rapidement. Après avoir assuré le travail pendant de nombreux kilomètres, Lennard Kämna et Felix Großschartner ont reçu le renfort de plusieurs partenaires.

Pierre Latour, lâché depuis un moment, en grandes difficultés depuis le début du Tour, a fini par abandonner. Il n’avait aucune chance de survivre à cette étape courue sur un rythme effréné.

Küng n’abordait la Côte de Courreau (3e C. 4km à 5,7%) qu’avec moins d’1’30 d’avance. Le groupe Bennett pointait quant à lui environ 1’ derrière le peloton principal réduit à moins de 100 coureurs. La crevaison roue arrière de Lukas Pöstlberger (BOH) n’a pas franchement ralenti le rythme. D’autant qu’Alessandro De Marchi (CCC) venait désormais prêter main forte aux Bora-Hansgrohe pour favoriser les ambitions de Trentin et/ou Greg Van Avermaet.

Au sommet, où parmi le public très important figurait un énergumène décidé à montrer son postérieur en mondovision (il courrait fesse à l’air devant Küng), il restait 101km à parcourir. A l’évidence, le Suisse allait se faire rattraper, le groupe Bennett ne reviendrait pas. On entrait donc dans la phase assez ennuyeuse de l’étape.

Après une très longue partie en descente et faux-plat descendant, la suite s’annonçait difficile avec le Col des Brosses, non-répertorié malgré un dénivelé non-négligeable. Pendant toute cette période, 2 CCC et 2 Bora-Hansgrohe restaient à la barre.

Si Küng se maintenait seul en tête pour pas grand-chose (il se faisait un entraînement de contre-la-montre^^), la Groupama-FDJ perdait un homme au sein du premier peloton. Suite à sa crevaison, Rudy Molard a fini au sein du groupe Bennett.

Le Suisse a fini par se relever à 80 bornes de l’arrivée, juste avant le ravitaillement. Le peloton n’a pas franchement ralenti car le bras de fer continuait avec le groupe Bennett au sein duquel figuraient aussi d’autres sprinteurs comme Alexander Kristoff (UAD), qui faisaient rouler un équipier. Mais, revenus à 1’30, les lâchés ont hissé le drapeau blanc. Une décision sage pour ne pas complètement se cramer avant l’étape de dimanche. Bennett devait désormais espérer que les côtes de la fin d’étape favorisent des puncheurs comme Julian Alaphilippe (DQT) et empêchent ses concurrents directs pour le maillot vert (essentiellement Sagan, éventuellement Wout Van Aert) de l’emporter.

La course ne se déroulait plus qu’à l’avant où Bora-Hansgrohe et CCC continuaient à contrôler sans aucune certitude de l’emporter car il restait des clients au sein du premier groupe. A mon grand regret, personne n’a osé relancer la course en attaquant dans le Col des Brosses. Peut-être certains attendaient-ils la Côte de la Duchère (4e C.) ou la Côte de la Croix-Rousse (4e C.), pas franchement sélectives (le parcours initial en prévoyait une 3e, la Côte de Fourvière, retirée car en septembre on voulait éviter de trop bloquer la circulation dans Lyon). Elles se trouvaient après une très longue descente.

La Jumbo-Visma s’est installée en tête à 20km de l’arrivée pour protéger le maillot jaune des dangers inhérents aux tracés urbains. Les Sunweb se rapprochaient, probablement pour tenter un coup. Ça allait très vite, ça tournait dans tous les sens avec les ronds-points, les séparateurs, les ralentisseurs. Julian Alaphilippe marquait Marc Hirschi (SUN) à la culotte. Les Ineos Grenadiers ont pris la tête à leur tour, on sentait une grande nervosité. Dans la première côté, ça roulait très vite, Michael Schär (CCC) a voulu accélérer, il n’avait pas regardé derrière lui. Tiesj Benoot (SUN) étaient dans sa roue et a poursuivi l’effort en solitaire, piégeant tout le monde. Mais à 11km de l’arrivée, rien n’était fait. Soren Kragh Andersen (SUN) n’avait pas dû voir partir son équipier, ce qui expliquerait son offensive. Rouler sur un équipier… Douteux comme stratégie ! Valentin Madouas (GFC) a alors tenté sa chance. Känma voulant favoriser la victoire de Sagan, il s’est remis à la barre afin de ramener le peloton. Les écarts ne se creusaient pas.

