Mot-clé - Sébastien Reichenbach

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jeudi 17 septembre 2020

Duo sans duel. (TdF 2020, E18)

TdF_2020.jpg Le Tour de France 2020 en a fini avec les Alpes, il n’en a en revanche pas fini avec tout suspense. On en a même créé un nouveau grâce à une folle aventure.

«Folle» est un bien grand mot. Il s’agit tout simplement d’une échappée classique en montagne. Les plus forts vont au bout, les autres se font lâcher les uns après les autres. Sauf qu’en l’occurrence, le scénario a vrillé quand un petit Suisse s’est écrasé au sol. Au lieu du probable duel annoncé – qui jusqu’ici tournait en sa faveur – on a fini avec un duo… de la même équipe. Une situation rare.

Un Polonais et un Equatorien membres d’une formation britannique ont donc franchi la ligne bras dessus-bras dessous comme s’ils partageaient leur chambre depuis 10 ans. Double_Ineos__Kwiatkowski_et_Carapaz_franchissent_la_ligne_ensemble.jpg On doit l’animation principale de cette étape à la lutte pour le maillot à pois… qui pendant longtemps au cours de ce Tour ne semblait pas intéresser grand monde. Encore une fois, il ne fallait pas compter sur les leaders du général pour faire le spectacle, ils se contentent jour après jour d’une course par élimination. Sur ce Tour, on a eu très chaud (moins aujourd’hui), pas le très grand show, ou du moins trop sporadiquement.

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mardi 15 septembre 2020

Le lièvre et la tortue. (TdF 2020, E16)

TdF_2020.jpg Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Le lièvre et la tortue en sont un témoignage.

A votre avis, dans cette histoire, Richard Carapaz (INS) est-il le lièvre… ou la tortue ? Son nom pourrait vous induire en erreur. Le coureur équatorien d’Ineos Grenadiers s’est fait exploser tout seul de façon assez stupide en adoptant une stratégie de course sans aucune finesse. Incapable d’évaluer la pointe de vitesse et la résistance de ses adversaires afin de s’y adapter… ou pas assez intelligent pour les prendre en compte, il s’est tiré une balle dans le pied au pays du biathlon. A ce niveau, celui d’une 3e semaine de Tour de France, à la fin d’une ascension où ne restaient que 3 puis 2 rescapés d’une échappée à 22, il disputait forcément la victoire avec un client. L’excès de confiance, ennemi mortel sur le chemin de la victoire. Carapaz_vs_Kamna__le_Lievre_et_la_Tortue.jpg

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vendredi 11 septembre 2020

Douchés au soleil. (TdF 2020, E13)

TdF_2020.jpg Il fait beau, il fait chaud, mais le cyclisme français prend l’eau. Sur la route du Puy Mary, les espoirs des supporters français presque aussi présents qu’en juillet ont été douchés comme rarement. Romain Bardet (ALM) n’est pas le seul à avoir pris un sérieux coup sur la tête.

Sérieusement, là, je ne suis pas bien, je demande un protocole commotion ! Daniel_Martinez_s_impose_au_Puy_Mary.jpg

Au jour du départ du Tour de France 2020, personne ne savait réellement à quoi s’attendre. Deux équipes affichaient une très grande force collective avec chacune un leader faisait partie des grands favoris avant de tomber d’abandonner sur le Criterium du Dauphiné. Ils laissaient planer le doute quant à leur état. Les Colombiens bénéficiaient de mois d’entraînement chez eux en altitude quand leurs adversaires devaient pour la plupart prendre leur mal en patience sans pouvoir sortir de chez eux. Seuls des home-trainers ou des rouleaux leur permettaient de s’entretenir physiquement. Côté français, on entretenait de réels espoirs de victoire avec Thibaut Pinot (GFC), de belle place au général avec Guillaume Martin (COF), de victoires d’étapes et de maillot à pois avec les Julian Alaphilippe (DQT), Warren Barguil (ARK), Romain Bardet, ou autres.

