Mot-clé - Rémi Cavagna

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dimanche 27 septembre 2020

Alafolie ! (ChM cyclisme 2020)

Alaphilippe_champion_du_monde.jpg 2020 devait être une grande année pour le cyclisme français. Une année avec un Tour de France taillé pour Thibaut Pinot puis des JO et des Championnats du monde pour véritable grimpeurs. Thibaut Pinot, Julian Alaphilippe, Romain Bardet et d’autres comme Warren Barguil ou encore Guillaume Martin et pourquoi pas un David Gaudu pouvaient nourrir de grandes ambitions.

2020 se transformant en année comme nulle autre, tout a changé, à commencer par les objectifs et la préparation. Le calendrier s’en est trouvé totalement chamboulé. Exit les JO, reprogrammés en 2021, toutes les courses prévues entre mi-mars et début août ont dû migrer ou annoncer leur annulation, les classiques de printemps ont dû se recaser en automne, le Tour de France en septembre, le Giro en octobre, la Vuelta encore plus tard, on a rapatrié et modifié des épreuves de fin de saison peu après la reprise tout en changeant leur nature ou leur format. Un gros chantier. L’objectif n°1 de Julian Alaphilippe n’en restait pas moins le maillot arc en ciel.

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samedi 19 septembre 2020

Un pain sur la Planche. (TdF 2020, E20)

TdF_2020.jpg La 20e étape du Tour de France 2020 devait être mémorable. Les organisateurs avaient fait leur possible pour la faire entrer dans la légende du sport. Bien sûr, après avoir annoncé le parcours il y a près d’un an, ça ne dépendait plus d’eux, il fallait que tout se goupille bien. Malheureusement, ça ne s’est pas du tout passé comme espéré. Pourtant, on a tout de même eu droit à une étape de légende. Absolument PERSONNE ne pouvait s’attendre assister à un scénario pareil.

Thibaut Pinot (GFC) nourrissait un rêve, celui de porter le maillot jaune et remporter le Tour de France au terme du seul contre-la-montre de cette édition organisé chez lui, à La Planche des Belles Filles, en passant dans le village dont son père est le maire depuis de nombreuses années, devant chez lui, devant l’école où il allait, etc. Pogacar_joue_avec_sa_peluche._normal__c_est_un_enfant.jpg Son rêve s’est effondré dès la première étape à Nice. Il a pu donner le change jusqu’aux Pyrénées, où son dos lui a fait lâcher prise. La suite ne fut que cauchemar à cause d’un dos récalcitrant, pourtant, impossible de se résoudre à quitter le Tour. Impossible de renoncer à ce qui devait être son moment de plaisir. Le public, très nombreux mais indiscipliné, l’attendait.

Le public venait pour Pinot, il a vu Tadej Pogacar (UAD). Ce gamin a complètement transformé un des pires Tours depuis des années en lui offrant sans doute la dernière véritable étape – hors défilé sur les Champs-Elysées – la plus incroyable de ce siècle, si ce n’est de tous les temps.

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vendredi 18 septembre 2020

La perfection. (TdF 2020, E19)

TdF_2020.jpg Tout a été merveilleusement bien pensé pour satisfaire le téléspectateur. Je dis bravo. La 19e étape du Tour de France 2020 était parfaite : un peu d’animation à l’heure de la fin du déjeuner, puis le calme plat pour ne pas déranger la sieste, et à 50 bornes de l’arrivée on remet en route pour avoir un grand spectacle à l’heure du goûter. La perfection. Que demander de mieux en plein mois de juillet ?

Oui, nous avons dépassé la mi-septembre. Et alors ? Où est le problème ? Les températures actuelles dépassent celles d’un mois de juillet, une grande partie du monde reste à l’arrêt, tout est décalé. En 2020, les gens qui ont du mal à savoir en quel mois nous sommes surpassent largement en nombre ceux incapables de reconnaître leur droite de leur gauche ou pire, de différencier un bon chasseur d’un mauvais chasseur. Et_de_2_pour_Kragh_Andersen.jpg Sur le Tour de France, il est très important de savoir distinguer un bon chasseur d’étape d’un mauvais chasseur d’étape… quand on est soi-même un chasseur d’étapes. Sinon, on se fait piéger.

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jeudi 17 septembre 2020

Duo sans duel. (TdF 2020, E18)

TdF_2020.jpg Le Tour de France 2020 en a fini avec les Alpes, il n’en a en revanche pas fini avec tout suspense. On en a même créé un nouveau grâce à une folle aventure.

