Mot-clé - Arnaud Démare

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samedi 8 juillet 2017

On s’est battu pour les Rousses ! (TdF 2017, E8)

J’ai comme l’impression que le Tour de France 2017 a enfin débuté. Sans retirer de valeur aux 7 premières étapes, la course a vraiment changé de dimension.

Le spectacle auquel on a assisté en ce samedi de juillet restera dans les mémoires, et pas seulement en raison de la victoire d’un jeune Français dont on pourrait entendre parler pendant une grosse dizaine d’années. En effet, malgré une chaleur assez accablante, les coureurs n’ont pas arrêté d’attaquer ! Je n’ai pas souvenir d’avoir suivi une étape aussi intense du premier aux derniers kilomètres. C’était épique. Le scénario du jour était impensable, je vais vous le conter.

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vendredi 7 juillet 2017

J’en passe 213499994 et j’en retiens 6. (TdF 2017, E7)

Entre Aube et Nuits, l’heure était de la sieste. Donc_la__Kittel_a_gagne._Euh.jpg La 7e étape du Tour de France 2017 aura été encore plus ennuyeuse que les précédentes. Un exploit en soi. En plus d’être absolument nulle, elle était fourbe : son tracé a permis aux commentateurs de faire croire qu’il allait se passer quelque chose, et au final… Rien. Absolument rien. Pire, de ces 213,5km, on ne retiendra qu’une image arrêtée, celle de la photo-finish, certainement la plus folle de l’Histoire du cyclisme sur route.

Marcel Kittel (QST) n’a pas gagné d’un rien, il a gagné de rien. Où est l’écart ? Edvald Boasson Hagen (DDD) méritait d’être désigné vainqueur ex-aequo ! On nous annonce 6 millimètres d’écart. Prenez une règle, regardez ce que ça représente, vous comprendrez qu’on nous enfume. Rappelons qu’il ne s’agit que de l’interprétation de la photo-finish par des êtres humains, le résultat annoncé n’est pas une vérité absolue. J’avoue avoir de gros doutes quant à la lucidité de ces gens, car comme vous le savez, quand il fait si chaud, il faut boire sans modération. Mais de l’eau claire, sinon, sur le vélo vous aller faire plus de chemin en zigzagant sur la route, et devant les écrans, vous allez voir flou. En partant de Champagne pour finir en Bourgogne, les suiveurs et membres de la caravane ont dû se pochetronner… du moins ceux qui ne conduisaient pas. Il paraît qu’on a retrouvé des bouteilles vides dans la cabine des chronométreurs…

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jeudi 6 juillet 2017

Guerre de sprinteurs, épisode Troyes. (TdF 2017, E6)

En ce jeudi très chaud, sur le Tour de France, on s’est particulièrement ennuyé. 5h05 sur le vélo, 5h05 diffusées à la télé. 5 minutes intéressantes, les 5 dernières. Est-ce réellement une bonne chose pour le cyclisme ?

Au sein du peloton, on trouve des fous, ils sont partis à trois vers Troyes, ont passé la journée devant, n’avaient trois fois rien à gagner (seulement un dossard, un petit trophée symboliques, des points inutiles et quelques primes qui seront partagées avec leurs collègues et le staff)… En réalité, seuls les sponsors des équipes concernées ont apprécié le "spectacle". 5 heures d’exposition à la télé dans un programme qui cartonne, ça rentabilise vite l’investissement ! Certaines formations semblent même n’être sur le Tour que pour multiplier ces échappées publicitaires.

Heureusement, toute cette attente n’est pas totalement vaine. Au bout de l’ennui, c’est la guerre ! Les sprinteurs ne se font aucun cadeau, ils envoient du très lourd. Ça va à une vitesse folle, il y a de l’électricité dans l’air, les gars prennent des risques, ils frottent, on n’évite pas toujours la catastrophe, mais au moins il y a du spectacle, du vrai ! Qui plus est, des rivalités naissent ou réapparaissent. En sport, pour déterminer qui est le meilleur, on n’a encore rien inventé de mieux que la confrontation directe.

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mardi 4 juillet 2017

Grand Démare, grand(s) départ(s). (TdF 2017, E4)

Depuis le temps qu’on en rêvait, elle est arrivée… C’est la fête ! La fête !