Un souci mécanique subi au pire moment par Richie Porte (TFS) l’a condamné à repartir avec le vélo de Kenny Elissonde, plus petit que lui… Un dépannage toutefois assez rapide, donc sans s dégât.

Dans cette descente tortueuse, on roulait très vite en risquant le carnage à tout moment. Pour grandement limiter le danger, Van Aert pilotait en tête de peloton avec Primoz Roglic (TJV) dans la roue, signe que le nouvel ogre belge n’allait pas jouer la victoire d’étape. Une fois Benoot ramené à la raison, Kämna a poursuivi son effort en solitaire, pensant probablement permettre ainsi à ses équipiers et à son leader de rester au chaud en attendant le sprint. Thomas De Gendt (LTS) est sorti à son tour dans la dernière côte. Et soudain, la mine d’Alaphilippe ! Pourtant à l’affut, Richard Carapaz (INS) tentait de le suivre sans se montrer en mesure de prendre sa roue.

L’attaque d’Alaphilippe était belle, il a déposé De Gendt puis repris Kämna, seulement, un Sunweb l’a condamné en sortant à son tour : Marc Hirschi. Après ses trois démonstrations de force à Nice (2e), Laruns (3e) et Sarran (vainqueur), il a la pancarte et tout le monde le prend très au sérieux. En l’occurrence, David Gaudu (GFC) le suivait, puis Sagan s’est résolu à lui-même faire l’effort en tête de peloton afin de conserver une chance de l’emporter au sprint. Alaphilippe, qui avait tout donné dans la Côte de la Croix Rousse, a rendu les armes peu après la nouvelle accélération inefficace de De Gendt. Tout le monde se regardait, une situation incitant Hirschi à contrer. Sagan s’est senti obligé de réagir. Van Avermaet y est allé. Sans doute le jeune Suisse espérait-il prendre le large dans la descente, son exercice favori… à condition de l’atteindre un peu avant les autres. Raté.

Il restait moins de 4 bornes. A ce moment, Tom Dumoulin (TJV) emmenait le peloton avec le maillot jaune dans la roue, provoquant un regroupement général devant des milliers de supporters ne voyant bien sûr que quelques secondes de ce grand spectacle (à la télé, on voit tout, mais quand le Tour passe à côté de chez toi, tu y vas pour l’ambiance, la caravane et l’événement, pas pour bien voir l’étape). C’est le moment choisi par un homme de Sunweb pour tirer profit de tout le bord*l mis par son équipe depuis plusieurs kilomètres.

Constatant un moment de flottement, Kragh Andersen – un poursuiteur – s’est lancé. Son attaque sur la droite de la route à 3km de la ligne, assez surprenante pour lui permettre de créer un trou assez rapidement, ne pouvait être mieux placée. A cet instant, Sagan zigzaguait en tête après un gros effort. Il allait vers la gauche de la route – large – pour observer ses concurrents. Machinalement tout le monde l’a suivi au lieu d’aller tout droit. Tout le monde sauf le Danois, parti dans son dos juste à côté d’Hirschi. Il lui suffisait de très peu d’avance pour piéger tout le monde. Faute de réaction immédiate, c’était cuit, Kragh Andersen était lancé, les autres tous au ralenti. En allant droit devant lui quand les autres tournaient en ralentissant sans véritable raison, il bénéficiait du même avantage que celui pris en choisissant le chemin le plus court sur un rond-point. En outre, j’ai cru voir Sagan parler à sa radio pendant l’attaque, comme pour demander à ses hommes de revenir mettre dans l’ordre dans la maison et tenter de l’emmener pour le sprint. Il était trop tard, on n’a trouvé qu’un Cofidis pour se mettre à la barre. Le temps qu’il s’y mette le futur vainqueur se trouvait déjà loin. De plus, en un contre un, ça sentait le sapin, a fortiori avec pas mal de descente pour finir.

