logo_TdF_2016.jpg En temps normal, les contre-la-montre ne suscitent pas chez moi une folle passion. Faute de suspense concernant la victoire d’étape ou le classement général, le premier effort individuel chronométré de ce Tour de France ne vendrait pas de rêve. Compte tenu des événements dramatiques survenus à Nice, le cœur n’y était vraiment pas.

Un jour normal, j’aurais pu titrer « la promenade de l’Anglais » car à l’évidence, Chris Froome (SKY) allait prendre le large au classement général. Seulement, il ne s’agit pas d’un jour normal. Il s’agit d’un jour d’après. On ne pourra jamais – et on ne doit pas – s’habituer à cette manifestation de la folie d’individus fanatisés. Pour rester insensible à un massacre comme celui dont ont été victimes des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants sur la Promenade des Anglais, il faudrait être comme ces terroristes, n’avoir plus en soi la moindre once d’humanité.

Forcément, personne n’avait le cœur à la fête, les coureurs ont peu dormi, ceux qui n’avait pas connaissance du drame ont été assommés par la nouvelle dès leur réveil. La course a tout de même eu lieu. On ne peut s’arrêter de vivre et aller se cacher ad vitam æternam dans des caves parce que des cinglés veulent nous imposer leurs règles. Les gars ont disputé le chrono parce que c’est leur métier.