Mais quelle fête !... Lever le coude à Vittel, ça peut coûter cher ! Vittel, c’est de l’eau. Forcément, ce n’est pas le lieu idéal pour s’enflammer, on a plutôt tendance à y rester sobre. Pendant plus de 4h40, sans perfusion de café, il semblait impossible de regarder la 4e étape du Tour de France. Je vais être très honnête, je n’ai regardé que le départ puis la dernière heure, tant le scénario est devenu limpide rapidement. Après quelques 1’ de course, on avait tout compris, on savait que ça se terminerait par un sprint entre cadors. Evidemment, on ne pouvait anticiper comment allait se dérouler ce sprint. Houleux est un mot un peu faible pour le qualifier. On a assisté à un dernier kilomètre totalement hallucinant. La joie de la première victoire française de cette 104e édition a vite été noyée par la controverse concernant Peter Sagan (BOH), l’actuelle plus grande star du cyclisme mondial.

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lundi 3 juillet 2017

Déchaussez, c’est gagné ! (TdF 2017, E3)

Combler un écart, temporiser en tête d’un peloton affamé, déchausser, prendre le temps de bien réenclencher le pied sur la pédale, remettre une accélération, larguer tout le monde, gagner l’étape, esquisser une petite danse une fois la ligne d’arrivée franchie. Tout Peter Sagan (BOH) est résumé dans cette fin d’étape.

Le Tour de France est rentré à la maison, il a enfin pénétré en France, et comme par hasard, le soleil a décidé de se pointer après 2 jours dégueulasses en Allemagne et en Belgique (d’où s’élançait la 3e étape avant de passer au Luxembourg). Les coureurs ont passé plus de 5 heures sur des routes rarement plates, souvent balayées par du vent défavorable, il y a eu du mouvement, des chutes, et au final… le favori a fait le show. On ne se lasse pas des grands classiques.

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dimanche 2 juillet 2017

Strike ! (TdF 2017, E2)

Il ne se passait à peu près rien lors de la 2e étape du Tour de France, on avait droit à plus de 200 bornes sans grand intérêt entre l’Allemagne et la Belgique, les équipes de sprinteurs avaient cadenassé la course en appliquant des recettes ultra-classiques. Malgré la météo dégueulasse, la journée s’était déroulée sans accroc notable quand soudain…

La_chute_au_rond-point__incroyable_photo_du_Britannique_Chris_Auld_.jpg SPLASH ! BOUM ! BIM ! PAF ! Le strike ! Le Katusha en 3e position du peloton a glissé à la sortie d’un rond-point mal fichu, se transformant ainsi en boule lancée dans un jeu de quilles. Cet empilement de coureurs a eu des conséquences immédiates sur la fin de l’étape mais pourrait surtout en avoir à moyen terme si certains leaders ou équipiers directement concernés devaient en garder des séquelles.

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mercredi 15 juillet 2015

Rafal devant. (TdF 2015, E11)

Tour_de_France_2015.jpg De manière générale, on peut classer les étapes de montage du Tour de France en 2 catégories : celles dont le profil permet une grosse bagarre entre leaders, et celles où celle bagarre est très improbable car la dernière difficulté est trop loin de l’arrivée.

Seulement, pour une fois, on était un peu entre les deux, car après avoir franchi 2 gros cols, les coureurs dévalaient une longue descente, puis ils finissaient par une petite montée de 3e catégorie. On pouvait donc perdre quelques leaders dans une ascension, voire dans une descente, ou en voir un petit nombre couiner dans la dernière côte à cause de la fatigue accumulée, mais il ne pouvait s’agir que d’une course par élimination. Il fallait compter sur des défaillances, pas sur des attaques… sauf pour la victoire d’étape, promise à un baroudeur-grimpeur. On pouvait même deviner le vainqueur du jour (je l’avais joué).

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mercredi 8 juillet 2015

Des pelles à la pelle. (TdF 2015, E5)

Tour_de_France_2015.jpg En cyclisme, on a l’habitude des chutes. Forcément, avec seulement 2 roues, l’équilibre est précaire. La pluie, la nervosité et la fatigue sont des facteurs de risques. Il est donc naturel de voir des chutes sur le Tour de France, épreuve dont les enjeux sont tels que les coureurs sont perpétuellement sur les dents. Néanmoins, tout phénomène a ses limites… Normalement.

Mais le Tour de France est comme le Texas : tout y est plus grand, surdimensionné. Y compris les galères. Lors de la 5e étape, on a approché un record, celui du nombre de gamelles, de gadins, de glissades, d’accidents. Les coureurs ont pris des pelles à la pelle. 7 en tout, leur ampleur variant de la petite chute "mono-coureur" à l’énorme carambolage de 30 à 40 coureurs.

Il y a même eu une chute de moto, la bécane est tombée – heureusement dans l’herbe et non sur la chaussée – en voulant doubler le peloton.