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dimanche 6 septembre 2020

Inévitable. (TdF 2020, E8-9)

TdF_2020.jpg Après un premier week-end assez fou (pas seulement pour de bonnes raisons) et 4 jours d’ennui assez mortel, le Tour de France 2020 s’est éveillé vendredi avec une étape folle disputée presque à bloc du début à la fin sur un terrain où on ne s’y attendait pas, a fortiori avant de passer le 2e week-end dans les Pyrénées… sur un terrain qui, lui, se prêtait à du grand spectacle.

Sur le papier, les 2 étapes se ressemblaient : relativement courtes, une première partie permettant en principe le développement d’une échappée, une première grosse difficulté au milieu, du chemin à effectuer avant le gros morceau de la fin d’étape, puis la descente jusqu’à l’arrivée. Peters_et_Pogacar_vainqueurs_dans_les_Pyrenees.jpg En pratique, on n’a pas du tout vu la même étape. Samedi, on se serait cru en juillet, il faisait chaud, les Pyrénées étaient baignées de soleil. Dimanche, changement de décor, pluie, brouillard, froid (relatif, dans les 17°C). Plus que la météo, c’est le scénario qui a changé, car les intentions des coureurs ont changé. Samedi, on en gardait probablement pour dimanche. Dimanche, avant la première journée de repos lundi, la crainte de se donner à fond était nettement moindre. Ceci explique sans doute pourquoi samedi on a laissé faire l’échappée, et pourquoi, parmi les favoris, l’ambition principale semblait de ne pas prendre le maillot jaune. Dimanche, à l’opposé, on n’a même pas laissé partir l’échappée en roulant à bloc du début à la fin, et si la grande bataille pour le général n’a étrangement pas donné grand-chose, Primoz Roglic (TJV) a échoué à éviter de prendre le maillot malgré toute la pire volonté du monde. Samedi, l’auteur du grand numéro du jour s’est imposé. Dimanche, l’auteur du très grand numéro du jour, sans doute inspiré par ce qui s’est passé la veille… a échoué tout près du but.

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vendredi 22 juillet 2016

Le Tour, Résurrection. (TdF 2016, E19)

logo_TdF_2016.jpg Un peu de pluie, une descente difficile, des paires de c*uilles. Voici la recette d’une bonne résurrection.

Le Tour de France est une sorte de feuilleton sportif et télévisuel qui revient année après année avec une nouvelle saison de 21 épisodes plus ou moins palpitants. La saison 2016 était totalement ratée. Elle a été sauvée par le 19e épisode, même si par rapport à ce qui l’a précédé, il est complètement incohérent. Si les personnages sont bien ceux du Tour 2016, le scénario semble avoir été écrit par d’autres auteurs, beaucoup plus créatifs, adeptes des rebondissements imprévisibles et friands de suspense. Pour la première fois depuis 3 semaines, le Tour a fait vibrer la France, et bien au-delà. Nous avons ENFIN eu droit à du cyclisme comme on l’aime. Que Romain Bardet (ALM) soit le héros du jour ne gâche rien ! Toutefois, si un autre avait été à sa place et avait réussi le même numéro, je l’aurais applaudi de la même façon. Probablement un peu moins fort, car en cas de victoire d’un étranger, le cyclisme tricolore serait toujours Fanny lors de cette édition, mais franchement, voir que malgré la supériorité castratrice de Sky, il reste encore quelques audacieux à qui la chance peut sourire, quel bonheur ! Le Tour est sauvé. Que dis-je ? Le Tour est ressuscité !

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dimanche 17 juillet 2016

Le Bol du Grand Colombien. (TdF 2016, E15)

logo_TdF_2016.jpg Il n’était pas le plus fort aujourd’hui, mais il a gagné. Le Colombien Jarlinson Pantano (IAM) a été malin, opportuniste, il a su faire la différence sur ses points forts sans trop se disperser. Et a du bol. Qu’un Colombien ait du bol dans le Col du Grand Colombier est assez fascinant, non ?








