On peut parler de frustration, voire de déception concernant le sprint masculin des Championnats du monde de biathlon. Mais la joie l’emporte largement à la fin de la journée. Marie Dorin-Habert, la Super-Maman du sport français – pas seulement du biathlon – a réalisé l’exploit de remporter sa première épreuve individuelle sur le circuit un peu plus de 5 moins après avoir donné naissance à Adèle, son premier enfant. Elle est par la même occasion devenue championne du monde. Super-Maman est fantastique !

Je le dis en toute modestie, ce titre mondial, je l’ai annoncé il y a 1 mois, sa démonstration lors du relais mixte de Nove Mesto était trop éclatante pour ne pas pressentir ce qui allait se produire. Marie n’a pas eu de chance depuis son retour sur le circuit, les éléments lui ont souvent été contraires, le vent a plusieurs fois gâché ses prestations impressionnantes sur les skis. Elle avait du mal à tout réussir le même jour, bien tirer et bien skier. Son podium sur le sprint d’Oslo Holmenkollen juste avant les Mondiaux était très prometteur, il s’agissait de son premier podium en sprint depuis les JO de Vancouver, tous les autres ayant été obtenus lors de courses en confrontation directe (poursuites, mass-starts, plus les relais). Sans doute a-t-il eu pour effet de la débloquer psychologiquement, car ne pas réussir à monter sur la boîte malgré sa grande forme pesait sur son moral, ça la travaillait. Sa démonstration lors du relais mixte de jeudi annonçait la couleur… Ou presque. Elle aurait signé pour de l’argent ou du bronze, la couleur du jour était de l’or.

Reprenons les choses dans l’ordre chronologique.