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dimanche 27 juillet 2014

Dernières lignes droites. (TdF 2014, 19-FIN)

Tour de France Bien sûr, certains vous parlerons des absents, de circonstances de courses favorables. Je vais être cash. Qu’est-ce qu’on en a à foutre ?

Les gars qui n’ont pas voulu venir n’avaient à se pointer, rien ne dit qu’ils auraient fait mieux. Ceux qui ont vu le bitume de très près et ont fini dans la voiture du directeur sportif adjoint ou dans une ambulance n’avaient qu’à être plus concentrés, mieux placés, à prendre moins de risques. Rien n’arrive totalement par hasard ou malchance. Ils sont 164 à avoir vu les Champs-Elysées, honneur à eux, tant pis pour les autres !

17 ans après Virenque – à une époque où le Tour de France était un concours de médecins véreux – le cyclisme français a de nouveau réussi à placer un de ses représentants sur le podium du classement général de l’épreuve la plus emblématique et mythique de ce sport. Mieux, il en a placé 2 d’un coup ! Et un seul, malade, a abandonné au cours de ces 3 semaines, les 43 autres sont allés au bout.

Vive le Tour ! Vive la France !

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lundi 21 juillet 2014

La loi du plus fort. (TdF 2014, 13-15)

Tour de France La loi du plus fort est toujours la meilleure, nous l’allons montrer tout à l’heure. Car on le constate sur le Tour de France 2014.

Les 2 premières semaines de cette édition ont été dominées par un homme. Depuis la 2e journée il a lâché une seule fois le maillot jaune, ça a duré 24 heures. A l’arrivée, il a terminé 6 fois sur 15 parmi les 3 premiers (dont 3 victoires d’étapes), 13 fois sur 15 parmi les 30 premiers… pour une 34e place (1ère étape) et une… 31e (15e étape). Le garçon est au-dessus du lot, il fait respecter sa loi en montagne. C’est la loi du plus fort. Dans les Alpes, il a fait ce qu’il a voulu.

Mais sur le plat aussi la loi du plus fort s’applique. Bien sûr, les rapports de force peuvent évoluer entre eux, mais à la fin, les sprinteurs se partagent toujours le gâteau quand ils jouent sur leur terrain.

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jeudi 17 juillet 2014

Les plus forts ? Pas les verts ! (TdF 2014, 11-12)

Tour de France La transition entre les Vosges et les Alpes a été marquée par une belle victoire française, mais aussi par de nouveaux échecs de l’homme vert. Peter Sagan (CAN) est presque toujours placé, jamais vainqueur. Après avoir été une nouvelle fois piégé par sa réputation et par sa trop grande envie de l’emporter, il a encore fini 2e à Saint-Etienne, le pays des Verts. Tactiquement, ces 2 journées ont été très intéressantes. Les Europcar – aussi en vert – ont aussi manqué de réussite, mais au moins ils ont tenté des choses, contrairement à beaucoup d’autres, et notamment à un lâcheur. Fabian Cancellara (TFR) s’est tiré lors de la journée de repos, il est rentré en Suisse (ça ne lui a pas fait trop de chemin) car il veut se préparer pour les championnats du monde sur route. Ça en dit long sur les intentions de son équipe, déjà privée d’Andy Schleck.

En faisant ce choix, il a évité les journées les plus chaudes de ce Tour. En effet, après la pluie, très propice à Vincenzo Nibali (AST), le peloton a dû affronter des températures comprises entre 29 et 35°C. Dur !

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mardi 15 juillet 2014

Vive la Révolution ! (TdF 2014, 8-10)

Tour de France En 3 jours, tout a changé, le Tour de France 2014 a pris une toute autre allure. Et pas une mauvaise, tant s’en faut !

La course avait débuté de façon moyennement enthousiasmante malgré l’engouement du peuple britannique, très heureux de recevoir la plus grande compétition sportive du monde accessible à tous. Mauvais temps, chutes, abandons, étapes plus ou moins intéressantes avec un scénario assez immuable… Ce n’était guère la joie. Heureusement les organisateurs ont pris le soin d’intercaler des étapes atypiques pour briser la monotonie et débuter la sélection, ils ont tenté quelques innovations. La meilleure idée est d’avoir placé 3 étapes de moyenne montagne dès la fin de la première semaine. Qui dit moyenne montagne ne dit pas nécessairement difficulté moyenne. Il y avait de quoi faire pour les coureurs et de quoi se régaler pour les (télé)spectateurs.