En évoquant la chance dont il a bénéficié, je présente mal la situation. En réalité, il faudrait évoquer le manque de chance de l’homme fort du jour, qui aurait très probablement apporté au peloton français son premier succès sur le Tour de France 2016 sans un ennui mécanique désastreux subi lors de la première descente du Grand Colombier. D’où une étape encore très frustrante. Pourtant, chose rare cette année, on ne s’est pas ennuyé malgré la passivité extrême devenue la norme au sein du groupe des leaders. Quand l’arrivée est jugée dans la vallée, les cols ne servent strictement à rien.

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jeudi 14 juillet 2016

Monument saccagé. (TdF 2016, E12)

logo_TdF_2016.jpg Sans doute est-il écrit quelque part que le Tour de France 2016 doit être consternant. Tout et tout le monde s’y met pour qu’il en soit ainsi.

L’étape du Mont Ventoux est un monument du Tour de France, un monument du cyclisme, un monument du sport. Qui plus est un 14 juillet.









Un vent extrêmement violent a obligé les organisateurs à amputer cette étape de ses 6 derniers kilomètres, ceux qui font la particularité du «Mont chauve». C’était déjà décevant, bien qu’obligatoire compte tenu des conditions. Mais la façon dont le peloton a agi aujourd’hui est juste une put*in de honte. Cette étape a été saccagée. Un événement incroyable survenu dans l’ascension finale a bien failli transformer une étape lamentable en étape mythique. Les commissaires de l’UCI en ont décidé autrement en violant délibérément les règles dont ils sont chargés de l’application.

Le résultat est le saccage d’un monument.

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mercredi 13 juillet 2016

Vent de folie. (TdF 2016, E11)

Merci à toi, Peter Sagan ! A quoi ce Tour de France ressemblerait-il sans tes offensives osées et répétées, sans ton sens de la course, sans la glorieuse incertitude du sport dont tu es le dépositaire ? Avec toi, tout semble possible, tu transformes un scénario prévisible en spectacle captivant.

logo_TdF_2016.jpg La tactique était éventée, la survenance d’éventails à cause du vent violent n’allait pas rester une éventualité. Tous les leaders voulaient être devant en prévention du danger, bien décidés à vendre très cher leur peau. Partir à l’aventure en rêvant de victoire était l’assurance de finir une main devant, une main derrière (sauf intervention céleste).

La bataille a fait rage. Au terme d’une gigantesque fuite en avant particulièrement crevante, personne n’avait tiré avantage de ce vent. C’en était devenu décevant. Encore une occasion vendangée ! On approchait du bout, dorénavant le peloton n’avançait plus très vite, certains pensaient pouvoir se vanter d’être des survivants, d’avoir passé dans les roues une journée aussi calme sur la selle que sur un divan.

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samedi 9 juillet 2016

Descente aux enfers. (TdF 2016, E8)

logo_TdF_2016.jpg Le Tour de France 2016 est en train de de sombrer dans le néant. C’est de plus en pire chaque jour, nous assistons à une descente aux enfers en naviguant aux confins de l’ennui. Il ne se passe rien, la Sky est en plein bluff, tout le monde se laisse prendre, et à la fin, Chris Froome tire les marrons du feu grâce à une attaque… en descente, faute de véritable grande bagarre auparavant.

Je ne saurais dire si cette anesthésie du peloton s’explique par les fortes chaleurs, si cet attentisme généralisé est dû à la crainte générée par les antécédents de la formation britannique, si elle résulte d’une volonté délibérée des concurrents directs du tenant du titre d’attendre la 3e semaine pour passer à l’offensive ou encore de leur conscience d’avoir des moyens limités. Peu importe la raison, la conclusion est identique jour après jour. J’ai presque l’impression de revivre tous les jours l’enchaînement des premiers huitièmes de finale de l’Euro 2016 (Pays de Galles-Irlande du Nord et Croatie-Portugal) ! A croire qu’ils veulent tester notre résistance mentale. Si tu regardes ce Tour de France en intégralité sans avoir zappé ni décidé de t’ouvrir les veines, tu peux devenir agent de la CIA car aucune torture n’a d’effet sur toi !

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