Les Sunweb ne laissaient rien au hasard en envoyant 3 hommes en tête de peloton pour perturber les relais et les relances, s’assurant ainsi que le peloton se casse les dents. Même en regardant beaucoup derrière lui sur la longue avenue d’arrivée, le Danois avait course gagnée.

Passé à côté de la victoire, Sagan loupait les 50 points, il lui fallait prendre la 2e place pour en engranger 30. Seulement, faute d’équipier pour l’aider et plombés par les efforts consentis auparavant, on l’a vu coincer en lançant son sprint de trop loin. Luka Mezgec (MTS) – 3e Slovène 1er ou 2e d’une étape sur les 5 présents dans le peloton – et Simone Consoni (COF) – seulement 3e sprinteur dans la hiérarchie chez Cofidis derrière Viviani et Laporte – ont pu le devancer. Sagan seulement 4e, ça signifie 18 points obtenus à l’arrivée au lieu de 50, zéro pour Bennett, ils s’ajoutent aux 5 unités d’écart au sprint intermédiaire… Un bilan médiocre et extrêmement frustrant. Surtout après un travail collectif si important pendant l’étape. Son retard au classement du maillot vert devrait être presque comblé, il reste conséquent : 43pts (au lieu de 66). C’est presque aussi décevant que l’étape de Lavaur menée tambour battant presque depuis le départ pour ne même pas réussir à disputer le sprint final.

Les faits sont là : Sagan ne sait plus gagner (zéro succès depuis le Tour 2019), il ne domine plus. Kämna aurait peut-être dû agir autrement en restant avec son leader au lieu d’insister seul à un moment… Toutes les équipes ne jouissent pas du niveau tactique de la Sunweb qui, même les jours où elle fait n’importe quoi, parvient à sortir son épingle du jeu. Attention, quand Pedersen en début d’étape et Kragh Andersen dans le final ont commis l’erreur de sortir et de rouler sur un équipier, ils sont passés pour des pipes, néanmoins, le coup de d’envoyer Benoot attaquer pour secouer le cocotier (désorganiser le peloton, sortir pas mal d’équipiers du jeu), puis Hirschi flinguer et obliger tous les candidats à la victoire à s’entretuer (car tout le monde le connait désormais et s’en méfie), ceci afin de permettre à Kragh Andersen de ramasser les morts (avec derrière un commando pour s’occuper de ceux qui auraient survécu en tête de peloton), je trouve ça fantastique. Dans quelle mesure s’agissait-il d’une tactique préméditée ou au contraire improvisée ? J’aimerais le savoir. Etaient-ils dirigés via les oreillettes par la direction de l’équipe, ont-ils fait tout ça uniquement en lisant eux-mêmes la course, en ayant du nez, ou en simplement en essayant chacun son tour en se disant qu’avec de la chance, l’un finirait par y arriver… ou pas, mais sans regret ? J’ai du mal à envisager la thèse du coup de chance en constatant la présence de 3 coureurs de cette formation dans le top 10 et l’étape (Pedersen 5e, Hirschi 10e), a fortiori après ce qu’elle a déjà fait sur ce Tour en matière de stratégies de course.

Hormis le retour relatif de Sagan au classement du maillot vert, on ne constate aucun changement notable dans les différents classements.

Elu combatif du jour pour la 2nde fois, Küng passe le temps comme il peut en remplissant la cagnotte bien maigre de son équipe.

Pour info, le gruppetto maillot vert a fini à 21’, Caleb Ewan (LTS) arrivant avec 3 équipiers à près de 29’ (les délais très longs rendaient une élimination très improbable).

Le résumé.

La fin de l’étape… (Elle vaudra le coup d’être revue une fois mise en ligne.)

Un Thibaut Pinot au top de sa forme aurait remporté l’étape du Grand Colombier prévue demain. Bien sûr, avec son dos en vrac, ça n’arrivera pas. Alors qui ? Un échappé ? Un leader au terme d’une grosse baston pour le général ? Un leader au sprint après une montée du col sur un train empêchant toute attaque ? Le scénario de ce dimanche déterminera en grande partie la qualité de cette édition du Tour. Faites-nous vibrer… et pas vibrer le fond de la gorge en ronflant.