«Folle» est un bien grand mot. Il s’agit tout simplement d’une échappée classique en montagne. Les plus forts vont au bout, les autres se font lâcher les uns après les autres. Sauf qu’en l’occurrence, le scénario a vrillé quand un petit Suisse s’est écrasé au sol. Au lieu du probable duel annoncé – qui jusqu’ici tournait en sa faveur – on a fini avec un duo… de la même équipe. Une situation rare.

Un Polonais et un Equatorien membres d’une formation britannique ont donc franchi la ligne bras dessus-bras dessous comme s’ils partageaient leur chambre depuis 10 ans. Double_Ineos__Kwiatkowski_et_Carapaz_franchissent_la_ligne_ensemble.jpg On doit l’animation principale de cette étape à la lutte pour le maillot à pois… qui pendant longtemps au cours de ce Tour ne semblait pas intéresser grand monde. Encore une fois, il ne fallait pas compter sur les leaders du général pour faire le spectacle, ils se contentent jour après jour d’une course par élimination. Sur ce Tour, on a eu très chaud (moins aujourd’hui), pas le très grand show, ou du moins trop sporadiquement.

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vendredi 11 septembre 2020

Douchés au soleil. (TdF 2020, E13)

TdF_2020.jpg Il fait beau, il fait chaud, mais le cyclisme français prend l’eau. Sur la route du Puy Mary, les espoirs des supporters français presque aussi présents qu’en juillet ont été douchés comme rarement. Romain Bardet (ALM) n’est pas le seul à avoir pris un sérieux coup sur la tête.

Sérieusement, là, je ne suis pas bien, je demande un protocole commotion ! Daniel_Martinez_s_impose_au_Puy_Mary.jpg

Au jour du départ du Tour de France 2020, personne ne savait réellement à quoi s’attendre. Deux équipes affichaient une très grande force collective avec chacune un leader faisait partie des grands favoris avant de tomber d’abandonner sur le Criterium du Dauphiné. Ils laissaient planer le doute quant à leur état. Les Colombiens bénéficiaient de mois d’entraînement chez eux en altitude quand leurs adversaires devaient pour la plupart prendre leur mal en patience sans pouvoir sortir de chez eux. Seuls des home-trainers ou des rouleaux leur permettaient de s’entretenir physiquement. Côté français, on entretenait de réels espoirs de victoire avec Thibaut Pinot (GFC), de belle place au général avec Guillaume Martin (COF), de victoires d’étapes et de maillot à pois avec les Julian Alaphilippe (DQT), Warren Barguil (ARK), Romain Bardet, ou autres.

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jeudi 3 septembre 2020

Ridding – mauvais – gag. (TdF 2020, E6)

TdF_2020.jpg Vont-ils nous refaire la même blague tous les jours ? Là, ça devient un mauvais running gag. Comme il s’agit de cyclisme, je présume qu’il s’agit d’un ridding gag… Ce qui ne change rien à l’affaire : hormis le premier week-end animée par une journée patinoire et une fin de course de haut vol, on s’ennuie ferme sur ce Tour de France !

Je reprends rapidement le déroulement de ce Tour jusqu’ici.
Etape 1 : des chutes et des glissades de partout, le peloton finit par neutraliser la course jusqu’au sprint final (précédé d’une dernière chute).
Etape 2 : il ne se passe à peu près rien avant la prise d’initiative de Julian Alaphilippe et de sa clique dans les 15 derniers kilomètres.
Etape 3 : le néant au scénario ultra-classique d’échappée au départ réel condamnée dès sa naissance… avant un beau sprint pour finir.
Etape 4 : une étape de montagne avec arrivée au sommet… à 16 dans le groupe maillot jaune car personne n’a osé bouger.
Lutsenko_gagne__le_reste_c_est_le_grand_vide.jpg Etape 5 : RIEN. ZERO attaque. Du jamais vu. Et un sprint couru d’avance pour finir.
Etape 6 : zéro bagarre, hormis pendant 5 minutes pour former la longue échappée du jour, puis une sélection naturelle entre les membres de l’échappée pour une victoire en solo, à peine 2 coups de pétards mouillés dans le peloton.

Tout le monde semble très content de ne pas encore avoir perdu le Tour. Est-ce que quelqu’un pourrait avoir l’idée d’essayer de la gagner ? Est-ce que des outsiders pourraient penser à tenter leur chance quitte à exploser (sachant que s’ils explosent maintenant, ils auraient explosé plus tard de toute façon) ? Ceux qui se sentent en forme sont-ils incapables d’en profiter pour, a minima, tester leurs adversaires moins en jambes ou convalescents suite à des chutes ? A ce rythme, il ne se passera rien avant la 3e semaine… de juillet (ce qui pose problème… en septembre).

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