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vendredi 11 juillet 2014

Nord-Est. (TdF 2014, 6-7)

Tour de France Le Tour de France 2014 a quitté le Nord pour mettre le cap vers l’Est avec 2 étapes a priori de transition destinées à des sprinteurs. Chose incroyable, Marcel Kittel (GIA) n’en a remporté aucune.

Le peloton a traversé certains des lieux historiques de la Grande Guerre, cette gigantesque boucherie débutée il y a 100 ans. On a vu d’anciens champs de bataille, des cimetières géants, des monuments aux morts/pour la paix/mémoriaux, et même François Hollande. Oui, ça devenait glauque. D’ailleurs je me demande si l’hécatombe – on a perdu 7 coureurs en 2 jours – est un hommage…

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mercredi 9 juillet 2014

Le Tour en Flandre. (TdF 2014, 4-5)

Tour de France Le Tour de France 2014 a débuté par Le Tour on tour en Angleterre, il a continué par le Tour en Flandre. A ne pas confondre avec le Tour DES Flandres, classique de printemps bien connue. Non, après une étape pour sprinteurs sans grand intérêt, la course a pris la forme d’un petit Paris-Roubaix.

Tout l’intérêt de ce séjour dans la plaine de Flandre était de mettre le peloton à l’épreuve, une épreuve que beaucoup de leaders – ceux qui jouent le classement général – détestent ou du moins redoutent, celles des pavés. Le but n’était pas de leur donner un avant-goût des Champs-Elysées ! La première semaine serait beaucoup trop calme sans ce genre de galères qui permettent en quelque sorte de jeter un pavé dans la marre. Ceci dit, en l’occurrence, pas besoin de jeter un pavé dans la marre, les pavés étaient déjà dans des flaques. Les flaques de boue. De boue, à ne pas confondre avec debout. Le vainqueur de l’édition 2013 a fini debout à côté de son vélo. Il a dû abandonner sur chuteS.

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lundi 7 juillet 2014

Le Tour on tour. (TdF 2014, 1-3)

Tour de France Pour ce qui est de drainer un public fervent et/ou exalté, rien ni personne ne peut rivaliser avec le Tour de France. Un groupe de musique ? Non. Eventuellement le Pape. Je ne suis pas sûr que pour les funérailles d’Elisabeth II – elle ne sera pas éternelle – le peuple britannique descendra aussi nombreux dans les rues.

Le grand départ du Tour de France 2014 a été donné en Angleterre. Depuis que le cyclisme est devenu à la mode de l’autre côté de la Manche, la plus grande épreuve du monde n’y avait pas fait étape. Manifestement, il s’agissait du meilleur moment pour y retourner. Les organisateurs ont réussi leur coup, ils ont même été dépassés par le succès populaire. La densité et la frénésie des centaines de milliers – quelques millions – de spectateurs ont causé bien des soucis aux coureurs. Le Tour on tour en Angleterre, c’était de la folie.

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jeudi 26 juillet 2012

La pelleté de Londres, partie 1/2. (JO 2012, J-1)

JO 2012 C’est parti… depuis mercredi. Les JO de Londres 2012 ont débuté avec le football mais la cérémonie d’ouverture est pour vendredi. Il est temps de faire le tour de la question, de faire une grande revue d’effectifs et… les pronos. Quelles sont les chances de médailles de l’équipe de France ? En qui faut-il croire ? J’ai suivi la plupart des sports, je vais donc me lancer.

Je parie sur un nouveau record de médailles, plus de 41, et beaucoup plus de 7 titres : je dis 45 à 52 dont 15 à 16 titres. L’équipe de France va ramasser des médailles à la pelle, ce sera la pelleté de Londres.

La malédiction de Pékin – le syndrome de la médaille d’argent, ou si vous préférez de la médaille d’or loupée à rien (au touché à la piscine, à cause d’un mauvais règlement en gym, à cause d’escrocs à la boxe, etc.) – ne peut pas se reproduire, on est près de chez nous dans une ville où vivent énormément de Français, le soutien sera bien plus important, il n’y a pas les mêmes problèmes de voyage, de décalage horaire ou encore d’acclimatation. Les tuiles ont été nombreuses dans pas mal de sports, n’oublions pas qu’en 2008 aussi c’était le cas, par exemple les chevaux de l’EdF étaient tombés comme des mouches. A l’époque j’annonçais au moins 40 médailles, mon mail lui sur RMC lors d’une émission réunissant pas mal de consultants avait suscité des réactions du genre «Globule est trop optimiste !» alors que j’avais juste analysé la situation.

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