Mot-clé - Hochfilzen

Fil des billets - Fil des commentaires

samedi 12 décembre 2015

La loi du plus fort… dans la tête.

Dans à peu près tous les sports, rien ne vaut la confrontation directe. Le biathlon ne déroge pas à cette règle. L’effort chronométré (sprint et individuelle), ça va un moment, mais rien ne vaut une bonne mass-start ou une poursuite à rebondissements.

Il s’agit d’un effort long. Avec 4 séries de tirs, la distance à parcourir, le fait d’avoir vos adversaires direct devant, à côté ou derrière vous tant sur la piste qu’au pas de tir, toutes les péripéties sont possibles. Ces formats mettent en valeur toute la dimension psychologique de ce sport formidable. Il s’agit à la fois de maîtriser son environnement afin de se mettre dans les meilleures conditions possible pour exprimer tout son potentiel (résister à la pression de ses adversaires, faire abstraction ou se servir du public, éviter de subir les événements, etc.) et d’influencer le comportement des autres concurrents dans le but de les empêcher d’en faire autant. Autrement dit de les poussant à la faute. Vous l’avez compris, il est ici question notamment de tactique.

Lire la suite...

vendredi 11 décembre 2015

Si vous avez manqué la fin…

Je suis le biathlon depuis de nombreuses années. Des scenarii de course, j’en ai vu un sacré parquet. Je peux vous l’affirmer, celui dans lequel le titulaire d’un dossard à 3 chiffres s’invite sur le podium d’un sprint sans changement de conditions météo est chose très rare. A fortiori quand le numéro du vainqueur est à 1 chiffre (en l’occurrence le 4). 2 fois de suite en l’espace de 3 heures, c’est très certainement inédit !

Chez les hommes, on pouvait s’y attendre car il s’agissait du pari d’un des grands noms du circuit, Tarjei Boe. Chez les femmes, en revanche, quelle – mauvaise – surprise ! Une inconnue a délogé Anaïs Bescond de sa place sur le podium à quelques minutes de la fin, venant compléter un triplé allemand dont on aurait facilement pu se passer. Il faut dire que cette équipe a beaucoup apprécié de quitter la Scandinavie et sa faible altitude (entre le niveau et la mer et 300m à Östersund) pour une région germanophone (Hochfilzen, en Autriche) présentant des caractéristiques très différentes. On est en effet à 1200m, la piste est beaucoup plus "roulante". Manifestement, ils ont particulièrement aimé. D’autres – ceux qui ont passé plusieurs semaines en Norvège – beaucoup moins. Le classement des 2 sprints ne trompe pas à ce sujet.

Lire la suite...

dimanche 14 décembre 2014

Le biathlon... c'est trop bon !

Je ne comprends pas. Comment les médias peuvent-ils à ce point regarder de haut le biathlon ? Quand vous voyez le peu de considération dont jouit Martin Fourcade au moment d’élire le sportif français de l’année, vous ne pouvez que faire ce constat.

Une année de JO d’hiver – qui est aussi la seule année d’une olympiade sans championnats du monde estivaux dans les sports individuels majeurs que sont l’athlétisme et la natation – au cours de laquelle un biathlète a remporté 2 titres (plus une médaille d’argent en se faisant seulement battre à la photo-finish alors qu’il était malade) et le classement général de la Coupe du monde en faisant preuve d’une régularité incroyable, on entend parler d’un perchiste essentiellement auteur d’un exploit certes historique mais ponctuel, d’un judoka (Teddy Riner) qui a fait se résigner la concurrence depuis longtemps et a participé à très peu de compétitions cette saison, ou encore d’un nageur (Florent Manaudou) n’ayant pas eu à affronter les Américains et les Australiens depuis l’an dernier.

Martin Fourcade vivra très bien sans ce titre honorifique, mais ce titre, le biathlon français le mérite. C’est un des sports les plus fantastiques du monde. Les courses de ce week-end l’ont encore mis en évidence. Le biathlon, c’est trop bon ! (Le titre est un cri du cœur.)

Lire la suite...